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MONDIAL: VUVUZELAS ET IRRATIONNEL


Le football est le terrain par excellence des passions, nobles ou ignobles, cela est connu. Je comprends aussi que dans les cabines de diffusion en direct les reporters donnent souvent libre cours à l'émotion, surtout quand l'équipe qu’ils supportent est sur le terrain, engagée dans l’action dramatique qu’est le football. Mais quand sur les plateaux de télévision ou dans la presse, là où la distance physique est concrète et le recul possible, on retrouve les mêmes passions, plus ignobles que nobles, on se demande où on va, ou plutôt, si le soi-disant sport-roi ne reflète pas simplement l'image de notre monde, de ses vanités, de ses peurs injustifiées, de ses hantises, de ses préjugés…

Avant l'ouverture du Mondial, il y avait toute la campagne médiatique, tout le psychodrame des hommes de médias sur la capacité des Sud-africains (et donc des Africains en général) à organiser un événement d'une telle ampleur, à garantir la sécurité des participants dans un pays reconnu comme étant l'un des moins sûrs du monde... Surtout après l’attaque du bus togolais par les rebelles du Cabinda à l’occasion de la Coupe d’Afrique des Nations en Angola, la comparaison ayant été bien vite faite entre la situation de ce pays et celle de l’Afrique du Sud.

Après l'ouverture, on s'est attaqué aux vuvuzelas, phénomène socioculturel propre à l’Afrique du Sud dont le monde entier découvre l'existence seulement à l'occasion de la Coupe du Monde 2010. Nouvelle panique, nouveau psychodrame chez les hommes de médias: Vuvuzelas par-ci, vuvuzelas par-là! Faut-il tourner le phénomène en dérision? Faut-il faire pression sur l'opinion publique et sur les responsables de la FIFA pour l'interdire? Les vuvuzelas empêchent la communication entre joueurs et entraîneurs! On recourt même à une analyse «scientifique». Il ne vient pas à l’idée des journalistes que si la religion est l’opium du peuple, comme dit Marx, et si le football est également une religion laïque, chaque peuple a le droit de pratiquer la sienne de la manière dont il l’entend. Ne revient-on pas, sans y penser peut-être, au temps où l’Occident chrétien avait du mal à accepter qu’il y ait d’autres traditions, d’autres pratiques religieuses dans le monde et le faisait savoir surtout par le moyen de la propagande missionnaire, en recourant tantôt à un discours pseudo-scientifique, tantôt à une prédication pseudo-biblique? Plus que le bourdonnement d'une ruche d'abeilles, presque aussi étourdissant que le bruit d'un avion au décollage, les vuvuzelas sont simplement insupportables!

Du coup, le troublant vuvuzela est aisément déplacé du stade et même du domaine des passions humaines pour être introduit dans ceux de la vie animale et de la mécanique. Lorsque l’on est obsédé par le besoin de démontrer une chose, tous les glissements sont possibles. Et, comme d'habitude, lorsqu'un fait, un phénomène déconcerte certains hommes de médias ou n'a pas leur assentiment, ils procèdent au sondage d'opinion ( Curieusement, dans les pays dont les médias, sans le dire ouvertement partaient en guerre contre les vuvuzelas, ces objets ont réussi à imposer leur existence: par exemple, en Allemagne, il y a, exposées dans les vitrines de certains magasins, au goût du jour, à côté des ballons, maillots, écharpes, petits drapeaux et autres gadgets du Mondial, ces trompettes en plastique fabriquées sur le modèle sud-africain, peintes aux couleurs noir, rouge et or, le commerce s’emparant de tout et ne rejetant rien de ce qui pourrait apporter quelque profit. Mieux, de temps à autre, à Bayreuth comme dans d’autres villes d’Allemagne, on entend vrombir ces maudites trompettes, troublant dans certains lieux, le silence habituel de la journée ou même de la nuit, de part en part, comme se répondant allègrement d’un coin à un autre! Curieusement aussi, sur le terrain, dans les stades sud-africains, les matchs se sont poursuivis, accompagnés de ces sons qui au départ n'étaient pas faits pour plaire à toutes les oreilles du monde. Et, n'y a-t-il pas dans les tribunes, des supporters d'autres équipes que celle des Bafana Bafana, qui embouchent les fameuses trompettes, parfois peintes aux couleurs des pays de ces équipes? Poursuivant ce raisonnement, peut-on demander à ceux qui ont lancé le sondage sur les vuvuzelas de faire la même chose concernant le bruit des sifflets, des tambours, des fanfares, les autres tintamarres et vacarmes des foules déchaînées que l'on peut entendre sur n'importe quel stade du monde? Ces bruits sont d’ailleurs encore perceptibles dans les stades, preuve que le vrombissement des vuvuzelas ne les a pas noyés.

