À quoi rime cette fameuse coordination pour l’alternance qui vient d’être mise sur pied à quelque six jours de l’élection? Lorsqu’on vit dans un pays atypique comme le nôtre, il faut des mesures atypiques. Qu’on se comporte ainsi dans des pays comme la France de Jacques Chirac, le grand françafricain le plus corrompu de tous, les États-Unis d’Amérique ou le Canada, je comprendrai. Mais au Togo, cela me fait tiquer et m’inspire le dégoût. On a souvent dit qu’aux grands maux, les grands remèdes, les remèdes de cheval. Mais cette expression proverbiale ne semble pas aller de soi pour le trio de Yoto. Cette coordination est une vraie horreur. Je suis dépité et tout m’inspire de l’aversion.
Tout ceci est à mettre sur le dos de Gilchrist Olympio, à son incapacité notoire à fédérer l’opposition. Tous ses propos l’éloignent des autres. Les déclarations qu’il a faites ces derniers jours, s’il parlait toujours ainsi, il aurait déjà rassemblé tous les opposants autour de lui.
Alors que les bonnes volontés travaillaient pour une candidature unique de l’opposition, vous vous en souvenez, sa déclaration sur les ondes il y a quelques mois, était que la candidature unique n’était pas un problème, à la grande et désagréable surprise de tout le monde. Cela s’appelle l’incompétence politique doublée de sénescence et d’involution sénile. Gilchrist Olympio est peut-être doué ailleurs mais pas en politique. Je ne l’ai jamais vu prendre de l’envol. Il a toujours volé bas, tel cet albatros de Baudelaire, dont les grandes ailes empêchent d’aller si haut dans le ciel. Voilà où cela nous a conduits aujourd’hui.
Mais je persiste à croire que cette sécession du CAR, de la CDPA, de l’OBUTS et du MCD du Front Républicain pour l’Alternance et le Changement au Togo (FRAC), n’est pas à mes yeux le remède adéquat à notre grand mal qui risque de devenir incurable. Leur coordination est plus qu’une honte, une ordure. On va à l’élection ensemble, on arrache la victoire ensemble, et après nous pouvons régler nos comptes entre nous. C’est ainsi que les choses doivent normalement se passer. Comment entendez-vous combattre un seul ennemi en rangs dispersés? Vous allez vous tirer dessus. Et cela n’a aucun bon sens.
Dans cet imbroglio, attendons-nous à revivre le scénario de l’élection de 2003, où Dahuku Péré réclama de son côté la victoire, Gilchrist, la victoire et Éyadéma, la victoire. Après le 4 mars, tout le monde réclamera la victoire. Bonne confusion! Cela s’appelle faire de la politique à la togolaise.
Par ailleurs, je salue la réconciliation Agboyibo-Agbéyomé. Vivement que leur alliance dure et qu’ils délivrent le Togo.
Vive Agboyibo.
Vive Gnininvi.
Vive Agbéyomé.
Vive le Togo de la confusion, de l’incompréhension et du désamour.
Canada,
Tchakie Thomas Sékpona-M., Ph.D.