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DÉMOCRATISATION À LA TOGOLAISE

Tètè Tété, 1998

Table des matières
 

CHRONOLOGIE


I.  Le Togo avant la période coloniale

XVe s. Des commerçants européens longent la côte, mais y débarquent moins que dans les régions voisines.
XVe s. Arrivée des Kabyès par le Nord.
XVIe s. Les Ewés, venus de l’Est, s’installent à Tado.
Fin XVIe s. Un groupe d’Ewés gagne Atakpamé, un autre, Notsé.
XVIIe s. Petit-Popo (Aného) est un relais pour les négriers. A Notsé, exode des Ewés.
XVIIIe s. Arrivée des Guins, de la Gold Coast (Ghana). Les Danois sont à Petit-Popo.
Fin XVIIIe - début XIXe s. Arrivée de «Brésiliens» rentrés au pays.
 

II.  Le Togo sous la colonisation

1842. Arrivée des missionnaires anglais. Ils seront suivis par les missionnaires allemands.
24 janvier 1852. Signature d’un traité entre George Lawson, chef de Petit-Popo, et le commandant Forbes, du navire Philomel de Sa Majesté. «Les chefs de Petit-Popo s’engagent à ne concéder aucune faveur ni aucun avantage aux navires et aux commerçants d’autres nations qu’ils n’accorderaient pas à ceux de l’Angleterre».
1879. Arrivée à Accra d’un nouveau gouverneur, le dynamique Herbert Taylor Ussher. (1er décembre : annexion d’Aflao ; 3 décembre : annexion de Dénu ; 8-10 décembre : Ussher échoue dans l’annexion de Bè.)
1880. Apparition de Lomé.
Avril 1884. William Young, nouveau gouverneur en Gold Coast, préconise l’annexion de Lomé. Londres refuse en juillet.
Juillet 1884. L’explorateur allemand Nachtigal signe avec Mlapa, chef de la collectivité Togo, un accord de protectorat.
1897. Lomé succède à Aného comme siège administratif des Allemands, qui entendent faire du Togo une «colonie modèle».
1914. Le Togo est envahi par les troupes franco-britanniques. Première victoire des Alliés sur l’Allemagne.
1919. La Société des Nations place les deux-tiers du Togo allemand sous mandat français, l’autre tiers sous mandat britannique.
1938. Création par le gouverneur Montagné du Cercle des Amitiés françaises qui deviendra en 1940, le Comité de l’Unité du Togo (CUT).
1946. Le Togo français et le Togo britannique passent sous la tutelle de l’ONU.
1951. Conseillés par les administrateurs coloniaux, les chefs traditionnels du Nord abandonnent le CUT et créent leur propre parti : l’Union des Chefs et des Populations du Nord (UCPN).
1952. Le Comptoir d’Afrique du nord des phosphates a découvert un gisement près de la côte togolaise. Une société à capitaux français, la Compagnie togolaise des mines du Bénin est constituée (1956), en vue de l’exploitation.
1956. Le Togo britannique est rattaché à la Gold Coast après un référendum.
21 septembre 1956. Gaston Defferre, ministre de la France d’Outre-mer, installe à Lomé les nouvelles institutions. Le Togo est depuis la loi cadre du 23 juin, une République autonome et sert de territoire-pilote à la «loi-Defferre».
27 avril 1958. Elections législatives. Le CUT et ses alliés obtiennent la majorité à l’Assemblée.
24 mai 1958. S. Olympio affirme à l’Agence France-Presse : «Je vais faire mon possible pour que le Togo se passe de la France». Des propos qui seront retenus contre lui par la France gaulliste.
27 avril 1960. «Ablodé ! ». Le Togo devient indépendant.
 

III.  Le Togo sous Sylvanus Olympio

1961. Sylvanus Olympio est démocratiquement élu président de la République du Togo.
9 avril 61. La Constitution de la République est approuvée à une majorité écrasante. Renouvellement de l’Assemblée nationale.
25 avril 61. Séance solennelle de l’Assemblée nationale. Discours d’Olympio : « Fidèle à notre politique de non-alignement, nous ne voudrons jamais faire la politique d’un bloc ou d’un autre. [...] Notre pays figure parmi les cinq Etats africains qui ont pris l’initiative d’inviter tous les pays africains à tenir une conférence à Monrovia du 8 au 13 mai prochain [...] Parmi les projets auxquels nous donnons priorité, figure le port de Lomé, car c’est de l’existence de ce port que dépendront l’expansion et l’intensification de nos activités agricoles et l’importation de matériels d’équipement...»
12 juin 61. Loi instituant une Cour Suprême qui, sous ses différentes formations, remplira le rôle de Cour de Cassation, de Conseil d’Etat, et de Cour des Comptes.
29 décembre 61. Allocution mensuelle du président Olympio : «Notre budget de 1962 a été élaboré avec le souci majeur de parvenir à réaliser le plus rapidement possible l’équilibre financier. Cependant le budget qui a été arrêté en recettes à une somme de 3.280.664.000 francs et en dépenses à 3.524.283.000 francs, laisse une impasse de 224 millions de francs soit environ 7% du budget total. La première constatation qui s’impose est que si les prévisions de recettes sont supérieures de 236 millions de francs à celles de 1961, les dépenses, elles n’accusent qu’une augmentation de 104 millions de francs [...] L’Etat a donc été obligé de réduire notablement ses dépenses car ce n’est pas au moment où les citoyens voient leurs revenus réduits, qu’il faut leur demander de consentir des sacrifices financiers... »
Janvier 1962. Découverte d’un projet de complot contre Olympio. Me Santos et deux de ses amis sont arrêtés et enfermés à Mango. D’autres incarcérations vont suivre. Certains prisonniers sont enchaînés.
13 janvier 1963. Sylvanus Olympio est assassiné lors d’un coup d’Etat et remplacé par Nicolas Grunitzky.
 

IV.  Le Togo sous Nicolas Grunitzky

16 janvier 1963. M. Grunitzky sous la surveillance des militaires, forme un gouvernement provisoire. Sur sept membres : quatre sudistes, trois nordistes.
Février 1963. Nicolas Grunitzky convoque au Grand Terrain de Lomé, une «Conférence de la table-ronde». Présents, les quatre partis de l’échiquier politique et les représentants des forces vives du pays.
3 mai 63. Consultations électorales. L’électorat se prononce sur un projet constitutionnel instituant une présidence et une vice-présidence, confiées respectivement à N. Grunitzky et à A. Méatchi ; une Assemblée législative (liste unique, 14 candidats approuvés par l’armée). L’appel au boycott du PUT n’a pas été suivi (officiellement, 8,95% d’abstention).
9 avril 63. Un complot contre Nicolas Grunitzky est découvert.
L’instigateur serait Th. Mally, ancien ministre d’Olympio. Grunitzky relèvera de ses fonctions ministérielles Me Kutuklui, le nouveau leader du PUT. Il est arrêté.
1964. Mutinerie au sein de l’armée. Emmanuel Bodjollé favorable à Méatchi, est remplacé par Etienne Eyadéma à la tête de l’armée.
17 novembre 1966. En vertu de l’article 24 de la Constitution, qui lui permet d’être remplaçant du chef de l’Etat en voyage, le vice-président A. Méatchi révoque Mama Fousséni, ministre délégué à la Présidence. Par solidarité, Benoît Yaya Malou (Education nationale) et Pierre Adossama (Affaires étrangères) démissionnent. De retour de voyage, le président Grunitzky fait adopter un amendement qui fait disparaître le poste de vice-président de la République.
21 novembre 1966. Putsch manqué. Monté par Kutuklui, Franklin, Kouassigan, Malou, Adossama, le coup était approuvé par l’armée. Mais l’état-major (Eyadéma, Assila) fait volte-face au dernier moment, car les 5000 manifestants des rues de la capitale scandaient non seulement des slogans hostiles à Grunitzky, mais voulaient aussi châtier les assassins de Sylvanus Olympio.
13 janvier 1967. Sur l’incitation de Paris, Grunitzky, pourtant ami et défenseur des intérêts de la France, est déposé. L’armé togolaise prend le pouvoir.
 

