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DÉMOCRATISATION À LA TOGOLAISE
Tètè Tété, 1998
Table des matières
CHRONOLOGIE
I. Le Togo avant la période coloniale
XVe s. Des commerçants européens longent
la côte, mais y débarquent moins que dans les régions
voisines.
XVe s. Arrivée des Kabyès par le Nord.
XVIe s. Les Ewés, venus de l’Est, s’installent
à Tado.
Fin XVIe s. Un groupe d’Ewés gagne Atakpamé, un
autre, Notsé.
XVIIe s. Petit-Popo (Aného) est un relais pour les négriers.
A Notsé, exode des Ewés.
XVIIIe s. Arrivée des Guins, de la Gold Coast (Ghana).
Les Danois sont à Petit-Popo.
Fin XVIIIe - début XIXe s. Arrivée de «Brésiliens»
rentrés au pays.
II. Le Togo sous la colonisation
1842. Arrivée des missionnaires anglais. Ils seront suivis
par les missionnaires allemands.
24 janvier 1852. Signature d’un traité entre George Lawson,
chef de Petit-Popo, et le commandant Forbes, du navire Philomel de Sa Majesté.
«Les chefs de Petit-Popo s’engagent à ne concéder aucune
faveur ni aucun avantage aux navires et aux commerçants d’autres
nations qu’ils n’accorderaient pas à ceux de l’Angleterre».
1879. Arrivée à Accra d’un nouveau gouverneur,
le dynamique Herbert Taylor Ussher. (1er décembre : annexion d’Aflao
; 3 décembre : annexion de Dénu ; 8-10 décembre :
Ussher échoue dans l’annexion de Bè.)
1880. Apparition de Lomé.
Avril 1884. William Young, nouveau gouverneur en Gold Coast,
préconise l’annexion de Lomé. Londres refuse en juillet.
Juillet 1884. L’explorateur allemand Nachtigal signe avec Mlapa,
chef de la collectivité Togo, un accord de protectorat.
1897. Lomé succède à Aného comme
siège administratif des Allemands, qui entendent faire du Togo une
«colonie modèle».
1914. Le Togo est envahi par les troupes franco-britanniques.
Première victoire des Alliés sur l’Allemagne.
1919. La Société des Nations place les deux-tiers
du Togo allemand sous mandat français, l’autre tiers sous mandat
britannique.
1938. Création par le gouverneur Montagné du Cercle
des Amitiés françaises qui deviendra en 1940, le Comité
de l’Unité du Togo (CUT).
1946. Le Togo français et le Togo britannique passent
sous la tutelle de l’ONU.
1951. Conseillés par les administrateurs coloniaux, les
chefs traditionnels du Nord abandonnent le CUT et créent leur propre
parti : l’Union des Chefs et des Populations du Nord (UCPN).
1952. Le Comptoir d’Afrique du nord des phosphates a découvert
un gisement près de la côte togolaise. Une société
à capitaux français, la Compagnie togolaise des mines du
Bénin est constituée (1956), en vue de l’exploitation.
1956. Le Togo britannique est rattaché à la Gold
Coast après un référendum.
21 septembre 1956. Gaston Defferre, ministre de la France d’Outre-mer,
installe à Lomé les nouvelles institutions. Le Togo est depuis
la loi cadre du 23 juin, une République autonome et sert de territoire-pilote
à la «loi-Defferre».
27 avril 1958. Elections législatives. Le CUT et ses
alliés obtiennent la majorité à l’Assemblée.
24 mai 1958. S. Olympio affirme à l’Agence France-Presse
: «Je vais faire mon possible pour que le Togo se passe de la France».
Des propos qui seront retenus contre lui par la France gaulliste.
27 avril 1960. «Ablodé ! ». Le Togo devient
indépendant.
III. Le Togo sous Sylvanus Olympio
1961. Sylvanus Olympio est démocratiquement élu
président de la République du Togo.
9 avril 61. La Constitution de la République est approuvée
à une majorité écrasante. Renouvellement de l’Assemblée
nationale.
25 avril 61. Séance solennelle de l’Assemblée
nationale. Discours d’Olympio : « Fidèle à notre politique
de non-alignement, nous ne voudrons jamais faire la politique d’un bloc
ou d’un autre. [...] Notre pays figure parmi les cinq Etats africains qui
ont pris l’initiative d’inviter tous les pays africains à tenir
une conférence à Monrovia du 8 au 13 mai prochain [...] Parmi
les projets auxquels nous donnons priorité, figure le port de Lomé,
car c’est de l’existence de ce port que dépendront l’expansion et
l’intensification de nos activités agricoles et l’importation de
matériels d’équipement...»
12 juin 61. Loi instituant une Cour Suprême qui, sous
ses différentes formations, remplira le rôle de Cour de Cassation,
de Conseil d’Etat, et de Cour des Comptes.
29 décembre 61. Allocution mensuelle du président
Olympio : «Notre budget de 1962 a été élaboré
avec le souci majeur de parvenir à réaliser le plus rapidement
possible l’équilibre financier. Cependant le budget qui a été
arrêté en recettes à une somme de 3.280.664.000 francs
et en dépenses à 3.524.283.000 francs, laisse une impasse
de 224 millions de francs soit environ 7% du budget total. La première
constatation qui s’impose est que si les prévisions de recettes
sont supérieures de 236 millions de francs à celles de 1961,
les dépenses, elles n’accusent qu’une augmentation de 104 millions
de francs [...] L’Etat a donc été obligé de réduire
notablement ses dépenses car ce n’est pas au moment où les
citoyens voient leurs revenus réduits, qu’il faut leur demander
de consentir des sacrifices financiers... »
Janvier 1962. Découverte d’un projet de complot contre
Olympio. Me Santos et deux de ses amis sont arrêtés et enfermés
à Mango. D’autres incarcérations vont suivre. Certains prisonniers
sont enchaînés.
13 janvier 1963. Sylvanus Olympio est assassiné lors
d’un coup d’Etat et remplacé par Nicolas Grunitzky.
IV. Le Togo sous Nicolas Grunitzky
16 janvier 1963. M. Grunitzky sous la surveillance des militaires,
forme un gouvernement provisoire. Sur sept membres : quatre sudistes, trois
nordistes.
Février 1963. Nicolas Grunitzky convoque au Grand Terrain
de Lomé, une «Conférence de la table-ronde».
Présents, les quatre partis de l’échiquier politique et les
représentants des forces vives du pays.
3 mai 63. Consultations électorales. L’électorat
se prononce sur un projet constitutionnel instituant une présidence
et une vice-présidence, confiées respectivement à
N. Grunitzky et à A. Méatchi ; une Assemblée législative
(liste unique, 14 candidats approuvés par l’armée). L’appel
au boycott du PUT n’a pas été suivi (officiellement, 8,95%
d’abstention).
9 avril 63. Un complot contre Nicolas Grunitzky est découvert.
L’instigateur serait Th. Mally, ancien ministre d’Olympio. Grunitzky
relèvera de ses fonctions ministérielles Me Kutuklui, le
nouveau leader du PUT. Il est arrêté.
1964. Mutinerie au sein de l’armée. Emmanuel Bodjollé
favorable à Méatchi, est remplacé par Etienne Eyadéma
à la tête de l’armée.
17 novembre 1966. En vertu de l’article 24 de la Constitution,
qui lui permet d’être remplaçant du chef de l’Etat en voyage,
le vice-président A. Méatchi révoque Mama Fousséni,
ministre délégué à la Présidence. Par
solidarité, Benoît Yaya Malou (Education nationale) et Pierre
Adossama (Affaires étrangères) démissionnent. De retour
de voyage, le président Grunitzky fait adopter un amendement qui
fait disparaître le poste de vice-président de la République.
21 novembre 1966. Putsch manqué. Monté par Kutuklui,
Franklin, Kouassigan, Malou, Adossama, le coup était approuvé
par l’armée. Mais l’état-major (Eyadéma, Assila) fait
volte-face au dernier moment, car les 5000 manifestants des rues de la
capitale scandaient non seulement des slogans hostiles à Grunitzky,
mais voulaient aussi châtier les assassins de Sylvanus Olympio.
13 janvier 1967. Sur l’incitation de Paris, Grunitzky, pourtant
ami et défenseur des intérêts de la France, est déposé.
L’armé togolaise prend le pouvoir.
V. Le Togo sous Eyadéma
14 janvier 1967. Le lieutenant-colonel Eyadéma met en
place un gouvernement provisoire : le «Comité de Réconciliation
nationale», composé de huit membres. A sa tête, le vieux
colonel Dadjo, contraint en sa qualité d’ancien officier le plus
haut-gradé. Sur les sept nouveaux ministres, quatre avaient peu
ou prou été compromis dans le complot raté de novembre
1966. Exemple : un fervent partisan de S. Olympio, Alex Mivédor,
en fuite depuis le 21 novembre 1966, bénéficie du portefeuille
des Travaux publics. Preuve que l’armée était au parfum,
en ce qui concerne l’affaire de Novembre.
30 mai 1967. Un comité constitutionnel chargé
d’élaborer un nouveau projet de Constitution est mis en place. Aucune
Constitution ne verra le jour. Au cours de ce même mois, Eyadéma
déclare lors d'une émission radiodiffusée : «Je
suis opposé fermement au parti unique au Togo. Afin de favoriser
la critique, il faut deux partis politiques... »
12 janvier 1969. Deuxième anniversaire de sa prise de
pouvoir. Eyadéma annonce à la nation, la reprise des activités
politiques et la mise en place d’une Constitution. Des manifestations «spontanées»
ont lieu à Bafilo, Nuadja, Tabligbo, Vogan, etc. Les chefs traditionnels
protestent contre la fin de la période d’exception !
30 août 1969. En visite à Kpalimé, Etienne
Eyadéma annonce la création prochaine d’un parti unique.
Le Rassemblement du Peuple Togolais (RPT) verra le jour en novembre de
la même année. En tant que président-fondateur de ce
parti unique, Eyadéma contrôlera tout l’appareil, après
l’éviction du secrétaire général, M. Edouard
Kodjo.
Le poste de secrétaire général est supprimé.
Il assurait l’administration générale du parti.
13 janvier 1971. Jacques Foccart de la Cellule africaine de
l’Elysée, déclare : «Nous sommes pleinement satisfaits
de la façon dont le général Eyadéma gère
les affaires du Togo».
