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CHRONIQUE SUR DISSOLUTION OBUTS: LA JUSTICE DE FAURE, C'EST DU DOUBLE STANDARD, C'EST DEUX POIDS DEUX MESURES, C'EST CORROMPU


Il est de coutume que lorsqu'un président est réélu ou nouvellement élu - bien ou mal - il prend des mesures à la satisfaction générale de la population, de manière à refroidir les empoignades de la campagne électorale et à décrisper les tensions sociales qui en résultent. Mais, le nôtre, Faure Gnassingbé, égal à son genre, fait l'inverse. Maniant à loisir l'argent du contribuable, les menaces de sa milice et un juridisme perfide, le chantre de la duplicité plante les décors de la répression. Celui que certains surnomment "le petit diable" n'a pas mieux à offrir, au début de son quinquennat, qu'une mise sous scellés de l'OBUTS après la décapitation de l'UFC.

Soit dit en passant, Faure Gnassingbé reste aux yeux de ses compatriotes, le principal commanditaire du massacre des cinq cents Togolais en 2005. Au lieu de gagner les cœurs, il attise les rancœurs et accroît les frustrations Paradoxalement, alors que les proches des victimes attendent depuis cinq ans des comptes sur ces crimes odieux, ils doivent se résigner à en subir de nouveaux.

Aujourd'hui, c'est l'OBUTS que notre prince conquérant, du haut de sa toute puissance, fait démanteler en utilisant un sombre juge, Pawelé Sogoyou, militant inconditionnel du RPT, sans laisser la moindre chance à Agbéyomé Kodjo de reconstituer le bureau de son parti après la suspecte défection de certains de ses membres fondateurs. Au Togo, un parti peut dissoudre un autre! Demain, ce sera au tour d'une autre formation politique de se retrouver dans le collimateur du petit despote et de subir les foudres de sa cruauté congénitale incurable.

Les actes que Faure pose et ceux qu'il refuse de poser expliquent d'eux mêmes et dans une large mesure pourquoi il est en manque cruel d'une base populaire originale. Le seul moyen pour lui de concrétiser son désir de s'incruster au pouvoir, c'est de remettre, comme il le fait déjà si bien, le joug de la dictature. On l'a vu, à plusieurs occasions, démontrer qu'il est prêt à tout pour mettre sous éteignoir ceux qui contestent son pouvoir. Même s'il lui est donné de dissoudre le peuple pour régner sur le néant, il le ferait.

Il est un président rejeté. Dès la première nuit de son coup d'état. La fin de ce désamour ne se dessine dans aucun futur, proche ou lointain. Et les signes du reniement, abondants et quasi quotidiens, ne sont pas à démontrer. Le plus récent est ce rejet populaire dont a été l'objet le leader de l'UFC Gilchrist Olympio pour son alliance avec le RPT. La cote de l'opposant historique(?) a dégringolé en un temps record, pour rivaliser désormais dans le négatif avec celle de Faure que l'on peut situer en dessous de zéro sur une échelle d'évaluation allant de 1 à 10.

Si, pour des raisons qui échappent au commun des mortels, c'est le type de président que l'Union Européenne veut pour le Togo - l'UE a financé à concurrence de 9 milliards le scrutin frauduleux du 4 mars - eh bien, la mise est ratée. Les Togolais, très majoritairement, l'avouent et le font savoir, ce président n'est pas bon, ni pour les premiers concernés qu'ils sont, les hommes et les femmes ayant le Togo pour patrie, ni pour l'Europe, moins encore pour la communauté des nations modernes.

En tout temps et en tout lieu, la valeur d'un État se définit par l'état de sa Justice. Il n'est donc pas surprenant que les juges, au Togo ne se sentent juges que lorsqu'il s'agit de sévir dans les rangs des opposants au régime. Et très souvent sur la base de dossiers factices, sans contenu. Jamais ils ne nous ont prouvé qu'ils peuvent eux aussi, comme on en voit ailleurs sur le continent, conduire avec courage, dextérité et professionnalisme une affaire de portée nationale jusqu'à faire jaillir la vérité.

Monsieur Sogoyou et les siens n'ont pas encore découvert les vraies causes de la mort d'Atsutsè Kokouvi Agbobli en 2008. Pas plus qu'ils ne savent rien sur les circonstances dans lesquelles des centaines de vies humaines ont été supprimées en 2005, pour ne parler que des crimes les plus récents. Inutile de demander à ces gardiens de zoo qui ignorent tout de la matière pour laquelle ils se disent formés s'ils ont au moins eu vent des 47 milliards de CFA qui ont disparu des caisses de Togotélécom? Ils n'ont jamais appris que la SOTOCO et la STR avaient été saignées à blanc par des gangsters connus. La liste des affaires graves sans suite judiciaire est longue. Suffisamment longue pour attester que la justice de Faure Gnassingbé, celle qui vient de frapper l'OBUTS et qui tourne autour de Patrick Lawson (FRAC) est une justice du double standard, de deux poids deux mesures. Simplement, une Justice trop corrompue pour être crédible. Ça se voit de loin.


Washington DC, États-Unis
Kodjo Epou

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