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Le préalable: UNION!
Les derniers développements survenus au Togo démontrent une
fois de plus si besoin est, que la dictature militaire qui sévit
dans notre pays depuis près de 40 ans, n'est pas disposée
le moins du monde à permettre l'organisation d'élections
libres et transparentes.
Une fois encore, le dictateur et sa cohorte de fossoyeurs du peuple
togolais donnent la preuve qu'il n'y a rien à espérer de
leur part, en terme de changement et de conversion à la démocratie.
Chaque jour que Dieu fait, la mouvance dictatoriale tient à démonter
que pour elle, la parole donnée importe peu et que le ridicule ne
tue pas:
- En août 1999, M. Gnassingbé Eyadéma s'engageait,
"parole de militaire", «à dissoudre l'Assemblée Nationale
en mars 2000 et à organiser de nouvelles élections».
Nous sommes en 2002, et la fameuse parole de militaire n'a jamais connu
un début de réalisation.
- En août 1999, M. Eyadéma déclarait, toujours avec
sa "parole de militaire", qu'il ne "procédera pas à une modification
de la Constitution" qu'il a lui-même promulguée, et donc qu'il
ne commettra pas un autre hold-up électoral en 2003. Seul un naïf
peut vouloir croire à une telle promesse. D'ailleurs, tout se met
en place tranquillement et sans aucune honte, pour la modification de la
Constitution.
- En août 1999, la sensibilité dictatoriale signait l'Accord-cadre
de Lomé avec des partis de l'opposition. Cet accord prévoyait
entre autres, que l'organisation des élections relèvera d'une
Commission électorale nationale indépendante. Deux ans et
demi plus tard, les tenants de l'ordre ancien s'emploient avec acharnement
à dissoudre la CENI et à re-confier l'organisation des élections
au ministère de l'intérieur de M. Eyadéma, histoire
de pouvoir truquer encore à loisir le verdict des urnes.
- En décembre 2000, lorsque le Comité d'Action pour le
Renouveau a soulevé la question du renouvellement des membres de
la CENI, les membres de cette structure avaient convenu qu'un tel renouvellement
ne surviendrait qu'après la tenue des élections législatives.
Les représentants de la mouvance dictatoriale avaient pleinement
approuvé cette convention, étant donné qu'ils disposent
abusivement d'une majorité relative à la CENI. Un an plus
tard, c'est le prétexte du renouvellement de la CENI que la dictature
a saisi pour torpiller cette institution.
- En août 2001, Me Agboyibo était condamné à
six mois de prison après un simulacre de procès, pour avoir
dénoncé des actes criminels d'une bande de bandits se réclamant
du parrainage de M. Agbéyomé Kodjo. Quelques semaines plus
tard, Me Agboyibo sera accusé de complicité malfaiteurs,
et quels malfaiteurs? Ceux-là même qui étaient l'objet
de la dénonciation qui lui a valu d'être injustement condamné!!!
- La Constitution que M. Eyadéma a promulguée ne reconnaît
pas le "13 janvier" comme une fête de la République. Et pourtant,
la dictature et sa cohorte continuent de dilapider les ressources du pays
pour organiser des fêtes de sang qui incitent à la division
et à la haine.
- ...
La liste est interminable, de faits qui illustrent que la dictature ne
craint pas le ridicule et que surtout, elle se soucie le moins du monde
de la souffrance du peuple. Eyadéma et ses hommes de main se permettent
tout ce qu'ils veulent, parce qu'ils se savent forts. Ils sont forts parce
qu'ils s'appuient sur une armée non républicaine, jusque-là
apte à servir un homme plutôt qu'un pays. Mais surtout, ils
sont forts parce que nous sommes faibles: le peuple est faible, l'opposition
est faible, la diaspora est faible. La dictature nargue le peuple car elle
sait qu'elle n'a aucune force en face d'elle.
Il est plus que temps de changer cet état de choses. Diverses
propositions sont avancées depuis quelques jours par les leaders
de l'opposition et par des membres de la diaspora, face aux nouvelles manœuvres
d'un pouvoir assassin. Nous croyons cependant que le préalable,
le pré-requis à toute solution, c'est l'UNION. La force que
nous devons constituer en face de la dictature, c'est la force du Peuple,
c'est la force populaire, et elle passe par l'UNION.
La Diaspora Togolaise pour la Démocratie (DIASTODE) est convaincue
que la seule force capable de vaincre la dictature, c'est une véritable
et puissante mobilisation populaire. C'est la mobilisation populaire qui
a eu raison de Guei en Côte d'Ivoire, c'est la mobilisation populaire
qui tente actuellement de déloger un autre dictateur en Madagascar.
Mais, une telle force ne peut se constituer que si l'opposition est unie
et si la diaspora parle d'une seule voie. Seule une opposition unie
peut remobiliser notre peuple fatigué par une décennie de
luttes sans résultat tangible.
Pour obtenir la mobilisation populaire qui permet de soulever des montagnes,
l'opposition doit parler d'une seule voie. L'heure est venue de taire les
divergences, de mettre de côté les ambitions personnelles,
et de constituer un front uni. Un seul Front, une seule Opposition, une
seule Diaspora pour la démocratie.
La DIASTODE réitère son appel pour une union totale de
l'opposition. et pour un regroupement de tous les mouvements et associations
de la Diaspora, avec un seul objectif: celui de mobiliser massivement le
peuple pour faire comprendre à Eyadéma qu'il est temps pour
lui de dégager. Montrons pour une fois à la face du Peuple
que c'est le devenir de la terre de nos aïeux qui nous tient à
cœur, plus que toute autre chose.
Unissons-nous pour mobiliser le peuple, c'est le PRÉALABLE
à toute autre action. Sans union, nous aussi, Opposition et Diaspora, aurons
contribué à prolonger les souffrances de notre Peuple.
Fait à Montréal (Québec), Canada, le 30 janvier 2002
Pour le Secrétariat de la DIASTODE,
Komlan Nutépé Zafoé
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