28 novembre 1972. L’Etat togolais rachète les parts sociales
libérées par un des principaux actionnaires de la Compagnie
Togolaise des Mines du Bénin (CTMB). La participation de l’Etat
aux actions de la société minière passe de 1 à
19,9%.
24 janvier 1974. Le DC-3 transportant Eyadéma à
Pya son village natal, s’écrase à Sarakawa (près de
Lama-Kara). Le pouvoir interprète cet accident comme un attentat
de l’impérialisme, visant à liquider Eyadéma pour
cause d’affaires de phosphates. Sarakawa deviendra un lieu de vénération
d’Eyadéma.
2 février 1974. Eyadéma décide la nationalisation
de la CTMB, en riposte contre le «complot impérialiste»
de Sarakawa.
3 février 1974. Le Général décide
de changer de prénom. Etienne Eyadéma devient : Gnassingbé
Eyadéma. En 1976, une circulaire du ministre de l’Intérieur,
M. Eklo, subordonne toute délivrance de pièces d’identité,
aux prénoms authentiques.
Avril 1974. Le général Mobutu «frère
et ami» d’Eyadéma en visite officielle au Togo apporte un
cadeau : le concept de l’authenticité : le retour aux valeurs africaines.
29 octobre 1974. Une mission française de dialogue se
rend à Lomé pour «s’imprégner de la manière
dont le Togo entend poursuivre sa coopération avec la France».
Puis, signature d’accords secrets : le Togo reste propriétaire de
la CTMB qui devient l’Office Togolais des Phosphates (OTP). En revanche
l’Etat togolais est contraint d’accorder des prix de vente préférentiels
à la France.
31 juillet 1975. Assassinat du commandant Komlan : divergence
de point de vue avec Eyadéma. Ce dernier aurait participé
personnellement à sa torture.
Mai 1976. L’affaire Mgr Kpodzro : le président Eyadéma
est furieux de ne pas pouvoir imposer son candidat en remplacement de l’évêque
d’Atakpamé, Mgr Atakpa (décédé). Le Général
décide d’envoyer les militaires corriger le clergé. Mais
l’Eglise a su déjouer la manœuvre grâce à l’abbé
Gbikpi.
12 novembre 1976. Radio-Lomé annonce la démission
du président Eyadéma. «Obligé» par le
peuple, Eyadéma acceptera (22 novembre) de rester au pouvoir.
28 octobre 1977. Des mercenaires débarquent au Togo.
1979. Le président Eyadéma et son frère,
Toï Donou, mitraillent en pleine rue le lieutenant Gnéhou,
beau-frère d’Eyadéma. Gnéhou qui sera achevé
à l’hôpital de Tokoin dans la nuit, est accusé par
Eyadéma d’avoir organisé une réunion des officiers
du Nord.
Décembre 1979 ( jusqu’en ) Depuis la prise de pouvoir
par Eyadéma, jusqu’à cette date, le Togo vit sans Constitution.
L’ordonnance N° 1 du 14 janvier 1967 relative (après dissolution
de l’Assemblée nationale), à la création du Comité
de Réconciliation Nationale, concentre entre les mains du chef de
ce Comité, le pouvoir législatif et le pouvoir exécutif.
Prenant la succession de Kléber Dadjo à la tête du
CRN, le lieutenant-colonel Eyadéma a cumulé l’exécutif
et le législatif depuis le 14 avril 1967.
29 décembre 1979. Election présidentielle : Eyadéma
est élu. Election des députés à l’Assemblée
nationale. Référendum sur la Constitution de la troisième
République.
13 janvier 1980. Installation solennelle de l’Assemblée
nationale.
7 juillet 1981. Nouvelle dénomination des préfectures.
28 juin 1984. Décès de Maman N'Danida, mère
d’Eyadéma. Les obsèques ont lieu le 8 juillet à Pya.
On note la présence du président Houphouët-Boigny de
Côte d’Ivoire.
1984. Amnesty International affirme dans son rapport annuel
sur le Togo : «Le simple soupçon de posséder des tracts
critiquant le gouvernement ou d’avoir tenu des propos hostiles à
la politique officielle était, pour les autorités, une raison
suffisante pour arrêter les gens et les maintenir parfois en détention
plusieurs années».
20 février 1985. Fin de manœuvres militaires franco-togolaises.
Défilé militaire et civil.
27 mars 1985. Au cours du conseil des ministres, le gouvernement
décide une mise à la retraite, pour les travailleurs ayant
accompli, désormais, 30 ans de service dans la fonction publique.
Mise en oeuvre le 1er avril.
8-10 août 1985. Visite du Pape Jean-Paul II au Togo. Au
cours des présentations officielles, le Pape refuse de serrer la
main de Mme Dagadzi ayant déserté le domicile conjugal pour
les beaux yeux du général d’Eyadéma.
21 octobre 1987. Installation officielle de la Commission Nationale
des Droits de l’Homme (CNDH) à la Maison du RPT.
21 février 1989. Le titre de «Compagnon de Melvin
Jones» du Lion’s Club est décerné à Gnassingbé
Eyadéma.
26 décembre 1989. Le gouvernement convoque tous les avocats
à la Maison du RPT. La cause : l’un d’eux, Me Djovi Gally a donné
une conférence au Centre culturel américain de Lomé
sur le thème : «l’indépendance de la magistrature,
ciment de la démocratie américaine».
La révolte
1990
Vendredi 21 septembre 90. Le procès de MM. Logo Dossouvi
et Doglo Agbélenko, prévenus d’outrage et de complicité
d’outrage envers les représentants de l’autorité publique,
s’ouvre au Palais de Justice de Lomé.
5 octobre 90. Logo Dossouvi et Doglo Agbélenko seront acquittés,
mais plusieurs étudiants seront matraqués par les militaires.
1991
15 mars 91. Une manifestation des femmes de Lomé est dispersée
par les militaires. Plusieurs blessés.
16 mars 91. Une Jeep des FAT (N°-1760), écrase un
jeune garçon au cours d’une manifestation. Ce jour-même, les
militaires violent plusieurs domiciles des quartiers de Lomé, à
la recherche d’opposants au régime.
5 avril 91. Deux jeunes garçons sont abattus par les
militaires. Motif : ils voulaient déboulonner la statue en bronze
du général Eyadéma.
10 avril 91. Les militaires de Gnassingbé Eyadéma
ont battu et jeté du pont de la lagune de Bè, plusieurs personnes.
28 corps seront repêchés. Parmi eux des femmes enceintes,
et un bébé sur le dos de sa mère.
12 avril 91. Amnistie générale.
9 juin 91. La statue de bronze au nom de laquelle deux jeunes
gens ont été tués deux mois plus tôt, a disparu.
10-11-12 juin 91. Les «Trois Glorieuses» à
la togolaise. Après d’âpres négociations, l’opposition
a gagné une manche. Le peuple obtient sa Conférence nationale
assortie d’un boulet, les Accords du 12 juin.
8 juillet 91. Ouverture des travaux de la Conférence
nationale par Eyadéma.
18 juillet 91. Début de la Conférence nationale.
Elle durera 52 jours.
28 août 91. Tentative de coup d’Etat contre la CNS par
le général Eyadéma. Echec.
La Conférence nationale et la Transition
1991
18 juillet - août 91. La Conférence nationale souveraine.
On y dénonce les violations des droits de l’homme (Kaza, Otadi,
Lagune de Bè, Mandouri, Faune, etc.) ; les vols organisés
et pillages des deniers publics (communications de MM. Ayéva, Kabasséma,
Folly).
La CNS dans son acte n° 1 s’est déclarée souveraine.
Ce qui selon Eyadéma, sort du cadre des Accords du 12 Juin 1991.
D’autre part, Eyadéma ne digère pas que soit remise en cause
sa tutelle exclusive sur les FAT. En sus, l’Article 61 de la CNS stipule
que les membres de l’Exécutif de la période de transition,
ne peuvent être candidats aux élections présidentielles
suivant immédiatement la période de transition.
L’application de l’Acte 7 de la CNS et la loi des 30 ans de service
instaurée par le régime Eyadéma, mettra ce dernier
à la retraite des FAT. La décision prise par le Premier ministre
en octobre 1991 restera lettre morte.
1er octobre 91. Des «éléments incontrôlés»
de l’armée, font une irruption brutale et intempestive sur le devant
de la scène, s’emparant de la Radio, de la Télévision,
obligeant les journalistes à lire un communiqué proclamant
la dissolution du Haut Conseil de la République (HCR), organe législatif
provisoire issu de la CNS. Les soldats réitèrent leur fidélité
au général Eyadéma. Ce dernier leur demandera quelques
heures plus tard de déposer les armes. Bilan, cinq morts et une
trentaine de blessés.
8 octobre 91. Sept jours plus tard, un groupe de soldats pénètre
vers deux heures du matin, dans l’Hôtel du 2-Février à
la recherche du Premier ministre, J. K. Koffigoh. Celui-ci averti du danger,
s’éclipse de sa suite. Après les affrontements entre les
militaires et les Ekpémog (défenseurs du renouveau démocratique),
on relève une dizaine de morts et autant de blessés.
27 novembre 91. L’armée prend de nouveau le contrôle
de la Radio et de la Télévision, qu’elle abandonnera quelques
heures plus tard, avant de revenir à la charge le lendemain. Les
soldats demandent la fin de la transition, la dissolution du HCR. Ils invitent
le général Eyadéma à nommer un nouveau Premier
ministre. La dissolution par le HCR du parti unique RPT, servent de prétexte
à ces agissements.
30 novembre 91. Les putschistes regagnent leurs casernes, sans
doute, parce que la France, dont l’intervention a été sollicitée
par Koffigoh, a fini par décider d’acheminer quelques trois cents
hommes au Bénin voisin.
3 décembre 91. 5 h 30, les programmes de la Radio alternent
variétés françaises et communiqués. Un groupe
de militaires se présente au portail de la Primature aux environs
de 6 heures. Ils demandent à parler au Premier ministre, ministre
de la Défense. Quelques minutes plus tard, les militaires sont de
retour avec leurs blindés et donnent l’assaut à la Primature.
C'est la fin en pratique de la transition, telle que la CNS l’avait conçue.
Des ministres RPT entreront au gouvernement.
La Transition-bis
1992
21-23 mars 92. Le HCR adopte le Code électoral.