V.  Le Togo sous Eyadéma

14 janvier 1967. Le lieutenant-colonel Eyadéma met en place un gouvernement provisoire : le «Comité de Réconciliation nationale», composé de huit membres. A sa tête, le vieux colonel Dadjo, contraint en sa qualité d’ancien officier le plus haut-gradé. Sur les sept nouveaux ministres, quatre avaient peu ou prou été compromis dans le complot raté de novembre 1966. Exemple : un fervent partisan de S. Olympio, Alex Mivédor, en fuite depuis le 21 novembre 1966, bénéficie du portefeuille des Travaux publics. Preuve que l’armée était au parfum, en ce qui concerne l’affaire de Novembre.
30 mai 1967. Un comité constitutionnel chargé d’élaborer un nouveau projet de Constitution est mis en place. Aucune Constitution ne verra le jour. Au cours de ce même mois, Eyadéma déclare lors d'une émission radiodiffusée : «Je suis opposé fermement au parti unique au Togo. Afin de favoriser la critique, il faut deux partis politiques... »
12 janvier 1969. Deuxième anniversaire de sa prise de pouvoir. Eyadéma annonce à la nation, la reprise des activités politiques et la mise en place d’une Constitution. Des manifestations «spontanées» ont lieu à Bafilo, Nuadja, Tabligbo, Vogan, etc. Les chefs traditionnels protestent contre la fin de la période d’exception !
30 août 1969. En visite à Kpalimé, Etienne Eyadéma annonce la création prochaine d’un parti unique. Le Rassemblement du Peuple Togolais (RPT) verra le jour en novembre de la même année. En tant que président-fondateur de ce parti unique, Eyadéma contrôlera tout l’appareil, après l’éviction du secrétaire général, M. Edouard Kodjo.
Le poste de secrétaire général est supprimé. Il assurait l’administration générale du parti.
13 janvier 1971. Jacques Foccart de la Cellule africaine de l’Elysée, déclare : «Nous sommes pleinement satisfaits de la façon dont le général Eyadéma gère les affaires du Togo».
28 novembre 1972. L’Etat togolais rachète les parts sociales libérées par un des principaux actionnaires de la Compagnie Togolaise des Mines du Bénin (CTMB). La participation de l’Etat aux actions de la société minière passe de 1 à 19,9%.
24 janvier 1974. Le DC-3 transportant Eyadéma à Pya son village natal, s’écrase à Sarakawa (près de Lama-Kara). Le pouvoir interprète cet accident comme un attentat de l’impérialisme, visant à liquider Eyadéma pour cause d’affaires de phosphates. Sarakawa deviendra un lieu de vénération d’Eyadéma.
2 février 1974. Eyadéma décide la nationalisation de la CTMB, en riposte contre le «complot impérialiste» de Sarakawa.
3 février 1974. Le Général décide de changer de prénom. Etienne Eyadéma devient : Gnassingbé Eyadéma. En 1976, une circulaire du ministre de l’Intérieur, M. Eklo, subordonne toute délivrance de pièces d’identité, aux prénoms authentiques.
Avril 1974. Le général Mobutu «frère et ami» d’Eyadéma en visite officielle au Togo apporte un cadeau : le concept de l’authenticité : le retour aux valeurs africaines.
29 octobre 1974. Une mission française de dialogue se rend à Lomé pour «s’imprégner de la manière dont le Togo entend poursuivre sa coopération avec la France». Puis, signature d’accords secrets : le Togo reste propriétaire de la CTMB qui devient l’Office Togolais des Phosphates (OTP). En revanche l’Etat togolais est contraint d’accorder des prix de vente préférentiels à la France.
31 juillet 1975. Assassinat du commandant Komlan : divergence de point de vue avec Eyadéma. Ce dernier aurait participé personnellement à sa torture.
Mai 1976. L’affaire Mgr Kpodzro : le président Eyadéma est furieux de ne pas pouvoir imposer son candidat en remplacement de l’évêque d’Atakpamé, Mgr Atakpa (décédé). Le Général décide d’envoyer les militaires corriger le clergé. Mais l’Eglise a su déjouer la manœuvre grâce à l’abbé Gbikpi.
12 novembre 1976. Radio-Lomé annonce la démission du président Eyadéma. «Obligé» par le peuple, Eyadéma acceptera (22 novembre) de rester au pouvoir.
28 octobre 1977. Des mercenaires débarquent au Togo.
1979. Le président Eyadéma et son frère, Toï Donou, mitraillent en pleine rue le lieutenant Gnéhou, beau-frère d’Eyadéma. Gnéhou qui sera achevé à l’hôpital de Tokoin dans la nuit, est accusé par Eyadéma d’avoir organisé une réunion des officiers du Nord.
Décembre 1979 ( jusqu’en ) Depuis la prise de pouvoir par Eyadéma, jusqu’à cette date, le Togo vit sans Constitution. L’ordonnance N° 1 du 14 janvier 1967 relative (après dissolution de l’Assemblée nationale), à la création du Comité de Réconciliation Nationale, concentre entre les mains du chef de ce Comité, le pouvoir législatif et le pouvoir exécutif. Prenant la succession de Kléber Dadjo à la tête du CRN, le lieutenant-colonel Eyadéma a cumulé l’exécutif et le législatif depuis le 14 avril 1967.
29 décembre 1979. Election présidentielle : Eyadéma est élu. Election des députés à l’Assemblée nationale. Référendum sur la Constitution de la troisième République.
13 janvier 1980. Installation solennelle de l’Assemblée nationale.
7 juillet 1981. Nouvelle dénomination des préfectures.
28 juin 1984. Décès de Maman N'Danida, mère d’Eyadéma. Les obsèques ont lieu le 8 juillet à Pya. On note la présence du président Houphouët-Boigny de Côte d’Ivoire.
1984. Amnesty International affirme dans son rapport annuel sur le Togo : «Le simple soupçon de posséder des tracts critiquant le gouvernement ou d’avoir tenu des propos hostiles à la politique officielle était, pour les autorités, une raison suffisante pour arrêter les gens et les maintenir parfois en détention plusieurs années».
20 février 1985. Fin de manœuvres militaires franco-togolaises. Défilé militaire et civil.
27 mars 1985. Au cours du conseil des ministres, le gouvernement décide une mise à la retraite, pour les travailleurs ayant accompli, désormais, 30 ans de service dans la fonction publique. Mise en oeuvre le 1er avril.
8-10 août 1985. Visite du Pape Jean-Paul II au Togo. Au cours des présentations officielles, le Pape refuse de serrer la main de Mme Dagadzi ayant déserté le domicile conjugal pour les beaux yeux du général d’Eyadéma.
21 octobre 1987. Installation officielle de la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH) à la Maison du RPT.
21 février 1989. Le titre de «Compagnon de Melvin Jones» du Lion’s Club est décerné à Gnassingbé Eyadéma.
26 décembre 1989. Le gouvernement convoque tous les avocats à la Maison du RPT. La cause : l’un d’eux, Me Djovi Gally a donné une conférence au Centre culturel américain de Lomé sur le thème : «l’indépendance de la magistrature, ciment de la démocratie américaine».
 

La révolte

1990

Vendredi 21 septembre 90. Le procès de MM. Logo Dossouvi et Doglo Agbélenko, prévenus d’outrage et de complicité d’outrage envers les représentants de l’autorité publique, s’ouvre au Palais de Justice de Lomé.
5 octobre 90. Logo Dossouvi et Doglo Agbélenko seront acquittés, mais plusieurs étudiants seront matraqués par les militaires.

1991

15 mars 91. Une manifestation des femmes de Lomé est dispersée par les militaires. Plusieurs blessés.
16 mars 91. Une Jeep des FAT (N°-1760), écrase un jeune garçon au cours d’une manifestation. Ce jour-même, les militaires violent plusieurs domiciles des quartiers de Lomé, à la recherche d’opposants au régime.
5 avril 91. Deux jeunes garçons sont abattus par les militaires. Motif : ils voulaient déboulonner la statue en bronze du général Eyadéma.
10 avril 91. Les militaires de Gnassingbé Eyadéma ont battu et jeté du pont de la lagune de Bè, plusieurs personnes. 28 corps seront repêchés. Parmi eux des femmes enceintes, et un bébé sur le dos de sa mère.
12 avril 91. Amnistie générale.
9 juin 91. La statue de bronze au nom de laquelle deux jeunes gens ont été tués deux mois plus tôt, a disparu.
10-11-12 juin 91. Les «Trois Glorieuses» à la togolaise. Après d’âpres négociations, l’opposition a gagné une manche. Le peuple obtient sa Conférence nationale assortie d’un boulet, les Accords du 12 juin.
8 juillet 91. Ouverture des travaux de la Conférence nationale par Eyadéma.
18 juillet 91. Début de la Conférence nationale. Elle durera 52 jours.
28 août 91. Tentative de coup d’Etat contre la CNS par le général Eyadéma. Echec.
 

La Conférence nationale et la Transition

1991

18 juillet - août 91. La Conférence nationale souveraine.
On y dénonce les violations des droits de l’homme (Kaza, Otadi, Lagune de Bè, Mandouri, Faune, etc.) ; les vols organisés et pillages des deniers publics (communications de MM. Ayéva, Kabasséma, Folly).
La CNS dans son acte n° 1 s’est déclarée souveraine. Ce qui selon Eyadéma, sort du cadre des Accords du 12 Juin 1991. D’autre part, Eyadéma ne digère pas que soit remise en cause sa tutelle exclusive sur les FAT. En sus, l’Article 61 de la CNS stipule que les membres de l’Exécutif de la période de transition, ne peuvent être candidats aux élections présidentielles suivant immédiatement la période de transition.
L’application de l’Acte 7 de la CNS et la loi des 30 ans de service instaurée par le régime Eyadéma, mettra ce dernier à la retraite des FAT. La décision prise par le Premier ministre en octobre 1991 restera lettre morte.
1er octobre 91. Des «éléments incontrôlés» de l’armée, font une irruption brutale et intempestive sur le devant de la scène, s’emparant de la Radio, de la Télévision, obligeant les journalistes à lire un communiqué proclamant la dissolution du Haut Conseil de la République (HCR), organe législatif provisoire issu de la CNS. Les soldats réitèrent leur fidélité au général Eyadéma. Ce dernier leur demandera quelques heures plus tard de déposer les armes. Bilan, cinq morts et une trentaine de blessés.
8 octobre 91. Sept jours plus tard, un groupe de soldats pénètre vers deux heures du matin, dans l’Hôtel du 2-Février à la recherche du Premier ministre, J. K. Koffigoh. Celui-ci averti du danger, s’éclipse de sa suite. Après les affrontements entre les militaires et les Ekpémog (défenseurs du renouveau démocratique), on relève une dizaine de morts et autant de blessés.
27 novembre 91. L’armée prend de nouveau le contrôle de la Radio et de la Télévision, qu’elle abandonnera quelques heures plus tard, avant de revenir à la charge le lendemain. Les soldats demandent la fin de la transition, la dissolution du HCR. Ils invitent le général Eyadéma à nommer un nouveau Premier ministre. La dissolution par le HCR du parti unique RPT, servent de prétexte à ces agissements.
30 novembre 91. Les putschistes regagnent leurs casernes, sans doute, parce que la France, dont l’intervention a été sollicitée par Koffigoh, a fini par décider d’acheminer quelques trois cents hommes au Bénin voisin.
3 décembre 91. 5 h 30, les programmes de la Radio alternent variétés françaises et communiqués. Un groupe de militaires se présente au portail de la Primature aux environs de 6 heures. Ils demandent à parler au Premier ministre, ministre de la Défense. Quelques minutes plus tard, les militaires sont de retour avec leurs blindés et donnent l’assaut à la Primature. C'est la fin en pratique de la transition, telle que la CNS l’avait conçue. Des ministres RPT entreront au gouvernement.
 

