Ces derniers mois, certains responsables de l'Union des forces de Changement (UFC) sont lourdement soupçonnés d'avoir été corrompus par le pouvoir. À
commencer par le premier d’entre eux, Gilchrist Olympio. Vraie ou fausse
allégation, les soins un peu trop particuliers dont bénéficient ces personnes à
travers les médias proches du pouvoir montrent suffisamment qu'il y a anguille
sous roche. Le cas Habia étonne ses électeurs et met en boule les ressortissants
d'Avé dans la diaspora, eux qui lui ont donné le coup de pouce nécessaire.
Nicodème et son patron Gilchrist Olympio semblent avoir trouvé une bonne place
sous le parapluie du RPT et de sa la justice. Cette justice dont Gil est l'une
des plus grandes victimes et dont son parti n'avait de cesse de dénoncer, dans un
passé encore récent, le caractère injuste et sélectif. Ces dissidents de l'UFC,
devenus pro-rpt, ne trouvent pas de problème que leurs compagnons de lutte
d’hier, notamment Fulbert Attisso, avec qui il ont créé le slogan "Alternance ou
la Mort", soient incarcérés, sans jugement, dans le Guatanamo de Kara depuis des
mois. Pour Gil et ses amis, les militantes de l'UFC à qui des gendarmes, en plein
jour, ont molesté le clitoris, ne méritent aucune justice.
Petite histoire drôle
Il était une fois aux États-Unis d'Amérique, un Togolais qui, en pleine réunion
de la NACT (North American Convention for Togo) avait été publiquement gifflé
par un "vulgaire débarqueur", Innocent Pato, dépêché sur les lieux par le RPT
pour visiblement troubler le bon déroulement des travaux. Comme une victime
résignée, l'agressé ne retournera pas la giffle. Il ne portera pas non plus
plainte contre le sauvageon qui n'avait aucune raison d'être présent sur les
lieux où il a laissé exploser son instinct grégaire. Aux États-Unis, il est
interdit de porter la main sur quelqu’un. Celui qui a subi cet affront public
sans rechigner s'appelle Habia Nicodème. Republicoftogo nous avait appris qu'il
voulait trainer en justice Jean-Pierre Fabre. Ce Habia qui découvre aujourd'hui
les vertus de la justice. Pas aux USA où tous les droits lui sont pourtant
garantis, pas dans les nombreuses affaires d’assassinat politique ayant
endeuillé son parti et dont il connaît les auteurs.
Habia Nicodème a mis entre parenthèses le soutien que lui a accordé la population
de l’Avé. Une population profondément démocrate et nationaliste qui l'a
élu surtout à cause de l'héritage Sylvanus Olympio qu'il représentait. Sa
victoire en 2007 sur Edem Kodjo était comparable, à tout point de vue, à celle
de David sur goliath. Faudra-t-il qu'on le lui rappelle? On peut lui faire cet
honneur mais à condition qu'il accepte qu'on lui rappelle aussi qu'il n’était
que l’ombre de lui-même en Amérique avant son débarquement sur la scène
politique au pays. L’Avé ne l’a pas élu pour qu’il aille grossir le camp des
malfaiteurs. Des gens comme Djoko Amados, Komla Djoka, son frère Sémékonawo et
Ludovig Avogan, avaient tenté, avant lui, de pousser la préfecture dans les
girons du RPT. Notre député dont on dit qu'il adore fréquenter les
charlatans, doit s’informer pour savoir ce que ces activistes sont devenus. Avé
ne tolère pas en son sein la présence de vils traîtres. Ils le payent toujours.
Jordan Habia: ce nom ne dit pas grand’chose à beaucoup de Togolais. Il est le
jeune frère du soit-disant député et AGO Nicodème. Ce dernier étant alors aux USA,
attendant impatiemment l’acquisition de sa naturalisation, c’est son frère
Jordan qui avait, nuit et jour, préparé et mobilisé des jeunes de la préfecture
pour promouvoir sa candidature. Edem Kodjo n’étant pas en odeur de sainteté avec
son électorat, le message des Habia est passé cinq sur cinq.
L’Américain à peine instruit est élu, sous la bannière de l’UFC. Nicodeme a
tout, malgré ses nombreuses limites, pour se frayer du chemin et réussir sur
l’échiquier politique national. Suivant aveuglément les absurdités de Gilchrist
Olympio à qui il voue une fidélité de chien et, les millions du RPT le
galvanisant, il ne s’est guère préoccupé de retenir son frère bienfaiteur,
Jordan qui a choisi de s'expatrier en Europe. Qui sait si, à cause de ses
nouvelles amitiés, Nicodème ne trouverait pas gênant Jordan s'il était encore
présent au pays? On a connu des Togolais livrer leurs propres parents aux tueurs
professionnels du RPT, juste pour quelques liasses de CFA dévalué. Qui sait si
Jordan n'a pas, déjà à son départ, vu venir le scandale avant de prendre la
poudre d’escampette?
Ce que Habia Nicodème oublie, c’est que l’Avé est prêt à enterrer ses ambitions
politiques dans les rangs des forces du progrès, lorsqu'il reviendra solliciter
son suffrage. L'attitude de Nicodème Habia, murmure-t-on ici avec rage et dégoût,
est ni plus ni moins une parjure, un troc inacceptable des voix de la population
contre des pactes obscurs. Ses amis, tant de la diaspora que de Kévé l'attendent
au tournant pour lui faire payer le prix de son "flip-flop".
Rien que de minables politiciens, Habia et ses semblables réunis dans ce machin
incongru appelé AGO.
Recemment, un Pasteur local, à un carrefour dans le bourg de Kévé, au passage du
vehicule du député au rang quart Nicodème, les a maudit en bloc et à haute voix:
"Vous tous, Gil compris, vous mourrez et vos veuves ne vous pleureront pas".
Adidogomé-Lomé, Togo
Eli Pékaka Dossiah