«Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire. C’est de ne pas subir la loi du mensonge qui passe.» Jean Jaurès
I* DÉBAT D’OPINIONS:
Quand on est jeune, on doit se rebeller contre la société établie et affirmer publiquement des convictions philosophiques dans un fervent du parler vrai, franc et fort.
Le Togo traverse une situation en mouvement depuis 2005, à la mort d’Eyadema Gnassingbe.
C’était la fin d’une époque, que le RPT veut prolonger sur la misère du peuple le viol permanent de la constitution et des institutions du pays.
Un vrai débat républicain plus ou moins citoyen, plus ou moins ouvert sur le monde est nécessaire à travers des agoras dans tout le pays.
L’agora désigne un lieu de rassemblement, le marché de la ville ou du village, la place publique du village le soir.
L'Agora devrait être en fait le centre de la vie sociale.
Un lieu de débat pour les élèves et des étudiants sur leur campus.
Ce qui serait mortifère pour la jeunesse togolaise, la femme togolaise et le sénior togolais en général, ce serait que quelqu’un siffle la fin de la partie et annonce qu’une vérité révélée et donc unique et non négociable s’impose désormais à tous, or c’est bien cela qui nous est proposé par Gilchrist Olympio.
Bref faire un vrai débat très utile, salutaire et nécessaire sur les sujets de la société Togolaise:
*Le travail et le bien-être économique
* La Justice et le fonctionnement impartial des institutions
* L’enseignement de la corruption à l’école et une loi sanctionnant la corruption comme un délit.
* L’hygiène et la propreté dans les cités
* Le sport et la culture dans les cités (théâtre, association pour la valorisation des coutumes, ballet, l’enseignement du sport et sa pratique)
* Fortifier la jeunesse à travers l’épopée ABLODE pour rendre un hommage à nos ancêtres et aux pères de l’indépendance.
Aujourd’hui le Togo traverse une crise profonde, il faut cimenter la nation.
Je voudrais à travers un extrait de la définition d’une nation d’Ernest Renan, aborder le processus d’évolution du Togo vers une nation.
«Extrait de la définition d’une nation»
«Une nation est une âme, un principe spirituel. Deux choses qui, à vrai dire, n’en font qu’une, constituent cette âme, ce principe spirituel. L’une est dans le passé, l’autre dans le présent. L’une est la possession en commun d’un riche legs de souvenirs; l’autre est le consentement actuel, le désir de vivre ensemble, la volonté de continuer à faire valoir l’héritage qu’on a reçu indivis. L’homme, Messieurs, ne s’improvise pas. La nation, comme l’individu, est l’aboutissant d’un long passé d’efforts, de sacrifices et de dévouements. Le culte des ancêtres est de tous le plus légitime; les ancêtres nous ont faits ce que nous sommes. Un passé héroïque, des grands hommes, de la gloire (j’entends de la véritable), voilà le capital social sur lequel on assied une idée nationale. Avoir des gloires communes dans la passé, une volonté commune dans le présent; avoir fait de grandes choses ensemble, vouloir en faire encore, voilà les conditions essentielles pour être un peuple. On aime en proportion des sacrifices qu’on a consentis, des maux qu’on a soufferts. On aime la maison qu’on a bâtie et qu’on transmet.
* DÉFINIR UN LIEN ENTRE LA DIASPORA TOGOLAISE ET LE PEUPLE
Peut-on éloigner très longtemps la diaspora de la renaissance du Togo, de la rénovation de certaines lois, et de la construction du devenir de ce pays?
Non, je ne crois pas un instant que la classe politique togolaise fera à nouveau cette erreur, en refusant à la diaspora son rôle, son devoir et son obligation d’être un acteur de développement économique, social, et un ambassadeur des cultures du Togo.
Le Togo fait encore exception dans la politique de la diaspora dans le monde entier.
En demandant un visa, un certificat d’hébergement à un enfant du pays qui veut rentrer chez lui en vacances ou définitivement, par le seul fait d’avoir une double nationalité pour se forger une compétence à l’extérieur, et faire une carrière quand le pays était défaillant dans le développement humain, économique, social.
Le Togo n’étant pas en mesure de favoriser l’essor de certains concitoyens à l’extérieur devrait faire mention honorable vers ses enfants de la diaspora en favorisant leur retour, et profiter de leur compétences, expériences et des nouvelles technologies pour le développement du Togo de demain.