La Transition-bis

1992

21-23 mars 92. Le HCR adopte le Code électoral.
5 mai 92. L’attentat de Soudou. Mort du Dr Marc Atidépé (Pt. de l’Union Togolaise pour le Renouveau). Gilchrist Olympio est grièvement blessé. Atteint à la hanche et aux poumons, de plusieurs balles explosives, il sera soigné à l’Hôpital militaire du Val-de-Grâce à Paris. Une enquête de la Fédération Internationale des Droits de l’Homme mettra en cause dans un rapport, la responsabilité dans cette affaire, d’Ernest, fils du général Eyadéma.
23 juillet 92. Vers 21 h en plein centre de Tokoin-Gbonvié, le jeune leader du PSP, Tavio Amorin est fauché par une rafale de pistolet-mitrailleur, au moment même où se préparait à siéger la fameuse Commission mixte paritaire censée résoudre les problèmes politiques. Il sera évacué sur Paris où il décèdera des suites de ses blessures, le 29 juillet 1992. Il était âgé de trente-quatre ans.
9 août 92. Un groupe d’une cinquantaine d’hommes armés saccage les locaux du Centre National d’Etude et du Traitement Informatique (CENETI). Les fichiers du recensement électoral sont détruits.
19 août 92. Signature des accords entre les représentants des partis politiques d’opposition et le président Eyadéma. Accords entérinés par le HCR le 26 Août 92. Au terme de ces accords, la période de transition est prolongée de quatre mois (jusqu’au 31 Décembre 1992).
4 septembre 92. Un «militaire incontrôlé» agresse Mme Madeleine Aduayom, vice-présidente du Collectif des Associations de Femmes (CAF).
13 septembre 92. Des «militaires incontrôlés» occupent au petit matin les studios de la Radio, lisent un communiqué exigeant que le nouveau gouvernement soit formé avant lundi.
14 septembre 92. Formation d’un nouveau gouvernement par le Premier ministre Koffigoh. Sur dix-huit postes ministériels, six sont allés au RPT : Défense, Affaires étrangères, Justice, Administration territoriale et sécurité, Communication, Plan. Autrement dit, tous les ministères liés de près ou de loin à l’organisation des consultations électorales alors prévues comme suit : Référendum le 27 septembre, municipales le 11 octobre, législatives les 31 octobre et 14 novembre, les présidentielles les 6 et 20 décembre.
Dimanche 27 septembre 92. Référendum constitutionnel. Une majorité de OUI.
6 octobre 92. Décès à Paris dans sa trente-troisième année, de Mlle Eugénie Love Akouvi, ancienne secrétaire d’Etat au Tourisme et à l’Artisanat (1er gouvernement Koffigoh).
Nuit du 22 octobre 92. Les murs de l’enceinte du siège de la Mission française sont soufflés par une charge explosive causant des dégâts matériels.
22-23 octobre 92. Des militaires (ils sont une centaine) prennent en otages, trente-neuf membres du HCR (Assemblée législative de Transition), réunis au Palais des congrès à Lomé. L’armée selon le communiqué, exige que le gouvernement «prenne ses responsabilités» en débloquant les fonds du Rassemblement du Peuple Togolais, qui avait été gelés par la Conférence nationale. Le commando demande que les militaires, policiers et gendarmes, qui comme tous les Togolais, ont dû cotiser de 1980 à 1990 au RPT, soient remboursés dans les plus brefs délais.
26 octobre 92. Grève de 72 heures. Protestation contre la prise en otage des membres du Haut Conseil de la République.
9 novembre 92. Le Premier ministre J. K. Koffigoh décrète le limogeage de deux ministres RPT - (Kodjo Agbéyomé et Benjamin Agbéka). Début d’un bras de fer entre Koffigoh et Eyadéma.
Vendredi 13 novembre 92. La Confédération des Syndicats Indépendants (CSI) et le COD II (Collectif de l’Opposition Démocratique), annoncent une grève générale illimitée à partir de lundi 16 novembre. Un délai de sept jours est accordé aux représentants de l’exécutif pour satisfaire ces revendications. Faute de quoi, la grève sera illimitée jusqu’à la démission d’Eyadéma.
9 décembre 92. Le patronat togolais condamne les méthodes de l’armée togolaise. Il lance un appel aux Organisations internationales, ONU, OUA, CEDEAO, pour superviser les futures élections au Togo. Le patronat invite les gouvernants à fixer au plus vite un calendrier électoral.
13 décembre 92. Le Comité Togolais de Résistance organise à Paris une grande marche (de République à Nation) de soutien à la grève générale illimitée.
19 décembre 92. Le sénateur RPR, Charles Pasqua, entreprend une visite de 48 heures au Togo. Il est reçu en grande pompe dans le Nord par Eyadéma. M. Pasqua déclarera apporter un soutien au général Eyadéma.
 

