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Actualités Échos de partis politiques


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DE LA NÉCESSITÉ DE VITE PROMOUVOIR L’ÉMERGENCE DE NOUVEAUX LEADERS DE L’OPPOSITION TOGOLAISE…


L’opposition togolaise a offert un visage calamiteux au peuple togolais, depuis le déclenchement, le 5 octobre 1990, de la lutte pour la démocratisation de la vie politique de notre pays. Si, en vingt ans de lutte, le chemin parcouru est moins long que le chemin à parcourir pour que le Togo soit doté d’un système démocratique performant, c’est la faute de nous tous, Togolaises et Togolais, de tous bords politiques. Mais il faut reconnaître que le minimum a été fait, quoi qu’on puisse dire: liberté de créer des partis politiques, liberté de presse, libéralisation des ondes, avec cent sept (107) radios créées, et cinq télés privées, élections démocratiques d’une Assemblée Nationale en 2007, mise en place de presque toutes les institutions… Restent les élections locales, la mise en place d’un SENAT, et la nomination d’un Médiateur de la République (Art. 154 de la Constitution togolaise…)

La première décennie de lutte (1990-2000) a été dramatique, avec son lot de morts, de blessés, d’exilés, de destructions de bien mobiliers et immobiliers. Sur le plan purement politique, la plupart des revendications étaient focalisées sur le départ du pouvoir du général Gnassingbe Eyadema. Tous les leaders politiques du pays n’avaient qu’une seule obsession : s’asseoir dans le fauteuil présidentiel d’Eyadema! Tous ont voulu prendre ce raccourci, sans avoir, au préalable, formé la masse de nos compatriotes, défini les priorités de développement socio-économique, préparé la jeunesse et la paysannerie à s’assumer. Une lutte à mort s’était engagée alors entre les leaders de l’opposition, pour arriver premier sur le podium et détrôner le Général du pouvoir: Gilchrist Olympio, Edem Kodjo, Joseph Kokou Koffigoh, Boukari Djobo, Yaovi Agboyibo, Léopold Gnininvi sont les principaux leaders protagonistes de cette guerre de Chefs.

À l’élection présidentielle de 1993, convoquée sur la base de la nouvelle Constitution promulguée le 14 octobre 1992, nos leaders de l’opposition n’ont pas pu accorder leurs violons, pour présenter un candidat unique, face au Général au pouvoir alors depuis 25 ans! À trois ou quatre jours du scrutin, Edem Kodjo, bien placé pour remporter cette élection, se retire, la mort dans l’âme, face à la pression de la rue, manipulée par certains leaders politiques. Eyadema aurait pu s’accommoder d’un Edem Kodjo au pouvoir, d’autant que le leader de l’UTD lui aurait accordé sans problème l’amnistie, mais hélas, l’appétit des autres leaders de l’opposition était trop grand.

En 1998, cette opposition perdit encore les élections par manque de stratégies sérieuses de conquête du pouvoir.

Il faut dire que ces deux élections s’étaient déroulées sur la même Constitution de 1992, c'est-à-dire, une élection à deux tours, avec un mandat de cinq ans, renouvelable une seule fois… Les deux fois, Eyadema a été déclaré vainqueur au premier tour, avec un mandat de cinq ans, renouvelable une seule fois… Les deux fois, Eyadema a été déclaré vainqueur…

La deuxième décennie (2000-2010) va s’achever en décembre prochain, elle a été dramatiquement marquée par les violences post électorales de 2005, avec encore des centaines de morts et de blessés, des destructions massives de biens mobiliers et immobiliers et des milliers de réfugiés. L’opposition s’est illustrée encore négativement en sortant du chapeau des négociations inter-partis, un candidat-vieillard, aux facultés mentales et physiques amoindries. Cette élection était à hauts risques et l’opposition le savait, mais, elle n’avait pris aucune mesure préventive de gestions des suites électorales. La disparition du Général Eyadema en 2003 et les gesticulations qui ont suivi ce décès devaient pourtant instruire les leaders de l’opposition, mais rien n’y fit…