5 mai 92. L’attentat de Soudou. Mort du Dr Marc Atidépé
(Pt. de l’Union Togolaise pour le Renouveau). Gilchrist Olympio est grièvement
blessé. Atteint à la hanche et aux poumons, de plusieurs
balles explosives, il sera soigné à l’Hôpital militaire
du Val-de-Grâce à Paris. Une enquête de la Fédération
Internationale des Droits de l’Homme mettra en cause dans un rapport, la
responsabilité dans cette affaire, d’Ernest, fils du général
Eyadéma.
23 juillet 92. Vers 21 h en plein centre de Tokoin-Gbonvié,
le jeune leader du PSP, Tavio Amorin est fauché par une rafale de
pistolet-mitrailleur, au moment même où se préparait
à siéger la fameuse Commission mixte paritaire censée
résoudre les problèmes politiques. Il sera évacué
sur Paris où il décèdera des suites de ses blessures,
le 29 juillet 1992. Il était âgé de trente-quatre ans.
9 août 92. Un groupe d’une cinquantaine d’hommes armés
saccage les locaux du Centre National d’Etude et du Traitement Informatique
(CENETI). Les fichiers du recensement électoral sont détruits.
19 août 92. Signature des accords entre les représentants
des partis politiques d’opposition et le président Eyadéma.
Accords entérinés par le HCR le 26 Août 92. Au terme
de ces accords, la période de transition est prolongée de
quatre mois (jusqu’au 31 Décembre 1992).
4 septembre 92. Un «militaire incontrôlé»
agresse Mme Madeleine Aduayom, vice-présidente du Collectif des
Associations de Femmes (CAF).
13 septembre 92. Des «militaires incontrôlés»
occupent au petit matin les studios de la Radio, lisent un communiqué
exigeant que le nouveau gouvernement soit formé avant lundi.
14 septembre 92. Formation d’un nouveau gouvernement par le
Premier ministre Koffigoh. Sur dix-huit postes ministériels, six
sont allés au RPT : Défense, Affaires étrangères,
Justice, Administration territoriale et sécurité, Communication,
Plan. Autrement dit, tous les ministères liés de près
ou de loin à l’organisation des consultations électorales
alors prévues comme suit : Référendum le 27 septembre,
municipales le 11 octobre, législatives les 31 octobre et 14 novembre,
les présidentielles les 6 et 20 décembre.
Dimanche 27 septembre 92. Référendum constitutionnel.
Une majorité de OUI.
6 octobre 92. Décès à Paris dans sa trente-troisième
année, de Mlle Eugénie Love Akouvi, ancienne secrétaire
d’Etat au Tourisme et à l’Artisanat (1er gouvernement Koffigoh).
Nuit du 22 octobre 92. Les murs de l’enceinte du siège
de la Mission française sont soufflés par une charge explosive
causant des dégâts matériels.
22-23 octobre 92. Des militaires (ils sont une centaine) prennent
en otages, trente-neuf membres du HCR (Assemblée législative
de Transition), réunis au Palais des congrès à Lomé.
L’armée selon le communiqué, exige que le gouvernement «prenne
ses responsabilités» en débloquant les fonds du Rassemblement
du Peuple Togolais, qui avait été gelés par la Conférence
nationale. Le commando demande que les militaires, policiers et gendarmes,
qui comme tous les Togolais, ont dû cotiser de 1980 à 1990
au RPT, soient remboursés dans les plus brefs délais.
26 octobre 92. Grève de 72 heures. Protestation contre
la prise en otage des membres du Haut Conseil de la République.
9 novembre 92. Le Premier ministre J. K. Koffigoh décrète
le limogeage de deux ministres RPT - (Kodjo Agbéyomé et Benjamin
Agbéka). Début d’un bras de fer entre Koffigoh et Eyadéma.
Vendredi 13 novembre 92. La Confédération des Syndicats
Indépendants (CSI) et le COD II (Collectif de l’Opposition Démocratique),
annoncent une grève générale illimitée à
partir de lundi 16 novembre. Un délai de sept jours est accordé
aux représentants de l’exécutif pour satisfaire ces revendications.
Faute de quoi, la grève sera illimitée jusqu’à la
démission d’Eyadéma.
9 décembre 92. Le patronat togolais condamne les méthodes
de l’armée togolaise. Il lance un appel aux Organisations internationales,
ONU, OUA, CEDEAO, pour superviser les futures élections au Togo.
Le patronat invite les gouvernants à fixer au plus vite un calendrier
électoral.
13 décembre 92. Le Comité Togolais de Résistance
organise à Paris une grande marche (de République à
Nation) de soutien à la grève générale illimitée.
19 décembre 92. Le sénateur RPR, Charles Pasqua,
entreprend une visite de 48 heures au Togo. Il est reçu en grande
pompe dans le Nord par Eyadéma. M. Pasqua déclarera apporter
un soutien au général Eyadéma.
La terreur militaire
1993
6 janvier 93. Rencontre Eyadéma - Koffigoh. Décision
de former un nouveau gouvernement. Koffigoh prendra la route le même
jour pour le Ghana. Il y représentera le Togo à la cérémonie
de prestation de serment du président Jerry Rawlings.
7 janvier 93. Rencontre COD II - sensibilité présidentielle.
Nécessité de former un nouveau gouvernement. Promesse de
la mise sur pied d’une «Force spéciale de sécurité».
Mais Eyadéma exige d’abord la fin de la grève générale
illimitée. L’opposition quant à elle, réclame des
garanties.
13 janvier 93. Dans un message à la nation, le général
Eyadéma annonce la formation prochaine d’un nouveau gouvernement.
19 janvier 93. Le président Eyadéma signe un décret
reconduisant le Premier ministre Koffigoh dans ses fonctions. L’opposition
et le HCR contestent au président le droit de nommer Premier ministre,
car selon les textes de la Transition toujours en vigueur, c’est le rôle
du HCR. Ce même jour manifestation monstre devant les ambassades
occidentales. Un jeune homme sera blessé par balle par un policier
qui aurait tiré en l’air.
21 janvier 93. Les officiers de l’armée apportent leur
soutien au général Eyadéma et au Premier ministre,
Joseph Koffigoh. Les militaires affirment que « la transition a lamentablement
échoué ».
23 janvier 93. M. Alain Madelin, vice-président du PR,
branche de l’UDF de passage à Lomé déclare : «Je
suis un ami de longue date de la démocratie africaine. J’exprime
ici mon admiration et mon amitié pour les démocrates qui,
ici où ailleurs en Afrique se battent pour la liberté et
la dignité de la personne, souvent au péril de leur vie».
25 janvier 93. MM. Marcel Debarge et Helmut Schäfer sont
au Togo pour rencontrer les acteurs de la vie politique. Le même
jour, une manifestation pacifique de l’opposition est réprimée
par les forces de l’ordre : 20 morts et une centaine de blessés.
28 janvier 93. L’ex-président français, Giscard
d’Estaing envoie un message de soutien au général Eyadéma.
30 janvier - 2 février 93. Des milliers de Togolais fuient
Lomé en direction de l’intérieur du pays, du Bénin,
du Ghana... Raison : des centaines de militaires et de policiers sèment
la terreur dans la capitale, en se livrant à des fusillades et à
des pillages. Un bilan officieux fait état de six morts (dont un
jeune garçon français) et de quatorze blessés. En
réalité, le bilan de ces jours serait plus lourd.
8 février 93. Début à Colmar (France),
d’une table-ronde réunissant les différentes parties de la
crise togolaise. Mais échec ; la sensibilité présidentielle
refuse toute idée de mise sous contrôle internationale de
l’armée d’Eyadéma.
12 février 93. Koffigoh forme son quatrième gouvernement
sans consulter le COD II . Composition de ce gouvernement : 17 membres,
tous proches de Gnassingbé Eyadéma et du RPT.
14 février 93. Les leaders du COD II, au retour de la
table-ronde de Colmar, rencontrent la Communauté togolaise au Conservatoire
des Arts et Métiers à Paris.
20 février 93. L’envoyé du Pape Jean-Paul II,
Mgr Etchegaray, arrivé la veille à Lomé, célèbre
une messe à l’Eglise St-Augustin d’Amoutivé, en compagnie
de Mgr Kpodzro - Archevêque de Lomé. Il rencontre les jours
suivants, les différents protagonistes de la crise politique togolaise.
23 février 93. M. Léopold Ayivi, attaché
de presse de M. Edem Kodjo, est grièvement blessé par balles.
Il sera transporté quelques jours plus tard à Paris pour
subir des soins à l’hôpital du Val-de-Grâce.
8 mars 1993. Création de Dialogue-Inter-Chrétiens,
rassemblant des personnalités de toutes les sensibilités
politiques.
Mars 1993. Visite du leader de l’UTD aux Etats-Unis, où
il rencontre le sous-Secrétaire d’Etat américain aux Affaires
Etrangères, Herman Cohen.
- Mise sur pied par le gouvernement de Joseph Kokou Koffigoh d’une
«Force Spéciale de Sécurité».
12 mars 93. Le ministre de la Fonction publique lance un ultimatum
aux travailleurs, leur demandant de reprendre le travail sous peine de
licenciement.
15 mars 93. Les fonctionnaires reprennent timidement le chemin
du travail, craignant un licenciement abusif.
22 mars 93. Les membres du COD II réunis à Cotonou
se mettent d’accord sur la personne de M. Savee de Tové pour la
formation d’un gouvernement-bis.
25 mars 93. Des coups de feu et des bruits d’armes lourdes sont
entendus au camp du R.I.T. de Tokoin. Deux officiers sont tués dont
le chef d’Etat-major particulier du président Gnassingbé
Eyadéma, le général Mawulikplimi Améyi.
3 avril 93. Mort du lieutenant-colonel Akpo, blessé lors
de l’attaque du RIT Il décède à l’hôpital du
Val-de-Grâce à Paris, des suites de ses blessures.
8 avril 93. Le Gouvernement Koffigoh publie une date pour les
élections ; présidentielles, 6 et 20 juin, caution-candidature
10.000.000 F.CFA ! Législatives : juillet 93 ; caution 100.000 F.CFA.
Jeudi 16 avril. Obsèques officiels du général
Améyi en présence d’Eyadéma et Koffigoh.
17 avril 93. Le siège de l’hebdomadaire La Tribune des
Démocrates est mis à sac et incendié par des militaires
et policiers. Les employés procédant au pliage du numéro
sont battus, arrêtés...
