I. Introduction
II. Contexte
III. L’enquête
sur le terrain
IV. Des allégations d’exécutions extrajudiciaires en 1998
V. Conclusions
et recommandations
I.
INTRODUCTION
A. Mandat
1. Le 7 juin 2000, MM. Kofi Annan et
Salim A. Salim, respectivement secrétaire général
de l’Organisation des Nations Unies (ONU) et secrétaire général
de l’Organisation de l’unité africaine (OUA), ont rendu public un
communiqué conjoint relatif à la création, sous les
auspices des deux organisations, d’une commission d’enquête internationale
chargée de vérifier la véracité des allégations
de centaines d’exécutions extrajudiciaires qui auraient en lieu
au Togo, en cours de l’année 1998, contenues dans le rapport d’Amnesty
International publié le 5 mai 1999, et de faire rapport aux deux
Secrétaires généraux.
B. Composition
2. La Commission d’enquête internationale
pour le Togo (ci-après dénommé «la Commission»)
est composée de trois experts indépendants nommés
d’un commun accord par les Secrétaires généraux de
l’ONU et de l’OUA : MM. Mahamat Hassan Abakar (Tchad), président,
M. Paulo Sérgio Pinheiro (Brésil), membre, et M. Issaka Souna
(Niger), membre.
C. Méthodes de travail
3. La Commission a mené son enquête
conformément aux normes internationales applicables, notamment aux
instruments internationaux relatifs aux droits de l’homme en vigueur. La
Commission s’est rendue en mission sur le terrain, au Togo et dans les
pays voisins, afin de vérifier les faits allégués.
Elle a, dans ce cadre, fait appel à des institutions et à
des personnes en vue de réunir les témoignages, informations
et documents nécessaires à la réalisation de son mandat.
Avant son départ en mission, la Commission a fait procéder,
en date du 12 septembre 2000, notamment par le biais des bureaux des Nations
Unies au Togo, au Bénin et au Ghana, à la diffusion d’une
note d’information publique sur son mandat, ses méthodes de travail,
les questions relatives à la protection des témoins et de
toute autre source d’information, et l’engagement pris par le Gouvernement
togolais de coopérer avec elle. Cette note d’information appelait
également les personnes souhaitant fournir des informations, des
témoignages, des conseils ou des avis à la Commission à
le faire, soit oralement (interview ou audition par la Commission), soit
par écrit, soit par tout autre moyen qu’elles jugeraient utile,
adéquat et sûr. La Commission indiquait que ces informations
pourraient lui être communiquées directement pendant ses enquêtes
sur le terrain, au Togo ou dans les pays voisins ou autres qu’elle visiterait,
ou à son secrétariat au Haut-Commissariat des Nations Unies
aux droits de l’homme situé au Palais Wilson à Genève.
La note d’information publique était accompagnée du règlement
intérieur de la Commission.
4. La Commission a ainsi entendu des
représentants du Gouvernement togolais et du Bénin, des chefs
et membres de plusieurs missions diplomatiques étrangères
accréditées dans ces deux pays, des représentants
d’organisations des droits de l’homme à caractère international
et national, des journalistes et plus d’une soixantaine de témoins,
aussi bien à Genève que sur le terrain. La Commission a également
recueilli de nombreux documents, photos et pièces qui lui ont été
remis par les personnes et les institutions interesées.
5. La Commission a entendu, à
deux reprises, les représentants d’Amnesty International, lors de
ses première et deuxième réunions tenues à
Genève en août et septembre 2000. À ces deux
occasions, elle a tenu également des séances de travail avec
des délégués du Gouvernement togolais. Une fois sur
le terrain, la Commission a eu plusieurs séances de travail avec
la Commission nationale mise en place par le Gouvernement togolais en vue
de servir d’organe de liaison. Les échanges que les deux Commissions
ont eus ont notamment permis d’élucider certains problèmes
survenus pendant le déroulement de l’enquête sur le terrain.
D. Réunions de la
Commission à Genève
6. La Commission a débuté
ses travaux le 31 juillet. Elle s’est réunie à trois reprises
à Genève.
7. La Commission a tenu sa première
réunion du 31 juillet au 4 août 2000. Elle a adopté
son règlement intérieur lors de cette réunion. Ce
règlement intérieur comporte les éléments relatifs
à son mandat, à la déclaration solennelle de ses membres,
à leurs immunités et privilèges, aux normes internationales
applicables à l’enquête, à la confidentialité
et à la protection des témoins, à la coopération
avec l’Organisation des Nations Unies, l’Organisation de l’unité
africaine et le Gouvernement togolais, aux réunions, aux pouvoirs
du Président et aux décisions de la Commission, au secrétariat
et à la rédaction de son rapport (voir annexe 2). Au cours
de sa première réunion, la Commission a eu des échanges
de vues avec plusieurs organisations et des missions permanentes auprès
de l’Office des Nations Unies à Genève. Elle a entendu les
délégations du Gouvernement togolais et d’Amnesty International.
8. La Commission s’est réunie
pour la deuxième fois à Genève du 18 au 22 septembre
2000, en vue de préparer sa mission sur le terrain. Elle a saisi
cette occasion pour s’entretenir avec des représentants de plusieurs
organismes et organisations, tel que Amnesty International, le Comité
international de la Croix-Rouge et le Haut-Commissariat des Nations Unies
pour les réfugiés. Elle a également eu un dialogue
approfondi avec la délégation togolaise, lequel a porté
notamment sur la réalisation des conditions préalables au
déploiement de la mission sur le terrain. La Commission a mis à
profit son séjour à Genève, qui s’est prolongé
jusqu’au 11 novembre 2000, dans l’attente d’une réponse satisfaisante
du Gouvernement togolais à ses requêtes, pour régler
les problèmes administratifs et logistiques en suspens.
9. La Commission s’est réunie
pour la troisième fois à Genève du 15 au 22 décembre
2000. Elle a, au cours de cette réunion, finalisé et adopté
le présent rapport, rédigé à la suite d’une
mission de cinq semaines sur le terrain, effectuée au Togo et dans
les pays voisins.
E. Mission effectuée
au Togo et dans les pays voisins
10. La Commission s’est d’abord rendue
au Togo et y a séjourné pour la première fois du 11
au 19 novembre 2000. Elle s’est rendue ensuite au Bénin, essentiellement
à Cotonou (du 19 au 24 novembre 2000) et dans la région du
Mono frontalière du Togo (24 novembre-2 décembre 2000), ainsi
qu’au Ghana, dans la région frontalière de la Volta (2-4
décembre 2000). La Commission a terminé sa mission par un
deuxième séjour au Togo, du 4 au 12 décembre 2000.
11. La Commission tient à remercier
les autorités togolaises, béninoises et ghanéennes
pour leur coopération. Elle tient également à remercier
les bureaux des Nations Unies au Togo, au Bénin et au Ghana pour
l’appui qu’ils lui ont apporté pour le bon déroulement de
sa mission sur le terrain. Cette mission lui a permis de recueillir les
données et informations nécessaires à l’accomplissement
de son mandat.
II. Contexte
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