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LA VIE DEUX
La souveraineté d’un peuple est contradictoirement un res nullius et un bien commun le plus précieux. Parce qu’il n’est pas fongible, le réduire à un slogan est bien un crime. Cessons donc d’encenser les dieux morts et de magnifier une diaspora en quête d’identité. Pour un combat lisible… en hommage à ceux qui ont inscrit leur foi et leur doute dans PROPOS SCIENTIFIQUES *
- La vie deux
- Me revoici comète bleu-rouge et vert, jaune, vert et jaune
- De nouveau dans la poussière asthmatique de ma cave
- Regard posé sur le dégoût de la ligne de suie sur le blanc
- Le blanc du blanc noir du col de ma Versace bleue
- Comment! Sont-ils encore là mes ancêtres morts-vivants
- Riant dans la crasse d’une vie rythmée par la brûlure
- Dans le carré non conditionné de l’air qui étouffe
- Aux pieds d’un prince héritier d’un homme vodou
- Où sont-ils mes prédécesseurs débarqués déjà
- Et cette meute aux mille dents qui m’accompagne
- Comme la conscience grelottante d’un nègre neuf
- À l’heure indue dans les tenues du cérémonial
- Les voilà dressés comme l’enflure capuchonnée
- Gland savant habillé et chaussé de monocle écarlate,
- Bananes pavloviennes de guenons darwiniennes. Nu
- Phallique délice des courbes molles en cadence.
- Me revoici parmi les dits miens pour m’amuïr en eux
- Tracer le pont sonore qui unit dans l’universel dessein noir
- Ma langue d’esclave à la langue à rallonge du maître
- Au creux de notre française souveraineté grippée
- Par ce matin froid j’ai tombé ma robe de copiage
- Devant la candeur d’un corps liquide, ligne et brillant.
- La source verticale montait vers ma capuche joyeuse,
- Fier margouillat interrogatif à son mur suspendu
- Nu comme une pensée débarrassée de ses scories
- Vide de moi ; plein du vide qui appelle les enjambées
- Mou vide dans ma nouvelle culotte large et tombante
- Je surpris le soleil, portais encore ma chaude nudité.
- Je vous tends la main dans l’ingratitude sévère
- Révélée par l’odeur ivre de la mer que porte la femme
- Dans la parure musquée qui aspire et réchauffe nos glaives
- Pour rebâtir dans le futur, l’Afrique de nos présences.
Paris, 06 mai 2008
Anani Alex Gomez Logo
* Revue cofondée par Apedo Amah Togoata et Huenumadji Afan. «La première à prendre la liberté sans autorisation préalable» selon l’écrivain Kangni Alem
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