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DÉMOCRATISATION À LA TOGOLAISE

Tètè Tété, 1998

Table des matières
 

Les amis de Gnassingbé


Eyadéma dispose de quelques amitiés françaises, aussi solides qu’intéressées. L’un des amis français d’Eyadéma a pour nom : Charles Pasqua. Sénateur RPR des Hauts-de-Seine, l’homme a pour devise : «La démocratie s’arrête là où commencent les intérêts de l’Etat. », ou bien encore : «Les promesses n’engagent que ceux qui y croient.».
Le 19 décembre 1992, Pasqua entreprend une visite d’amitié de 48 heures au Togo. Il est reçu en grande pompe dans le Nord, fief d’Eyadéma. Peu avant son départ du Togo, M. Pasqua fait une déclaration tonitruante à la presse. Il déclare apporter son soutien au général Eyadéma auquel il réaffirme son admiration sans bornes.
En France, on est à quelques mois des élections législatives. Les sondages sont favorables à la droite. Eyadéma est généreux envers ses amis. En retour, Charles Pasqua va promettre au Général l’aide du gouvernement français après le retour probable de la droite au pouvoir en mars 1993. Il s’agit pour Eyadéma de tenir bon encore quelques mois.
La population togolaise va commencer sérieusement à se poser des questions sur la gent démocrate française. L'opposition au cours d’une manifestation de 5000 personnes, proteste contre les tentatives de la droite française consistant à dicter au peuple togolais le choix de ses gouvernants. Le président du COD II, Léopold Gnininvi, déclarera : « Cette visite, à l’heure où nous entamons la sixième semaine d’une grève illimitée, était inopportune et a choqué la population. » [Jeune-Afrique, n° 1670, 7-13 janvier 1993, p. 29.]
Malgré les intérêts en jeu, un autre responsable politique français va venir tempérer la colère des démocrates togolais. Il s’agit d’Alain Madelin, responsable UDF, tendance Démocratie-libérale. M. Madelin jouera la carte de la démocratisation.
Comme pour gommer les bévues de son condisciple, Alain Madelin va déclarer : «Je suis un ami de longue date de la démocratie africaine. J’exprime ici mon admiration et mon amitié pour les démocrates qui ici ou ailleurs en Afrique se battent pour la liberté et la dignité de la personne, souvent au péril de leur vie [...] Ceux qui pensent d’ailleurs trouver à Paris au printemps prochain des appuis pour retarder l’évolution de la démocratie ici ou ailleurs se trompent. ». Bref, aucun soutien à une «dictature en voie de disparition».
MM. Pasqua (RPR) et Madelin (UDF) sont en fait, deux éléments d’une même chaîne. Ils représentent tous les deux, la droite française. Ils ont l’habitude par l’entremise de leur parti politique respectif de gouverner ensemble. Leur prestation à Lomé, fait penser à deux associés qui ne veulent pas mettre leurs œufs en commun dans le même panier.
Une lettre de soutien (28 janvier 93) au général togolais, de la part de l’ex-président de la République française, M. Valéry Giscard-d’Estaing (UDF), fera pencher les enchères du côté de la dictature. Plus de doute : RPR ou UDF, les intérêts sont les mêmes. Comme réconfortés par la lettre de VGE en faveur d’Eyadéma, les hommes du Général vont une fois de plus sévir.
 