La plupart des pays africains crée un ministère pour la diaspora, les intéresse par des consultations nationales dans les consulats et ambassades.
Seul notre pays se retrouve encore lanterne rouge dans ce domaine.
II* JUSTICE ET SÉCURITÉ
Aucun pays ne se développe dans l’anarchie, le vol, le meurtre politique ou crapuleux.
Nous devrons veiller à la mise en place d’une justice humaine, sereine, où les valeurs de la loi et de la morale seront les garants de la cité et de notre civilisation.
La sécurité commune devrait être une démarche commune de tous les habitants de la cité, pour garantir la paix sociale et favoriser le développement.
La justice est la seule institution dont le nom soit également celui d’une vertu, d’un idéal et le besoin de la justice est la seule passion humaine qui ne soit pas la sublimation d’un instinct animal
Le philosophe grec Aristote avait déjà constaté qu’un des points importants de distinction entre les hommes et les animaux tenait à ce que «les premiers avaient la perception du bien, du mal, du juste, de l’injuste».
La sécurité des biens et des hommes pour le rôle combien éminemment confié aux policiers et gendarmes.
III* Dissocier l’organe législatif de l’exécutif
Dans toutes les révolutions pacifiques, l’assemblée nationale joue un rôle décisif.
L’histoire française nous enseigne que les Girondins, les Montagnards et les Jacobins dont Robespierre, siégeaient à l’assemblée pour proposer des lois afin d’améliorer les conditions de vie de la population, et renforcer l’existence de la nation.
Les députés UFC devraient retourner à l’assemblée nationale, pour faire valoir les doléances des populations officiellement.
Informer les populations sur les propositions des lois et débattre dans les forums des médias, dans les agoras sur l’ensemble du pays.
Faire la politique de la chaise vide à l’assemblée, c’est faire indirectement la politique du RPT.
Il faut être à l’assemblée, pour débattre, proposer, et voter contre dans l’intérêt du pays et des populations.
Cela n’empêche pas les marches et les actions de masse.
Ce qui prouvera aux populations concernées, l’exigence du travail individuel et collectif d’une part et le blocage de l’institution législative sur des propositions de lois pour améliorer leurs conditions.
Mettre le travail bien fait au centre des débats, de l’exigence, de la rigueur de la gestion.
Il faut dissocier l’exécutif par son fonctionnement du législatif.
Il faut encourager la population à aller s’inscrire sur la révision de la liste électorale et se battre pour les élections à venir que ce soit le présidentiel, le législatif, les communaux, ou le sénatorial.
Avoir une liste électorale bien faite servira toute la nation togolaise, à la fois pour les statistiques, les besoins du budget national, les projets pour la jeunesse, pour les femmes, pour les séniors.
Les concours, le sport, l’éducation et la formation.
Les députés UFC devraient retourner régulièrement dans leurs provinces pour recevoir les populations dans leur permanence et organiser des réunions d’informations.
L’élection du président n’est pas la seule élection ou le seul mandat du peuple.
Hier dans la lutte, Gilchrist Olympio avait commis cette erreur en permettant à Eyadema Gnassinbe d’avoir une assemblée monocolore, pour modifier la constitution du pays voté en majorité par le peuple togolais par son refus d’aller aux législatives.
J’espère que Jean-Pierre Fabre, en bon républicain, ne ferait pas la même erreur pour enfoncer le peuple dans le désespoir total.
Aujourd’hui le peuple demande le retour de la constitution de 1992 sans succès.
En Europe et, aux États-Unis, la cohabitation politique est une donnée courante de la vie politique.
L’apprentissage de la démocratie passe aussi par l’acceptation des aléas de la vie politique.
Aucune majorité n’est éternelle.
Une pensée rejetée massivement aujourd’hui peut devenir majoritaire demain.
CONCLUSION
L’homme togolais se sent de plus en plus concerné par son avenir économique et social, en tant que producteur et consommateur, en tant que contribuable et citoyen et en tant qu’homme africain et du monde, à vouloir comprendre la règle du jeu où il se trouve engagé malgré lui. Il veut aussi au delà d’une simple information, d’une formation politique et économique nécessaire, mettre de l’ordre dans les faits isolés, ou les constations éparses, de les organiser et de leur donner un sens et tenter de comprendre la complexité souvent déroutante de la réalité économique et sociale de son pays, de l’Afrique et du monde dans la mondialisation.
France,
Jacob Ata-Ayi