La terreur militaire

1993

6 janvier 93. Rencontre Eyadéma - Koffigoh. Décision de former un nouveau gouvernement. Koffigoh prendra la route le même jour pour le Ghana. Il y représentera le Togo à la cérémonie de prestation de serment du président Jerry Rawlings.
7 janvier 93. Rencontre COD II - sensibilité présidentielle. Nécessité de former un nouveau gouvernement. Promesse de la mise sur pied d’une «Force spéciale de sécurité». Mais Eyadéma exige d’abord la fin de la grève générale illimitée. L’opposition quant à elle, réclame des garanties.
13 janvier 93. Dans un message à la nation, le général Eyadéma annonce la formation prochaine d’un nouveau gouvernement.
19 janvier 93. Le président Eyadéma signe un décret reconduisant le Premier ministre Koffigoh dans ses fonctions. L’opposition et le HCR contestent au président le droit de nommer Premier ministre, car selon les textes de la Transition toujours en vigueur, c’est le rôle du HCR. Ce même jour manifestation monstre devant les ambassades occidentales. Un jeune homme sera blessé par balle par un policier qui aurait tiré en l’air.
21 janvier 93. Les officiers de l’armée apportent leur soutien au général Eyadéma et au Premier ministre, Joseph Koffigoh. Les militaires affirment que « la transition a lamentablement échoué ».
23 janvier 93. M. Alain Madelin, vice-président du PR, branche de l’UDF de passage à Lomé déclare : «Je suis un ami de longue date de la démocratie africaine. J’exprime ici mon admiration et mon amitié pour les démocrates qui, ici où ailleurs en Afrique se battent pour la liberté et la dignité de la personne, souvent au péril de leur vie».
25 janvier 93. MM. Marcel Debarge et Helmut Schäfer sont au Togo pour rencontrer les acteurs de la vie politique. Le même jour, une manifestation pacifique de l’opposition est réprimée par les forces de l’ordre : 20 morts et une centaine de blessés.
28 janvier 93. L’ex-président français, Giscard d’Estaing envoie un message de soutien au général Eyadéma.
30 janvier - 2 février 93. Des milliers de Togolais fuient Lomé en direction de l’intérieur du pays, du Bénin, du Ghana... Raison : des centaines de militaires et de policiers sèment la terreur dans la capitale, en se livrant à des fusillades et à des pillages. Un bilan officieux fait état de six morts (dont un jeune garçon français) et de quatorze blessés. En réalité, le bilan de ces jours serait plus lourd.
8 février 93. Début à Colmar (France), d’une table-ronde réunissant les différentes parties de la crise togolaise. Mais échec ; la sensibilité présidentielle refuse toute idée de mise sous contrôle internationale de l’armée d’Eyadéma.
12 février 93. Koffigoh forme son quatrième gouvernement sans consulter le COD II . Composition de ce gouvernement : 17 membres, tous proches de Gnassingbé Eyadéma et du RPT.
14 février 93. Les leaders du COD II, au retour de la table-ronde de Colmar, rencontrent la Communauté togolaise au Conservatoire des Arts et Métiers à Paris.
20 février 93. L’envoyé du Pape Jean-Paul II, Mgr Etchegaray, arrivé la veille à Lomé, célèbre une messe à l’Eglise St-Augustin d’Amoutivé, en compagnie de Mgr Kpodzro - Archevêque de Lomé. Il rencontre les jours suivants, les différents protagonistes de la crise politique togolaise.
23 février 93. M. Léopold Ayivi, attaché de presse de M. Edem Kodjo, est grièvement blessé par balles. Il sera transporté quelques jours plus tard à Paris pour subir des soins à l’hôpital du Val-de-Grâce.
8 mars 1993. Création de Dialogue-Inter-Chrétiens, rassemblant des personnalités de toutes les sensibilités politiques.
Mars 1993. Visite du leader de l’UTD aux Etats-Unis, où il rencontre le sous-Secrétaire d’Etat américain aux Affaires Etrangères, Herman Cohen.
- Mise sur pied par le gouvernement de Joseph Kokou Koffigoh d’une «Force Spéciale de Sécurité».
12 mars 93. Le ministre de la Fonction publique lance un ultimatum aux travailleurs, leur demandant de reprendre le travail sous peine de licenciement.
15 mars 93. Les fonctionnaires reprennent timidement le chemin du travail, craignant un licenciement abusif.
22 mars 93. Les membres du COD II réunis à Cotonou se mettent d’accord sur la personne de M. Savee de Tové pour la formation d’un gouvernement-bis.
25 mars 93. Des coups de feu et des bruits d’armes lourdes sont entendus au camp du R.I.T. de Tokoin. Deux officiers sont tués dont le chef d’Etat-major particulier du président Gnassingbé Eyadéma, le général Mawulikplimi Améyi.
3 avril 93. Mort du lieutenant-colonel Akpo, blessé lors de l’attaque du RIT Il décède à l’hôpital du Val-de-Grâce à Paris, des suites de ses blessures.
8 avril 93. Le Gouvernement Koffigoh publie une date pour les élections ; présidentielles, 6 et 20 juin, caution-candidature 10.000.000 F.CFA ! Législatives : juillet 93 ; caution 100.000 F.CFA.
Jeudi 16 avril. Obsèques officiels du général Améyi en présence d’Eyadéma et Koffigoh.
17 avril 93. Le siège de l’hebdomadaire La Tribune des Démocrates est mis à sac et incendié par des militaires et policiers. Les employés procédant au pliage du numéro sont battus, arrêtés...
18 avril 93. Le président Eyadéma reçoit les chefs traditionnels de la région maritime, « venus apporter leur soutien » au chef de l'Etat.
24 avril 93. Organisation par Eyadéma et Koffigoh, d’une Journée de réconciliation Armée - Nation.
26 avril 93. A l’issue de la convention nationale du RPT, les responsables de ce parti, désignent le général Eyadéma comme candidat de l’ex-parti unique, aux présidentielles de juin 93. Cette date ne sera pas la bonne.
30 avril 93. les chars de l’armée investissent la ville d’Aného. M. Kponton (UTD) est arrêté ainsi que M. Kuessan Yovodévi, journaliste à la TVT.
28-30 avril 93. Réunion COD II et «Sensibilité présidentielle» à Ouagadougou ; réunion préparatoire en présence d’observateurs français et allemands, en vue d’une table ronde internationale pour trouver une solution à la crise.
6 mai 93. La gendarmerie annonce l’arrestation d’un réseau de gangsters armés qui, semble-t-il, seraient les auteurs des vols perpétrés à Lomé et à l’intérieur du pays depuis plusieurs mois.
7 mai 93. La date de clôture des candidatures pour les présidentielles étant arrivée à expiration à minuit, la Cour suprême décide de reporter les présidentielles aux 20 juin et 4 juillet ; et les législatives aux 18 juillet et 1er août. La Cour suprême explique ce report en affirmant qu’aucune candidature n’a été enregistrée et que des candidats potentiels avaient sollicité un report pour mieux se préparer
10 mai 93. Le COD II dénonce ces dates fixées encore unilatéralement par la partie présidentielle. Il refuse de participer à des élections prévues dans des conditions d’insécurité. Pendant ce temps, l’exode des populations fuyant les exactions militaires, se poursuit.
12 mai 93. Me Agboyibo reçoit le Prix allemand pour l’Afrique. Prix destiné à récompenser les personnalités africaines qui œuvrent pour la démocratie et les droits de l’Homme.
12 et 13 mai 93. Après la parution habituelle de Kpakpa désenchanté, il y a des arrestations de vendeurs à la criée ; de nombreux exemplaires sont saisis.
16 mai 93. Meeting COD II - CTR à Paris.
17 mai 93. La CEE porte des réserves sur l’organisation des élections au Togo, estimant les conditions de sécurité insuffisantes. La CEE, par ailleurs, refuse d’accorder aide à l’organisation matérielle de ces élections et refuse d’y envoyer des observateurs.
18 mai 93. Arrestation à Lomé de l’ancien ministre d’Eyadéma, Améla Amélavi ; il a été découvert à son domicile deux vraies machines sophistiquées servant à fabriquer de faux billets de banque.
17 mai et 21 mai 93. Des explosions détruisent des maisons à Lomé ; le domicile du commandant Akagnan de FORS 93 est atteint. L’Hôtel Palm Beach est dévasté.
20 mai 93. Mise en garde au conseil des ministres, contre la presse privée. Le 21 mai, un communiqué du Ministre de la sécurité sommera la presse privée de respecter le code de la presse de 1989 (abrogée par la CNS), réinstituant le dépôt légal. Le 25 mai, chasse aux vendeurs à la criée.
22 mai 93. Minuit, clôture de la liste des candidatures en vue des présidentielles. La Cour suprême annonce avoir recensé trois candidats, sans préciser leurs noms.
23 mai 93. On connaît le nom de l’un des candidats : M. Ifé Adani (ATD), membre fondateur du COD II, il affirme se présenter à titre personnel. Le même jour, un deuxième candidat sort de l’ombre : M. Jacques Amouzou, membre fondateur de l’UDR.
24 mai 93. Le Département d’Etat américain communique, que son pays ne fournira pas d’assistance ni d’observateurs officiels. Les USA estiment que le gouvernement de Koffigoh a unilatéralement organisé les élections sans accord avec l’opposition. Ils exigent des garanties pour un processus électoral libre, équitable et universel.
Nuit du 26 au 27 mai 93. Une imprimerie est plastiquée. Y sont fabriqués Kpakpa désenchanté, Courrier du Golfe, La Tribune des démocrates La propre imprimerie de ce dernier a été incendiée le 15 avril.
27 mai 93. Le Consulat de France attire l’attention de ses ressortissants au Togo sur « la nécessité de respecter strictement l’obligation de réserve qui s’impose à tout étranger à l’égard de la situation interne du pays de résidence ». Certains ressortissants français auraient fait des déclarations dans lesquelles, ils constataient des agissements contraires à la notion qu’ils ont des droits de l’Homme.
29 mai 93. Une délégation française avec à sa tête, le chef d’état-major de l’Armée française, l’amiral Lanxade, se rend à Lomé. Une rencontre a lieu avec le chef de l’Etat togolais, le général Eyadéma. Les émissaires français ont remis un message de François Mitterrand et du gouvernement Balladur.
1er juin 93. La candidature du président Eyadéma est confirmée.
2 juin 93. Les présidentielles sont reportées au 4 juillet 1993 pour le premier tour, et au 18 juillet pour le deuxième tour.
8 juin 93. Installation au Bénin voisin du Conseil Constitutionnel en remplacement du HCR.
11 juin 93. «La Coordination des Forces Nouvelles» a ouvert au Palais des Congrès à Lomé son assemblée constitutif présidé par le Premier ministre, Joseph Koffigoh qui est le leader virtuel de ce bloc politique. Cette coordination se compose de 3 partis politiques (UDR, SOLITO, ARENA) et 3 associations (FONDER, CODEPO, UNIFED). Principal objectif : préparer les prochaines élections législatives.
12 juin 93. Escale à Lomé du président burkinabé Blaise Compaoré de son retour de Paris. Rencontre de deux heures avec le général Gnassingbé Eyadéma. Les discussions ont porté sur la prochaine table-ronde COD II - Mouvance présidentielle de Ouagadougou.
