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CRÉONS UN FRONT UNI CONTRE LA DICTATURE ET L’OPPRESSION


Un régime sanguinaire

Cela va faire 20 jours que Eyadema est mort. Nous avions, comme une grande majorité de Togolais, été soulagés par cette disparition, pensant qu’elle nous libérerait. Toutefois, la tournure que prennent les choses laisse penser que d’autres dispositions doivent être envisagées.

Nous, membres de l’ARECA, ne sommes pas du tout étonnés par ce qui se passe aujourd’hui. C’était prévisible. Si on analyse tant soit peu le fonctionnement de ce régime, depuis son avènement jusqu’à nos jours, on se rend compte que c’est un régime pernicieux, structuré, solidement encadré et doté de divers moyens qui caractérisent les grandes dictatures. Le régime d’Eyadema a toutes les caractéristiques des régimes totalitaires. Habile dans la manipulation des hommes et des idées, il est capable de retourner n’importe quelle situation à son avantage. Et c’est ce qui est entrain de se passer en ce moment. Devrions-nous l’accepter et assister en spectateurs à cela? Nous disons NON. Que faire alors?

Des solutions alternatives sont encore possibles. Il y en a plusieurs:

1 °) - l’affrontement armé direct, que prônent beaucoup de gens (il suffit de consulter le net pour s’en apercevoir). Même si on peut comprendre l’amertume qui pousse certains compatriotes à l’envisager, elle n’est pas la plus appropriée, en ce moment. L’adopter reviendrait à tomber dans un piège du régime qui n’attend que cela. En effet, nous lui fournirions ainsi, un alibi pour mater la population sous prétexte de préserver la sécurité du pays. Ne tombons pas dans le piège. Par ailleurs, une lutte armée demande des équipements et une organisation que nous n’avons pas aujourd’hui. Il ne faut pas oublier que ça fait plus de quarante ans qu’ils ont envisagé cette situation et qu’ils se sont préparés à cette éventualité.

2°) - organiser manifestations sur manifestations, tout en restant déterminés et mobilisés. C’est ce que nous faisons aujourd’hui. Nous avons peur que cela ne suffise plus. En face, ils vont jouer la montre en espérant que le mouvement s’émousse. C’est d’ailleurs déjà le cas. C’est probablement la visée du gouvernement français également.

3°) - mener des actions subversives ciblées dans le pays pour pourrir la vie du régime dans le but de l’anéantir complètement. Cette solution est plus facilement réalisable que la première, mais demande également beaucoup d’organisation et de moyens.

4°) – dans chaque pays d’accueil des Togolais, créer un front de défense des droits du peuple togolais qui réunira tous les Togolais et Togolaises qui luttent pour l’avènement de la démocratie, sans prise en compte de l’appartenance à un parti politique ou à une organisation. Dans ce cadre, il n’y aurait qu’un seul mot d’ordre: le départ de Faure Eyadema, et le retour à la constitution de 1992, se traduisant par l’organisation d’élections libres et démocratiques.

Chaque comité élira un bureau qui aura pour tâche de porter et de rappeler constamment le bien-fondé de la lutte du peuple togolais, à la connaissance des peuples d’accueil, des pouvoirs publics et des organisations de leur pays de résidence. De ces bureaux nationaux, on pourra tirer un front international (composé de membres de chaque comité national) qui prendra en charge, l’information destinée aux instances internationales (UA, CEDEAO, ONU, UE etc..). Nous aurons ainsi, un front uni, non politisé, ayant comme seul objectif: le respect de la constitution et l’organisation d’élections libres et démocratiques.

La solution préconisée par l’ARECA: C’est la quatrième solution, la constitution d’un front uni de lutte contre la dictature, que préconise l’ARECA. Elle nous paraît la plus réaliste aujourd’hui, et a l’avantage de pouvoir être combinée avec la deuxième solution

En outre, elle permettra de mieux coordonner les différentes initiatives et actions: imaginez par exemple, des manifestations le même jour dans le monde entier (y compris en Afrique)!! Le régime de Faure Gnassingbé ne nous attend pas: le temps presse et pourrait bientôt jouer contre nous! Faure Gnassingbé et ses complices, multiplient les contacts partout dans la sous région. Que faisons-nous pendant ce temps (en dehors de la mobilisation pour les manifestations de rues)? Rien. Si nous restons spectateurs, nous irons une fois de plus vers une grande désillusion. Nous devons adopter un fonctionnement plus réfléchi mais, plus réactif et surtout avec beaucoup plus de perspicacité.

Nous avons le devoir envers notre pays et les générations futures, d’organiser une résistance active tant à l’extérieur qu’à l’intérieur.

La concertation est ouverte.

Vive le Togo
Vive la démocratie
Vive l’Afrique


France, 24 février 2005
Areca_afrique@voila.fr

"Nous croyons en une société dont l'objectif premier est le bien-être collectif dans le respect de la dimension humaine de l'individu"
ARECA (Déclaration Préliminaire, 1990)

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