Heureusement, l’Accord Politique Global (APG) fut signé le 20 août 2006, et tout le monde avait cru que les choses allaient s’arranger pour les Togolais, mais non! L’Union des Forces du Changement (UFC) de Gilchrist Olympio boycotta le Gouvernement d’Union Nationale mis en place par Me Agboyibo et bien prévu par l’APG! Or, c’est ce gouvernement qui devait engager les réformes institutionnelles et constitutionnelles qui allaient tourner les pages sombres de notre histoire et organiser des législatives en 2007. Ces législations furent organisées dans la transparence, et l’opposition s’en est sortie avec 31 Députés sur 81 que compte notre Parlement. Mais depuis octobre 2007 jusqu’à ce jour, nos valeureux Députés de l’opposition ont brillé par leur nullité, en ne votant uniquement que des projets introduits par la Majorité Parlementaire et le Gouvernement! Aucun projet de lois, aucune motion de censure, aucune interpellation des Premiers ministres. Bref, zéro sur la ligne! Nos Députés se sont contentés de se fixer sur leur siège de Députés et de percevoir leur salaire mensuel.

Et puis, ces derniers mois, les Députés ont presque abandonné leur rôle au Parlement, pour envoyer, sur le trottoir, chaque samedi, deux à trois mille jeunes et militants manifester contre la réélection de Faure Gnassingbe,… le 4 mars dernier… Battre le pavé et le trottoir en vociférant comme des gamins, pour une cause perdue d’avance!

Il n’y a qu’au Togo qu’on peut voir cela! Comment des élus qui veulent l’alternance politique au Togo, n’ont-ils pas l’intelligence minimale pour proposer au peuple, des alternatives à la carence supposée du parti au pouvoir? On a beau leur dire que c’est au sein de l’Assemblée Nationale surtout que le combat politique se livre, et non ailleurs, rien n’y fit! Un parti ou un groupe de partis, associés ou non à des syndicats, peuvent appeler à une journée de mobilisation générale sur un sujet ou un autre, mais pas perdre du temps dans la rue pour manifester ad vitam ; un parti doit s’illustrer positivement par ses propositions de solutions aux problèmes économiques, sociaux et politiques du pays. Outre la tribune de l’Assemblée Nationale, les partis politiques peuvent tenir des congrès, des colloques, des conférences, des Universités d’été, des journées de réflexions, des points de presse, des débats télévisés, etc. Mais au Togo, rien n’est venu, et rien ne vient!

J’avais écrit, il y a à peine un an, que le Togo avait malheureusement une piètre classe politique. Aujourd’hui, force est de constater que j’avais vraiment raison, mais que la situation des partis politiques de l’opposition est de plus en plus déplorable! L’une des raisons que j’avais évoquées est l’autisme des leaders de nos formations politiques. Nous avions tourné en dérision les partis qui se rendaient, pour un oui ou un non, chez le «Médiateur» burkinabé, Blaise Compaoré, alors qu’ils avaient refusé (le CAR et l’UFC) de siéger dans un Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation (CPDC), formé des Partis présents au Parlement, des partis et associations ayant signé l’Accord Politique Global du 20 Août 2006, et des personnalités diverses. Les récents évènements survenus dans l’Union des Forces de Changement (UFC) et la dissolution de OBUTS, témoignent encore, s’il en était besoin, de la vision politique limitée des leaders de l’opposition togolaise.