17 juin 93. Début à Ouagadougou du second round des négociations entre le COD II et la Mouvance présidentielle.
22 juin 93. Suspension des négociations de Ouagadougou. Le COD II exige le report des élections présidentielles qui doivent se tenir après ou en même temps que les législatives, une composition équitable et indépendante de la commission électorale, le maintien du bulletin unique.
28 juin 93. Sommet de l’OUA au Caire ; un grand absent - Eyadéma.
29 juin 93. Dans une conférence de presse à Lomé, Me Agboyibo déclare que l’Opposition est prête à signer la synthèse proposée par les médiateurs burkinabé ; que la «date du 18 juillet fixée par Eyadéma est constitutionnellement impossible» ; que la balle se trouve dans le camp de la Mouvance présidentielle.
30 juin 93. Une délégation de la Mouvance présidentielle conduite par Barry Moussa Barqué‚ est à Paris pour rendre compte aux autorités françaises des causes de l’échec des négociations de Ouaga et leur confirmer que les élections auront bel et bien lieu le 18 juillet.
1er juillet 93. Création du CDL (Centre des démocrates libéraux) regroupant 5 associations et quelques partis politiques. Le Centre est proche de la Mouvance présidentielle. Le Congrès du CDL s’est tenu à Lomé en présence de Benjamin Komlan Agbéka (ministre de la Communication et de la Culture) et de Payadoua Boukpessi (ministre des Sociétés d’Etat) du gouvernement Koffigoh.
3 juillet 93. Début de la campagne présidentielle ; le Premier ministre Koffigoh appelle la population à prendre part massivement au scrutin.
4 juillet 93. Rencontre CSI - CTR à Paris.
11 juillet 93. Partisans et opposants de Gnassingbé Eyadéma signent à Ouagadougou (Burkina), un accord fixant au 25 août la date de l’élection présidentielle et définissant les conditions d’organisation du scrutin, ainsi que les mesures de sécurité pendant toute la durée du processus électoral.
20 juillet 93. Désignation par la Commission d’investiture du COD II, d’Edem Kodjo comme candidat à l’élection présidentielle du 25 août. Refus de Gilchrist Olympio de reconnaître cette nomination. Deux partis réunis au sein d’une « Alliance pour la défense des intérêts du peuple » désignent quant à eux, M. Boukari Djobo comme leur candidat.
23 juillet 93. L’Union des Forces du Changement (UFC) désigne son candidat aux présidentielles : M. Olympio Gilchrist.
24 juillet 93. La candidature de G. Olympio est rejetée par la Cour suprême pour non-conformité de certificat médical. D’autre part, le candidat de l’Union des Forces du Changement, serait sous le coup d’un mandat d’arrêt pour avoir commandité l’attaque du camp RIT.
24 juillet 93. Une bombe explose au siège du CAR , le parti politique de Me Agboyibo. Beaucoup de dégâts matériels ; des blessés légers.
25 juillet 93. Le Collectif des Syndicats Indépendants appelle à la levée de la grève générale illimitée à partir du 2 août 1993.
26 juillet 93. Deux jeunes gens, d’une vingtaine d’années chacun, sont arrêtés et présentés, comme étant les auteurs de l’attentat contre le siège du Comité d’Action pour le Renouveau. Selon les officiels, les deux jeunes seraient membres de la CDPA. M. Gnininvi. dément.
27 juillet 93. 70 militaires français arrivent à Lomé. Ils sont chargés d’une mission d’observation, tout comme leurs confrères burkinabé arrivés quelques jours plus tôt. Ils seront répartis en 20 groupes et déployés sur toute l’étendue du territoire togolais.
29 juillet 93. Les autorités judiciaires du Togo décident de lever provisoirement le mandat d’arrêt international contre Gilchrist Olympio.
30 juillet 93. Mise en place de la Commission électorale nationale de 9 membres. A sa tête, le président de la Cour d’Appel de Lomé, M. Kué Francis Gaba.
5 août 93. La Cour Suprême proclame les candidatures aux présidentielles. Elle rejette la candidature de Gilchrist Olympio pour non-conformité de certificat médical.
7 août 93. Marche des partisans de Gilchrist Olympio, protestant contre la décision de la Cour Suprême qui a écarté leur leader de la course à la présidence. A son tour, Me Agboyibo prône la radiation du général Eyadéma de la liste électorale en vertu de l’article 155 de la Constitution, qui stipule qu’un militaire ne doit pas se présenter à des élections.
12 août 93. La Cour suprême écarte définitivement la candidature de Gilchrist Olympio à l’élection présidentielle.
19 août 93. 10.000 manifestants marchent dans les rues de Lomé et exigent la prise en compte de la candidature de Gilchrist Olympio par la Cour suprême. La manifestation s’est terminée par un sitting devant le siège du Comité de suivi des élections.
20 août 93. Edem Kodjo annonce la suspension de sa candidature à l’élection présidentielle.
23 août 93. Marche de l’opposition dans les rues de Lomé à l’appel de G. Olympio, de D. Boukari et de Y. Agboyibo. Les manifestants protestent contre le maintien des élections au 25, vu l’impréparation et le risque de fraude de la part du pouvoir.
23 août 93. Le Premier ministre Koffigoh annonce la fin de la campagne officielle et le rejet de la candidature de M. Agboyibo. Quant à Edem Kodjo, il demande le retrait des urnes de ses bulletins de vote, n’étant plus candidat. Toute l’Opposition appelle au boycott.
24 août 93. M. J. Carter à la tête d’une délégation d’observateurs de l’Institut National Démocratique (NDI) supervise le scrutin. Levant l’index et prenant les journalistes à témoin, Jimmy Carter s’indigne : « J’ai trempé mon doigt dans l’encre indélébile, regardez-le ! » Les observateurs allemands eux aussi quittent le pays.
25 août 93. Election présidentielle. Trois candidats en lice : Eyadéma Gnassingbé, Amouzou Jacques et Adani Ifé. Impréparation, pagaille, d’un côté, boycott de la part de l’Opposition, de l’autre. Mise à part la région de la Kara, les électeurs boudent les urnes. A peine 20% de participation effective. L’opposition appelle à l’annulation de ces élections, qu’elle juge non démocratiques.
26 août 93. Les parlementaires français observateurs à cette élection sont eux aussi unanimes. M. Gilles de Robien, vice-président de l’Assemblée nationale française monte au créneau pour dénoncer les conditions d’organisation de ces élections. Il estime la participation à 30% des électeurs.
26 août 93. Les autorités de Lomé font état de la mort à Agbandi, de jeunes militants qui appartiendraient au CAR de Me Agboyibo. Ces jeunes gens, une vingtaine, seraient morts empoisonnés par leurs propres parents ou amis de l’opposition, selon la version officielle. Me Y. Agboyibo affirme que les jeunes ont été entassés à quarante, dans deux cellules exiguës et seraient décédés par asphyxie. Ces jeunes sont accusés d’avoir réclamé avec quelque brutalité leurs cartes d’électeur le 25 août, jour du scrutin.
28 août 93. Des milliers de manifestants de l’opposition protestent à Lomé contre les résultats provisoires de l’élection présidentielle du 25 août, qu’ils jugent frauduleuse. Selon les estimations de la Commission électorale nationale, le général Eyadéma aurait obtenu 96,5 % des suffrages à cette élection boycottée par l’opposition. Le taux global de participation aurait été de 36,16 %. Au référendum constitutionnel de 1992, le taux de participation était de 74,24 %.
30 août 93. Dans un meeting à Lomé l’UFC de Gilchrist Olympio estime que les taux de participation ont été gonflés.
4 septembre 93. L’UFC organise une nouvelle marche de protestation demandant l’annulation de la présidentielle et la reprise de négociations devant aboutir à des élections équitables et transparentes.
Me Agboyibo se dit prêt à aller aux législatives si les conditions sont équitablement revues et corrigées.
4 septembre 93. Manifestation du CTR à Paris. Une centaine de démocrates togolais dénonce les fraudes électorales du 25 août 1993.
9 septembre 93. La Cour suprême proclame officiellement les résultats de l’élection présidentielle du 25 août. Le général Eyadéma est élu avec 96,42% des voix. Le taux de participation avoisine 39,50%. Joie dans les quartiers acquis au RPT.
12 septembre 93. Meeting CTR - UFC, Porte de Versailles à Paris avec la présence de Gilchrist Olympio.
21 septembre 93. Le COD II serait d’accord pour participer aux législatives sous certaines conditions.
23 septembre 93. Gilchrist Olympio demande la tenue d’une table-ronde réunissant tous les protagonistes de la crise togolaise sous l’égide des Nations-unies. Il exige la tenue de véritables élections.
24 septembre 93. Gnassingbé Eyadéma prête serment au Palais des Congrès devant la Cour suprême, contrairement à l’Article 64 de la Constitution qui stipule que le chef d’Etat élu, doit prêter serment devant l’Assemblée nationale.
4 octobre 93. Une bombe de faible puissance explose dans les locaux du Centre culturel français de Lomé. L’attentat non revendiqué fait trois blessés et cause des dégâts matériels.
5 octobre 93. Amnesty International dans un rapport sur le Togo dénonce la violation des droits de l’Homme depuis la Conférence nationale. L’Organisation constate durant les douze mois écoulés, une centaine de cas de torture. Elle met l’accent sur l’événement de mars 93 au cours duquel des militaires ont été sommairement exécutés, et évoque les événements d’Agbandi. L’Organisation reproche au général Eyadéma de n’avoir rien fait pour punir les auteurs de ces crimes.
5 octobre 93. Le Gouvernement Koffigoh contre-attaque les accusations d’Amnesty. Selon les autorités togolaises, l’Organisation ne fait que reprendre les accusations de la branche extrémiste de l’opposition togolaise.
27 octobre 93. 21 h50. Une bombe de fabrication artisanale éclate à Bè, près du domicile du ministre de l’Intérieur, M. Georges Agbodjan. Pas de victime ; des dégâts matériels.
2 novembre 93. Une bombe de fabrication artisanale éclate au lycée de Nyékonakpoé ; des blessés.
3 novembre 93. A l’issue du conseil des ministres, le Premier ministre Koffigoh fixe les législatives au 19 décembre 93 et au 2 janvier 94. Tollé du côté de l’Opposition . Le Comité international de suivi des élections condamne lui aussi.
18 novembre 93. Le Parlement européen a demandé le maintien de l’embargo de la Communauté économique européenne contre le régime du président Eyadéma. La CEE exige l’exclusion temporaire du Togo des programmes prévus par la Convention de Lomé.
19 novembre 93. Le CTR, l’UFC, appellent au boycottage des législatives.
20 novembre 93. Les législatives sont officiellement reportées au mois de Janvier 1994.
26 novembre 1993. Le Gouvernement annonce que les élections législatives sont fixées aux 23 janvier et 6 février. Un groupe d’experts français et allemands, arrivés au début du mois de novembre au Togo pour préparer le scrutin, avait souhaité que celui-ci n’ait pas lieu avant le 20 janvier 1994.
 