Le 30 janvier 1993, M. Marcel Debarge, ministre français de la Coopération, et son homologue allemand, M. Helmut Schäfer,sont en visite au Togo pour rencontrer les acteurs-protagonistes de la scène politique. Le jour-même, une manifestation pacifique de l’opposition (les habitants défilaient chacun une bougie allumée à la main), est réprimée dans le sang.
Entre ce 30 janvier et le 2 février, les hommes du Général sèment la terreur dans les quartiers de Lomé. Un quotidien français constate : « Des milliers de Togolais ont fui Lomé, dimanche 31 janvier. La veille, des dizaines de militaires et de policiers fidèles au général Gnassingbé Eyadéma avaient semé la terreur dans la capitale, en se livrant à des fusillades et à des pillages. Un bilan officieux fait état de six morts – dont un jeune garçon français – et quatorze blessés. » [Le Monde, n° 14935, 2 février 1993, p. 1.]
Doit-on s’en étonner ? Au cours de l’année 1992, lors d’une visite au camp de Témédja, le Général disait en substance à ses soldats. «Vous ne devez pas vous laisser prendre par les pièges des politiciens qui sont venus semer le désordre et l’anarchie au Togo [...] Depuis la Conférence nationale, l’économie togolaise est à terre, d’ici les mois à venir, vous n’aurez pas vos salaires mensuels car ils utilisent les réserves de la Caisse Nationale [Note de l’auteur. Il s’agit de la Caisse nationale de sécurité sociale.].  Ils se sont partagé le peu que j’ai laissé depuis 1967. » [Ibanou Express, n° 008, 28 juillet 1992, p. 12.]
Des mots qui ne sont pas de nature à rassurer les militaires quant aux présumées intentions et capacités de l’opposition démocratique. Dans l’après-midi du samedi 30, une centaine de militaires, de policiers et de gendarmes se répandent dans les rues de Lomé. Une cinquantaine de soldats de l’unité d’élite des FAT, la Garde présidentielle, ouvre le bal en déclenchant les premières fusillades. Des milliers d’habitants commencent à fuir Lomé, qui à pied qui dans les taxis collectifs surchargés. Ils prennent la direction de l’intérieur du pays, du Bénin, de Ghana. Des femmes tiennent des enfants par la main et portent une valise ou un gros baluchon sur la tête. Le dimanche vers 10 heures, près de 3000 personnes ont déjà franchi le poste-frontière du Ghana. A 70 km de Lomé, côté Bénin, les gardes-frontières sont débordés. Lomé (600 000 habitants) est désertée. Les militaires se livrent à des pillages. A l’aide de dynamites, les soldats font sauter la devanture des magasins. Ils chargent ensuite dans des camions et des voitures, le matériel volé ». Plusieurs commerces sont dévalisés : électroménagers, Hi-fi, motos, tissus... «Selon le chef de l’Etat, Gnassingbé Eyadéma, ces hommes cherchaient à «venger» les agressions commises les jours précédents contre plusieurs de leurs camarades. Mercredi, jeudi et vendredi, à la suite de la répression par la police, mardi, d’une manifestation de l’Opposition – au cours de laquelle au moins seize personnes avaient été tuées, - un militaire avait été brûlé vif, un gendarme égorgé, deux policiers, deux gendarmes et un militaire blessé, selon les ministères de la Défense et de l’Intérieur. L’opération de représailles a commencé une heure et demie après que la télévision nationale eût montré les images des cadavres du militaire et du gendarme assassinés. » [Le Monde, n° 14935, 2 févier, 1993, p.3.]
Le Général avait pourtant promis la sécurité à la signature des Accords mixtes paritaires.
Une délégation de l’Opposition réclame depuis le Burkina-Faso, une intervention de la France ou de toute autre puissance au Togo, au nom du devoir d’ingérence humanitaire». M. Bassirou Ayéva, dirigeant du «Mouvement patriotique» du 5 Octobre (MO5), estime qu’une telle intervention doit se concrétiser par l’«envoi de troupes militaires». Le samedi soir, le bilan officiel faisait état de 6 personnes tuées et 14 blessées.
L’ambassade de France « a renouvelé quelques recommandations à ses ressortissants (4000 Français et Franco-Togolais) sur le réseau radio mis à leur disposition : s’enfermer chez soi, éteindre les lumières et se coucher sur le sol dès les premiers tirs. » [L’Humanité, lundi 1er février 1992, p. 11.]