18 avril 93. Le président Eyadéma reçoit
les chefs traditionnels de la région maritime, « venus apporter
leur soutien » au chef de l'Etat.
24 avril 93. Organisation par Eyadéma et Koffigoh, d’une
Journée de réconciliation Armée - Nation.
26 avril 93. A l’issue de la convention nationale du RPT, les
responsables de ce parti, désignent le général Eyadéma
comme candidat de l’ex-parti unique, aux présidentielles de juin
93. Cette date ne sera pas la bonne.
30 avril 93. les chars de l’armée investissent la ville
d’Aného. M. Kponton (UTD) est arrêté ainsi que M. Kuessan
Yovodévi, journaliste à la TVT.
28-30 avril 93. Réunion COD II et «Sensibilité
présidentielle» à Ouagadougou ; réunion préparatoire
en présence d’observateurs français et allemands, en vue
d’une table ronde internationale pour trouver une solution à la
crise.
6 mai 93. La gendarmerie annonce l’arrestation d’un réseau
de gangsters armés qui, semble-t-il, seraient les auteurs des vols
perpétrés à Lomé et à l’intérieur
du pays depuis plusieurs mois.
7 mai 93. La date de clôture des candidatures pour les
présidentielles étant arrivée à expiration
à minuit, la Cour suprême décide de reporter les présidentielles
aux 20 juin et 4 juillet ; et les législatives aux 18 juillet et
1er août. La Cour suprême explique ce report en affirmant qu’aucune
candidature n’a été enregistrée et que des candidats
potentiels avaient sollicité un report pour mieux se préparer
10 mai 93. Le COD II dénonce ces dates fixées
encore unilatéralement par la partie présidentielle. Il refuse
de participer à des élections prévues dans des conditions
d’insécurité. Pendant ce temps, l’exode des populations fuyant
les exactions militaires, se poursuit.
12 mai 93. Me Agboyibo reçoit le Prix allemand pour l’Afrique.
Prix destiné à récompenser les personnalités
africaines qui œuvrent pour la démocratie et les droits de l’Homme.
12 et 13 mai 93. Après la parution habituelle de Kpakpa
désenchanté, il y a des arrestations de vendeurs à
la criée ; de nombreux exemplaires sont saisis.
16 mai 93. Meeting COD II - CTR à Paris.
17 mai 93. La CEE porte des réserves sur l’organisation
des élections au Togo, estimant les conditions de sécurité
insuffisantes. La CEE, par ailleurs, refuse d’accorder aide à l’organisation
matérielle de ces élections et refuse d’y envoyer des observateurs.
18 mai 93. Arrestation à Lomé de l’ancien ministre
d’Eyadéma, Améla Amélavi ; il a été
découvert à son domicile deux vraies machines sophistiquées
servant à fabriquer de faux billets de banque.
17 mai et 21 mai 93. Des explosions détruisent des maisons
à Lomé ; le domicile du commandant Akagnan de FORS 93 est
atteint. L’Hôtel Palm Beach est dévasté.
20 mai 93. Mise en garde au conseil des ministres, contre la
presse privée. Le 21 mai, un communiqué du Ministre de la
sécurité sommera la presse privée de respecter le
code de la presse de 1989 (abrogée par la CNS), réinstituant
le dépôt légal. Le 25 mai, chasse aux vendeurs à
la criée.
22 mai 93. Minuit, clôture de la liste des candidatures
en vue des présidentielles. La Cour suprême annonce avoir
recensé trois candidats, sans préciser leurs noms.
23 mai 93. On connaît le nom de l’un des candidats : M.
Ifé Adani (ATD), membre fondateur du COD II, il affirme se présenter
à titre personnel. Le même jour, un deuxième candidat
sort de l’ombre : M. Jacques Amouzou, membre fondateur de l’UDR.
24 mai 93. Le Département d’Etat américain communique,
que son pays ne fournira pas d’assistance ni d’observateurs officiels.
Les USA estiment que le gouvernement de Koffigoh a unilatéralement
organisé les élections sans accord avec l’opposition. Ils
exigent des garanties pour un processus électoral libre, équitable
et universel.
Nuit du 26 au 27 mai 93. Une imprimerie est plastiquée.
Y sont fabriqués Kpakpa désenchanté, Courrier du Golfe,
La Tribune des démocrates La propre imprimerie de ce dernier a été
incendiée le 15 avril.
27 mai 93. Le Consulat de France attire l’attention de ses ressortissants
au Togo sur « la nécessité de respecter strictement
l’obligation de réserve qui s’impose à tout étranger
à l’égard de la situation interne du pays de résidence
». Certains ressortissants français auraient fait des déclarations
dans lesquelles, ils constataient des agissements contraires à la
notion qu’ils ont des droits de l’Homme.
29 mai 93. Une délégation française avec
à sa tête, le chef d’état-major de l’Armée française,
l’amiral Lanxade, se rend à Lomé. Une rencontre a lieu avec
le chef de l’Etat togolais, le général Eyadéma. Les
émissaires français ont remis un message de François
Mitterrand et du gouvernement Balladur.
1er juin 93. La candidature du président Eyadéma
est confirmée.
2 juin 93. Les présidentielles sont reportées
au 4 juillet 1993 pour le premier tour, et au 18 juillet pour le deuxième
tour.
8 juin 93. Installation au Bénin voisin du Conseil Constitutionnel
en remplacement du HCR.
11 juin 93. «La Coordination des Forces Nouvelles»
a ouvert au Palais des Congrès à Lomé son assemblée
constitutif présidé par le Premier ministre, Joseph Koffigoh
qui est le leader virtuel de ce bloc politique. Cette coordination se compose
de 3 partis politiques (UDR, SOLITO, ARENA) et 3 associations (FONDER,
CODEPO, UNIFED). Principal objectif : préparer les prochaines élections
législatives.
12 juin 93. Escale à Lomé du président
burkinabé Blaise Compaoré de son retour de Paris. Rencontre
de deux heures avec le général Gnassingbé Eyadéma.
Les discussions ont porté sur la prochaine table-ronde COD II -
Mouvance présidentielle de Ouagadougou.
17 juin 93. Début à Ouagadougou du second round
des négociations entre le COD II et la Mouvance présidentielle.
22 juin 93. Suspension des négociations de Ouagadougou.
Le COD II exige le report des élections présidentielles qui
doivent se tenir après ou en même temps que les législatives,
une composition équitable et indépendante de la commission
électorale, le maintien du bulletin unique.
28 juin 93. Sommet de l’OUA au Caire ; un grand absent - Eyadéma.
29 juin 93. Dans une conférence de presse à Lomé,
Me Agboyibo déclare que l’Opposition est prête à signer
la synthèse proposée par les médiateurs burkinabé
; que la «date du 18 juillet fixée par Eyadéma est
constitutionnellement impossible» ; que la balle se trouve dans le
camp de la Mouvance présidentielle.
30 juin 93. Une délégation de la Mouvance présidentielle
conduite par Barry Moussa Barqué‚ est à Paris pour rendre
compte aux autorités françaises des causes de l’échec
des négociations de Ouaga et leur confirmer que les élections
auront bel et bien lieu le 18 juillet.
1er juillet 93. Création du CDL (Centre des démocrates
libéraux) regroupant 5 associations et quelques partis politiques.
Le Centre est proche de la Mouvance présidentielle. Le Congrès
du CDL s’est tenu à Lomé en présence de Benjamin Komlan
Agbéka (ministre de la Communication et de la Culture) et de Payadoua
Boukpessi (ministre des Sociétés d’Etat) du gouvernement
Koffigoh.
3 juillet 93. Début de la campagne présidentielle
; le Premier ministre Koffigoh appelle la population à prendre part
massivement au scrutin.
4 juillet 93. Rencontre CSI - CTR à Paris.
11 juillet 93. Partisans et opposants de Gnassingbé Eyadéma
signent à Ouagadougou (Burkina), un accord fixant au 25 août
la date de l’élection présidentielle et définissant
les conditions d’organisation du scrutin, ainsi que les mesures de sécurité
pendant toute la durée du processus électoral.
20 juillet 93. Désignation par la Commission d’investiture
du COD II, d’Edem Kodjo comme candidat à l’élection présidentielle
du 25 août. Refus de Gilchrist Olympio de reconnaître cette
nomination. Deux partis réunis au sein d’une « Alliance pour
la défense des intérêts du peuple » désignent
quant à eux, M. Boukari Djobo comme leur candidat.
23 juillet 93. L’Union des Forces du Changement (UFC) désigne
son candidat aux présidentielles : M. Olympio Gilchrist.
24 juillet 93. La candidature de G. Olympio est rejetée
par la Cour suprême pour non-conformité de certificat médical.
D’autre part, le candidat de l’Union des Forces du Changement, serait sous
le coup d’un mandat d’arrêt pour avoir commandité l’attaque
du camp RIT.
24 juillet 93. Une bombe explose au siège du CAR , le
parti politique de Me Agboyibo. Beaucoup de dégâts matériels
; des blessés légers.
25 juillet 93. Le Collectif des Syndicats Indépendants
appelle à la levée de la grève générale
illimitée à partir du 2 août 1993.
26 juillet 93. Deux jeunes gens, d’une vingtaine d’années
chacun, sont arrêtés et présentés, comme étant
les auteurs de l’attentat contre le siège du Comité d’Action
pour le Renouveau. Selon les officiels, les deux jeunes seraient membres
de la CDPA. M. Gnininvi. dément.
27 juillet 93. 70 militaires français arrivent à
Lomé. Ils sont chargés d’une mission d’observation, tout
comme leurs confrères burkinabé arrivés quelques jours
plus tôt. Ils seront répartis en 20 groupes et déployés
sur toute l’étendue du territoire togolais.
29 juillet 93. Les autorités judiciaires du Togo décident
de lever provisoirement le mandat d’arrêt international contre Gilchrist
Olympio.
30 juillet 93. Mise en place de la Commission électorale
nationale de 9 membres. A sa tête, le président de la Cour
d’Appel de Lomé, M. Kué Francis Gaba.
5 août 93. La Cour Suprême proclame les candidatures
aux présidentielles. Elle rejette la candidature de Gilchrist Olympio
pour non-conformité de certificat médical.
7 août 93. Marche des partisans de Gilchrist Olympio,
protestant contre la décision de la Cour Suprême qui a écarté
leur leader de la course à la présidence. A son tour, Me
Agboyibo prône la radiation du général Eyadéma
de la liste électorale en vertu de l’article 155 de la Constitution,
qui stipule qu’un militaire ne doit pas se présenter à des
élections.
