L’ADIP (Alliance pour la Défense des Intérêts du Peuple) prend acte de l’accord de politique global signé le 20 août dernier à Lomé par une partie de la classe politique togolaise.
De cet accord, l’ADIP tire deux enseignements principaux: d’une part, les perspectives d’organisation des élections législatives auxquelles pourrait participer l’opposition et de l’autre la confirmation de l’idée selon laquelle la classe politique togolaise est composée notamment de deux groupes de Togolais: d’un côté ceux qui se sentent à tort ou à raison, victimes de toute reforme démocratique, de toute modernisation de la société togolaise, et de l’autre côté, ceux qui veulent faire leur, la construction d’un Togo démocratique.
Ces deux groupes, ont un point commun en ce qu’ils ont toujours cocufié et spolié le peuple togolais en le maintenant à distance de la gestion des affaires publiques.
L’ADIP, tout en prenant acte du contenu de cet accord, regrette qu’il ait à peine évoqué les vrais et réels problèmes du pays.
Les lacunes de cet accord sont hélas nombreuses. En effet, les partis politiques qui se sont autoproclamés «partis de l’opposition traditionnelle» et seuls habilités à défendre les intérêts du peuple togolais, ont pêché, au moins par passivité, en n’insistant pas sur les points suivants:
1. l’usurpation des résultats des élections d’avril 2005 et toutes ses conséquences graves: plus de 500 morts, plusieurs orphelins, de nombreux blessés graves dont certains sont handicapés à vie, des sans-abris, des réfugiés qui sont laissés actuellement aux oubliettes.
2. le retour à la constitution de 1992, votée par le peuple togolais seul souverain.
3. la mise en place d’une commission devant travailler sur les destinations des recettes de l’État et le contrôle des fonds alloués par la communauté internationale à notre pays.
4. l’absence suspecte de l’armée pendant toutes les phases de ce fameux dialogue inter-togolais, malgré l’implication par le facilitateur de bien d’autres couches socio-professionnelles.
5. l’exclusion des Togolais de l’extérieur dans la recherche de solutions aux maux qui minent notre pays depuis plusieurs années.
6. l’exclusion des autres partis politiques, des organisations syndicales et d’autres mouvements de la société civile.
7. l’acceptation d’une feuille de route au contenu peu précis pouvant donner lieu à des interprétations de complaisance
8. le choix du premier ministre du gouvernement d’union nationale laissé uniquement au bon soin du néo-dictateur, Faure Gnassingbe.
9. l’absence de lisibilité concernant l’organisation des élections municipales et régionales.
10. La nomination des préfets au vu de leur implication dans le processus électoral: les préfets actuels, tous de la mouvance présidentielle ayant par le passé participé activement aux magouilles électorales au profit du régime.
11. L’indemnisation par l’État des victimes d’avant, pendant et après les élections présidentielles d’avril 2005.
12. un calendrier pour la mise en application des dispositifs de l’accord.
L’ADIP, sans tomber dans le scepticisme, pense que ces différents points ci-dessus énumérés n’ayant pas été abordés de façon explicite lors des négociations entre les «partis de l’opposition traditionnelle» et la mouvance présidentielle, sont potentiellement des sources de problèmes pour le pays.
Cependant, l’ADIP consciente de l’échec de la politique de la chaise vide depuis environ une quinzaine d’années, invite tous les démocrates togolais à occuper «tout millimètre carré» que laissera le régime actuel, dans un esprit de non-compromission. «La nuit est longue, mais le jour est proche».
- L’ADIP suggère au futur gouvernement d’union nationale de convoquer des assises nationales qui porteront sur les oublis et les insuffisances de cet accord politique global.
- L’ADIP demande aux signataires d’assumer leurs responsabilités en respectant la parole donnée et en assurant l’application pleine et entière de l’accord.
- L’ADIP suggère à tous les Togolais et Togolaises où qu’ils se trouvent, de créer des comités de vigilance et de contrôle de la mise en œuvre des dispositions de l’accord.
- L’ADIP lance un appel pressant à la communauté internationale (CEDEAO, UA, UE, ONU) afin de doter le comité de suivi des moyens pour le contrôle de l’application de l’accord et un pouvoir de sanction en cas de blocage ou de paralysie de l’accord.
- L’ADIP demande aux Togolaises et aux Togolais de tourner le dos aux discours de haine et de vengeance, pour un discours de justice et de fraternité en vue de faire du Togo, terre de nos aïeux, un havre de paix et de prospérité.
Ensemble, bâtissons la cité.
Fait à Paris, le 31 août 2006
Pour l’ADIP
Le Secrétariat Administratif
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