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TOGO:
ÉTAT DE TERREUR
Rapport 1999
d'Amnesty International sur les
violations
de droits de l'homme au Togo
1.Introduction
2.
Le contexte politique
3.
Garanties constitutionnelles et obligations internationales du Togo
4.
Persistance des violations des droits humains
5.
Arrestation et détention de probables prisonniers d'opinion
6.
Arrestations pendant les élections présidentielles de juin 1998 et les législatives de mars 1999
7.
Arrestations de journalistes et entraves à la liberté de la presse
8.
Torture et mauvais traitements
9.
Morts sous la torture en détention
10.
Exécutions extrajudiciaires et "disparitions"
11.
Conditions de détention
12.
Violations des droits humains - responsabilités des forces de sécurité
13.
Impunité
14.
Le Togo et le reste du monde
Conclusions
et recommendations
9. Morts sous la torture en détention
Amnesty International a eu connaissance
de plusieurs cas de civils qui ont succombé à la suite de
tortures infligées dans les centres de détention y compris
dans les locaux de la gendarmerie nationale à Lomé.
Dans un témoignage rendu
public en septembre 1995 par la “Tribune des Démocrates”, KOUDAYA
Richard Kokou a fait la déclaration suivante : “Au cours des tortures,
ma copine AMENYO Delphine a dû succomber sous le coup. Elle était
morte le 28 mars 1994 et son corps enterré par le CB (chef de brigade)
de la gendarmerie de Kara.”
KOUMA Sam, commerçant en
engrais et fleurs artificielles a été arrêté
le 26 novembre 1997. Battu à la gendarmerie nationale, il a succombé
à ses blessures quelques jours plus tard. La délégation
d’Amnesty International a pu recueillir le témoignage sur les circonstances
de la mort de KOUMA Sam :
"J’étais arrêté
le 26 octobre et emmené à la gendarmerie nationale
avec KOUMA Sam. Il avait le pied gauche menotté à la main
droite et le pied droit menotté à la main gauche et il a
été battu dans cette position. Puis il a été
ligoté sur la table et les gendarmes lui ont donné des coups
à l’aide des antivols de vélos, de câbles, de ceintures
et de bâtons jusqu’à ce qu’il perde connaissance. Une fois
revenu à lui, il a demandé de l’eau à boire qui lui
a été refusée. En revanche, de l’eau a été
versée sur lui. Il vomissait du sang qui lui sortait également
des narines. Des détenus l’ont mis dans un véhicule pour
l’infirmerie et trois jours après j’ai appris son décès."
“Togo presse”, un journal proche
du RPT, dans sa livraison du 27 novembre 1997, a donné l’information
selon laquelle il faisait partie d’un réseau de faussaires, chargé
de la fabrication de faux passeports. Ce journal a ajouté qu’il
avait essayé de s’enfuir en escaladant la clôture de la gendarmerie
au moment où il était “démenotté pour lui permettre
de prendre du café” et qu’il avait été rattrapé
par les habitants de Doulassamé qui l’ont sévèrement
molesté avant l’arrivée des gendarmes. Toujours, selon le
même journal, les tentatives pour le ranimer à l’hôpital
ont été vaines.
Le 28 juillet 1998, plusieurs
personnes portant un bandeau rouge ou des vêtements de couleur bordeaux
(un signe de ralliement attribué à l’opposition), qui appelaient
à une manifestation, ont été arrêtées
et battues par les forces de sécurité. Plusieurs d’entre
elles sont mortes des suites de ces coups. Un rescapé qui a été
libéré après avoir été maltraité
dans un camion des forces de sécurité a confié à
Amnesty International:
"J’étais sur mon vélo
quand j’ai vu des cadavres au bord de la route, j’ai interrogé les
passants qui se trouvaient autour quand les militaires m’ont interpellé
et m’ont jeté dans un camion, ils m’ont mis au milieu comme un ballon
de football et m’ont battu en donnant des coups de pied, des coups de poings
et des coups de crosses. Trois personnes ont été battues
dans ces mêmes conditions devant moi et elles en sont mortes. Leur
corps ont été déposés au bord de la route".
10. Exécutions
extrajudiciaires et "disparitions"
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