Côté diplomatique africain, la Communauté économique d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) s’active. Son Président  en exercice, M. Nicéphore Soglo (Bénin), assure que l’Organisation fera tout son possible, pour éviter que la situation togolaise «ne dégénère en guerre civile comme au Liberia».
Côté officiel français, le ministre des Relations extérieures, M. Roland Dumas affirme : «Il n’est pas question pour nous de nous transformer en gendarmes de l’Afrique [...], nous devons faciliter le processus démocratique, l’encourager et faire comprendre aux dirigeants qu’ils y ont intérêts. Nous disposons pour ce faire de moyens diplomatiques, économiques et financiers, et notre coopération peut être arrêtée du jour au lendemain. » [Le Monde, n° 14935, 2 février 1993, p. 3.]
Pendant que le gouvernement britannique conseille à ses ressortissants de quitter le pays, les gouvernements allemand et français arrivent à convaincre le Général et les chefs de l’opposition de négocier. C’est dans ce cadre qu’auront lieu les brèves négociations de Colmar.
Parmi toutes les personnalités conviées à la réunion de Colmar, seuls les représentants de la Sensibilité présidentielle y sont allés en traînant les pieds. Le Général-président a dû céder à la pression diplomatique de l’Allemagne et de la France d’une part, et à l’intervention personnelle du président ivoirien, M. Félix Houphouët-Boigny, d’autre part.
Initialement prévue pour le vendredi 5 février 1993 à Strasbourg, la table-ronde réunissant les représentants de l'opposition et les membres de la sensibilité présidentielle, s’est finalement tenue le 8 février à Colmar dans l’Est de la France. Dans un hôtel de cette ville située non loin de la frontière franco-allemande, les négociations ont débuté sous les auspices du ministre français de la Coopération, M. Marcel Debarge, et du secrétaire d’Etat allemand aux Affaires étrangères, M. Helmut Schäfer. Ces négociations se sont achevées en queue de poisson. Les dirigeants du RPT n’ont pas fait la moindre concession en vue du règlement de la crise. Il est vrai que depuis le principal coup de force du 3 décembre 1991, l’ancien parti unique, RPT, se trouve en position de force. Son secrétaire général, M. Vigniko Amédégnato déclare sur Africa n°1 : «Les dates sont fixées sans nous consulter. Nous aussi nous avons quand même notre préoccupation de maison. Il faudrait qu’on nous demande d’abord si nous serions prêts à cette date... »
Le camp-Eyadéma, convaincu de sa faiblesse lorsqu’il est question de raisonner en se référant à la Constitution, préfère négocier sur un terrain sur lequel sa force prime le droit. Le Général-président est contre cette tentative de négociation sur terrain neutre.
Les négociations de Colmar ont buté sur une question primordiale : celle de la sécurité des Togolais et de leurs biens. En d’autres termes, le retour des militaires, maîtres de l’insécurité, dans leurs casernes.
Ainsi les ministres allemand et français ont compris que «la sécurité est le problème central au Togo». Sécurité seule pouvant redonner confiance aux Togolais en exode de regagner leur pays. Sécurité qui permettra une campagne électorale paisible et des élections libres et démocratiquement équitables.
L’équité, le ministre des Affaires étrangères togolais, M. Ouattara Natchaba ne connaît pas. Le Ministre qui faisait cette déclaration au tout début de la table-ronde : «Nous ne sommes pas prêts à négocier sous la menace d’une intervention militaire étrangère», va plutôt réclamer une «assistance internationale en matériel» pour les Forces armées togolaises dans leur «mission de protection de la sécurité publique» !
Visiblement, le général Eyadéma, abonné au service des Forces armées françaises pour se maintenir au pouvoir a peur d’une Force internationale neutre. A l’issue de douze heures de négociations, la délégation présidentielle claque purement et simplement la porte. C’est la fin des négociations de Colmar.
Les ministres Debarge et Schäfer se sont néanmoins engagés à «prodiguer tous leurs efforts pour que le processus démocratique se déroule normalement au Togo». Le 11 février, la France suspend son aide civile au gouvernement togolais, tandis que le Parlement européen condamne publiquement les méthodes de Gnassingbé Eyadéma.

