Eyadéma dispose de quelques amitiés françaises,
aussi solides qu’intéressées. L’un des amis français
d’Eyadéma a pour nom : Charles Pasqua. Sénateur RPR des Hauts-de-Seine,
l’homme a pour devise : «La démocratie s’arrête là
où commencent les intérêts de l’Etat. », ou bien
encore : «Les promesses n’engagent que ceux qui y croient.».
Le 19 décembre 1992, Pasqua entreprend une visite d’amitié
de 48 heures au Togo. Il est reçu en grande pompe dans le Nord,
fief d’Eyadéma. Peu avant son départ du Togo, M. Pasqua fait
une déclaration tonitruante à la presse. Il déclare
apporter son soutien au général Eyadéma auquel il
réaffirme son admiration sans bornes.
En France, on est à quelques mois des élections législatives.
Les sondages sont favorables à la droite. Eyadéma est généreux
envers ses amis. En retour, Charles Pasqua va promettre au Général
l’aide du gouvernement français après le retour probable
de la droite au pouvoir en mars 1993. Il s’agit pour Eyadéma de
tenir bon encore quelques mois.
La population togolaise va commencer sérieusement à se
poser des questions sur la gent démocrate française. L'opposition
au cours d’une manifestation de 5000 personnes, proteste contre les tentatives
de la droite française consistant à dicter au peuple togolais
le choix de ses gouvernants. Le président du COD II, Léopold
Gnininvi, déclarera : « Cette visite, à l’heure où
nous entamons la sixième semaine d’une grève illimitée,
était inopportune et a choqué la population. » [Jeune-Afrique,
n° 1670, 7-13 janvier 1993, p. 29.]
Malgré les intérêts en jeu, un autre responsable
politique français va venir tempérer la colère des
démocrates togolais. Il s’agit d’Alain Madelin, responsable UDF,
tendance Démocratie-libérale. M. Madelin jouera la carte
de la démocratisation.
Comme pour gommer les bévues de son condisciple, Alain Madelin
va déclarer : «Je suis un ami de longue date de la démocratie
africaine. J’exprime ici mon admiration et mon amitié pour les démocrates
qui ici ou ailleurs en Afrique se battent pour la liberté et la
dignité de la personne, souvent au péril de leur vie [...]
Ceux qui pensent d’ailleurs trouver à Paris au printemps prochain
des appuis pour retarder l’évolution de la démocratie ici
ou ailleurs se trompent. ». Bref, aucun soutien à une «dictature
en voie de disparition».
MM. Pasqua (RPR) et Madelin (UDF) sont en fait, deux éléments
d’une même chaîne. Ils représentent tous les deux, la
droite française. Ils ont l’habitude par l’entremise de leur parti
politique respectif de gouverner ensemble. Leur prestation à Lomé,
fait penser à deux associés qui ne veulent pas mettre leurs
œufs en commun dans le même panier.
Une lettre de soutien (28 janvier 93) au général togolais,
de la part de l’ex-président de la République française,
M. Valéry Giscard-d’Estaing (UDF), fera pencher les enchères
du côté de la dictature. Plus de doute : RPR ou UDF, les intérêts
sont les mêmes. Comme réconfortés par la lettre de
VGE en faveur d’Eyadéma, les hommes du Général vont
une fois de plus sévir.
Le 30 janvier 1993, M. Marcel Debarge, ministre français de la
Coopération, et son homologue allemand, M. Helmut Schäfer,sont
en visite au Togo pour rencontrer les acteurs-protagonistes de la scène
politique. Le jour-même, une manifestation pacifique de l’opposition
(les habitants défilaient chacun une bougie allumée à
la main), est réprimée dans le sang.
Entre ce 30 janvier et le 2 février, les hommes du Général
sèment la terreur dans les quartiers de Lomé. Un quotidien
français constate : « Des milliers de Togolais ont fui Lomé,
dimanche 31 janvier. La veille, des dizaines de militaires et de policiers
fidèles au général Gnassingbé Eyadéma
avaient semé la terreur dans la capitale, en se livrant à
des fusillades et à des pillages. Un bilan officieux fait état
de six morts – dont un jeune garçon français – et quatorze
blessés. » [Le Monde,
n° 14935, 2 février 1993, p. 1.]