Législatives et violence

1994

Début-janvier 1994. La partie présidentielle confirme dans un communiqué que les législatives auront bien lieu le 23 janvier et 6 février 1994. Protestations dans les rangs de l’opposition. Celle-ci estime que les préparatifs ne sont pas assez avancés.
Le ministre de l’Administration territoriale soutient que les résultats de la correction des listes électorales ont été transmis à la Commission électorale nationale. Faux ! rétorquent les leaders de l’opposition. M. Jean Dougna, membre de la Commission électorale, démissionne. Selon ses propos, la commission n’a pas vu « la couleur » de l’encre indélébile ; les listes électorales ne sont pas prêtes, les invitations ne sont pas envoyées aux observateurs internationaux.
3 janvier 94. Le gouvernement rend publique la liste des candidats à la députation. 314 dossiers pour 81 sièges. J. Koffigoh est candidat dans sa circonscription de Kloto. 332 candidatures seront enfin retenues.
4 et 5 janvier 94. 41, puis 35 militaires français sont détachés au Togo pour la surveillance des opérations électorales et la neutralité de l’armée togolaise. M. Kué Gaba, président de la Commission électorale nationale, confirmera le retard accumulé dans le cadre des préparatifs.
Mercredi 5 - Jeudi 6 janvier 94. Attaque de la caserne du RIT. Une quarantaine de morts de part et d’autre. Pour le gouvernement togolais, l’attaque relève d’une infiltration à Lomé de l’opposition «radicale» en exil au Ghana.
6 janvier 94. Le gouvernement Koffigoh décide de reporter les législatives aux 6 et 20 février.
10 janvier 94. Un avis de recherche est lancé par la gendarmerie togolaise, contre M. Ernest Kponton, candidat de l’Union Togolaise pour la Démocratie (UTD) aux législatives. Il est soupçonné d’être impliqué dans l’attaque qui a été lancée contre le camp militaire où réside le président Gnassingbé Eyadéma. Incident qui a fait au moins 80 morts.
11 janvier 94. Les quatorze Etats de la zone-franc, réunis à Dakar (Sénégal), annoncent une dévaluation de 50 % du franc CFA et de 25% du franc comorien.
14 janvier 94. L’Organisation Amnesty International pointe du doigt le gouvernement togolais. Près de 48 soldats auraient été sommairement passés par les armes après les événements du 5 et 6 janvier. Ce que niera le ministre des Affaires étrangères, M. Ouattara Natchaba.
21 janvier 94. Gnassingbé Eyadéma, sur les ondes nationales, donne officiellement le coup d’envoi de la campagne des législatives. Il fait la promesse de se situer au-dessus de la mêlée et d’accepter le verdict des urnes quelle que soit la majorité qui sera issue des législatives.
Février 1994. L’UFC dans une conférence de presse appelle au boycott des élections législatives.
4 février 94. Le général Eyadéma dans une allocution télévisée, proclame la fin de la campagne pour les législatives. « Que le meilleur gagne ! », conclut-il.
4 février 94. Six opposants distribuant des tracts dans le cadre de la campagne, sont arrêtés à Lomé et à Blitta.
6 février 94. Premier tour des législatives. Les partisans du général Eyadéma remportent 35 sièges sur 81. Les partis d’opposition obtiennent 22 sièges (CAR : 19 ; UTD : 3 ) En outre le CAR et l’UTD sont entre-eux, en ballottage dans 13 circonscriptions. Quant à la Coordination des Forces Nouvelles (CFN) de Joseph Koffigoh, elle subit un échec cuisant, seul J.K.K. reste en ballottage (défavorable) contre un candidat du RPT.
MM. Agboyibo (CAR) et Kodjo (UTD), décident de constituer un front commun pour le second tour.
11 février 94. La maison du ministre de la Communication, Benjamin Agbéka est soufflée par une bombe. Des dégâts matériels.
14 février 94. M. Gaston Edeh Aziandouvor du CAR, est retrouvé mort calciné, ainsi que deux de ses compagnons, dans la banlieue nord de Lomé. Ils avaient été enlevés par des militaires durant le week-end. Le député Aziandouvor venait d’être élu au premier tour des législatives dans la deuxième circonscription de Yoto. Les FAT démentent leur participation à ce meurtre.
15 février 94. Une bombe est déposée au domicile d’un membre du Comité d’Action pour le Renouveau (CAR). Aucune victime. Le jour même après une réunion de concertation, la direction du CAR décide de suspendre sa participation à la campagne électorale. Le CAR exige la protection de ses candidats dans la préfecture du Haho (93 bureaux de vote), où le RPT et le CAR étaient en ballottage. Après dépouillement : sur 20 des 24 sièges en ballottage, 14 reviennent au CAR ; 3 à l’UTD ; 2 au RPT, 1 à la CFN. Reste les résultats de 4 circonscriptions.
20 février 94. Second tour des législatifs sur fond de violence : six bureaux de vote saccagés. Après la proclamation du résultat global des 20 circonscriptions : le RPT totalise 37 sièges avec ses alliés du PDC et de l’UJD. La coalition de l’opposition remporte 39 sièges dont 33 pour le CAR ; la Coordination des Forces Nouvelles gagne 1 siège. Au total, 77 sièges sont pourvus sur 81.
23 février 94. Le RPT demande l’annulation dans les dernières circonscriptions. La Commission électorale nationale hésite à proclamer les résultats. Pressions de la part d’Eyadéma. La Commission s’en remettra à la Cour suprême.
25 février 94. Washington et Paris demandent la publication rapide de tous les résultats par la Commission électorale nationale. Le gouvernement de Bonn demandera aussi la proclamation des résultats avant toute réclamation. Bonn menace de ne pas reprendre sa coopération avec le Togo.
14 mars 94. La Cour suprême proclame les résultats des législatives des 6 et 20 février. L’opposition arrive en tête avec 43 sièges sur les 81 (CAR : 36 ; UTD : 7) et obtient la majorité absolue au Parlement. Le RPT obtient 35 sièges. Quant à la Confédération des Forces Nouvelles de Koffigoh, elle arrive bon dernier avec 1 siège.
15 mars 94. M. Edem Kodjo (UTD), déclare que son parti est une «entité charnière» située au-dessus de la mêlée.
18 mars 94. Le RPT dépose un recours en annulation des élections législatives dans sept circonscriptions, auprès de la Cour suprême.
21 mars 94. Nouvelle donne politique à l’issue des législatives, le Premier ministre, Joseph Koffigoh remet sa démission et celui de son gouvernement au général Eyadéma.
Mars 1994. La Cour suprême annule les résultats des législatives dans trois circonscriptions gagnées par le CAR et l’UTD. Ces deux partis protesteront en suspendant leur participation aux commissions de l’Assemblée nationale.
22 avril 94. M. Edem Kodjo (UTD), est nommé Premier ministre par le général Eyadéma. Me Agboyibo, leader du CAR, annoncera la non-participation de son parti au gouvernement d’Edem Kodjo.
25 avril 94. Passation de service entre le Premier ministre, Joseph Koffigoh et le nouvellement nommé‚ Edem Kodjo. Discours et embrassades.
mai 1994. Attentat à la grenade contre un bar de la banlieue de Lomé. L'établissement appartenait à un Français. Quelques blessés : Français et un Béninois.
6 mai 94. Condamnation du directeur de Forum Hebdo à cinq ans de prison ferme pour outrage aux autorités publiques.
13 mai 94. Attaque d’un fourgon blindé de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest. Les bandits, quatre ou cinq, réussissent à s’enfuir sans le butin : 9 milliards de F CFA. Le chauffeur du fourgon est tué. Cinq autres personnes blessées. Les voleurs ont utilisé des roquettes.
19 mai 94. Décès de M. Bertin Foly, directeur de publication de l’hebdomadaire La Parole.
20 mai 94. Le CAR décide de reprendre sa participation aux travaux de l’Assemblée nationale.
25 mai 94. M. Edem Kodjo rend publique la liste de son gouvernement. Dix-neuf ministres. Le Rassemblement du Peuple Togolais du général Eyadéma se taille la part du lion, avec 8 ministres.
14 juin 94. Les internes en stage au CHU-Tokoin se mettent en grève : ils réclament six mois d’arriéré de salaire.
23 juin 94. Séance plénière à 8 heures au Palais des congrès. Ordre du jour : Election du bureau de l’Assemblée nationale. Au terme d’un vote au bulletin secret, M. Dahuku Péré (RPT) est choisi comme président de l’Assemblée nationale à la majorité absolue avec 42 voix pour, 36 abstentions sur un total de 78 votants.
25 août 94. Mort de Bonito Olympio, frère aîné de Gilchrist. Né en 1933, Bonito était en exil au Ghana depuis 1963.
6 septembre 94. M. David Bruce, fonctionnaire au ministère des Affaires étrangères, est kidnappé en pleine journée, à quelques mètres de l’état-major des FAT. Le diplomate était proche de l’opposition.
15 décembre 94. Adoption d’une loi d’amnistie par l’Assemblée nationale. Elle vise à effacer tous les crimes et délits politiques commis depuis le début du processus démocratique jusqu'au 15 décembre 94.
28 décembre 94. Le lieutenant-colonel Yoma Djoua est dégagé des rangs des FAT, par le Conseil militaire pour faute grave contre l’honneur et la discipline de l’armée. Narcisse Yoma Djoua avait été mis aux arrêts de rigueur depuis le 31 octobre 1994, dans une «affaire de droit commun : meurtre et vol. »
 

Sous le gouvernement-Kodjo

1995

20 janvier 95. M. Georges Katé, directeur de campagne du député Avognon Djadja (CAR), est attaqué et blessé par balle près de son domicile à Agoényvé.
2 juin 95. M. Jean Rochereau de la Sablière, directeur des Affaires africaines et malgaches au ministère français des AE s’entretient au Togo avec le président Eyadéma, des différents aspects de la diplomatie préventive et de maintien de la paix.
2 juin 95. Décès accidentel du ministre togolais des Affaires étrangères, M. Boumbéra Alassounouma.
 

Le RPT majoritaire à l’Assemblée

1996

8 janvier 96. Mort à Paris de François Mitterrand. Il était né le 26 octobre 1916 à Jarnac.
8 février 96. Le Premier ministre Edem Kodjo ferait partie de la secte du Mandarom. M. Kodjo démentira le lendemain son appartenance à cette secte. L’information reste néanmoins à jamais gravée sur les CD-Rom.
Deux années plus tard, la Cour d’appel de Paris condamne l’hebdomadaire français, l’Evénement du Jeudi, à payer à M. E. Kodjo, 50 000 francs de dommages et intérêts pour offense publique envers les chefs de gouvernement étrangers, prévus par l’article 36 de la loi du 29 juillet 1881. L’Evénement a interjeté aussitôt appel devant la Cour d’appel de Paris.
17 février 96. Conclusion d’un cessez-le-feu à Kara (Nord-Togo) dans le cadre du différend frontalier de la presqu’île de Bakassi entre le Cameroun et le Nigeria. Médiation de Gnassingbé Eyadéma.
5 mars 96. Après la démission de M. Seidou Chamoko, M. Youssouf Ouattara démissionne des instances dirigeantes de l’UTD d’Edem Kodjo.
16 mars 96. A l’issue d’un séminaire (le 15 et 16) organisé pour eux par le pouvoir, les chefs traditionnels présentent au général Eyadéma, un «mémorandum demandant instamment une révision de la constitution».
27 mars 96. Un diplomate allemand, M. Rupprecht, est abattu par les forces de sécurité togolaises à la hauteur de l’Hôtel Sarakawa à Lomé au cours d’un contrôle.
23 avril 96. M. Tchègnon, député du CAR, s’engage : « Je soussigné Tchègnon Ayedam, Député à l’Assemblée Nationale, déclare que s’il m’arrive un jour de ne plus être membre du CAR, je m’engage à donner ma démission de mes fonctions de Député à l’Assemblée Nationale ». Le vendredi 26 avril 1996, le président de l’Assemblée nationale informe le Bureau que M. Tchègnon a donné sa démission du Groupe parlementaire CAR.
Avril 96. Selon Le Phare (n° 7 du 3 avril 1996), M. Fambaré Natchaba, ancien professeur de droit, député du RPT, aurait déclaré devant les notables de la région au centre communautaire de Mango : « Vous les gens de Mango, vous vous obstinez à voter pour l’opposition. Cette fois-ci vous devez voter pour le candidat du RPT (Stanislas Moumouni Baba). D’ailleurs, que vous votiez pour lui ou non il sera élu. Si au pire des cas, il advenait qu’un candidat de l’opposition soit élu, il ne siégera pas à l’Assemblée nationale. Car, soit nous lui ferons fuir le pays, soit il se retrouvera au cimetière ».
Avril 96. La Commission des droits de l’Homme des Nations-unies considère que le Togo ne fait plus partie des pays soumis à surveillance.
4 mai 96. Mort du doyen d'âge des députés, M. Kossi Ayéto (CAR). Il était âgé de 65 ans, il a été président provisoire (22 mars au 23 juin 94) de l’Assemblée nationale.
13 juin 96. Vote par l’Assemblée nationale de la loi sur l’audiovisuel. Ce projet de loi organique portant sur l’organisation, la composition et le fonctionnement de la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (HAAC) a été adopté par 39 voix contre 36 et 1 abstention.
28 juin 96. A la suite des défections et des exclusions au sein de l’opposition, principalement dans les rangs du CAR, le RPT devient majoritaire à l’Assemblée nationale. Le CAR enregistre en avril, une démission. L’UTD a exclu Agouda Moumouni de ses rangs. L’UTD se retrouve avec 5 députés. Au total, la mouvance présidentielle compte désormais 40 députés (1 CFN-Koffigoh compris). Quant à l’opposition, elle compte désormais (33 CAR et 5 UTD). En clair, Edem Kodjo (UTD) gouverne avec le soutien des voix du RPT.
19 juill 96. Début de la campagne des législatives partielles. 3 sièges à pourvoir pour début août 96.
4 août 96. Le RPT remporte 2 sièges dès le premier tour des élections législatives partielles. Le CAR a appelé au boycott pour manque de transparence. L’UTD, par M. Zeus Ajavon, accuse le CAR d’avoir apporté aide au RPT, en appelant à voter pour le parti d’Eyadéma.
13 août 96. Arrestation du ministre (du gouvernement Kodjo), M. Doh-Foli (Développement rural et Tourisme), sur ordre du commandant de la gendarmerie, M. Laokpessi.
19 août 1996. Le premier ministre Edem Kodjo (UTD) démissionne.
20 août 1996. Le général Eyadéma désigne Kwassi Klutsé (mouvance présidentielle) pour former un nouveau gouvernement «de large union».
29 octobre 1996. L’ancien Premier ministre, Edem Kodjo, est privé de protection. «Alors même que le prédécesseur de M. Kodjo, des anciens ministres, des chefs de partis politiques et même des cadres de certains partis politiques, disposent de plusieurs agents de sécurité chargés d’assurer leur protection, on a sans ménagement, dépouillé monsieur Edem Kodjo de toute protection. », se plaint l’UTD.
3 novembre 96. Mort de Bokassa 1er, ex-empereur de Centrafrique.
30 décembre 96. La loi sur l’organisation et le fonctionnement du Conseil supérieur de la magistrature est votée à l’unanimité.
Décembre 1996. Voyage d’Eyadéma dans les pays du Golfe.
 

