Si le chef de l’Etat togolais a ouvert la Conférence nationale,
il ne l’a pas clôturée. Il a même décidé,
sans succès, sa suspension, le 26 août.
Les notables de l’armée ont déserté les assises
après deux journées de présence (l’ouverture comprise).
La grande palabre était loin d’être enterrée.
Deux facteurs vont favoriser le camp de la dictature. D’une part, l’absence
d’une force organisée pour la défense des organes de transition
; d’autre part, la zizanie qui règne au sein de l’opposition.
A titre d’exemple, la polémique engagée entre Me Yaovi
Agboyibo (CAR) et M. Antoine Folly (UDS). Heureusement, le leader du CAR
y mettra un terme par une lettre de conciliation adressée à
son collègue de l’UDS. La lettre dit en substance : «
Suite à une intervention que j’ai faite le 16 septembre 1991 au
Haut Conseil de la République dans le cadre d’un débat sur
le mode de désignation des suppléants des Hauts Conseillers,
mon Collègue, Monsieur Amorin s’est permis de me dire : Me Agboyibo
a des réminiscences du RPT. Je lui ai sur-le-champ rétorqué
en ces termes : Au moment où nous combattions le RPT sur
le terrain, Monsieur Amorin vivait sur la Côte d’Azur.
[...] Monsieur Amorin après une crise de colère s’est
ressaisi et a, le même jour, approché Me Zotchi pour lui demander,
de me transmettre ses excuses. Je lui ai notifié par le canal de
Me Zotchi que j’ai accepté ses excuses. L’incident était
définitivement clos [...] Mes propos étaient strictement
limités à Monsieur Amorin et je n’avais nullement traité
d’extrémistes les Togolais revenus d’Europe. » [La
Parole, n° 36, 16 octobre 1991.]
Telle était l’ambiance au sein de l’opposition togolaise. Les querelles
de clocher étaient légion, pendant que le Général
établissait son plan de reconquête du pouvoir.
Suite: La mini-guerre civile