Pièce pour un seul acteur (de préférence une seule actrice)
Introduction
Chers amis lecteurs,
Excusez-moi d’avance de vous proposer sur ce site un texte si long, même si je ne vous en impose nullement la lecture intégrale. J’avoue que j’ai moi-même longtemps hésité à le publier ici, mais finalement, j’ai pris la décision de le faire pour ces raisons:
1° le drame réel dont cette pièce s’inspire s’est déroulé l’année dernière au début du mois de juillet à Calais en France: la mort d’une Érythréenne de 20 ans, Luwam, une exilée qui, comme vous et moi, est simplement à la recherche d’une terre où elle peut vivre, travailler, être utile aux siens;
2° La France qui a pris ce mardi 1er juillet la présidence de l’Union Européenne, va proposer aux autres membres, les 7 et 8 juillet prochains, un texte qui tend à durcir les lois sur l’immigration et dont les aspects cyniques, pour ne pas dire inhumains, sont dénoncés par plusieurs associations de défense des droits de l’Homme. Si ce texte est adopté, ne va-t-on pas simplement créer une situation semblable à celle qui prévaut autour de Calais après la fermeture du centre de Sangatte, celle de centaines de personnes jetées à la rue, avec cette différence que cette fois, ce sera à une échelle plus grande, dans les pays, notamment ceux de l’Afrique du Nord qui deviendront les "gendarmes" de l’Union Européenne contre l’immigration comme le sont devenus par exemple le Maroc et la Mauritanie? Dans ce dernier pays d’Afrique, un centre de rétention des migrants clandestins existe déjà, aménagé et géré aux frais du gouvernement espagnol, centre dans lequel hommes, femmes et enfants sont retenus dans des conditions semblables à celles infligées aux prisonniers de Guantanamo. Lisez simplement ce rapport d’Amnesty International, publié par l’AFP le 01.07.08:
"Amnesty International (AI) dénonce, dans un rapport publié mardi, le
sort réservé en Mauritanie aux candidats à l'immigration vers l'Europe,
jugeant qu'il est dicté par la "pression" qu'exerce l'Union européenne,
et notamment l'Espagne, sur ce pays... L'organisation dénonce des arrestations abusives et brutales, les conditions de détention dans le centre de rétention de la ville portuaire de Nouadhibou (nord-ouest), les expulsions collectives vers le
Sénégal et le Mali, et l'absence de recours juridique."
Le centre de Nouadhibou où, selon la Sûreté nationale mauritanienne, citée par AI, 3.257 personnes ont été retenues en 2007, est baptisé par certains "Guantanamito". La question est de savoir combien de "Guantanamito" nous aurons dans les prochaines années en Mauritanie, au Maroc, au Sénégal... et ce que vont devenir les milliers d’expulsés qui, c’est presque sûr, ne renonceront pas à tenter leur chance de se rendre en Europe.
Je ne cherche pas à émouvoir, je cherche à faire réfléchir les femmes et les hommes de bonne volonté sur ce que chacun peut faire en prenant conscience que l’Homme a si peu de place dans les préoccupations de ceux qui détiennent la puissance aujourd’hui dans le monde.
Cette pièce, Luwam, est dure, douloureuse, comme me l’a dit un de mes amis. En la relisant moi-même, j’en supporte difficilement certains passages comme s’ils n’étaient pas de ma plume. Mais, mon souhait est de la faire jouer, notamment en Afrique, de faire entrer chaque lecteur, chaque spectateur, dans la peau de Luwam, devenue emblème de l’exil.
Pour les metteurs en scène et les acteurs ou actrices qui seraient intéressés de monter et de jouer cette pièce, je puis les assurer que je leur enverrai le CD des chansons contenues dans la pièce, s’ils me le demandent. Mais je les laisse libres aussi de composer ou de faire composer des mélodies qu’ils souhaitent sur les textes des chants. Ils peuvent me contacter par courriel à l’adresse suivante: senouvo-Agbota. Zinsou@uni-bayreuth.de.
Allemagne, 4 juillet 2008
Senouvo Agbota Zinsou
(Décor de caverne: Luwam, seule dans une tenue haillonneuse, tachée de boue, couchée sur une natte, chaussée de tennis couvertes de crotte; quelques vêtements éparpillés, des ustensiles, des restes de nourriture, qu’éclaire faiblement une bougie allumée.
Les chants peuvent être accompagnés par un son de flûte)
Le texte intégral de la pièce (Document PDF)