Le pouvoir retrouvé

1997

7 janvier 97. Augmentation au Togo des prix du carburant.
9 janvier 97. Congrès national du RPT. «La démocratie dans laquelle nous nous sommes engagés est irréversible», dira Eyadéma. Il déclare tendre une main à l’opposition.
22 février 97. Installation à Lomé d’une Cour dite Constitutionnelle au Palais des Congrès. Les juges sont en majorité des partisans d’Eyadéma. Les députés d’opposition boycottent la cérémonie. Les journaux privés parlent «d’une démocratie qui assassinée, attend d’être conduite à sa dernière demeure».
18 mars 97. Voyage de 48 heures au Togo de Jacques Godfrain, ministre français de la Coopération.
18 au 19 mars 97. Jacques Foccart est mort. Il était considéré comme l’ami et le conseiller des dictateurs africains.
26 mars 97. Tenue à Lomé d'une réunion de l’OUA visant à trouver une solution à la crise zaïroise. La veille, le ministre togolais des A.E., Koffi Panou déclare : «Cette situation zaïroise est une honte pour l’Afrique».
13 avril 97. Assemblée fédérale et meeting du CAR à Agou-Gadzépé. Des miliciens du RPT agressent Me Agboyibo. Les miliciens de l’ancien parti unique auraient été payés 20 000 F CFA pour «crever les yeux» du leader du CAR.
17 mai 97. Le Maréchal Mobutu Sese Seko est chassé du pouvoir. Il s’enfuit de Kinshasa sur l’avancée des troupes de Laurent Désiré Kabila. Avant de trouver une terre d’asile, Mobutu passera quelques jours à Lomé chez son ami et «frère» Eyadéma. Mobutu meurt d’un cancer de la prostate, le 7 septembre 1997 dans son exil marocain et dans l’indifférence totale.
29-30 septembre 97. Le Premier ministre Kwassi Klutsé signe à Bruxelles les accords relatifs au STABEX (Fonds de stabilisation et de Garantie des Echanges Commerciaux) avec M. Joao de Pinheiro, le chargé du développement à la Commission européenne. Le montant des transferts : 17,8 milliards de F CFA. L’Union Européenne promet l’envoi d’un expert à Lomé pour vérifier la bonne utilisation des fonds.
30 septembre 97. Dans sa livraison n° 57, page 5, Le Regard constate : «Le pouvoir en place ne cesse de persécuter les leaders et les militants de l’opposition et les journalistes, mais multiplie des campagnes de séduction à l’extérieur. C'est ainsi que Lomé 2 a payé très cher une page publicitaire dans le journal français Le Monde, No 16379 du jeudi 25 septembre 97 pour présenter le Togo comme un pays des mille et une merveilles.»
5-6 octobre 97. Le député Djadja du CAR est sauvagement torturé à son domicile d'Avénou (banlieue de Lomé). Malgré la proximité du domicile bien gardé du Premier ministre, Kwassi Klutsè. Les gangsters emportent bijoux, argent, appareils ménagers, etc. L’opposition pense à un acte d’«agression programmée».
26 octobre 97. Malgré les intimidations orchestrées par les chefs de l’armée, la manifestation prévue de longue date par l’opposition a lieu. En tête, le CAR, le PDR, l’UFC. Les pancartes disent : «A bas le terrorisme d’Etat ! », «Non aux élections frauduleuses ! »
Fin-octobre 97. 25e Assemblée paritaire ACP-UE à Lomé. Les autorités gouvernementales tentent d’empêcher les délégués européens d’avoir des contacts avec les membres de l’opposition, sans succès.
10 novembre 97. Rencontre des généraux Abacha, Eyadéma, Kérékou à Abudja. De sources bien informées, on évoque la constitution d’un axe Abuja-Cotonou-Lomé. But : convenir des modalités d’une assistance militaire à apporter à l’un ou à l’autre des régimes qui serait confronté à une déstabilisation.
21 novembre 97. Décès de M. Djobo Boukari, ancien ministre des Finances et de l’Economie, ancien fonctionnaire aux Nations-unies, ancien gouverneur pour le Togo à la Banque mondiale, etc. Il aurait été empoisonné par des «parents proches». Grand leader parmi d’autres de l’opposition, Djobo Boukari prônait l’union et la tolérance.
27 novembre 97. L’Assemblée nationale procède à l’élection des membres de la Commission électorale nationale (CEN). Polémique à propos de l’élection du Dr Amaglo (candidat du CAR). Ce dernier avait retiré sa candidature avant le vote.
4 décembre 97. Le «dirpub» du Nouveau Journal, M. Afatsao Siliadin est embarqué à la gendarmerie avec ses trois enfants. Il lui est reproché d’avoir repris un article (Nouvel Afrique-Asie) selon lequel, le chef de l'Etat continue d'aider les Forces armées de l'ex-Zaïre contre Kabila.
23 décembre 97. M. Jean-Pierre Fabre, secrétaire général de l’Union des Forces du Changement convoqué à la Direction de la Police Judiciaire, se rend lui-même dans les locaux de la DPJ. Il a été mis en garde à vue pendant plus de vingt quatre heures. Un certain Kunakey Koffi Jacques aurait fait sur le compte M. Fabre, une déclaration mensongère. Il sera relâché sous la pression de l’opposition.
 

