Que de choses entendues de ci, de là en ville ou sur les sites Web de la diaspora togolaise et même lors des débats radiophoniques ou télévisés! L'opposition aurait gagné l'élection présidentielle du 4 mars 2010 au Togo bien avant même la mi-journée. L'opposition, que dis-je, le candidat du FRAC! Le RPT serait en train de manigancer des fraudes et s'il venait à être déclaré vainqueur, on verrait ce qu'on verrait. Où sommes-nous? Dans une démocratie ou dans une république de bananes?
Il y a comme une sorte de posture politiquement correcte à vouloir être de l'opposition ou à chercher à défendre coûte que coûte l'opposition en dépit de ses insuffisances. Et dans les médias français en l'occurrence, on n'a droit de cité qu'à condition de tenir un discours attendu. Quel est-il, ce discours dans les circonstances actuelles? Ouvrir une charge excessive contre le RPT et son candidat et effectuer une analyse dithyrambique pour cette opposition dont les ténors étaient tous d'accord contre Faure mais chacun de son côté, à l'exception de l'UFC dont le candidat s'est entouré, aux dires du président de ce parti, je veux nommer Gilchrist Olympio, de «gens qui n'ont que quatre personnes derrière eux»!
Il est vrai qu'on ne meurt jamais politiquement et qu'en politique, on n'a pas d'ennemis mais des intérêts opposés et que les alliances sont toujours possibles. Sinon comment comprendre que les gens qui jusqu'à la veille de l'élection se traitaient d'éléphant et de chien, se retrouvent dans un même front formé à la hâte pour affronter le candidat de l'union et de la réconciliation, Faure Gnassingbe?
Nous qui vivons en Europe pouvons témoigner n'avoir jamais vu des observateurs dans les élections territoriales ou nationales. C'est sans doute la preuve de la solidité des institutions et de la maturité démocratiques des populations. Mais nul n'ignore que même dans ces pays si avancés, les élections parfaites n'existent pas bien que les conditions d'organisation soient satisfaisantes. Il arrive qu'on compte et recompte, il arrive que l'on retrouve des bulletins dans les chaussettes sans que cela mette en cause tout le scrutin!
Il n'est jamais nulle part sauf dans nos pays en voie de développement démocratique où il soit normal d'être pris par la main - comme on le fait d'un bébé qui apprend à marcher, afin d'assurer la marche (le processus) et la confiance (la crédibilité).
D'aucuns se demandent pourquoi Obasanjo, Louis Michel comme grands observateurs? L'opposition, obnubilée par sa certitude névrotique de gagner sans coup férir, aurait voulu tout faire à la fois: être compétiteur et choisir les arbitres! Voilà pourquoi, le FRAC, au mépris des autres candidats de l'opposition (ils apprécieront) et surtout en déconsidérant les règles consensuelles de la présente présidentielle, s'arroge le droit de se proclamer vainqueur sur la base de résultats certes favorables à lui, mais seulement dans une grosse partie d'une seule région. Est-ce démocratique?
Le FRAC nous sert les fruits d'une manigance concoctée en comité restreint au bord de la Seine, il y a quelques jours, en vue d'attirer les projecteurs sur son candidat et ainsi monopoliser l'attention et de se garantir la visibilité médiatique dont dépendrait le soutien de la communauté internationale. Mauvais calcul parce que la transparence est au centre des qualités de cette élection. Toute velléité de violence ne procéderait que d'une manipulation des populations: une posture et une ambition antidémocratiques qui n'honorent pas leurs instigateurs.
France,
Pour le RPT-France
Le Délégué général
Ali Esso