DÉCLARATION
DE LA CTC RELATIVE AU RAPPORT
INCRIMINANT DE
LA COMMISSION D'ENQUÊTE ONU/OUA
C’est avec beaucoup d’émotion mais
sans grande surprise que la Communauté Togolaise au Canada (CTC)
a pris connaissance du Rapport de la Commission d’enquête internationale
conjointe ONU/OUA sur les allégations d’exécutions extrajudiciaires
au Togo. Ce rapport vient confirmer hors de tout doute l'existence et la
persistence de violations systématiques des droits de l'homme dans
notre pays.
Nous avons été profondément
choqués et indignés de savoir que des responsables politiques,
des forces de sécurité et de l’armée togolaise, aient
pu choisir de mettre en oeuvre de façon aussi systématique
que honteuse, des pratiques de gouvernement fondés sur la violence,
la torture, les enlèvements, le viol et les exécutions sommaires
et extrajudiciaires.
Nous sommes aussi indignés par les
pratiques dilatoires de camouflage et de corruption utilisées au
sein des populations togolaises et de celles des pays voisins, béninoises
particulièrement, dans le but de déformer les résultats
des travaux de cette commission d’enquête internationale.
A cet égard, nous tenons à
remercier et à féliciter les membres de la commission d’enquête,
pour le courage, la ténacité et l’esprit de probité
professionnelle dont ils ont fait preuve tout au long de l’exécution
de leur mandat.
Nous invitons les Secrétaires généraux
de l’ONU et de l’OUA, la communauté internationale, la Commission
des droits de l’homme, la Commission africaine des droits de l’homme et
des peuples et le Gouvernement togolais, à mettre en application
sans délai, toutes les recommandations faites par cette commission
d’enquête et publiées dans son rapport du 21 Février
2001.
Nous demandons aux gouvernements du Canada,
des États-Unis et des Pays de l’Union Européenne, d’apporter
leur assistance technique et financière, dans la mise en application
de ces recommandations, et d’assurer un suivi régulier de ce dossier
jusqu’à son entière et complète exécution.
Nous insistons particulièrement sur les points suivants:
- la mise en place des équipes d'experts
et de médecins légistes pour la tenue des enquêtes
complémentaires recommandées par la Commission;
- la nomination d'un rapporteur spécial
sur la situation des droits de l'homme au Togo;
- la mise en oeuvre d'un mécanisme
de suivi de la protection et de la situation des témoins.
Nous demandons aux autorités togolaises
compétentes d’initier, dans les plus brefs délais, une réelle
enquête judiciaire pénale dont le travail permettrait d’élucider
les différentes allégations de crimes contenues dans ce rapport,
d’identifier, de poursuivre et de sanctionner les auteurs et commanditaires
de ces crimes odieux.
Par ailleurs, étant données
les allégations de responsabilités imputées dans certains
de ces crimes à l'actuel Premier Ministre togolais, M. Agbéyomé
Kodjo, nous demandons à ce dernier la démission immédiate
de son poste de Premier Ministre, en vue d’une part, de rétablir
la crédibilité du Gouvernement togolais tant dans le pays
même qu’à l’étranger, et d’assurer ainsi la sécurité
et la sérénité des populations dans la préparation
des élections législatives anticipées prévues
pour le mois d’octobre prochain, et d’autre part, de faciliter les enquêtes
complémentaires recommandées par la commission d’enquête
internationale.
Nous demandons au peuple togolais, de continuer
sa courageuse et légitime lutte en vue de sa libération,
pour que vive un Togo de liberté, de justice, de paix, de fraternité,
de progrès et de prospérité.
Fait à Ottawa, le 6 Mars 2001
Pour la Communauté Togolaise,
Le Président,
Alexis Ajavon
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