Extraits du discours du président de la CTC à l'occasion de la célébration du
41ème anniversaire de l'indépendance du Togo.
Merci à vous toutes et tous d’être venu célébrer
le 41ème anniversaire de l’indépendance du Togo. Force est
de constater que le sens profond de cette fête s’est inscrit en nous
puisque, année après année nous nous rassemblons afin
de souligner cette indépendance chérie. Une question se pose
pourtant: que célèbrent nos frères et sœurs restés
au pays aujourd’hui? Célèbrent-ils l’indépendance
ou l’indifférence?
Pourquoi parler d’indifférence?
Il est vrai en effet, que nous ne sommes pas indifférents.
Régulièrement nous nous informons de ce que vivent nos concitoyens
au pays. Souvent, nous discutons de la dictature et des piètres
conditions humaines au Togo. Dans le salon de l’un ou l’autre, nous sirotons
un verre et rêvons de rebâtir une nouvelle société
togolaise démocratique. Nous rêvons de joie de vivre, d’espoir
et de liberté. Nous rêvons même d’un Togo si libre,
si beau, si meilleur, où nous retournerions vivre. Nous chérissons
le jour où notre pays sera GOUVERNÉ AUTREMENT.
Non, nous ne sommes pas indifférents. Nous savons que le Togo
occupe une place de choix parmi les derniers rangs des pays ayant un développement
humain très faible. Nous sommes parfaitement conscients que jour
après jour nos frères et sœurs qui travaillent au pays n’espèrent
même plus un salaire, aussi minime soit-il. Nous savons également
que des enfants partent tous les matins pour l’école sans avoir
mangé, hypothéquant ainsi leur chance d’un avenir meilleur.
Nous savons aussi que le Togo se vide de sa force vive, exode provoqué
par la situation politique, sociale et économique actuelle. Nous
étions sensibles aux multiples violations des droits humains dans
notre pays avant même le rapport de la commission conjointe ONU/OUA.
Donc, pourquoi parler d’indifférence, alors que nous sommes pourtant
conscients.
C’est vrai, nous sommes conscients, mais notre conscience ne peut plus
être individuelle. Notre conscience doit se «collectiviser»
afin de susciter la naissance d’une nouvelle solidarité.
L’heure n’est donc plus à l’individualisme, mais aux regroupements
aux seins desquels nous pourrons créer une nouvelle solidarité,
afin de réfléchir et d’envisager ensemble des solutions appropriées
à nos problèmes, mais surtout afin d’entreprendre des actions
concrètes visant à l’amélioration de la qualité
de vie de nos sœurs et frères du pays. L’action concrète
devra contribuer à rebâtir dans la paix et la sérénité
une nation togolaise libre, démocratique, unie, prospère
et capable de rejouer son rôle dans le concert des Nations d’Afrique
et du Monde.
C’est ici que la CTC prend tout son sens. La CTC créée
il y a dix ans, est un lieu propice pour initier et consolider de telles
solidarités. Plusieurs réalisations présentées
dans le dépliant d’information de la C.T.C. témoignent de
cet engagement envers notre Mère-Patrie.
La Communauté Togolaise au Canada (CTC.), dans ses interventions humanitaires
vers le Togo, a décidé de soutenir financièrement et par diverses activités un
programme de lutte contre la faim en milieu scolaire initié par un organisme
à but non-lucratif, "Espace et Vie Scolaires'' (E.V.S.), en collaboration
avec les frères du sacré-Cœur au Togo. Comme exemple d'activité, la CTC
enverra dans les prochains jours au pays, quatre (4) tonnes de matériels
scolaires dont des ordinateurs, des logiciels, des livres, et d'autres accessoires…
Mais, pour que perdurent ces accomplissements, nous nous devons d’être solidaires
dans notre engagement, notre dévouement et notre bonne volonté.
Les Togolais et Togolaises de la diaspora ne peuvent plus prétendre
lutter pour les intérêts de leur pays, sans aucun lien de
solidarité et sans actions concrètes. Nous devons démontrer
que notre lutte humanitaire est collective. Le temps des beaux discours
est révolu. Et pour que les appuis de notre pays d’accueil s’intensifient,
notre communauté doit témoigner par des actions concrètes,
son union, sa solidarité et sa fidélité au peuple
togolais.
De l’indépendance à l’indifférence, il est grand
temps d’agir afin de faire la différence. Je formule le vœu que
l’année prochaine, quand nous célébrerons le 42ème
anniversaire de l’indépendance de notre pays, nous puissions célébrer
aussi la première année de la différence.
Pour ce faire notre communauté devra relever le défi suivant:
Ajouter l’action concrète à notre conscience collective
afin de faire la différence.
Individuellement, nous devrons donc participer activement aux diverses
activités de la CTC et contribuer financièrement aux projets
humanitaires initiés par la CTC à travers ses sections.
(...) Rappelons-nous que seule la solidarité donne un sens à
l’existence humaine. C’est cette solidarité, cette addition de forces,
qui propulse l’action concrète. Ainsi solidaires, nous pourrons
donner une conscience identitaire élargie à notre peuple,
et permettre à ce dernier de survivre, de renaître et de vivre.
Ablodé ! Ablodé ! Ablodé !
Montréal (Québec, Canada), le 28 avril 2001
Alexis Ajavon,
Président de la Communauté Togolaise au Canada