Doit-on s’en étonner ? Au cours de l’année 1992, lors
d’une visite au camp de Témédja, le Général
disait en substance à ses soldats. «Vous ne devez pas vous
laisser prendre par les pièges des politiciens qui sont venus semer
le désordre et l’anarchie au Togo [...] Depuis la Conférence
nationale, l’économie togolaise est à terre, d’ici les mois
à venir, vous n’aurez pas vos salaires mensuels car ils utilisent
les réserves de la Caisse Nationale [Note
de l’auteur. Il s’agit de la Caisse nationale de sécurité
sociale.]. Ils se sont partagé le peu que j’ai
laissé depuis 1967. » [Ibanou
Express, n° 008, 28 juillet 1992, p. 12.]
Des mots qui ne sont pas de nature à rassurer les militaires
quant aux présumées intentions et capacités de l’opposition
démocratique. Dans l’après-midi du samedi 30, une centaine
de militaires, de policiers et de gendarmes se répandent dans les
rues de Lomé. Une cinquantaine de soldats de l’unité d’élite
des FAT, la Garde présidentielle, ouvre le bal en déclenchant
les premières fusillades. Des milliers d’habitants commencent à
fuir Lomé, qui à pied qui dans les taxis collectifs surchargés.
Ils prennent la direction de l’intérieur du pays, du Bénin,
de Ghana. Des femmes tiennent des enfants par la main et portent une valise
ou un gros baluchon sur la tête. Le dimanche vers 10 heures, près
de 3000 personnes ont déjà franchi le poste-frontière
du Ghana. A 70 km de Lomé, côté Bénin, les gardes-frontières
sont débordés. Lomé (600 000 habitants) est désertée.
Les militaires se livrent à des pillages. A l’aide de dynamites,
les soldats font sauter la devanture des magasins. Ils chargent ensuite
dans des camions et des voitures, le matériel volé ».
Plusieurs commerces sont dévalisés : électroménagers,
Hi-fi, motos, tissus... «Selon le chef de l’Etat, Gnassingbé
Eyadéma, ces hommes cherchaient à «venger» les
agressions commises les jours précédents contre plusieurs
de leurs camarades. Mercredi, jeudi et vendredi, à la suite de la
répression par la police, mardi, d’une manifestation de l’Opposition
– au cours de laquelle au moins seize personnes avaient été
tuées, - un militaire avait été brûlé
vif, un gendarme égorgé, deux policiers, deux gendarmes et
un militaire blessé, selon les ministères de la Défense
et de l’Intérieur. L’opération de représailles a commencé
une heure et demie après que la télévision nationale
eût montré les images des cadavres du militaire et du gendarme
assassinés. » [Le Monde,
n° 14935, 2 févier, 1993, p.3.]
Le Général avait pourtant promis la sécurité
à la signature des Accords mixtes paritaires.
Une délégation de l’Opposition réclame depuis
le Burkina-Faso, une intervention de la France ou de toute autre puissance
au Togo, au nom du devoir d’ingérence humanitaire». M. Bassirou
Ayéva, dirigeant du «Mouvement patriotique» du 5 Octobre
(MO5), estime qu’une telle intervention doit se concrétiser par
l’«envoi de troupes militaires». Le samedi soir, le bilan officiel
faisait état de 6 personnes tuées et 14 blessées.
L’ambassade de France « a renouvelé quelques recommandations
à ses ressortissants (4000 Français et Franco-Togolais) sur
le réseau radio mis à leur disposition : s’enfermer chez
soi, éteindre les lumières et se coucher sur le sol dès
les premiers tirs. » [L’Humanité,
lundi 1er février 1992, p. 11.]
