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LECTURE PROPOSÉE: "LE GOSPEL, LE NOUVEAU FILON DE LA PARESSE DES ARTISTES TOGOLAIS"


Par: Marc K. Satchivi, Belgique, le 10 février 2004.
Source:   Nouvel Horizon n° 15 du 12 mai 2000.


Ils sont nombreux ces artistes qui depuis quelques années ont complètement débranché de leurs premières options pour embrasser le gospel. Ceux qui arrivent tout nouvellement en font leur premier credo. Mais, qu’est-ce qui peut bien être à l’origine de cet engouement? Est-ce une mode ou un mode de vie?

La surprise est grande lorsque sur le marché des cassettes, on retrouve nos artistes avec un grand titre «Louanges». Ils prétendent chanter, pousser des cris de joie et gloire à Dieu le père et son fils, Jésus-Christ pour témoigner leurs gratitudes et les remercier. Ils se disent «vedettes du gospel». Curieusement, cette tendance à chanter du gospel coïncide avec la prolifération des églises, ministères et autres petites sectes dans le pays, au point que les artistes sont en train de se livrer à une «escroquerie spirituelle» ou encore à une «prostitution». Ils ne sont pour la plupart membres d’aucune confrérie religieuse et encore moins d’une quelconque chorale de la place. Ils chantent Dieu pour être mieux achetés et se conférer une certaine existence.

Au début était Tassivi Tobias qui après des prestations et un album au sein des As du Golfe, se livrait à un one woman show au gospel. Vont suivre après Déla Délali, Yaya Lélé, Ana Disséni, Sarah et Ro Bez, Adabadji Djobokou, Sandra et Fifi Rafiatou…

Tout ce monde, à part Sandra et Déla Délali, à une particularité, celle d’avoir débuté et de s’être fait connaître du public par des chants musicaux, autres que le gospel. Tout le monde veut chanter Jésus. Incapables d’avoir l’inspiration nécessaire pour se frayer un chemin, créer ou mieux innover dans un genre musical pour l’imposer et s’imposer au public, les artistes ont choisi la voie de la facilité: louer Dieu. Il paraît que les Togolaises et les Togolais en raffolent au point que les cassettes de louanges se vendent comme de petits pains. Voie de facilité que tout ça.

Car, à écouter ce qu’ils nous proposent, il faut reconnaître que la recherche n’y est pas du tout. Ce sont presque les mêmes chansons chantées à l’église qui sont reprises avec parfois certaines paroles changées et une guitare, un saxo… pour compléter le piano de l’église. Il n’y a rien de nouveau.

Ensuite, parce que leur genre musical du départ ne sont appréciés que négativement par le public et mal vendu, pour ne pas disparaître de la scène musicale, ils chantent Dieu. Les chrétiens ou ceux qui le prétendent vous garderont à l’esprit comme un artiste de la chanson, «une personne inspirée par Dieu», «un béni de Dieu».

D’autres, obnubilés par ces records de vente de cassettes gospel, se sont jetés aussi dans ce commerce malgré qu’ils ne soient prédisposés à la chose. Ils n’ont ni le talent, ni la voix, ni la conviction nécessaire. Et pourtant.

Artistes ou marionnettes?

Lorsque des gens qui se disent artistes arrivent à un moment donné à se complaire dans un immobilisme, voire à régresser dans la création, il y a matière à réfléchir. Ils sont les premiers à dire qu’ils ont des compositions, des maquettes et qu’ils ne manquent que de producteurs. Mais quand il s’agit de gospel, ils trouvent tous les moyens. Ils sont les premiers à crier à la piraterie, aux droits d’auteur. Mais, ils sont devenus les premiers pirates. Car, en fait, ils ne font que pirater la musique et/ou les chansons de nos chorales. Chez d’autres, on retrouve facilement les compositions d’un certain Isaac Dogbo de la «Chorale Mawu fe mo» et de bien d’autres. Payent-ils des droits d’auteur à ceux-là? Nous connaissons des artistes dont nous taisons pour l’heure les noms qui, une fois une cassette sur le marché passent derrière les maisons de disques pour faire des duplications de leurs cassettes et organiser des ventes parallèles.

En tout état de cause, le gospel semble être plutôt à la mode aujourd’hui dans une société où l’homme, partisan du moindre effort, préfère s’abandonner à Dieu le père, à Jésus-Christ le fils et au Saint-Esprit. Les artistes, au lieu d’explorer la voie de la perfection, deviennent des marionnettes dans la chanson. Il faut dire que cette manière de faire ne peut jamais les rendre compétitifs sur le plan international. Si déjà, ni le Masa à Abidjan, ni les Kora à Sun City dans leurs critères ne peuvent inviter des artistes de cette trempe, comment peuvent-ils se dirent «vedettes de la chanson»? Peut-être sur le plan local car déjà ils ne sont pas mieux connus sur le plan national. Réfléchir et se donner les moyens pour mieux faire et autrement est la seule voie qui mène au succès international.

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