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DÉMOCRATISATION À LA TOGOLAISE

Tètè Tété, 1998

Table des matières
 

Les Accords de Ouagadougou


Deux temps forts dans les prises de contact avant négociations.
Le 29 mai 1993, s’effectue la visite d’une délégation française conduite par le chef d’état-major de l’Armée française, l’amiral Lanxade. A la fin de son séjour, cette délégation dépêchée par le président Mitterrand et le Premier ministre Balladur, déclare une possibilité imminente de règlement de la crise. Résultat de cette visite : le 2 juin, Eyadéma va reporter les élections (prévues par lui-même pour le 20 juin 1993). Aucun doute, le Général a subi des pressions venant de Paris, qui elle-même avait fait l’objet de critiques de la part de Bonn et de Washington.
Le 12 juin 1993, le président du Burkina Faso, M. Blaise Compaoré de son retour de Paris, effectue une escale de deux heures à Lomé. Des discussions de deux heures avec Eyadéma portent sur une prochaine table-ronde prévue à Ouagadougou entre le COD II et la Mouvance présidentielle. Auparavant à Paris, le Président burkinabè en visite de travail avec les autorités françaises, a profité de son séjour pour s’entretenir avec les principaux chefs de l’Opposition togolaises. Blaise Compaoré a suggéré aux représentants du COD II de faire quelques concessions, notamment de se résoudre à tolérer le maintien de Joseph Koffigoh à la tête du gouvernement jusqu’aux élections prochaines.

C’est ainsi que, sous la médiation du président Compaoré, la table-ronde de Ouagadougou débute le 17 juin 1993 au Palais du Conseil de l’Entente. La délégation présidentielle togolaise conduite par le ministre de l’Education nationale, M. Stanislas Baba, comprend entre autres, M. Moussa Barqué. Elle défend le maintien des élections présidentielles pour le 4 juillet– 1er tour ; et le 1er & 15 août pour les législatives. «Un quatrième report serait lassant», affirme un envoyé du président Eyadéma.
Au cours des conversations préliminaires, pointe une petite chance de compromis sur les questions de sécurité. Les représentants de l’Opposition insistent sur le cantonnement (avant, pendant et après) des militaires dans leurs casernes sous contrôle des observateurs étrangers. M. Ouattara Natchaba affirme qu’il n’est pas hostile à la venue d’observateurs militaires étrangers ; français de préférence (la France ayant des accords de Défense avec le Togo).
Le 19 juin, le Collectif de l’Opposition pour la Démocratie (COD II), après une longue concertation en son propre sein, va consentir au maintien de Joseph Kokou Koffigoh à son poste de Premier ministre ; mais à condition que la partie présidentielle soit à son tour d’accord, pour faire des concessions, dans le cadre légal, sur l’organisation des scrutins.
Au matin du quatrième jour des pourparlers, pas de résultats spectaculaires. Le COD II veut : la révision des listes électorales ; la constitution d’une commission électorale indépendante ; la tenue des élections législatives avant les présidentielles (comme l’indique implicitement la Constitution), au pire simultanément. La Constitution de 1992 dit dans son article 64, que dans les quinze jours qui suivent la proclamation des résultats de l’élection présidentielle, «Le Président de la République prête serment devant la Cour constitutionnelle réunie en audience solennelle à l’Assemblée Nationale, en présence des députés convoqués en session extraordinaire. » Dans ces conditions, est-ce légal de procéder aux présidentielles d’abord, comme le proposent les frères burkinabé dans leur synthèse «A prendre ou à laisser» ?
En tout état de cause, au regard des relations d’amitiés entre Eyadéma et Compaoré, il aurait été étonnant de voir le chef de l’Etat burkinabè concocter une synthèse que les partisans d’Eyadéma aurait été contraints de refuser sous les yeux de l’opinion publique internationale. Ce que ne manquera pas de faire remarquer le leader de l’UFC, Gilchrist Olympio, absent des négociations de Ouaga III.
Au début du troisième round des négociations, les compromis butent sur la date des élections. La partie présidentielle exige la date du 22 août ; et le COD II : le 29 de septembre.
Le dimanche 11 juillet 1993, les deux délégations finissent par signer «Ouaga III». L’accord fixe au 25 août l’élection présidentielle. Il définit les conditions d’organisation du scrutin ainsi que les mesures de sécurité pendant toute la durée du processus électoral. A la conclusion de l’accord, sont présents : B. M. Barqué représentant la Mouvance présidentielle ; L. M. Gnininvi représentant le COD II. Les témoins sont : le Président du Burkina, les ambassadeurs d’Allemagne, de France et des Etats-Unis. Tous se rendront ensuite à Lomé pour parapher officiellement l’Accord.

Un comité de suivi a été créé. Il est co-présidé par le Burkina et la France. Il comprend en sus, l’Allemagne et les Etats-Unis.
Des observateurs étrangers surveilleront le déroulement des opérations électorales. Des observateurs militaires étrangers seront délégués sur le terrain. Une Commission électorale nationale (9 membres) sera formée ; le président de la Cour suprême en sera le garant. La Commission comprendra 3 membres de la sensibilité présidentielle, 3 membres du COD II et 2 membres neutres choisis de commun accord.

Le compromis une fois trouvé entre Gnassingbé Eyadéma et son opposition, il reste aux différents chefs du COD II à signer le pacte qui permettra à l’opposition d’être en accord avec elle-même.
 

Suite:   Troisième partie -   CHAPITRE  II
 
 


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