A son retour de Colmar, la délégation du COD II fait escale à Paris pour rencontrer la communauté togolaise et le CTR.
 

La rencontre COD II – CTR a lieu le dimanche 14 février 1993. Le grand amphithéâtre des «Arts et Métiers » était trop exigu. Rappelant à cette occasion les positions du CTR, son président, M. Isidore Latzoo a insisté sur le fait que son mouvement : «n’a d’autres ambitions que de servir le peuple togolais, en contribuant concrètement à chasser M. Etienne Gnassingbé Eyadéma et l’apprenti-dictateur Joseph Kokou Koffigoh du pouvoir».

Là-bas sur le terrain, Eyadéma semble de plus en plus contrôler la situation. Le quatrième gouvernement de Me Koffigoh est formé, sans consultation du HCR. La Haute Assemblée avait dès la reconduction de Kokou Koffigoh à son poste, déclaré le procédé illégal. Elle avait promis en conséquence à la population, la désignation d’un autre Premier ministre.
Au contraire, satisfaction dans les rangs du RPT, à propos du nouveau gouvernement. L’armée pavoise ; mais quelques semaines plus tard, un événement sanglant en son sein, prouvera que ce corps n’est pas aussi uni que le prétend son général.
Dans la nuit du 24 au 25 mars 1993, à trois heures du matin, au régiment Interarmes (RIT) de Tokoin, qui est le domicile nocturne du général Eyadéma, une attaque armée est perpétrée contre celui-ci. Le mystère a longtemps couvert de son voile opaque cet événement. Mais des années après, parmi toutes les hypothèses avancées, il est probable qu’un commando formé et venu de l’extérieur, aurait cherché à liquider le général Eyadéma. Le Président n’a eu la vie sauve qu’en s’éclipsant à moitié nu de son lit.
Selon la version de Lomé 2, les commanditaires de l’opération sont à rechercher parmi les leaders de l’opposition. Les officiels accusent de même Accra qui, disent-ils, aurait fourni un soutien logistique aux assaillants. Le gouvernement exhibe ses preuves. Le système de transmission de l’armée, installé au trente-sixième étage de l’Hôtel du 2 Février a été endommagé. La blanche «Colombe de la paix» (statue érigée au carrefour du lycée de Tokoin, au temps où le Général lorgnait le Prix Nobel de la paix) a perdu sa tête, une aile et quelques plumes. Par contre Eyadéma lui-même n’a pas laissé de plumes au cours de l’attaque. Les répercussions de cet événement : plusieurs victimes au sein des FAT à la faveur de règlement de compte ethnique.
Au matin de l’opération, le chef d’état-major adjoint de l’armée, le colonel Koffi Tépé, soupçonné d’avoir été l’un des «cerveaux» de l’opération est «frappé à mort» par les soldats, a laissé entendre, M. Inoussa Bouraïma, le ministre de la Défense. Mais selon d’autres témoignages, il aurait été écharpé à l’arme blanche, en représailles après la fuite des assaillants. Ses deux fils (Koffi et Paul) et un neveu (Robert) ont été tués et exposés au soleil durant des heures avec le cadavre du Colonel.
Est tué, l’oncle du colonel Tépé : le général Mawulikplimi Améyi (chef d’état-major particulier d’Eyadéma). Améyi est soupçonné de mollesse à l’égard de la stratégie terroriste. Aucun des officiers kabyè n’a été frappé par cette épuration. Presque tous les officiers témoins directs du début de ces hostilités intra-muros, ont été tués ou sont décédés quelques jours plus tard sans avoir pu parler. C’est le cas du lieutenant-colonel Gnandi Akpo, commandant de la Garde présidentielle. Il avait succédé à ce poste à Toyi Gnassingbé. Le colonel Akpo, transporté d’urgence à Paris, décédera le 3 avril à l’hôpital du Val-de-Grâce.