12 août 93. La Cour suprême écarte définitivement
la candidature de Gilchrist Olympio à l’élection présidentielle.
19 août 93. 10.000 manifestants marchent dans les rues
de Lomé et exigent la prise en compte de la candidature de Gilchrist
Olympio par la Cour suprême. La manifestation s’est terminée
par un sitting devant le siège du Comité de suivi des élections.
20 août 93. Edem Kodjo annonce la suspension de sa candidature
à l’élection présidentielle.
23 août 93. Marche de l’opposition dans les rues de Lomé
à l’appel de G. Olympio, de D. Boukari et de Y. Agboyibo. Les manifestants
protestent contre le maintien des élections au 25, vu l’impréparation
et le risque de fraude de la part du pouvoir.
23 août 93. Le Premier ministre Koffigoh annonce la fin
de la campagne officielle et le rejet de la candidature de M. Agboyibo.
Quant à Edem Kodjo, il demande le retrait des urnes de ses bulletins
de vote, n’étant plus candidat. Toute l’Opposition appelle au boycott.
24 août 93. M. J. Carter à la tête d’une
délégation d’observateurs de l’Institut National Démocratique
(NDI) supervise le scrutin. Levant l’index et prenant les journalistes
à témoin, Jimmy Carter s’indigne : « J’ai trempé
mon doigt dans l’encre indélébile, regardez-le ! »
Les observateurs allemands eux aussi quittent le pays.
25 août 93. Election présidentielle. Trois candidats
en lice : Eyadéma Gnassingbé, Amouzou Jacques et Adani Ifé.
Impréparation, pagaille, d’un côté, boycott de la part
de l’Opposition, de l’autre. Mise à part la région de la
Kara, les électeurs boudent les urnes. A peine 20% de participation
effective. L’opposition appelle à l’annulation de ces élections,
qu’elle juge non démocratiques.
26 août 93. Les parlementaires français observateurs
à cette élection sont eux aussi unanimes. M. Gilles de Robien,
vice-président de l’Assemblée nationale française
monte au créneau pour dénoncer les conditions d’organisation
de ces élections. Il estime la participation à 30% des électeurs.
26 août 93. Les autorités de Lomé font état
de la mort à Agbandi, de jeunes militants qui appartiendraient au
CAR de Me Agboyibo. Ces jeunes gens, une vingtaine, seraient morts empoisonnés
par leurs propres parents ou amis de l’opposition, selon la version officielle.
Me Y. Agboyibo affirme que les jeunes ont été entassés
à quarante, dans deux cellules exiguës et seraient décédés
par asphyxie. Ces jeunes sont accusés d’avoir réclamé
avec quelque brutalité leurs cartes d’électeur le 25 août,
jour du scrutin.
28 août 93. Des milliers de manifestants de l’opposition
protestent à Lomé contre les résultats provisoires
de l’élection présidentielle du 25 août, qu’ils jugent
frauduleuse. Selon les estimations de la Commission électorale nationale,
le général Eyadéma aurait obtenu 96,5 % des suffrages
à cette élection boycottée par l’opposition. Le taux
global de participation aurait été de 36,16 %. Au référendum
constitutionnel de 1992, le taux de participation était de 74,24
%.
30 août 93. Dans un meeting à Lomé l’UFC
de Gilchrist Olympio estime que les taux de participation ont été
gonflés.
4 septembre 93. L’UFC organise une nouvelle marche de protestation
demandant l’annulation de la présidentielle et la reprise de négociations
devant aboutir à des élections équitables et transparentes.
Me Agboyibo se dit prêt à aller aux législatives
si les conditions sont équitablement revues et corrigées.
4 septembre 93. Manifestation du CTR à Paris. Une centaine
de démocrates togolais dénonce les fraudes électorales
du 25 août 1993.
9 septembre 93. La Cour suprême proclame officiellement
les résultats de l’élection présidentielle du 25 août.
Le général Eyadéma est élu avec 96,42% des
voix. Le taux de participation avoisine 39,50%. Joie dans les quartiers
acquis au RPT.
12 septembre 93. Meeting CTR - UFC, Porte de Versailles à
Paris avec la présence de Gilchrist Olympio.
21 septembre 93. Le COD II serait d’accord pour participer aux
législatives sous certaines conditions.
23 septembre 93. Gilchrist Olympio demande la tenue d’une table-ronde
réunissant tous les protagonistes de la crise togolaise sous l’égide
des Nations-unies. Il exige la tenue de véritables élections.
24 septembre 93. Gnassingbé Eyadéma prête
serment au Palais des Congrès devant la Cour suprême, contrairement
à l’Article 64 de la Constitution qui stipule que le chef d’Etat
élu, doit prêter serment devant l’Assemblée nationale.
4 octobre 93. Une bombe de faible puissance explose dans les
locaux du Centre culturel français de Lomé. L’attentat non
revendiqué fait trois blessés et cause des dégâts
matériels.
5 octobre 93. Amnesty International dans un rapport sur le Togo
dénonce la violation des droits de l’Homme depuis la Conférence
nationale. L’Organisation constate durant les douze mois écoulés,
une centaine de cas de torture. Elle met l’accent sur l’événement
de mars 93 au cours duquel des militaires ont été sommairement
exécutés, et évoque les événements d’Agbandi.
L’Organisation reproche au général Eyadéma de n’avoir
rien fait pour punir les auteurs de ces crimes.
5 octobre 93. Le Gouvernement Koffigoh contre-attaque les accusations
d’Amnesty. Selon les autorités togolaises, l’Organisation ne fait
que reprendre les accusations de la branche extrémiste de l’opposition
togolaise.
27 octobre 93. 21 h50. Une bombe de fabrication artisanale éclate
à Bè, près du domicile du ministre de l’Intérieur,
M. Georges Agbodjan. Pas de victime ; des dégâts matériels.
2 novembre 93. Une bombe de fabrication artisanale éclate
au lycée de Nyékonakpoé ; des blessés.
3 novembre 93. A l’issue du conseil des ministres, le Premier
ministre Koffigoh fixe les législatives au 19 décembre 93
et au 2 janvier 94. Tollé du côté de l’Opposition
. Le Comité international de suivi des élections condamne
lui aussi.
18 novembre 93. Le Parlement européen a demandé
le maintien de l’embargo de la Communauté économique européenne
contre le régime du président Eyadéma. La CEE exige
l’exclusion temporaire du Togo des programmes prévus par la Convention
de Lomé.
19 novembre 93. Le CTR, l’UFC, appellent au boycottage des législatives.
20 novembre 93. Les législatives sont officiellement
reportées au mois de Janvier 1994.
26 novembre 1993. Le Gouvernement annonce que les élections
législatives sont fixées aux 23 janvier et 6 février.
Un groupe d’experts français et allemands, arrivés au début
du mois de novembre au Togo pour préparer le scrutin, avait souhaité
que celui-ci n’ait pas lieu avant le 20 janvier 1994.
Législatives et violence
1994
Début-janvier 1994. La partie présidentielle confirme
dans un communiqué que les législatives auront bien lieu
le 23 janvier et 6 février 1994. Protestations dans les rangs
de l’opposition. Celle-ci estime que les préparatifs ne sont pas
assez avancés.
Le ministre de l’Administration territoriale soutient que les résultats
de la correction des listes électorales ont été transmis
à la Commission électorale nationale. Faux ! rétorquent
les leaders de l’opposition. M. Jean Dougna, membre de la Commission électorale,
démissionne. Selon ses propos, la commission n’a pas vu «
la couleur » de l’encre indélébile ; les listes électorales
ne sont pas prêtes, les invitations ne sont pas envoyées aux
observateurs internationaux.
3 janvier 94. Le gouvernement rend publique la liste des candidats
à la députation. 314 dossiers pour 81 sièges. J. Koffigoh
est candidat dans sa circonscription de Kloto. 332 candidatures seront
enfin retenues.
4 et 5 janvier 94. 41, puis 35 militaires français sont
détachés au Togo pour la surveillance des opérations
électorales et la neutralité de l’armée togolaise.
M. Kué Gaba, président de la Commission électorale
nationale, confirmera le retard accumulé dans le cadre des préparatifs.
Mercredi 5 - Jeudi 6 janvier 94. Attaque de la caserne du RIT.
Une quarantaine de morts de part et d’autre. Pour le gouvernement togolais,
l’attaque relève d’une infiltration à Lomé de l’opposition
«radicale» en exil au Ghana.
6 janvier 94. Le gouvernement Koffigoh décide de reporter
les législatives aux 6 et 20 février.
10 janvier 94. Un avis de recherche est lancé par la
gendarmerie togolaise, contre M. Ernest Kponton, candidat de l’Union Togolaise
pour la Démocratie (UTD) aux législatives. Il est soupçonné
d’être impliqué dans l’attaque qui a été lancée
contre le camp militaire où réside le président Gnassingbé
Eyadéma. Incident qui a fait au moins 80 morts.
11 janvier 94. Les quatorze Etats de la zone-franc, réunis
à Dakar (Sénégal), annoncent une dévaluation
de 50 % du franc CFA et de 25% du franc comorien.
14 janvier 94. L’Organisation Amnesty International pointe du
doigt le gouvernement togolais. Près de 48 soldats auraient été
sommairement passés par les armes après les événements
du 5 et 6 janvier. Ce que niera le ministre des Affaires étrangères,
M. Ouattara Natchaba.
21 janvier 94. Gnassingbé Eyadéma, sur les ondes
nationales, donne officiellement le coup d’envoi de la campagne des législatives.
Il fait la promesse de se situer au-dessus de la mêlée et
d’accepter le verdict des urnes quelle que soit la majorité qui
sera issue des législatives.
Février 1994. L’UFC dans une conférence de presse
appelle au boycott des élections législatives.
4 février 94. Le général Eyadéma
dans une allocution télévisée, proclame la fin de
la campagne pour les législatives. « Que le meilleur gagne
! », conclut-il.
4 février 94. Six opposants distribuant des tracts dans
le cadre de la campagne, sont arrêtés à Lomé
et à Blitta.