Côté diplomatique africain, la Communauté économique
d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) s’active. Son Président en exercice,
M. Nicéphore Soglo (Bénin), assure que l’Organisation fera
tout son possible, pour éviter que la situation togolaise «ne
dégénère en guerre civile comme au Liberia».
Côté officiel français, le ministre des Relations
extérieures, M. Roland Dumas affirme : «Il n’est pas question
pour nous de nous transformer en gendarmes de l’Afrique [...], nous devons
faciliter le processus démocratique, l’encourager et faire comprendre
aux dirigeants qu’ils y ont intérêts. Nous disposons pour
ce faire de moyens diplomatiques, économiques et financiers, et
notre coopération peut être arrêtée du jour au
lendemain. » [Le Monde, n°
14935, 2 février 1993, p. 3.]
Pendant que le gouvernement britannique conseille à ses ressortissants
de quitter le pays, les gouvernements allemand et français arrivent
à convaincre le Général et les chefs de l’opposition
de négocier. C’est dans ce cadre qu’auront lieu les brèves
négociations de Colmar.
Parmi toutes les personnalités conviées à la réunion
de Colmar, seuls les représentants de la Sensibilité présidentielle
y sont allés en traînant les pieds. Le Général-président
a dû céder à la pression diplomatique de l’Allemagne
et de la France d’une part, et à l’intervention personnelle du président
ivoirien, M. Félix Houphouët-Boigny, d’autre part.
Initialement prévue pour le vendredi 5 février 1993 à
Strasbourg, la table-ronde réunissant les représentants de
l'opposition et les membres de la sensibilité présidentielle,
s’est finalement tenue le 8 février à Colmar dans l’Est de
la France. Dans un hôtel de cette ville située non loin de
la frontière franco-allemande, les négociations ont débuté
sous les auspices du ministre français de la Coopération,
M. Marcel Debarge, et du secrétaire d’Etat allemand aux Affaires
étrangères, M. Helmut Schäfer. Ces négociations
se sont achevées en queue de poisson. Les dirigeants du RPT n’ont
pas fait la moindre concession en vue du règlement de la crise.
Il est vrai que depuis le principal coup de force du 3 décembre
1991, l’ancien parti unique, RPT, se trouve en position de force. Son secrétaire
général, M. Vigniko Amédégnato déclare
sur Africa n°1 : «Les dates sont fixées sans nous consulter.
Nous aussi nous avons quand même notre préoccupation de maison.
Il faudrait qu’on nous demande d’abord si nous serions prêts à
cette date... »
Le camp-Eyadéma, convaincu de sa faiblesse lorsqu’il est question
de raisonner en se référant à la Constitution, préfère
négocier sur un terrain sur lequel sa force prime le droit. Le Général-président
est contre cette tentative de négociation sur terrain neutre.
Les négociations de Colmar ont buté sur une question
primordiale : celle de la sécurité des Togolais et de leurs
biens. En d’autres termes, le retour des militaires, maîtres de l’insécurité,
dans leurs casernes.
Ainsi les ministres allemand et français ont compris que «la
sécurité est le problème central au Togo». Sécurité
seule pouvant redonner confiance aux Togolais en exode de regagner leur
pays. Sécurité qui permettra une campagne électorale
paisible et des élections libres et démocratiquement équitables.
L’équité, le ministre des Affaires étrangères
togolais, M. Ouattara Natchaba ne connaît pas. Le Ministre qui faisait
cette déclaration au tout début de la table-ronde : «Nous
ne sommes pas prêts à négocier sous la menace d’une
intervention militaire étrangère», va plutôt
réclamer une «assistance internationale en matériel»
pour les Forces armées togolaises dans leur «mission de protection
de la sécurité publique» !
Visiblement, le général Eyadéma, abonné
au service des Forces armées françaises pour se maintenir
au pouvoir a peur d’une Force internationale neutre. A l’issue de douze
heures de négociations, la délégation présidentielle
claque purement et simplement la porte. C’est la fin des négociations
de Colmar.
