La population togolaise a longtemps souffert de la crise socio politique actuelle. (…) Nous ne le dirons jamais assez. Certes, que les efforts conjugués de l’Union Européenne pour relancer la coopération économique dans le but d’améliorer les conditions de vie de nos populations sont louables, mais ne doivent pas les contraindre à occulter le problème politique réel qui minent la marche vers le progrès politique.
Ainsi, l’enjeu du dialogue togolais ne se résume pas à l’établissement d’un calendrier électoral comme veut laisser croire Mr Louis Michel, Commissaire Européen au Développement et à l’Action Humanitaire en disant «.... ce qui est important, c’est qu’ils parviennent à un accord sur la date des élections et les modalités démocratiques».
Au jour d’aujourd’hui, on ne peut parler d’élections législatives sans parler de l’impunité, prélude inéluctable à une réconciliation, et de la reforme de l’armée qui (fait) beaucoup plus peur par sa sémantique que par sa faisabilité; à moins qu’on ne veuille croire que le remède à la crise togolaise, est la fuite en avant. A défaut de cela, on dialoguera à l’infini et chaque fois, on sera obligé de recommencer parce que certains auront posé de nouveaux actes.
Ce qui compte, ce n’est pas l’adoption rapide mais les conséquences qui en découleront. Et toute adoption non acceptable par les parties va certainement ouvrir la voie à d’autres problèmes plus graves. Si on refuse de régler les problèmes en amont, on risque de les retrouver plus en route ou à la fin.
Un adage dit que celui qui traîne un goitre et qui dit qu’il ne porte qu’un jouet, se ridiculise lui même.
L’allure que prend le dialogue nous révèle déjà le fait que le régime en place ne veut pas lâcher du lest. Ce qui nous amène à la question suivante: le clan Gnassingbé est-il prêt à faire de véritable concession qui risque de lui porter préjudice? Fort de cela, il est inquiétant de voir Me Agboyibor rentrer dans le jeu du RPT. Bien sûr que l’on nous dira cette sempiternelle réponse, que c’est dans l’intérêt du peuple togolais, mais au fait qu'est-ce qui se cache derrière ces intentions? Les milliers d’innocents immolés sur l’autel de la démocratie méritent ils vraiment ces voltes faces?
Dans ces conditions, quelle attitude les Togolais peuvent-ils adopter vis à vis de ces dirigeants politiques, qui hier, étaient le porte-flambeau de leur idéaux démocratiques?
Berne, Suisse, le 17 mai 2006
Direma Martea
Diremamartea@yahoofr