6 février 94. Premier tour des législatives. Les
partisans du général Eyadéma remportent 35 sièges
sur 81. Les partis d’opposition obtiennent 22 sièges (CAR : 19 ;
UTD : 3 ) En outre le CAR et l’UTD sont entre-eux, en ballottage dans 13
circonscriptions. Quant à la Coordination des Forces Nouvelles (CFN)
de Joseph Koffigoh, elle subit un échec cuisant, seul J.K.K. reste
en ballottage (défavorable) contre un candidat du RPT.
MM. Agboyibo (CAR) et Kodjo (UTD), décident de constituer un
front commun pour le second tour.
11 février 94. La maison du ministre de la Communication,
Benjamin Agbéka est soufflée par une bombe. Des dégâts
matériels.
14 février 94. M. Gaston Edeh Aziandouvor du CAR, est
retrouvé mort calciné, ainsi que deux de ses compagnons,
dans la banlieue nord de Lomé. Ils avaient été enlevés
par des militaires durant le week-end. Le député Aziandouvor
venait d’être élu au premier tour des législatives
dans la deuxième circonscription de Yoto. Les FAT démentent
leur participation à ce meurtre.
15 février 94. Une bombe est déposée au
domicile d’un membre du Comité d’Action pour le Renouveau (CAR).
Aucune victime. Le jour même après une réunion de concertation,
la direction du CAR décide de suspendre sa participation à
la campagne électorale. Le CAR exige la protection de ses candidats
dans la préfecture du Haho (93 bureaux de vote), où le RPT
et le CAR étaient en ballottage. Après dépouillement
: sur 20 des 24 sièges en ballottage, 14 reviennent au CAR ; 3 à
l’UTD ; 2 au RPT, 1 à la CFN. Reste les résultats de 4 circonscriptions.
20 février 94. Second tour des législatifs sur
fond de violence : six bureaux de vote saccagés. Après la
proclamation du résultat global des 20 circonscriptions : le RPT
totalise 37 sièges avec ses alliés du PDC et de l’UJD. La
coalition de l’opposition remporte 39 sièges dont 33 pour le CAR
; la Coordination des Forces Nouvelles gagne 1 siège. Au total,
77 sièges sont pourvus sur 81.
23 février 94. Le RPT demande l’annulation dans les dernières
circonscriptions. La Commission électorale nationale hésite
à proclamer les résultats. Pressions de la part d’Eyadéma.
La Commission s’en remettra à la Cour suprême.
25 février 94. Washington et Paris demandent la publication
rapide de tous les résultats par la Commission électorale
nationale. Le gouvernement de Bonn demandera aussi la proclamation des
résultats avant toute réclamation. Bonn menace de ne pas
reprendre sa coopération avec le Togo.
14 mars 94. La Cour suprême proclame les résultats
des législatives des 6 et 20 février. L’opposition arrive
en tête avec 43 sièges sur les 81 (CAR : 36 ; UTD : 7) et
obtient la majorité absolue au Parlement. Le RPT obtient 35 sièges.
Quant à la Confédération des Forces Nouvelles de Koffigoh,
elle arrive bon dernier avec 1 siège.
15 mars 94. M. Edem Kodjo (UTD), déclare que son parti
est une «entité charnière» située au-dessus
de la mêlée.
18 mars 94. Le RPT dépose un recours en annulation des
élections législatives dans sept circonscriptions, auprès
de la Cour suprême.
21 mars 94. Nouvelle donne politique à l’issue des législatives,
le Premier ministre, Joseph Koffigoh remet sa démission et celui
de son gouvernement au général Eyadéma.
Mars 1994. La Cour suprême annule les résultats
des législatives dans trois circonscriptions gagnées par
le CAR et l’UTD. Ces deux partis protesteront en suspendant leur participation
aux commissions de l’Assemblée nationale.
22 avril 94. M. Edem Kodjo (UTD), est nommé Premier ministre
par le général Eyadéma. Me Agboyibo, leader du CAR,
annoncera la non-participation de son parti au gouvernement d’Edem Kodjo.
25 avril 94. Passation de service entre le Premier ministre,
Joseph Koffigoh et le nouvellement nommé‚ Edem Kodjo. Discours et
embrassades.
mai 1994. Attentat à la grenade contre un bar de la banlieue
de Lomé. L'établissement appartenait à un Français.
Quelques blessés : Français et un Béninois.
6 mai 94. Condamnation du directeur de Forum Hebdo à
cinq ans de prison ferme pour outrage aux autorités publiques.
13 mai 94. Attaque d’un fourgon blindé de la Banque centrale
des Etats de l’Afrique de l’Ouest. Les bandits, quatre ou cinq, réussissent
à s’enfuir sans le butin : 9 milliards de F CFA. Le chauffeur du
fourgon est tué. Cinq autres personnes blessées. Les voleurs
ont utilisé des roquettes.
19 mai 94. Décès de M. Bertin Foly, directeur
de publication de l’hebdomadaire La Parole.
20 mai 94. Le CAR décide de reprendre sa participation
aux travaux de l’Assemblée nationale.
25 mai 94. M. Edem Kodjo rend publique la liste de son gouvernement.
Dix-neuf ministres. Le Rassemblement du Peuple Togolais du général
Eyadéma se taille la part du lion, avec 8 ministres.
14 juin 94. Les internes en stage au CHU-Tokoin se mettent en
grève : ils réclament six mois d’arriéré de
salaire.
23 juin 94. Séance plénière à 8
heures au Palais des congrès. Ordre du jour : Election du bureau
de l’Assemblée nationale. Au terme d’un vote au bulletin secret,
M. Dahuku Péré (RPT) est choisi comme président de
l’Assemblée nationale à la majorité absolue avec 42
voix pour, 36 abstentions sur un total de 78 votants.
25 août 94. Mort de Bonito Olympio, frère aîné
de Gilchrist. Né en 1933, Bonito était en exil au Ghana depuis
1963.
6 septembre 94. M. David Bruce, fonctionnaire au ministère
des Affaires étrangères, est kidnappé en pleine journée,
à quelques mètres de l’état-major des FAT. Le diplomate
était proche de l’opposition.
15 décembre 94. Adoption d’une loi d’amnistie par l’Assemblée
nationale. Elle vise à effacer tous les crimes et délits
politiques commis depuis le début du processus démocratique
jusqu'au 15 décembre 94.
28 décembre 94. Le lieutenant-colonel Yoma Djoua est
dégagé des rangs des FAT, par le Conseil militaire pour faute
grave contre l’honneur et la discipline de l’armée. Narcisse Yoma
Djoua avait été mis aux arrêts de rigueur depuis le
31 octobre 1994, dans une «affaire de droit commun : meurtre et vol.
»
Sous le gouvernement-Kodjo
1995
20 janvier 95. M. Georges Katé, directeur de campagne du
député Avognon Djadja (CAR), est attaqué et blessé
par balle près de son domicile à Agoényvé.
2 juin 95. M. Jean Rochereau de la Sablière, directeur
des Affaires africaines et malgaches au ministère français
des AE s’entretient au Togo avec le président Eyadéma, des
différents aspects de la diplomatie préventive et de maintien
de la paix.
2 juin 95. Décès accidentel du ministre togolais
des Affaires étrangères, M. Boumbéra Alassounouma.
Le RPT majoritaire à l’Assemblée
1996
8 janvier 96. Mort à Paris de François Mitterrand.
Il était né le 26 octobre 1916 à Jarnac.
8 février 96. Le Premier ministre Edem Kodjo ferait partie
de la secte du Mandarom. M. Kodjo démentira le lendemain son appartenance
à cette secte. L’information reste néanmoins à jamais
gravée sur les CD-Rom.
Deux années plus tard, la Cour d’appel de Paris condamne l’hebdomadaire
français, l’Evénement du Jeudi, à payer à M.
E. Kodjo, 50 000 francs de dommages et intérêts pour offense
publique envers les chefs de gouvernement étrangers, prévus
par l’article 36 de la loi du 29 juillet 1881. L’Evénement a interjeté
aussitôt appel devant la Cour d’appel de Paris.
17 février 96. Conclusion d’un cessez-le-feu à
Kara (Nord-Togo) dans le cadre du différend frontalier de la presqu’île
de Bakassi entre le Cameroun et le Nigeria. Médiation de Gnassingbé
Eyadéma.
5 mars 96. Après la démission de M. Seidou Chamoko,
M. Youssouf Ouattara démissionne des instances dirigeantes de l’UTD
d’Edem Kodjo.
16 mars 96. A l’issue d’un séminaire (le 15 et 16) organisé
pour eux par le pouvoir, les chefs traditionnels présentent au général
Eyadéma, un «mémorandum demandant instamment une révision
de la constitution».
27 mars 96. Un diplomate allemand, M. Rupprecht, est abattu
par les forces de sécurité togolaises à la hauteur
de l’Hôtel Sarakawa à Lomé au cours d’un contrôle.
23 avril 96. M. Tchègnon, député du CAR,
s’engage : « Je soussigné Tchègnon Ayedam, Député
à l’Assemblée Nationale, déclare que s’il m’arrive
un jour de ne plus être membre du CAR, je m’engage à donner
ma démission de mes fonctions de Député à l’Assemblée
Nationale ». Le vendredi 26 avril 1996, le président de l’Assemblée
nationale informe le Bureau que M. Tchègnon a donné sa démission
du Groupe parlementaire CAR.
Avril 96. Selon Le Phare (n° 7 du 3 avril 1996), M. Fambaré
Natchaba, ancien professeur de droit, député du RPT, aurait
déclaré devant les notables de la région au centre
communautaire de Mango : « Vous les gens de Mango, vous vous obstinez
à voter pour l’opposition. Cette fois-ci vous devez voter pour le
candidat du RPT (Stanislas Moumouni Baba). D’ailleurs, que vous votiez
pour lui ou non il sera élu. Si au pire des cas, il advenait qu’un
candidat de l’opposition soit élu, il ne siégera pas à
l’Assemblée nationale. Car, soit nous lui ferons fuir le pays, soit
il se retrouvera au cimetière ».
Avril 96. La Commission des droits de l’Homme des Nations-unies
considère que le Togo ne fait plus partie des pays soumis à
surveillance.
4 mai 96. Mort du doyen d'âge des députés,
M. Kossi Ayéto (CAR). Il était âgé de 65 ans,
il a été président provisoire (22 mars au 23 juin
94) de l’Assemblée nationale.