Dans les médias français, le bourdonnement autour des vuvuzelas ne sera couvert que par le retentissement de l’affaire des insultes proférées par Nicolas Anelka contre son entraîneur Raymond Domenech et l’expulsion du fautif de l’équipe. On s’intéressera aussi aux réactions de la presse internationale sur cette affaire qui ternit l’image de la France à l’étranger et dans le commentaire des commentaires, on ne manquera pas de noter que c'est là l’occasion rêvée pour les rivaux de la Grande nation (les Irlandais en particulier qui glosent sur le bien mal acquis qui ne profite pas, faisant allusion, bien sûr à la main frauduleuse d’Henry) de se venger d’elle, pour son arrogance. La France serait donc victime d’un complot international! Complot dont le summum aura été le carton rouge infligé á Gourcuff et la défaite des Bleus face aux Bafana Bafana le mardi 22 juin.

Bien entendu, en France même, l’affaire quitte le terrain sportif pour devenir politique: Sarkozy, depuis la Russie où il était en visite s’en mêle, déclarant inadmissible le comportement du joueur à l’égard de son entraîneur. Plus tard, à Paris, alors que l’élimination des Bleus est devenue définitive, un peu dans cette conception du pouvoir politique omniprésent à laquelle nous sommes habitués dans l’Afrique des dictateurs (on se rappelle par exemple qu’Eyadema était le premier travailleur, le premier artisan, le premier cultivateur, le premier sportif) Sarkozy décide de convoquer des États généraux du football. Rosine Bachelot, ministre de la Santé et des Sports, promet des sanctions contre les responsables de ce désastre qui fait de la France la risée du monde entier (ça n’arrive pas qu’aux autres!). Villepin, rival du chef de l’État, compare la situation lamentable de l’équipe tricolore à celle de la France entière. Marine Le Pen décèle, au-delà de la guerre des ego, des conflits ethniques au sein de l’équipe. Je ne savais pas que ce genre de conflit existe entre Français, comme entre Libériens, Congolais, Rwandais, Tchadiens... Ou plutôt, je croyais que Georges Frèche était le seul politicien français à s’intéresser aux origines "ethniques" et aux couleurs des Bleus. Dans tout cela, on n’entend plus la petite voix de Rama Yade, secrétaire d’État aux Sports, peut-être parce qu’elle aurait irrité les joueurs avant le début du Mondial par ses propos mal venus sur leurs primes et n’ose plus les affronter, peut-être parce qu’elle prend ses distances par rapport au déchaînement des passions, ou peut-être l’a-t-on priée de la fermer, parce que l’affaire est trop grave et dépasse son niveau, puisque Bachelot la prend en main sous la direction du grand patron Sarkozy. Même des intellectuels et philosophes comme Finkielkraut mouillent leur maillot, se jettent dans la mêlée, sans craindre de glisser et de tomber sur le terrain embourbé pendant l’orage.