Dix-sept autres militaires avaient été tués par leurs camarades en colère. Selon la version d’un militaire qui a réussi à s’enfuir, des dizaines de ses compagnons d’armes, auraient été exécutés au champ de tir d’Agouényvé. D’autres exécutions sommaires auraient eu lieu : au régiment interarmes, au champ de tir au camp d’Adidogomé, et même à Lomé 2. «C’est une purge plus politique qu’ethnique», assurent plusieurs journaux. Parmi les victimes figurent des soldats losso (ethnie proche des Kabyès). Les représailles visent en partie les «militaires démocrates» du Nord et du Sud. Eyadéma «condamne» les exécutions, puis appelle les déserteurs à : «regagner la grande famille des Forces Armées Togolaises».
En tout état de cause, l’armée togolaise a démontré une fois de plus son manque d’efficacité et d’organisation ; car malgré la volonté de Gnassingbé Eyadéma, de contrôler en permanence les frontières du pays, un commando venu de loin a pu traverser la ville de Lomé, pénétrer sans coup férir au camp RIT, jusqu’au seuil de la résidence du chef suprême des armées.
Ces événements auront comme répercussion, la remise en cause du projet d’Eyadéma d’aller aux élections au plus tôt, de préférence avant la saison des pluies.
Le Général avait auparavant réussi à faire modifier le code électoral. Le 26 avril, la Convention nationale du RPT désigne Eyadéma comme son candidat. Ceci est confirmé le 1er juin.
Mais l’opposition ne veut pas aller aux élections organisées par un gouvernement présumé partial et dans des conditions d’insécurité.
Naturellement, la situation n’était pas propice aux élections.
Les partis politiques de l’opposition n’avaient pas accès aux régions de l’intérieur afin de faire campagne. Les estimations chiffraient à 400 000, le nombre de Togolais réfugiés dans les pays voisins (soit plus de 10% de la population globale). Lomé la capitale est une ville désaffectée ; l’exode y a été massif, car les violences perpétrées par l’armée et les milices du RPT contre la population ont causé le déplacement de dizaines de milliers de gens. Ce fait ôte toute fiabilité aux listes électorales. En outre la grève se poursuivant, l’administration reste paralysée. Certains fonctionnaires faisaient actes de présence quelques heures par jour. Les marchés sont désertés. Il n’empêche, le 22 mai à minuit, le gouvernement de Koffigoh annonce la clôture des candidatures en vue des présidentielles !

En lorgnant du côté de l’Hexagone, le président Eyadéma se félicite du retour de la droite au pouvoir. Les socialistes perdent les législatives. Le président Mitterrand est contraint à la cohabitation. Dans un message de félicitations au nouveau Premier ministre, M. Edouard Balladur, le Général souhaite que : « la France retrouve sa grandeur, sa prospérité et son rayonnement d’antan.  »
Mais le nouveau gouvernement français, à l’instar du précédent, va pousser Eyadéma à la négociation. Le Général y est obligé d’autant que le 17 mai, la CEE a porté des réserves sur l’organisation des futures élections, estimant les conditions de sécurité insuffisantes. La Communauté européenne a par ailleurs refusé aide matérielle et tout envoi d’observateurs. Le 24 mai 1993, les Etats-Unis enfoncent le clou. Le Département américain, dans un communiqué estime que le gouvernement de Koffigoh s’apprête à organiser des élections unilatérales. In fine, les officiels américains estiment qu’«il n’existe pas de garantie pour un processus électoral libre, équitable et universel».
 

Suite:   Les Accords de Ouagadougou
 
 


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