13 juin 96. Vote par l’Assemblée nationale de la loi
sur l’audiovisuel. Ce projet de loi organique portant sur l’organisation,
la composition et le fonctionnement de la Haute autorité de l’audiovisuel
et de la communication (HAAC) a été adopté par 39
voix contre 36 et 1 abstention.
28 juin 96. A la suite des défections et des exclusions
au sein de l’opposition, principalement dans les rangs du CAR, le RPT devient
majoritaire à l’Assemblée nationale. Le CAR enregistre en
avril, une démission. L’UTD a exclu Agouda Moumouni de ses rangs.
L’UTD se retrouve avec 5 députés. Au total, la mouvance présidentielle
compte désormais 40 députés (1 CFN-Koffigoh compris).
Quant à l’opposition, elle compte désormais (33 CAR et 5
UTD). En clair, Edem Kodjo (UTD) gouverne avec le soutien des voix du RPT.
19 juill 96. Début de la campagne des législatives
partielles. 3 sièges à pourvoir pour début août
96.
4 août 96. Le RPT remporte 2 sièges dès
le premier tour des élections législatives partielles. Le
CAR a appelé au boycott pour manque de transparence. L’UTD, par
M. Zeus Ajavon, accuse le CAR d’avoir apporté aide au RPT, en appelant
à voter pour le parti d’Eyadéma.
13 août 96. Arrestation du ministre (du gouvernement Kodjo),
M. Doh-Foli (Développement rural et Tourisme), sur ordre du commandant
de la gendarmerie, M. Laokpessi.
19 août 1996. Le premier ministre Edem Kodjo (UTD) démissionne.
20 août 1996. Le général Eyadéma
désigne Kwassi Klutsé (mouvance présidentielle) pour
former un nouveau gouvernement «de large union».
29 octobre 1996. L’ancien Premier ministre, Edem Kodjo, est
privé de protection. «Alors même que le prédécesseur
de M. Kodjo, des anciens ministres, des chefs de partis politiques et même
des cadres de certains partis politiques, disposent de plusieurs agents
de sécurité chargés d’assurer leur protection, on
a sans ménagement, dépouillé monsieur Edem Kodjo de
toute protection. », se plaint l’UTD.
3 novembre 96. Mort de Bokassa 1er, ex-empereur de Centrafrique.
30 décembre 96. La loi sur l’organisation et le fonctionnement
du Conseil supérieur de la magistrature est votée à
l’unanimité.
Décembre 1996. Voyage d’Eyadéma dans les pays
du Golfe.
Le pouvoir retrouvé
1997
7 janvier 97. Augmentation au Togo des prix du carburant.
9 janvier 97. Congrès national du RPT. «La démocratie
dans laquelle nous nous sommes engagés est irréversible»,
dira Eyadéma. Il déclare tendre une main à l’opposition.
22 février 97. Installation à Lomé d’une
Cour dite Constitutionnelle au Palais des Congrès. Les juges sont
en majorité des partisans d’Eyadéma. Les députés
d’opposition boycottent la cérémonie. Les journaux privés
parlent «d’une démocratie qui assassinée, attend d’être
conduite à sa dernière demeure».
18 mars 97. Voyage de 48 heures au Togo de Jacques Godfrain,
ministre français de la Coopération.
18 au 19 mars 97. Jacques Foccart est mort. Il était
considéré comme l’ami et le conseiller des dictateurs africains.
26 mars 97. Tenue à Lomé d'une réunion
de l’OUA visant à trouver une solution à la crise zaïroise.
La veille, le ministre togolais des A.E., Koffi Panou déclare :
«Cette situation zaïroise est une honte pour l’Afrique».
13 avril 97. Assemblée fédérale et meeting
du CAR à Agou-Gadzépé. Des miliciens du RPT agressent
Me Agboyibo. Les miliciens de l’ancien parti unique auraient été
payés 20 000 F CFA pour «crever les yeux» du leader
du CAR.
17 mai 97. Le Maréchal Mobutu Sese Seko est chassé
du pouvoir. Il s’enfuit de Kinshasa sur l’avancée des troupes de
Laurent Désiré Kabila. Avant de trouver une terre d’asile,
Mobutu passera quelques jours à Lomé chez son ami et «frère»
Eyadéma. Mobutu meurt d’un cancer de la prostate, le 7 septembre
1997 dans son exil marocain et dans l’indifférence totale.
29-30 septembre 97. Le Premier ministre Kwassi Klutsé
signe à Bruxelles les accords relatifs au STABEX (Fonds de stabilisation
et de Garantie des Echanges Commerciaux) avec M. Joao de Pinheiro, le chargé
du développement à la Commission européenne. Le montant
des transferts : 17,8 milliards de F CFA. L’Union Européenne promet
l’envoi d’un expert à Lomé pour vérifier la bonne
utilisation des fonds.
30 septembre 97. Dans sa livraison n° 57, page 5, Le Regard
constate : «Le pouvoir en place ne cesse de persécuter les
leaders et les militants de l’opposition et les journalistes, mais multiplie
des campagnes de séduction à l’extérieur. C'est ainsi
que Lomé 2 a payé très cher une page publicitaire
dans le journal français Le Monde, No 16379 du jeudi 25 septembre
97 pour présenter le Togo comme un pays des mille et une merveilles.»
5-6 octobre 97. Le député Djadja du CAR est sauvagement
torturé à son domicile d'Avénou (banlieue de Lomé).
Malgré la proximité du domicile bien gardé du Premier
ministre, Kwassi Klutsè. Les gangsters emportent bijoux, argent,
appareils ménagers, etc. L’opposition pense à un acte d’«agression
programmée».
26 octobre 97. Malgré les intimidations orchestrées
par les chefs de l’armée, la manifestation prévue de longue
date par l’opposition a lieu. En tête, le CAR, le PDR, l’UFC. Les
pancartes disent : «A bas le terrorisme d’Etat ! », «Non
aux élections frauduleuses ! »
Fin-octobre 97. 25e Assemblée paritaire ACP-UE à
Lomé. Les autorités gouvernementales tentent d’empêcher
les délégués européens d’avoir des contacts
avec les membres de l’opposition, sans succès.
10 novembre 97. Rencontre des généraux Abacha,
Eyadéma, Kérékou à Abudja. De sources bien
informées, on évoque la constitution d’un axe Abuja-Cotonou-Lomé.
But : convenir des modalités d’une assistance militaire à
apporter à l’un ou à l’autre des régimes qui serait
confronté à une déstabilisation.
21 novembre 97. Décès de M. Djobo Boukari, ancien
ministre des Finances et de l’Economie, ancien fonctionnaire aux Nations-unies,
ancien gouverneur pour le Togo à la Banque mondiale, etc. Il aurait
été empoisonné par des «parents proches».
Grand leader parmi d’autres de l’opposition, Djobo Boukari prônait
l’union et la tolérance.
27 novembre 97. L’Assemblée nationale procède
à l’élection des membres de la Commission électorale
nationale (CEN). Polémique à propos de l’élection
du Dr Amaglo (candidat du CAR). Ce dernier avait retiré sa candidature
avant le vote.
4 décembre 97. Le «dirpub» du Nouveau Journal,
M. Afatsao Siliadin est embarqué à la gendarmerie avec ses
trois enfants. Il lui est reproché d’avoir repris un article (Nouvel
Afrique-Asie) selon lequel, le chef de l'Etat continue d'aider les Forces
armées de l'ex-Zaïre contre Kabila.
23 décembre 97. M. Jean-Pierre Fabre, secrétaire
général de l’Union des Forces du Changement convoqué
à la Direction de la Police Judiciaire, se rend lui-même dans
les locaux de la DPJ. Il a été mis en garde à vue
pendant plus de vingt quatre heures. Un certain Kunakey Koffi Jacques aurait
fait sur le compte M. Fabre, une déclaration mensongère.
Il sera relâché sous la pression de l’opposition.
Vers de nouvelles présidentielles
1998
6 janvier 98. Le nouvel Ambassadeur des Etats-Unis au Togo lève
le voile sur la date de l’élection présidentielle : le 21
juin 1998. La date a été longtemps gardée secrète
par la majorité présidentielle. Celle-ci sera obligée
de confirmer cette date.
13 janvier 98. 31e anniversaire de l’arrivée au pouvoir
d’Eyadéma. A la tribune, quelques invités blancs et noirs
peu connus sur le plan international. Plus connus, le balladurien Debré
et le chiraquien Wibaux.
28 janvier 98. Dans un communiqué de presse, l’opposition
(ADDI, CDPA , PAD, PDU, UDS, UFC, UTD) appelle la population à prendre
part massivement aux opérations de révision des listes électorales.
Les signataires invitent la population à faire preuve d’une extrême
vigilance, afin de débusquer toute irrégularité qui
compromette l’équité et la transparence des élections.
30 janvier 98. Dans un document publié, le Département
d’Etat américain souligne qu’au cours de l’année 1997, de
multiples violations ont été commises tant en ce qui concerne
les libertés individuelles et publiques qu’au respect des principes
démocratiques.
31 janvier 98. Convention des Démocrates Croyants, branche
estudiantine du CAR au Foyer Pie XII. Au cours du débat Me Agboyibo
critique les leaders de la CDPA et de l’UTD qui ont prêté
serment pour siéger à la Commission nationale électorale,
malgré le maintien du Dr Amaglo dont ils contestent l’élection.
3 février 98. Dans une interview accordée à
l’hebdomadaire Le Regard (n°72), Me Agboyibo s’explique sur les rumeurs
concernant l’hypothétique entrée du CAR dans le gouvernement
: «La dernière fois que j’ai rencontré Eyadèma,
c’était le 25 avril 1995 à l’occasion des travaux de réflexion
de la cellule CAR-RPT-UTD. Tenez, en 1994, après la victoire de
l’opposition démocratique aux législatives, Eyadèma
et Edem Kodjo ont offert au CAR une dizaine de postes ministériels.
Notre refus a été catégorique car la victoire du peuple
ne se négocie pas pour des postes ministériels. Vous comprenez
à partir de là que ce n’est pas à six mois de la fin
de ce gouvernement que le CAR va y entrer.»
4 février 98. Le Premier ministre français, M.
Lionel Jospin, entouré des ministres des Affaires étrangères,
M. Hubert Védrine ; de l’Economie, des Finances et de l’Industrie,
M. Dominique Strauss-Kahn ; ainsi que du secrétaire d’Etat à
la Coopération et à la Francophonie, M. Charles Josselin
; a présenté au cours d’une conférence de presse,
le «nouveau dispositif français de coopération».