Tous ceux qui ont suivi le discours de clôture de l’Université d’été du Parti Socialiste français (PS), à la Rochelle, par Martine Aubry, conviendront avec moi, que ce parti et son leader sont à la hauteur de leurs ambitions à diriger la France en 2012… Au Togo, et surtout dans l’opposition, ce sont de vrais leaders qui nous manquent aujourd’hui! Il nous faut de nouveaux dirigeants à la tête des partis, de préférence, des partis résultant de la fusion de partis préexistants ou nouvellement créés, pour élever le niveau du débat politique au Togo. Jean-Pierre Fabre, s’il crée un nouveau Parti, doit plus faire fonctionner ses méninges que sa fougue indigne d’un leader politique. Paul Dodzi Apevon ne montre pas des signes rassurants de bon dirigeant d’un parti politique. Il est l’un de ceux qui confiaient le sort du Togo dans les mains du Médiateur burkinabé, malgré toutes nos mises en garde. Aujourd’hui désabusé par Ouagadougou, il propose une «refondation de la République» au contenu introductif peu attrayant, flou et confus.

La CDPA, la CPP, le CAR, le PSR, ADDI, etc. ont besoin de nouveaux leaders plus pragmatiques et plus clairvoyants. Un exemple frappant de cette «panne d’idées» des leaders politiques de l’opposition est cette sortie du CAR dans son récent document de «refondation de la République». Notre ami Apevon écrit:
«Le CAR tient à faire observer que parmi les réformes les plus attendues par nos populations, l’une des plus décisives est celle concernant la durée du mandat du Président de la République»!

Franchement, cela fait pleurer que des intellectuels soient encore, en 2010, dans cette optique de courte vue! Que le mandat du Président soit de quatre, cinq, six ou sept ans (ce sont les quatre cas de figures dans tous les systèmes démocratiques du monde), l’essentiel, Me Apevon, est qu’il soit vraiment compétent. Quelque soit la durée du mandat retenu, il est impératif que le scrutin soit, avant tout, libre et démocratique! Les peuples choisissent en général l’homme de la situation. Mais , il arrive aussi que le peuple se trompe de temps en temps, en choisissant un homme qu’il croyait «bien» mais, qui se révèle, après l’élection, «moins bien» ou «pas bien du tout» . C’est ce qui était arrivé en Ukraine, avec la révolution orange, c’est ce qui était arrivé en Guinée Équatoriale et en Guinée Conakry, avec les sinistres Macias Nguema et Sekou Touré!

Et que dire de Jean Pierre Fabre, qui joue à l’apprenti martyr, en faisant «jacques où es-tu» avec les grenades lacrymogènes de la police, le 28 août dernier, dans les rues de Lomé? Écoutez-le raconter lui-même ce qui lui est arrivé:
Je me suis garé devant un véhicule des forces de sécurité et un groupe de journalistes. Le responsable des gendarmes est venu me parler. Il m’a dit qu’il n’y a pas de marche! Je lui ai dit que je ne lui permets pas de continuer à me parler sur ce ton. Il a commencé à donner des instructions pour que la manifestation soit réprimée. Juste au moment où j’étais à côté du véhicule, l’un des gendarmes a tiré à bout portant sur le véhicule, faisant voler en éclats le pare-brise arrière… On ne peut pas tirer une grenade lacrymogène à bout portant sur un véhicule. Tout le monde sait qu’il y a deux semaines, ils m’ont poursuivi avec des gaz lacrymogènes et ont tiré sur mon véhicule… Cela marque le niveau atteint par le régime, forcé de tuer les responsables politiques et d’en finir avec le processus de démocratisation…». «

Jean-Pierre Fabre n’a pas précisé que son véhicule de commandement lui a été offert par l’État, en vertu de son statut de Président du groupe parlementaire de l’UFC! Même un gros crétin comprendra que si le gendarme dont il parle voulait le tuer, ce n’est par sur un véhicule d’État qu’il aurait tiré à bout portant, mais sur Mr Fabre, qui était à côté de ce gendarme, hors du véhicule!

Le ministre de la Sécurité, le Colonel Atcha Titikpina rétorqua, dans un communiqué, que, «pour éviter tout accrochage inopportun, l’Officier Chef d’élément s’est approché de Jean Pierre Fabre pour lui rappeler gentiment l’illégalité de leur action. Pendant que les deux hommes échangèrent encore, les partisans agités de Mr Fabre se sont mis à jeter des projectiles qui, malheureusement, ont brisé le pare-brise du véhicule de ce dernier».

