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COPINAGE ET CONCUSSION À LA TÊTE DE L'ÉTAT TOGOLAIS


Gilbert Fossoun Houngbo et le consul James Victor Sossou et leurs complices vont-ils ruiner les efforts de modernisation et de fréquentabilité du Togo et en faire un narco-État de plus?

Le Togo a retrouvé son lustre diplomatique, politique et économique qui font de lui un État parfaitement fréquentable et couru par toutes les grandes nations. Les récentes visites de hautes personnalités mondiales, et notamment de la Secrétaire d’État Hilary Clinton, achèvent de démontrer que «Togo is back» comme aiment à le dire les diplomates. Sur le plan intérieur, même les adversaires politiques du Président reconnaissent que le pays, et en particulier Lomé la Capitale, a beaucoup changé depuis la réélection du Président. Les routes et les travaux d’aménagement ont redonné à Lomé son lustre jadis perdu et occupent depuis leur lancement de milliers de jeunes désœuvrés. Nul doute que le Président et son parti feront de ses travaux le socle de leur argumentaire politique de réélection. Et nul doute que cela fera mouche.

Mais seulement voilà!!! Tous ces efforts peaufinés patiemment et consentis par le Président assisté de ses fidèles collaborateurs, risquent d’aller à vau-l’eau et surtout d’avoir l’effet contraire du fait de la gourmandise, de l’incivisme, de la méchanceté et de la mauvaise foi politique de certaines personnes. En effet, suite à des inquiétudes provenant de certaines chancelleries occidentales à Lomé et de certaines grandes entreprises BTP de renom, et après une longue enquête, nous sommes en mesure de révéler ce qui suit: Le Consul Victor Sossou a mis en place une grande manœuvre très astucieuse lui permettant, grâce à des valises de billets de banques, de contrôler presque l’entièreté du marché des infrastructures. Personne ne trouverait rien à y redire si les méthodes utilisées et les personnes impliquées dans le réseau Sossou n’étaient de nature à salir le Togo. Voici comment la machine diabolique du consul Sossou marche:

1. Le Ministre des Travaux publics, Andjo Thamdja, a accordé par écrit avec l’autorisation du ministre des Finances, l’exclusivité du choix des entreprises BTP devant intervenir dans les travaux d’infrastructures actuels à Victor Sossou à travers son entreprise MIDNIGHT SUN. Ainsi, aucune autre société de BTP, qu’elle soit nationale ou étrangère, ne peut postuler à quelque lot que se soit sans avoir au préalable accepté de partager le marché obtenu avec Victor Sossou. La question ici est de savoir qui a donné les instructions de cette nature au Ministre Tchamdja pour, en dépit des règles du libre marche, accorder une telle main mise a Victor Sossou? Sossou et ses comparses ont ainsi procédé pour dégouter la célèbre entreprise israélienne SBI/SONITRA qui a son siège à Abidjan et pourtant internationalement reconnu pour son expérience dans le BTP avec des financements publics crédibles du fait de ses entrées dans les grandes Institutions Financières Internationales (Banque Mondiale, FMI et la Société Financière Internationale). Cette compagnie a à son actif des réalisations au Bénin, au Nigeria, en Afrique Centrale (Congo Brazzaville) et surtout en Amérique Latine (Mexique et Argentine) depuis plus de 25 ans. Cette compagnie a aussi déjà travaillé au Togo (tronçon Agoè-Tsévié, Notsè-Blitta, Baguida-Aného) et devrait donc normalement apporter sa grande expérience au Togo. Mais elle a préféré ne postuler pour aucun des huit lots d’infrastructures après avoir compris qu’il fallait partager avec Sossou. Cette société israélienne qui travaille avec les services israéliens, français et américains, a bien flairé le risque de s’associer avec un homme fiché par les services américains.

2. En plus, et c’est le plus inquiétant et le plus grave pour le Togo, la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD) à Lomé a ouvert, à titre exceptionnel deux guichets au sieur Sossou. Un pour les fonds publics et un autre, et c’est là le gros souci, pour les fonds privés. Le Consul Sossou ayant peur du professionnalisme et de l’indépendance financière d’EBOMAF (BTP Burkinabè) et de la SBI/SONITRA, a tout mis en œuvre pour jeter son dévolu sur COLAS (BTP du Bénin et pourtant filiale de Bouygues France) pour certains travaux à Lomé. En effet, pour mieux avoir les responsables togolais, Sossou préfinance les travaux à travers des investissements dits privés au travers de sa firme Midnight, qui n’a pourtant rien d’une firme financière. Or le Consul Sossou et sa société Midnight sont depuis plus de trois ans dans le collimateur du FBI et de la CIA pour blanchiment d’argent et trafic de drogue. D’ailleurs, l’ambassade des USA a Lomé retourne systématique les cadeaux qu’elle reçoit du consul. Comment le consul Sossou obtient-il ses financements privés? Quelles banques ou institutions financières reconnues participent-elles à ce financement? Comment le consul Sossou est-il arrivé à se doter d’une telle faveur de la BOAD en dépit des commissions rogatoires du GIABA (Groupe Intergouvernemental contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest) pour soupçons de blanchiment d’argent? Or les Américains n’indexent jamais les personnalités ou les sociétés au hasard. Que ferait le Président de la République si demain il est découvert que c’est l’argent de la drogue et de l’argent sale qui ont préfinancé ses grands travaux? L’effet politique en sera désastreux assurément! Et surtout tous les efforts consentis pour revenir dans le concert des grandes nations et faire décoller le pays seraient voués à l’échec. Mais surtout, quel sera l’effet politique pour le Président si par la faute à quelques cupides, le Togo venait à être classé comme un narco-État? Mais tout ceci n’aurait pas constitué un très gros souci d’État si le parrain de toute cette affaire n’était pas… le Premier Ministre du Togo et deux de ses ministres clés (Travaux publics et Finances)!!!

3. La stratégie du Consul Sossou a été d’infiltrer quelques ministres clés du gouvernement Houngbo (ci-dessus cités) pour finir par embrigader le Premier Ministre lui-même. Aujourd’hui dans les chancelleries occidentales accréditées au Togo et au sein de certaines entreprises de BTP, il se susurre que le Premier Ministre a largement bénéficié de la manne des infrastructures par le canal du diapositive mis en place par Victor Sossou. En un mot, Houngbo le technocrate s’est transformé en Houngbo le «Frictocrate» au point où dans ces mêmes chancelleries, on n’hésite pas à dire que le vrai Premier Ministre aujourd’hui au Togo, c’est le consul Victor James Sossou.

4. Au vu du climat social déjà lourd et des rendez-vous électoraux très prochains, il est primordial que le Président Faure reprenne la main, assainisse le climat, affirme son autorité afin de garantir la victoire de son camps aux élections et surtout d’éviter que le Togo ne tombe entre les mains des narcotrafiquants et autres blanchisseurs d’argent sale. L’exemple de la Guinée Bissau est encore dans tous les esprits et nul doute que la communauté internationale veille. Vivement que le Togo de Faure n’en arrive pas là! Affaire à suivre.


Bruxelles, 18 mars 2012
Florent Batchassi, journaliste d'investigation
Togo Alternance

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