Les ministres Debarge et Schäfer se sont néanmoins engagés
à «prodiguer tous leurs efforts pour que le processus démocratique
se déroule normalement au Togo». Le 11 février, la
France suspend son aide civile au gouvernement togolais, tandis que le
Parlement européen condamne publiquement les méthodes de
Gnassingbé Eyadéma.
A son retour de Colmar, la délégation du COD II fait escale
à Paris pour rencontrer la communauté togolaise et le CTR.
La rencontre COD II – CTR a lieu le dimanche 14 février 1993.
Le grand amphithéâtre des «Arts et Métiers »
était trop exigu. Rappelant à cette occasion les positions
du CTR, son président, M. Isidore Latzoo a insisté sur le
fait que son mouvement : «n’a d’autres ambitions que de servir le
peuple togolais, en contribuant concrètement à chasser M.
Etienne Gnassingbé Eyadéma et l’apprenti-dictateur Joseph
Kokou Koffigoh du pouvoir».
Là-bas sur le terrain, Eyadéma semble de plus en plus
contrôler la situation. Le quatrième gouvernement de Me Koffigoh
est formé, sans consultation du HCR. La Haute Assemblée avait
dès la reconduction de Kokou Koffigoh à son poste, déclaré
le procédé illégal. Elle avait promis en conséquence
à la population, la désignation d’un autre Premier ministre.
Au contraire, satisfaction dans les rangs du RPT, à propos du
nouveau gouvernement. L’armée pavoise ; mais quelques semaines plus
tard, un événement sanglant en son sein, prouvera que ce
corps n’est pas aussi uni que le prétend son général.
Dans la nuit du 24 au 25 mars 1993, à trois heures du matin,
au régiment Interarmes (RIT) de Tokoin, qui est le domicile nocturne
du général Eyadéma, une attaque armée est perpétrée
contre celui-ci. Le mystère a longtemps couvert de son voile opaque
cet événement. Mais des années après, parmi
toutes les hypothèses avancées, il est probable qu’un commando
formé et venu de l’extérieur, aurait cherché à
liquider le général Eyadéma. Le Président n’a
eu la vie sauve qu’en s’éclipsant à moitié nu de son
lit.
Selon la version de Lomé 2, les commanditaires de l’opération
sont à rechercher parmi les leaders de l’opposition. Les officiels
accusent de même Accra qui, disent-ils, aurait fourni un soutien
logistique aux assaillants. Le gouvernement exhibe ses preuves. Le système
de transmission de l’armée, installé au trente-sixième
étage de l’Hôtel du 2 Février a été endommagé.
La blanche «Colombe de la paix» (statue érigée
au carrefour du lycée de Tokoin, au temps où le Général
lorgnait le Prix Nobel de la paix) a perdu sa tête, une aile et quelques
plumes. Par contre Eyadéma lui-même n’a pas laissé
de plumes au cours de l’attaque. Les répercussions de cet événement
: plusieurs victimes au sein des FAT à la faveur de règlement
de compte ethnique.
Au matin de l’opération, le chef d’état-major adjoint
de l’armée, le colonel Koffi Tépé, soupçonné
d’avoir été l’un des «cerveaux» de l’opération
est «frappé à mort» par les soldats, a laissé
entendre, M. Inoussa Bouraïma, le ministre de la Défense. Mais
selon d’autres témoignages, il aurait été écharpé
à l’arme blanche, en représailles après la fuite des
assaillants. Ses deux fils (Koffi et Paul) et un neveu (Robert) ont été
tués et exposés au soleil durant des heures avec le cadavre
du Colonel.
Est tué, l’oncle du colonel Tépé : le général
Mawulikplimi Améyi (chef d’état-major particulier d’Eyadéma).