Voilà, «l’exploit» d’un leader politique togolais se résume donc à vouloir «se faire martyr» à tout prix, pour acquérir un peu de popularité…

Mon cher ami Jean-Pierre Fabre, vos électeurs vous ont envoyé à l’Assemblée Nationale pour défendre leurs intérêts vitaux, pas pour jouer à l’apprenti gladiateur dans les rues de Lomé, tous les samedi. Le peuple veut manger à sa faim, se soigner à moindre coût, s’instruire à moindre coût, avoir un habitat décent, avoir un environnement sain, avoir de l’eau potable à satiété, avoir des loisirs sains…bref, vivre décemment… Or jusqu’à ce jour, je n’ai vu aucun de vos actes allant dans ce sens et proposés à votre peuple! Croire qu’on doit impérativement être Président de la République d’abord, avant de poser des actes porteurs de bonheur pour le peuple, est une clownerie sans nom!

D’ailleurs, Jean Pierre Fabre sait, depuis le 2 septembre 2010, qu’il n’est pas élu Président de la République, lors de l’élection présidentielle du 4 mars 2010!... Un Président de la République élu ne peut, en aucun cas, être bastonné par un gendarme, comme Mr Fabre l’a été ce 2 septembre 2010!

Quel profil doit avoir le ou les nouveaux leaders de l’opposition togolaise?

Tout d’abord, il nous faut des hommes (ou des femmes) neufs (ou neuves), imprégné(e)s des principes cardinaux de la Nation et de la Démocratie. Des hommes ou des femmes rassembleurs, pragmatiques, compétents, intègres politiquement corrects, imprégnés des idéaux d’altruisme et de justice sociale. Des leaders brailleurs, agités, fougueux et qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez, nous n’en voulons plus au Togo! Des leaders qui, à la moindre difficulté dans le pays, réclament à corps et à cris des FACILITATEURS ÉTRANGERS, nous n’en voulons plus au Togo! Des leaders qui envoient des jeunes, des femmes et des naïfs sur le trottoir pour assouvir leur soif insatiable et immodérée du pouvoir, nous n’en voulons plus au Togo! Des leaders qui se croient «populaire à vie» et qui n’ont rien fait pour ce pays depuis qu’ils sont nés, nous n’en voulons plus au Togo! Des leaders qui n’ont que leur «populisme» à donner au peuple, et des vendeurs d’illusions par excellence, nous n’en voulons plus au Togo! Des leaders qui ne connaissent que la confrontation, comme mode de lutte politique, nous n’en voulons plus au Togo!

Les leaders nouveaux doivent œuvrer pour l’unité de l’opposition togolaise, pour que celle-ci retrouve sa crédibilité, et joue le rôle à lui dévolu par notre Constitution. Ces leaders doivent avoir comme priorité des priorités, l’amélioration, à court terme, du niveau de vie de tous nos concitoyens.

L’objectif de la conquête du pouvoir, qui est le but avoué de toute opposition, doit être atteint dans la légalité constitutionnelle absolue, et les leaders politiques doivent en faire leur credo. Le Togo a trop souffert de la division de son opposition, de l’inter-exclusion qui s’y est incrustée, de l’amateurisme et de l’irresponsabilité de certains leaders politiques! Il est plus que temps qu’émergent de vrais leaders politiques de l’opposition au Togo!

Si je devais proposer un profil nouveau, voici ce que je prescrirai :
Homme ou Femme (de préférence), de 45 à 55ans, cultivé(e)), ayant les qualités sus citées, non obsédée par le pouvoir, et qui aime profondément la Terre de nos aïeux.


Togo,
Dr David Ihou, Ancien Ministre de la Santé et de la Population

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