Un autre type de réflexion revient souvent: pour la première fois que le Mondial se déroule sur le continent africain, combien d'équipes africaines passeront le cap du 1er tour? Lorsque j'entends cette question, je me creuse la tête pour savoir quel rapport on peut établir entre les talents et la forme des joueurs, leurs qualités techniques, le génie stratégique de l'entraîneur... choses qui objectivement relèvent du football, et la nature du sol où les matchs se déroulent. Je trouve bien un certain avantage du terrain à l'équipe du pays où l'on joue, surtout à cause de l'affluence et de l'influence des supporters (ici le cas de l'Afrique du Sud), mais même cet avantage-là me paraît bien mince par rapport aux qualités purement et objectivement nécessaires pour gagner les matchs. Preuve, l'avantage du terrain n'a pas empêché l'Afrique du Sud d'être battue 3 à 0 par les Mexicains, venus de la lointaine Amérique latine, même si on peut penser que cet avantage a joué lors du dernier match de la France et de l’Afrique du Sud, remporté par cette dernière par 2 buts à 1. Mais, ce résultat aurait-il été le même si les Bleus n’étaient pas dans cet état de déconfiture que l’on sait? Alors, cela ne relève-t-il pas simplement de la superstition de penser que le Mondial ayant lieu sur le sol africain, les équipes africaines engagées devraient y briller plus que les autres? Superstition et généralisations abusives guident beaucoup de commentaires, comme par exemple ceux d'experts qui s'emploient á définir le football africain: je n'ai jusqu'ici pas compris si les jugements formulés en ce sens se réfèrent à la morphologie des sportifs, à leur alimentation, au climat de leurs pays, á la psychologie ou à l’anthropologie des Africains. Ou s'il existe des règles spécifiques pour le football pratiqué dans les pays africains, comme celles qui différencient le football anglais du football américain, lui-même différent du football australien..., tous, des disciplines bien spécifiques. Dans une émission sur une chaîne allemande, «Soccer City Live», un des analystes a tenté de dire pourquoi les équipes africaines perdent face à leurs homologues européennes ou américaines: le manque de confiance en soi.
«C'est le mental» a-t-il déclaré. Alors, quelque chose (diable ou dieu) dit aux joueurs africains en compétition contre leurs adversaires européens ou latino-américains: "Vous ne pouvez jamais battre ces gens! Ils sont à jamais plus forts que vous! Et d’où proviendrait cette voix? Du démon du complexe d’infériorité? Si cette analyse était juste, pendant combien d'années, de décennies, cette voix de la prédestination résonnerait-elle encore dans la tête des joueurs du continent noir? Parlant d’anthropologie, on a entendu, lors de la dernière CAN en Angola et on entend encore dans ce Mondial, des reporters allemands qualifier tel comportement des joueurs ou des supporters de "typisch afrikanisch" (typiquement africain). Bien sûr que cela n’a rien de méchant, mais le fait de disposer d’un micro, ou d’être dans une cabine de diffusion ou sur un plateau de télévision ne suffit peut-être pas pour se croire anthropologue des peuples noires. Peuples noirs, continent noir! Cela me fait penser au nom d'une équipe africaine qui irrite peut-être certains esprits, qui en tout cas n'est pas prononcé de manière tout à fait neutre: Les Black Stars du Ghana. J'ai entendu, en allemand: die so-genannte Black Stars (les soi-disant Black Stars). Évidemment, personne n'ose dire que ce nom a une connotation raciale ou même raciste, se référant à la couleur de peau des joueurs. Mais, justement, si le nom Black Stars irrite, doit-on se sentir irrité également par des expressions comme Afrique noire, continent noir...? On ne se souvient peut-être pas que l'équipe nationale du Ghana avait été baptisée ainsi à l'époque de Kwame N'krumah qui rêvait d’une personnalité africaine (African Personality) transcendant toutes les barrières, était farouchement opposé à toute référence à la couleur de la peau, en particulier à la négritude. La lecture du nom de l’équipe ghanéenne, se référant à l’étoile noire dont est frappé en son centre le drapeau rouge-jaune-vert du pays concerné, est-elle présente dans tous les esprits?