Améyi est soupçonné de mollesse à l’égard
de la stratégie terroriste. Aucun des officiers kabyè n’a
été frappé par cette épuration. Presque tous
les officiers témoins directs du début de ces hostilités
intra-muros, ont été tués ou sont décédés
quelques jours plus tard sans avoir pu parler. C’est le cas du lieutenant-colonel
Gnandi Akpo, commandant de la Garde présidentielle. Il avait succédé
à ce poste à Toyi Gnassingbé. Le colonel Akpo, transporté
d’urgence à Paris, décédera le 3 avril à l’hôpital
du Val-de-Grâce.
Dix-sept autres militaires avaient été tués par
leurs camarades en colère. Selon la version d’un militaire qui a
réussi à s’enfuir, des dizaines de ses compagnons d’armes,
auraient été exécutés au champ de tir d’Agouényvé.
D’autres exécutions sommaires auraient eu lieu : au régiment
interarmes, au champ de tir au camp d’Adidogomé, et même à
Lomé 2. «C’est une purge plus politique qu’ethnique»,
assurent plusieurs journaux. Parmi les victimes figurent des soldats losso
(ethnie proche des Kabyès). Les représailles visent en partie
les «militaires démocrates» du Nord et du Sud. Eyadéma
«condamne» les exécutions, puis appelle les déserteurs
à : «regagner la grande famille des Forces Armées Togolaises».
En tout état de cause, l’armée togolaise a démontré
une fois de plus son manque d’efficacité et d’organisation ; car
malgré la volonté de Gnassingbé Eyadéma, de
contrôler en permanence les frontières du pays, un commando
venu de loin a pu traverser la ville de Lomé, pénétrer
sans coup férir au camp RIT, jusqu’au seuil de la résidence
du chef suprême des armées.
Ces événements auront comme répercussion, la remise
en cause du projet d’Eyadéma d’aller aux élections au plus
tôt, de préférence avant la saison des pluies.
Le Général avait auparavant réussi à faire
modifier le code électoral. Le 26 avril, la Convention nationale
du RPT désigne Eyadéma comme son candidat. Ceci est confirmé
le 1er juin.
Mais l’opposition ne veut pas aller aux élections organisées
par un gouvernement présumé partial et dans des conditions
d’insécurité.
Naturellement, la situation n’était pas propice aux élections.
Les partis politiques de l’opposition n’avaient pas accès aux
régions de l’intérieur afin de faire campagne. Les estimations
chiffraient à 400 000, le nombre de Togolais réfugiés
dans les pays voisins (soit plus de 10% de la population globale). Lomé
la capitale est une ville désaffectée ; l’exode y a été
massif, car les violences perpétrées par l’armée et
les milices du RPT contre la population ont causé le déplacement
de dizaines de milliers de gens. Ce fait ôte toute fiabilité
aux listes électorales. En outre la grève se poursuivant,
l’administration reste paralysée. Certains fonctionnaires faisaient
actes de présence quelques heures par jour. Les marchés sont
désertés. Il n’empêche, le 22 mai à minuit,
le gouvernement de Koffigoh annonce la clôture des candidatures en
vue des présidentielles !
En lorgnant du côté de l’Hexagone, le président
Eyadéma se félicite du retour de la droite au pouvoir. Les
socialistes perdent les législatives. Le président Mitterrand
est contraint à la cohabitation. Dans un message de félicitations
au nouveau Premier ministre, M. Edouard Balladur, le Général
souhaite que : « la France retrouve sa grandeur, sa prospérité
et son rayonnement d’antan. »
Mais le nouveau gouvernement français, à l’instar du
précédent, va pousser Eyadéma à la négociation.
Le Général y est obligé d’autant que le 17 mai, la
CEE a porté des réserves sur l’organisation des futures élections,
estimant les conditions de sécurité insuffisantes. La Communauté
européenne a par ailleurs refusé aide matérielle et
tout envoi d’observateurs. Le 24 mai 1993, les Etats-Unis enfoncent le
clou. Le Département américain, dans un communiqué
estime que le gouvernement de Koffigoh s’apprête à organiser
des élections unilatérales. In fine, les officiels
américains estiment qu’«il n’existe pas de garantie pour un
processus électoral libre, équitable et universel».
Suite: Les Accords de Ouagadougou