Le président de la République, M. Jacques Chirac avait donné
son aval.
6 février 98. Nouvel Echo (n°37, p. 6) s’inquiète
: Le RPT et le CAR feraient main basse sur les CEL (Commissions Electorales
Locales). «Chaque CEL est composée de quatre membres dont
deux sont désignés par la mouvance présidentielle
et les deux autres par l'opposition. Le Comité d’Action pour le
renouveau (CAR) s’étant démarqué depuis quelques temps
du reste de l’opposition démocratique, le choix des représentants
de l’opposition s’est avéré très tôt alambiqué.
La chose était prévisible dès lors même que
l’élection des membres de la CEN (Commission Electorale Nationale)
constituait déjà une pomme de discorde.»
15 février 98. Fin de la révision des listes électorales.
L’union CAR-PDR affirme que la «révision des listes électorales
a eu lieu à un moment où plusieurs préfectures de
la partie nord du pays sont soumises à un climat particulier de
terreur à la suite des actes d’agression qui y ont été
perpétrés par les miliciens du régime.
17 février 98. Le Premier ministre invite les partis
de l’Opposition pour une concertation au sujet des élections. Les
huit partis ont décliné l’invitation. Ils proposent un report
de la rencontre. Le CAR quant à lui, s’est d’abord rendu à
la réunion, puis a quitté la réunion au milieu des
débats. A cette occasion, le Premier ministre K. Klutsé a
fait distribuer les propositions de l’ancien sous-Secrétaire d’Etat
américain aux Affaires africaines, M. Hermann Cohen. Propositions
dont le gouvernement a pris soin de gommer les points dont le RPT ne veut
pas entendre parler.
Fin février-mars 98. La Compagnie d’énergie électrique
du Togo (CEET) procède au rationnement du courant électrique
destiné aux services et aux ménages. D’après les responsables
de la Compagnie électrique, le très faible niveau d’eau du
barrage d’Akossombo serait à l’origine de la pénurie de courant.
20-22 mars 98. La CDPA organise un séminaire suivi de
meeting à Sokodé. Au lendemain des manifestations de la CDPA,
les autorités transfèrent de la prison de Sokodé à
la prison de Kara, le Dr Gandi, membre du bureau fédéral
de la CDPA. Il est détenu sans jugement à la suite des troubles
ayant suivi la mort de Boukari Djobo dont il est un proche parent.
25 mars 98. Un groupe de 27 députés du CAR soumet
à l’examen de l’Assemblée nationale une motion de censure
à l’encontre du gouvernement Klutsé, pour son incapacité
à résoudre la crise d’eau et d’électricité.
25 mars 98. La réunion du Conseil des ministres décide
le transfert de l’établissement des passeports à la Gendarmerie.
Les passeports étaient délivrés par la Police nationale.
Le gouvernement affirme que c’est pour des «raisons d’efficacité
et de sécurité».
26 mars 98. L’UFC, par la voix de son secrétaire général,
demande le report de la date des présidentielles.
27 mars 98. L’Union Européenne décide d’accorder
au Togo, une aide de 240 millions de F CFA dans le cadre de l’organisation
matérielle de l’élection présidentielle.
6 avril 98. La Banque ouest-africaine de développement
octroie au Togo et au Bénin, touchés par une grave pénurie
d’électricité, un crédit de 130 millions de FF pour
l’achat de deux turbines à gaz d’une puissance de 25 MW chacune.
10 avril 98. La fondation nationale du RPT désigne Gnassingbé
Eyadéma, comme son candidat à la présidentielle.
Mi-avril 98. Gnassingbé Eyadéma invite les étudiants
du Nord-Togo à Pya. Il s’adresse à eux en ces termes : «Vous
êtes des traîtres !»
18 avril 98. Un troisième candidat à la présidentielle
se déclare : Me Yaovi Agboyibo. Le premier à s’être
déclaré est M. Léopold Gnininvi, suivi du général
Eyadéma.
21 avril 98. Défilé des forces armées de
huit pays d’Afrique occidentale et centrale à Dapaong (Nord). C’est
la manœuvres «Kompienga 98». L’objet, entraîner ces forces
«aux opérations de maintien de la paix et des actions humanitaires.
Plusieurs chefs d’Etats africains et des observateurs étaient présents.
24 avril 98. – La Cour constitutionnelle propose que le 1er
tour des présidentielles ait lieu plutôt le 14 juin. La date
du 7 ne serait pas conforme.
26 avril 98. Le gouvernement ghanéen demande à
son homologue togolais d’assurer la protection de Gilchrist Olympio dès
son retour au Togo. Vives protestations du ministre togolais des A E, Koffi
Panou, qui qualifie cette demande d’ingérence dans les affaires
intérieures du Togo.
27 avril 98. Congrès de l’UFC à Lomé. Retour
d’Olympio à Lomé. « Nous retournerons à Soudou
! », dira Olympio.
L’UFC désigne son candidat aux présidentielles : G. Olympio.
30 avril 98. La Cour constitutionnelle insiste sur le fait que
la date du 14 juin est la plus indiquée, légalement. Ceci,
Eyadéma et son gouvernement n’avaient pas pu le prévoir.
Un autre candidat à la présidence vient s’ajouter à
la liste : M. Jacques Amouzou (Indépendant).
1 mai 98. Surprise à l’issue du Congrès national
de l’UTD. M. Kodjo ne sera pas candidat aux présidentielles. Il
espère une opposition plus unie.
7 mai 98. Eyadéma accorde une interview à la TV
nationale. Il affirme que c’est l’opposition qui entre 1990 et 1993, a
causé la ruine du pays et armé les bandits qui opèrent
actuellement. Il souhaite des élections transparentes.
12-13 mai 98. Visite d’Eyadéma au Ghana. Discussions
avec Jerry Rawlings sur la coopération dans tous les domaines. «Les
Togolais et les Ghanéens sont des frères», dira Gnassingbé
Eyadéma.
3 juin 98. Des handicapés physiques mettent fin à
leur grève de la faim. Ils voulaient leur réintégration
dans la fonction publique.
5 juin 98. Ouverture officielle de la campagne électorale
de 1998. Le général Eyadéma se rendra à Tabligbo
et à Vogan, deux localités du sud du pays.
7 juin 98. Mort par crise cardiaque du général
Sani Abatcha, un autre président-dictateur (Nigeria).
21 juin 98. Election présidentielle. Forte mobilisation
de la population, malgré l’impréparation. Une partie de la
population n’a pas pu voter normalement.
23 juin 98. Démission de la présidente de la Commission
électorale nationale, Awa Nana. Elle rend son tablier avec les quatre
membres nommés par le RPT. Dans une conférence de presse,
Awa Nana a annoncé qu’elle n’avait pas «la sérénité
nécessaire pour mener à bien sa mission».
24 juin 98. Le ministère togolais de l’Intérieur
s’empresse de donner le résultat des élections. Le président
Eyadéma serait élu avec 52,13% des voix. Suivrait G. Olympio
34,10%. En troisième position, Me Agboyibo : 9, 57% des voix.
Tollé dans l’opposition.. Avec des barricades et des pneus enflammés,
les jeunes protestent
25 juin 98. Nouvelle marche. Des jeunes en profitent pour casser
et voler des marchandises au Grand-marché.
26 juin 98. Les forces de l’ordre dispersent une manifestation
de militants de l’opposition. Les manifestants habillés de rouge,
sont dispersés à coup de grenades lacrymogènes. Le
même jour, le siège de l’UFC est saccagé par les forces
de l’ordre, tous les documents y sont brûlés. Le vice-président,
M. E. Akitani est séquestré et tabassé ; Me Isabelle
Améganvi, secrétaire générale adjointe de l’UFC
aussi, en compagnie d’autres militants.
4 juillet 98. Ce même samedi, l’opposition avait annoncé
la tenue d’un meeting. Le même jour, la Cour constitutionnelle rejette
la requête de l’opposition concernant l’élection du 21 juin.
Pendant ce temps le général Eyadéma était en
voyage en Israël.
10 juillet 98. La Cour constitutionnelle apporte des corrections
aux chiffres avancés par le ministère de l’intérieur,
puis proclame les résultats de l’élection du 21 juin 1998.
17 juillet 98. Journée ville morte à l’appel de
l’opposition. Elle est bien suivie sur l’ensemble du territoire. La veille,
la CEE décide de ne pas reprendre la coopération avec le
régime Eyadéma jugé antidémocratique.
24 juillet 98. Eyadéma prête serment à l’Assemblée
nationale devant les députés de son parti (RPT). L’opposition
a boycotté la cérémonie. Elle avait au préalable
appelé à une journée ville-morte. Les officiels occidentaux
n’ont pas répondu à l’invitation. En revanche quelques chefs
d’Etats africains étaient présents.
6 août 98. Arrestation d’Augustin Assiogbo, directeur
de publication de Tingo-Tingo. Son journal a évoqué l’affaire
des malles de bijoux qu’aurait confié la veuve de Mobutu à
l’épouse d’Eyadéma.
10-11 août 98. l’UFC appelle à deux journées
«Pays-mort». Eyadéma et son gouvernement riposteront
en menaçant de licencier les travailleurs qui, à l’avenir
respecteront les mots d’ordre de grève de l’Opposition.
15 août 98. Meeting de l’Opposition à Lomé.
16 août 98. Dans la matinée, des assaillants auraient
attaqué le Togo par une incursion à partir du territoire
ghanéen. Le gouvernement d’Accra manifeste sa solidarité
au gouvernement togolais en envoyant quatre hélicoptères
en patrouille dans la zone frontalière. Deux suspects sont arrêtés
à Lomé et quatre au Togo. Leur identité n’a pas été
communiquée. L’UFC de Gilchrist Olympio parlera de simulacre d’agression
visant « à remettre en selle, le pouvoir moribond du général
Eyadéma ». Après l’attaque, les maisons des dirigeants
de l’UFC seront incendiées. Le siège du parti aussi.. Le
PDR subira le même sort. Les résidences de son chef, Zarifou
Ayéva, seront mises à sac, et à Lomé et à
Sokodé.
19 août 98. Le Premier ministre Kwassi Klutsé remet
la démission de son gouvernement au président Eyadéma,
suite à l’élection de juin. M. Klutsé est reconduit
le lendemain à son poste par Eyadéma.
Suite: BIBLIOGRAPHIE
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