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La
Diaspora togolaise se mobilise contre l'organisation du sommet de l'OUA
à Lomé
(Diaspora Togolaise
pour la Démocratie (DIASTODE), 24 février 2000)
C’est dans un contexte de crise économique
sans précédent et de violation permanente des droits de l’Homme
en raison de la consolidation d’un régime de dictature qui dure
depuis 33 ans, que le Gouvernement du Togo s’apprête à accueillir
le prochain sommet de l’OUA en juin 2000.
En effet, depuis le début des années
90, le Togo demeure l’un des rares pays de la sous-région dont la
démocratisation est systématiquement bloquée par le
régime dictatorial du Général Gnassingbé Éyadéma.
Cette situation contraire aux principes et aux pratiques de la mondialisation
de la démocratie en ce début du 21e siècle, a conduit
plusieurs pays la Communauté internationale et l’Union Européenne
à suspendre leur coopération avec le Togo depuis 1993.
Les conséquences sociales et économiques
de la crise interne et des difficultés que le Gouvernement togolais
a avec les grands créanciers internationaux se font sentir avec
acuité au sein de la population :
- Inflation des prix des denrées
de première nécessité;
- Arriérés des salaires et
d’indemnités aux corps de fonctionnaires dont notamment les enseignants
de tous les degrés, ainsi qu’aux retraités;
- Arriérés d’allocations
familiales aux allocataires de la Caisse Nationale de Sécurité
Sociale;
- Fermeture des écoles en raison
de la dégradation des conditions financières et matérielles
du système d’enseignement;
- Dégradation du système
de santé y compris même les soins de santé primaire;
- Violence policière et répression
militaire de toutes manifestations pacifiques de la population qui réclame
en toute légitimité l’amélioration de leurs conditions
de vie économique, sociale et politique.
Considérant les idéaux de
l’OUA qui sont la démocratie et le développement durable
des peuples africains,
Considérant l’incapacité du
régime dictatorial du Général Éyadéma
à gouverner efficacement le Togo en vue des réalisations
de ces idéaux,
Considérant que l’organisation d’un
tel Sommet nécessite des investissements colossaux et un climat
politique démocratique et serein,
Considérant que le Togo ne remplit
pas ses conditions à l’heure actuelle,
Considérant que le Gouvernement togolais
et les partis d’opposition ont la responsabilité historique de consacrer
leurs efforts pour trouver une solution durable à la crise politique,
économique et sociale du Togo,
La Diaspora Togolaise pour la Démocratie
(DIASTODE):
- Appuie les revendications légitimes
du peuple togolais et partage sa souffrance,
- Estime que la crise économique
sociale et politique que vit le peuple togolais n’est pas propice pour
organiser un Sommet de l’OUA digne de ce nom,
- Demande aux États membres de l’OUA,
au Secrétaire général de l’OUA, à l’UE, à
l’ONU, au Canada, aux USA et aux bailleurs de fonds internationaux de ne
pas investir les ressources humaines, matérielles et surtout financières
pour l’organisation du Sommet de l’OUA de JUIN 2000 au Togo,
- Demande aux hommes et femmes d’affaires
du Togo de ne pas soutenir financièrement les préparatifs
et l’organisation du Sommet de l’OUA au Togo,
- Demande au Gouvernement du Général
Éyadéma et à l’opposition de consacrer plutôt
leurs efforts à l’organisation et à la réalisation
des élections démocratiques au Togo.
Fait à Ottawa (Ontario), Canada,
le 24 février 2000
Dr Kossivi Emmanuel Ayigah
Secrétariat permanent de la DIASTODE
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