Le phénomène le plus dramatique et comique aussi en matière de symbolique des couleurs dans ce Mondial est sans doute celui des deux frères Boateng, Jerome et Prince, qui ont joué l’un contre l’autre le 23 juin, l’un en noir, dans l’équipe allemande et l’autre en blanc dans l’équipe ghanéenne: déchirement (Jerome avoue y avoir pensé toute la nuit qui a précédé le match), mais aussi, vrai esprit sportif, la notion pure de football l’emportant sur celles de famille et de nationalisme (dans un sens étroit). Et sur le terrain, ironie du choix des couleurs, celui des deux frères qui est vêtu de noir n’est pas le Black Star!

Ce qui est sûr, c'est que le nom de l'équipe néo-zélandaise, Les All White, les Tout Blanc qui s'habillent tout en blanc, de la même manière que leurs rugbymen Les All Black, en maillot noir ne semblent scandaliser outre mesure. C’est peut-être le haka maori des joueurs de Rugby de l’Océan indien qui continue de susciter des commentaires, particulièrement sur son caractère agressif, même si on a fini par s’y habituer. Les noms des équipes africaines, dont la plupart puisent leur symbolique dans le bestiaire (Lions Indomptables, Lions de l'Atlas, Lions de la Terenga, Éléphants, Aigles Verts, Éperviers, Fennecs jusqu'aux Écureuils) suscitent la curiosité, donc font couler beaucoup de salive et d'encre, mais pas Le Coq (France), pas Les Trois Lions (Angleterre) auxquels on est plus habitué. Pas, non plus, beaucoup d'emblèmes des nations occidentales puisés dans le bestiaire également.

Le Mondial est vraiment le miroir du monde: monde des préjugés irrationnels, monde de la tricherie: sur le terrain, le contrôle de la balle à la main, depuis le fameux geste de Maradona qui fit de l’Argentine la championne du monde, en passant par celui de Thierry Henry dont la passe frauduleuse a qualifié la France au détriment de l’Irlande à l’édition actuelle, jusqu’à celui du buteur brésilien contre la Côte d’Ivoire, devient tout un art (et on se demande si certains joueurs ne s'y entraînent pas longuement à l'avance, pour l’accomplir sans être vus de l’arbitre); monde de la violence (le nombre impressionnant de cartons distribués au cours d'un match; (9 jaunes et un rouge lors du match Suisse-Chili du 21 juin), monde de l'arbitraire (cela se justifie peut-être par le nom d’arbitre): le deuxième but brésilien marqué contre la Côte d'Ivoire le dimanche 20 juin après un contrôle du ballon de la main a été validé, sans que l’arbitre soit sûr d’avoir émis un jugement fondé; au su et au vu de tous, après avoir accordé ce but, il a étalé son incertitude en demandant au buteur si c’est du bras ou de la poitrine que celui-ci a contrôlé la balle. Que voulait-il donc que celui-ci lui réponde? Et reviendrait-il sur sa décision si le fautif flagrant avouait sa faute? Doit-on dire aussi monde de l’hypocrisie, non seulement en pensant au comportement de cet arbitre, mais aussi en constatant les gestes de fair-play apparent que démentent les brutalités et les simulations auxquelles les joueurs n’hésitent pas à recourir quand les circonstances l’exigent? Monde de l'exacerbation du nationalisme... Après la défaite de la France face au Mexique, le capitaine Patrice Evra a déclaré: «Nous nous sentons comme une petite nation». Il n'est pas seul à faire ce genre de réflexion. Les Allemands, après avoir battu l'Australie 4 à 0, dans l'euphorie générale croyaient peut-être au vieux slogan "Deutschland über Alle". Il a fallu leur défaite face à la Serbie pour comprendre que l'Allemagne pourrait bien ne pas aller en huitième de finale.

Ce jour-là, après une petite pluie matinale, sous un ciel que se partageaient des nuages gris, noirs, blancs et bleus et un soleil hésitant, un vent assez froid pour l’été battait les drapeaux de différents formats, hissés dans les jardins, les cours, au-dessus des toits, ceux décorant les voitures et ceux déployés aux fenêtres, aux balcons... dont certains encore mouillés se sont entortillés autour des mâts et autres supports, parfois de guingois; observant ces drapeaux qui semblaient plus frissonnants que flottants, en même temps que les mines tristes et consternées autour de moi, je me disais: "Hommes et drapeaux grelottent de froid et de fièvre". Il a fallu attendre la victoire sur le Ghana, 1 à 0, le mercredi 23 juin, pour que les Allemands s’écrient, soulagés, comme le gros titre à la une du journal Bild du jeudi 24 juin: «Geschafft! Aber was haben wir gezittert!» (C’est fait! Mais qu’est-ce que nous avons tremblé!).