Vers de nouvelles présidentielles

1998

6 janvier 98. Le nouvel Ambassadeur des Etats-Unis au Togo lève le voile sur la date de l’élection présidentielle : le 21 juin 1998. La date a été longtemps gardée secrète par la majorité présidentielle. Celle-ci sera obligée de confirmer cette date.
13 janvier 98. 31e anniversaire de l’arrivée au pouvoir d’Eyadéma. A la tribune, quelques invités blancs et noirs peu connus sur le plan international. Plus connus, le balladurien Debré et le chiraquien Wibaux.
28 janvier 98. Dans un communiqué de presse, l’opposition (ADDI, CDPA , PAD, PDU, UDS, UFC, UTD) appelle la population à prendre part massivement aux opérations de révision des listes électorales. Les signataires invitent la population à faire preuve d’une extrême vigilance, afin de débusquer toute irrégularité qui compromette l’équité et la transparence des élections.
30 janvier 98. Dans un document publié, le Département d’Etat américain souligne qu’au cours de l’année 1997, de multiples violations ont été commises tant en ce qui concerne les libertés individuelles et publiques qu’au respect des principes démocratiques.
31 janvier 98. Convention des Démocrates Croyants, branche estudiantine du CAR au Foyer Pie XII. Au cours du débat Me Agboyibo critique les leaders de la CDPA et de l’UTD qui ont prêté serment pour siéger à la Commission nationale électorale, malgré le maintien du Dr Amaglo dont ils contestent l’élection.
3 février 98. Dans une interview accordée à l’hebdomadaire Le Regard (n°72), Me Agboyibo s’explique sur les rumeurs concernant l’hypothétique entrée du CAR dans le gouvernement : «La dernière fois que j’ai rencontré Eyadèma, c’était le 25 avril 1995 à l’occasion des travaux de réflexion de la cellule CAR-RPT-UTD. Tenez, en 1994, après la victoire de l’opposition démocratique aux législatives, Eyadèma et Edem Kodjo ont offert au CAR une dizaine de postes ministériels. Notre refus a été catégorique car la victoire du peuple ne se négocie pas pour des postes ministériels. Vous comprenez à partir de là que ce n’est pas à six mois de la fin de ce gouvernement que le CAR va y entrer.»
4 février 98. Le Premier ministre français, M. Lionel Jospin, entouré des ministres des Affaires étrangères, M. Hubert Védrine ; de l’Economie, des Finances et de l’Industrie, M. Dominique Strauss-Kahn ; ainsi que du secrétaire d’Etat à la Coopération et à la Francophonie, M. Charles Josselin ; a présenté au cours d’une conférence de presse, le «nouveau dispositif français de coopération». Le président de la République, M. Jacques Chirac avait donné son aval.
6 février 98. Nouvel Echo (n°37, p. 6) s’inquiète : Le RPT et le CAR feraient main basse sur les CEL (Commissions Electorales Locales). «Chaque CEL est composée de quatre membres dont deux sont désignés par la mouvance présidentielle et les deux autres par l'opposition. Le Comité d’Action pour le renouveau (CAR) s’étant démarqué depuis quelques temps du reste de l’opposition démocratique, le choix des représentants de l’opposition s’est avéré très tôt alambiqué. La chose était prévisible dès lors même que l’élection des membres de la CEN (Commission Electorale Nationale) constituait déjà une pomme de discorde.»
15 février 98. Fin de la révision des listes électorales. L’union CAR-PDR affirme que la «révision des listes électorales a eu lieu à un moment où plusieurs préfectures de la partie nord du pays sont soumises à un climat particulier de terreur à la suite des actes d’agression qui y ont été perpétrés par les miliciens du régime.
17 février 98. Le Premier ministre invite les partis de l’Opposition pour une concertation au sujet des élections. Les huit partis ont décliné l’invitation. Ils proposent un report de la rencontre. Le CAR quant à lui, s’est d’abord rendu à la réunion, puis a quitté la réunion au milieu des débats. A cette occasion, le Premier ministre K. Klutsé a fait distribuer les propositions de l’ancien sous-Secrétaire d’Etat américain aux Affaires africaines, M. Hermann Cohen. Propositions dont le gouvernement a pris soin de gommer les points dont le RPT ne veut pas entendre parler.
Fin février-mars 98. La Compagnie d’énergie électrique du Togo (CEET) procède au rationnement du courant électrique destiné aux services et aux ménages. D’après les responsables de la Compagnie électrique, le très faible niveau d’eau du barrage d’Akossombo serait à l’origine de la pénurie de courant.
20-22 mars 98. La CDPA organise un séminaire suivi de meeting à Sokodé. Au lendemain des manifestations de la CDPA, les autorités transfèrent de la prison de Sokodé à la prison de Kara, le Dr Gandi, membre du bureau fédéral de la CDPA. Il est détenu sans jugement à la suite des troubles ayant suivi la mort de Boukari Djobo dont il est un proche parent.
25 mars 98. Un groupe de 27 députés du CAR soumet à l’examen de l’Assemblée nationale une motion de censure à l’encontre du gouvernement Klutsé, pour son incapacité à résoudre la crise d’eau et d’électricité.
25 mars 98. La réunion du Conseil des ministres décide le transfert de l’établissement des passeports à la Gendarmerie. Les passeports étaient délivrés par la Police nationale. Le gouvernement affirme que c’est pour des «raisons d’efficacité et de sécurité».
26 mars 98. L’UFC, par la voix de son secrétaire général, demande le report de la date des présidentielles.
27 mars 98. L’Union Européenne décide d’accorder au Togo, une aide de 240 millions de F CFA dans le cadre de l’organisation matérielle de l’élection présidentielle.
6 avril 98. La Banque ouest-africaine de développement octroie au Togo et au Bénin, touchés par une grave pénurie d’électricité, un crédit de 130 millions de FF pour l’achat de deux turbines à gaz d’une puissance de 25 MW chacune.
10 avril 98. La fondation nationale du RPT désigne Gnassingbé Eyadéma, comme son candidat à la présidentielle.
Mi-avril 98. Gnassingbé Eyadéma invite les étudiants du Nord-Togo à Pya. Il s’adresse à eux en ces termes : «Vous êtes des traîtres !»
18 avril 98. Un troisième candidat à la présidentielle se déclare : Me Yaovi Agboyibo. Le premier à s’être déclaré est M. Léopold Gnininvi, suivi du général Eyadéma.
21 avril 98. Défilé des forces armées de huit pays d’Afrique occidentale et centrale à Dapaong (Nord). C’est la manœuvres «Kompienga 98». L’objet, entraîner ces forces «aux opérations de maintien de la paix et des actions humanitaires. Plusieurs chefs d’Etats africains et des observateurs étaient présents.
24 avril 98. – La Cour constitutionnelle propose que le 1er tour des présidentielles ait lieu plutôt le 14 juin. La date du 7 ne serait pas conforme.
26 avril 98. Le gouvernement ghanéen demande à son homologue togolais d’assurer la protection de Gilchrist Olympio dès son retour au Togo. Vives protestations du ministre togolais des A E, Koffi Panou, qui qualifie cette demande d’ingérence dans les affaires intérieures du Togo.
27 avril 98. Congrès de l’UFC à Lomé. Retour d’Olympio à Lomé. « Nous retournerons à Soudou ! », dira Olympio.
L’UFC désigne son candidat aux présidentielles : G. Olympio.
30 avril 98. La Cour constitutionnelle insiste sur le fait que la date du 14 juin est la plus indiquée, légalement. Ceci, Eyadéma et son gouvernement n’avaient pas pu le prévoir.
Un autre candidat à la présidence vient s’ajouter à la liste : M. Jacques Amouzou (Indépendant).
1 mai 98. Surprise à l’issue du Congrès national de l’UTD. M. Kodjo ne sera pas candidat aux présidentielles. Il espère une opposition plus unie.
7 mai 98. Eyadéma accorde une interview à la TV nationale. Il affirme que c’est l’opposition qui entre 1990 et 1993, a causé la ruine du pays et armé les bandits qui opèrent actuellement. Il souhaite des élections transparentes.
12-13 mai 98. Visite d’Eyadéma au Ghana. Discussions avec Jerry Rawlings sur la coopération dans tous les domaines. «Les Togolais et les Ghanéens sont des frères», dira Gnassingbé Eyadéma.
3 juin 98. Des handicapés physiques mettent fin à leur grève de la faim. Ils voulaient leur réintégration dans la fonction publique.
5 juin 98. Ouverture officielle de la campagne électorale de 1998. Le général Eyadéma se rendra à Tabligbo et à Vogan, deux localités du sud du pays.
7 juin 98. Mort par crise cardiaque du général Sani Abatcha, un autre président-dictateur (Nigeria).
21 juin 98. Election présidentielle. Forte mobilisation de la population, malgré l’impréparation. Une partie de la population n’a pas pu voter normalement.
23 juin 98. Démission de la présidente de la Commission électorale nationale, Awa Nana. Elle rend son tablier avec les quatre membres nommés par le RPT. Dans une conférence de presse, Awa Nana a annoncé qu’elle n’avait pas «la sérénité nécessaire pour mener à bien sa mission».
24 juin 98. Le ministère togolais de l’Intérieur s’empresse de donner le résultat des élections. Le président Eyadéma serait élu avec 52,13% des voix. Suivrait G. Olympio 34,10%. En troisième position, Me Agboyibo : 9, 57% des voix.
Tollé dans l’opposition.. Avec des barricades et des pneus enflammés, les jeunes protestent
25 juin 98. Nouvelle marche. Des jeunes en profitent pour casser et voler des marchandises au Grand-marché.
26 juin 98. Les forces de l’ordre dispersent une manifestation de militants de l’opposition. Les manifestants habillés de rouge, sont dispersés à coup de grenades lacrymogènes. Le même jour, le siège de l’UFC est saccagé par les forces de l’ordre, tous les documents y sont brûlés. Le vice-président, M. E. Akitani est séquestré et tabassé ; Me Isabelle Améganvi, secrétaire générale adjointe de l’UFC aussi, en compagnie d’autres militants.
4 juillet 98. Ce même samedi, l’opposition avait annoncé la tenue d’un meeting. Le même jour, la Cour constitutionnelle rejette la requête de l’opposition concernant l’élection du 21 juin. Pendant ce temps le général Eyadéma était en voyage en Israël.
10 juillet 98. La Cour constitutionnelle apporte des corrections aux chiffres avancés par le ministère de l’intérieur, puis proclame les résultats de l’élection du 21 juin 1998.
17 juillet 98. Journée ville morte à l’appel de l’opposition. Elle est bien suivie sur l’ensemble du territoire. La veille, la CEE décide de ne pas reprendre la coopération avec le régime Eyadéma jugé antidémocratique.
24 juillet 98. Eyadéma prête serment à l’Assemblée nationale devant les députés de son parti (RPT). L’opposition a boycotté la cérémonie. Elle avait au préalable appelé à une journée ville-morte. Les officiels occidentaux n’ont pas répondu à l’invitation. En revanche quelques chefs d’Etats africains étaient présents.
6 août 98. Arrestation d’Augustin Assiogbo, directeur de publication de Tingo-Tingo. Son journal a évoqué l’affaire des malles de bijoux qu’aurait confié la veuve de Mobutu à l’épouse d’Eyadéma.
10-11 août 98. l’UFC appelle à deux journées «Pays-mort». Eyadéma et son gouvernement riposteront en menaçant de licencier les travailleurs qui, à l’avenir respecteront les mots d’ordre de grève de l’Opposition.
15 août 98. Meeting de l’Opposition à Lomé.
16 août 98. Dans la matinée, des assaillants auraient attaqué le Togo par une incursion à partir du territoire ghanéen. Le gouvernement d’Accra manifeste sa solidarité au gouvernement togolais en envoyant quatre hélicoptères en patrouille dans la zone frontalière. Deux suspects sont arrêtés à Lomé et quatre au Togo. Leur identité n’a pas été communiquée. L’UFC de Gilchrist Olympio parlera de simulacre d’agression visant « à remettre en selle, le pouvoir moribond du général Eyadéma ». Après l’attaque, les maisons des dirigeants de l’UFC seront incendiées. Le siège du parti aussi.. Le PDR subira le même sort. Les résidences de son chef, Zarifou Ayéva, seront mises à sac, et à Lomé et à Sokodé.
19 août 98. Le Premier ministre Kwassi Klutsé remet la démission de son gouvernement au président Eyadéma, suite à l’élection de juin. M. Klutsé est reconduit le lendemain à son poste par Eyadéma.
 

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