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TOGO:
ÉTAT DE TERREUR
Rapport 1999
d'Amnesty International sur les
violations
de droits de l'homme au Togo
1.Introduction
2.
Le contexte politique
3.
Garanties constitutionnelles et obligations internationales du Togo
4.
Persistance des violations des droits humains
5.
Arrestation et détention de probables prisonniers d'opinion
6.
Arrestations pendant les élections présidentielles de juin 1998 et les législatives de mars 1999
7.
Arrestations de journalistes et entraves à la liberté de la presse
8.
Torture et mauvais traitements
9.
Morts sous la torture en détention
10.
Exécutions extrajudiciaires et "disparitions"
11.
Conditions de détention
12.
Violations des droits humains - responsabilités des forces de sécurité
13.
Impunité
14.
Le Togo et le reste du monde
Conclusions
et recommendations
6.
Arrestations pendant les élections présidentielles
de juin 1998 et les législatives de mars 1999
La répression exercée
par les forces de sécurité togolaises à l’encontre
de la population civile, notamment les opposants politiques, s’est intensifiée
surtout pendant et après le scrutin présidentiel de juin
1998. Amnesty International a connaissance d’une trentaine de cas de personnes
appréhendées, dont certaines ont été libérées
sans jugement. Ces détenus ne représentent qu’une fraction
des personnes arrêtées pour des motifs politiques durant 1998
et 1999. Au nombre de ces détenus figurent des prisonniers d’opinion,
incarcérés uniquement pour avoir exprimé sans violence
des opinions politiques. Les arrestations ont eu lieu sur l’ensemble
du pays tant à Lomé, la capitale que les préfectures
dont celles du Wawa et des Lacs, et ont touché l’ensemble des militants
et sympathisants des partis politiques de l’opposition.
Le 20 juin 1998, à quelques
jours du premier tour des élections présidentielles, les
forces de sécurité ont appréhendé ADJIBA Kossi
ainsi que OKOUTA Biyeya, deux responsables du CAR à Atakpamé,
dans la préfecture de l’Ogou. Conduits à la gendarmerie d’Atakpamé,
ils ont été transférés à la gendarmerie
nationale de Lomé puis ont été transférés
à la prison civile de Lomé le 6 juillet et libérés
sans jugement dix jours plus tard. Au cours de la même période,
OLADOKOU Olabodé, élève au lycée Saint Albin
d’Atakpamé et militant de l’UFC, suspecté d’avoir hébergé
une personne armée a été arrêté et transféré
à la gendarmerie nationale puis à la prison civile de Lomé
où il attend d’être jugé. Amnesty International estime
que ces arrestations sont liées à leur engagement au sein
de l’opposition. L’article 9 du Pacte, dispose que “Tout individu a droit
à la liberté et à la sécurité de sa
personne. Nul ne peut faire l’objet d’une arrestation ou d’une détention
arbitraires. Nul ne peut être privé de sa liberté,
si ce n’est pour des motifs et conformément à la procédure
prévue par la loi”.
Au lendemain du scrutin de juin,
BOUKARY Seydou, du PDR ainsi que deux autres militants du même parti
ont été appréhendés à Badou, dans la
préfecture du Wawa. Détenus dans un premier temps à
la gendarmerie de Badou, ils ont été transférés
à la gendarmerie de Lomé et ont été libérés
deux jours plus tard, sous la pression du dirigeant du PDR.
En juillet 1998, ATTIOGBÉ
Sassou Yao, ADIWANOU Gbadobe Kodjo et ABAYA Atsou, tous trois membres de
l’UFC, porteurs de tracts appelant à une journée ville morte
pour protester contre les résultats des élections présidentielles,
ont été appréhendés à Kpémé,
dans la préfecture des Lacs et à Lomé. Accusés
d’un délit de presse, ils ont été détenus à
la gendarmerie, puis déférés à la prison civile
de Lomé. Ils ont été mis en liberté provisoire
en décembre 1998.
Au cours de la même période,
KOUDAKOU Kokou, un autre membre de l’UFC, a été arrêté
et jugé sous la charge d’atteinte à l’économie nationale.
Le tribunal de grande instance de Lomé l’a condamné à
quatorze mois d’emprisonnement dont quatre avec sursis qu’il purge à
la prison de Lomé.
Durant cette période, le
simple fait de commenter un événement pouvait conduire à
une détention. Ainsi, pour avoir commenté l’attaque d’un
groupe d’opposition armé en provenance du Ghana, KOPAYE Robert,
appréhendé le 17 août, a été détenu
sans charge pendant quelques jours à la gendarmerie d’Atakpamé.
En novembre 1998, une infirmière,
a été arrêtée à Notsé, dans la
préfecture du Haho, et condamnée à trois mois d’emprisonnement
pour avoir commenté l’assassinat en octobre 1998 de Maître
NOUGNOUI, un avocat du barreau de Lomé. Elle a été
libérée quelques jours plus tard sur l’intervention d’un
des fils du président GNASSINGBÉ Eyadéma qui était
en visite dans la région des Plateaux. Amnesty International considère
cette infirmière, comme une prisonnière d’opinion, arrêtée
pour avoir commenté une information publique.
Toujours en novembre 1998, DEGBOR
Xola, cultivateur, a été arrêté à Akato
par les membres des forces de sécurité qui lui ont demandé
la direction de la frontière avec le Ghana. Ce n’est qu’au bout
de deux semaines que ses proches ont su qu’il était détenu
à la gendarmerie nationale.DEGBOR Xola a été libéré
sans jugement après plus de deux mois.
En mars 1999, quelques jours avant
les élections législatives, plusieurs
sympathisants de l’UFC et de la Convention
démocratique des peuples africains (CDPA) qui appelaient au boycott
de ces élections ont été arrêtés au moment
où ils tenaient une réunion à Agbandi dans la préfecture
de Blita, ils ont été relâchés quelques heures
plus tard.
Le jour du scrutin en mars 1999,
des dizaines de civils qui s’étaient abstenus de voter ont été
détenus sans charge pendant quelques jours. Ces personnes ont été
arrêtées lors du contrôle d’identité effectué
par les forces de sécurité qui vérifiaient si elles
avaient leur pouce marqué de l’encre électorale indélébile.
7. Arrestations
de journalistes et entraves à la liberté de la presse
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