Il faut alors imaginer l’atmosphère en Corée du Nord, pays caractérisé par un perpétuel défi à l’Occident, après sa défaite 7 à 0 devant le Portugal le 21 juin. Parfois, le seuil entre la fierté légitime et l’assurance de soi qui manquerait aux Africains d’une part et le mépris de l’adversaire d’autre part, est vite franchi. On se souvient des fameux propos attribués à Zidane en 2002, selon lesquels le Sénégal comme premier adversaire au Mondial était un cadeau. À l’édition précédente, en 1998, les Français étaient champions du Monde!

Aujourd’hui, on lit dans Le Monde du 21 juin un titre, dans le même genre à peu près, mais au sujet de l’équipe anglaise, face à celle de l’Algérie: «L’arrogance anglaise n’a pas marqué de buts» sous la plume de Moustapha Kessous. Bien sûr que ce titre ne peut être considéré comme traduisant une réalité objective (comme on en trouve souvent dans ce journal, d’ailleurs), puisque l’on ne saurait, à partir du comportement de l’équipe anglaise, encore moins de celui d’un joueur comme Wayne Rooney ou de l'entraîneur anglais Fabio Cappello, en cause dans l'article, qui auraient méprisé les Algériens, mesurer toute l’arrogance anglaise.

Mais, le titre est significatif de ce que l’on peut ressentir face à un joueur ou une équipe qui parle de son adversaire comme si celui-ci devrait être négligé. Et qui est plus arrogant que qui dans ce monde du football?

Certaines passions sont nobles, je l'ai dit, et d'autres, plus difficiles à comprendre. Je n’ai rien contre ceux qui choisissent de supporter telle ou telle équipe sans avoir à justifier leur choix. Mais, je tente de m’expliquer certaines formes de fanatisme. Je regardais le match France-Mexique avec un jeune compatriote qui s'agitait, s'énervait, gesticulait, tremblait, pestait, poussait des cris, surtout après le deuxième but mexicain. Il n'est pas Français, n'est pas né en France, n’a jamais été en France et vient à peine d'arriver en Allemagne. Je l'ai d'abord interrogé sur ce comportement, en mina: "Nukè o? Sakitie le po woa?" (Quoi donc? Es-tu sous l'effet du démon de la panique?), puis «Pourquoi cette passion pour l'équipe de France?» C'est à cause de l'esprit français, m'a-t-il répondu. Puis, je lui ai demandé de me définir ce que c'est que l'esprit français. Là, il a bafouillé. Je lui ai dit:c"Moi aussi, j'aime l'esprit français, puisque c'est en français que j'ai appris à réfléchir, depuis l’adolescence, notamment à travers les auteurs qui écrivent en français, sans renoncer, bien sûr, à l’environnement culturel qui m’a marqué depuis l’enfance, à notre façon africaine de concevoir et de dire les choses. Mais, l'esprit français, comme l’esprit togolais ou l’esprit allemand, sans esprit critique, ce n'est que le fruit d’une propagande des médias mal digérée."

Peut-être, pour être tout à fait dans le sujet de mon article, l’esprit français ou l’esprit togolais, ou l’esprit irlandais..., sans esprit sportif, n’est-il que pur irrationnel. Esprit sportif élargi: l’idée que tous les hommes sont capables du pire et du meilleur, que tous peuvent perdre ou gagner, qu’ils ont tous le droit de choisir leur langage, leurs moyens d’expression, l’essentiel étant que tout se déroule dans une parfaite honnêteté envers soi-même et envers les autres, un parfait respect de soi-même et des autres.


Allemagne,

Sénouvo Agbota Zinsou

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