«Former les esprits sans les conformer, les enrichir sans les endoctriner, les armer sans les enrôler, leur donner le meilleur de soi sans en attendre ce salaire qu’est la ressemblance». Jean Rostaud.
A* CONSTATS SUR L’ÉCOLE D’EYADEMA
Je ne veux ni faire ici la littérature, ni la philosophie, ni l’histoire, mais faire preuve de constats pour rappeler à celles et ceux qui l’auraient oubliée, la nature profonde de l’école sous les gouvernements d’Eyadema.
Voici l’état des écoles gratuites au Togo.
Ces photos parlent plus que des discours.


Après 43 ans d’assauts répétés contre les institutions laïques et leur démantèlement par l’idéologie du RPT, l’école de la république qui constitue le ciment de la société togolaise, a eu sa base, qui était basée sur la primauté et la dignité de l’homme bafouée, les conservatismes étroits, l’ethnicisme, et les aliénations ont pris cité à la place de la liberté, la tolérance, l’indépendance envers tous les dogmes, philosophiques, métaphysiques, et politiques.
Exemples (animation, culte de la personnalité du guide bien éclairé).
Une incertitude pédagogique considérable existe.
Dans un but de moindre coût, on a multiplié les établissements scolaires où il est difficile, voire impossible d'avoir toute vie éducative satisfaisante.
Les méthodes dites traditionnelles ont été vouées au pilori, en se fondant sur une légitime condamnation de certaines de leurs outrances ou insuffisances.
Des innovations hâtives, démagogiques, irresponsables, improvisées par des pseudo-spécialistes de la recherche et de l’expérimentation pédagogique, ont été lancées imprudemment, pour le plus grand préjudice d’une partie des élèves promus cobayes malgré eux.
La floraison des doctrines, la valse des vérités pédagogiques successives et contradictoires ont causé un tort considérable à l’efficacité des actions des enseignants dans les écoles.
Rien d’efficace n’a été fait pour la formation des enseignants.
Les plus courageux s’auto-forment au gré de leurs recherches isolées et d’une expérience de plus en plus difficile à acquérir.
La dégradation matérielle de la profession enseignante est bien connue.
Il faut bien dénoncer la scandaleuse insuffisance des rémunérations.
B* Construire l’école laïque de demain au Togo
C’est assurer à l’enfant le droit à la liberté, à la valorisation de sa conscience, à la reconnaissance de sa dignité.
C’est construire l’humanité du XXIe siècle fondée sur l’universelle liberté de conscience, sur la tolérance mutuelle, la reconnaissance et la compréhension de l’autre, sur la dignité de l’homme et sur l’indépendance des institutions à l’égard des influences dogmatiques et doctrinaires, l’école laïque constitue le moyen d’une solidarité vivante, offerte en partage à chacun, en dehors de tout esprit de ségrégation.
Harmonie sociale
Le respect de la liberté de conscience de chacun concerne aussi bien l’enfant que l’adulte.
L’un et l’autre ont le droit de découvrir par eux-mêmes ce qui leur semble vérités ou erreurs, de n’avoir pas à se plier à des soumissions idéologiques, d’être préservés du prosélytisme à sens unique, systématiquement répété, visant à conformer leur esprit: le fanatisme (politique ou religieux) naît et se développe par la mise en condition de la pensée dès le plus jeune âge.
Pour éviter cette perversion de la formation spirituelle, il faut instituer partout, toujours, les possibilités maximales de libre confrontation sans laquelle il n’est pas de liberté de choix.
Quel avenir collectif pourrait être celui d’une société togolaise dont les membres prendraient l’habitude; dès l’enfance, de s’agglomérer en toutes choses, selon leurs seules identités, convictions, coutumes et lois particulières?
Imagine-t-on les enfants du Togo de demain, dans leurs cités modernes aux multiples communautés humaines, fragmentées en ghettos rivaux avec chacun leurs écoles, leurs tribunaux, leurs maisons de la culture, leurs hôpitaux, leurs polices, leurs services publics particuliers?
Les conséquences en seraient aisément prévisibles, comme en Irlande, au Liban, en Espagne, en Belgique, en Somalie.
En période de guerre civile.
L’école laïque de demain doit éviter à former des régionalistes, pour semer la mort à tous les coins de la république, des ayatollahs religieux pour que les cadres et les jeunes s’entretuent au nom de la religion, doit empêcher les haines linguistiques qui empêchent l’unité du pays où le
racisme se développe et dresse les communautés les unes contre les autres.
L’école laïque du XXIe siècle au Togo, doit former des citoyens heureux et faire du Togo, un pays heureux où tous les enfants doivent apprendre à se connaître dans les mêmes lieux d’enrichissement intellectuel et moral, sans que pour autant on leur demande de rien perdre de leur identité culturelle familiale, où le fils du bourgeois et celui de l’ouvrier, du paysan, du soldat, du commerçant, découvrent entre eux plus de motifs d’estime réciproque que de rivalités transmises, où l’athée et le croyant, l’Éwé, l’Ifé, le Mina, le Tem, le Cabié, le Moba, etc., etc., etc., la fille et le garçon, le fort et le faible, le pauvre et le nanti, l’officier et le douanier, apprennent à connaître à supporter , à ne pas haïr, à aimer peut-être ceux et celles qui sont différents d'eux.
Conclusion:
Dans une période difficile de mutation sociologique, économique et de civilisation, nous devons monter très haut le drapeau de l’éducation pour être la priorité des priorités pendant au moins un siècle pour rattraper les retards et créer des emplois du demain.
France,
Jacob Ata-Ayi