À vous, nombreux compatriotes qui avez réagi, en nous écrivant personnellement, suite à la publication de notre réflexion intitulée «le chien aboie la caravane passe», qu’il nous soit permis de vous remercier pour nous avoir fait part de vos préoccupations qui rencontrent les nôtres. Vous ne vous êtes pas empêchés d’adhérer sans ambages à notre proposition d’aller convaincre notre population à voter pour l’opposition lors des législatives à venir. C’est en cela que nous nous faisons le devoir de vous tirer chapeau, car on finit par savoir sur ce long parcours, qui veut quoi pour qui au Togo.
Malheureusement, notre cher pays est de nos jours comparable à une bible que des gens mauvaisement intentionnés utilisent à toutes les fins possibles, même les plus abominables, pourvu qu’on en tire son profit. Sinon, comment comprendre qu’on en soit arrivé là, nonobstant tous les efforts déployés durant ces seize dernières années de lutte contre la sanglante dictature du feu Eyadema?
En réalité, on n’est pas opposant quand on sait seulement crier plus fort que les autres, quand sait aligner un mélange de vrais et de faux attributs (vraiment, à beau mentir qui vient de loin), quand on est incapable de libérer son pays des mains de la dictature mafieuse et d’accepter comme tel ce fait, quand on est incapable d’accoucher une stratégie politique libératrice, quand on joue avec la psychologie d’un honnête peuple qui vit avec un cœur déjà meurtri, quand on se croît plus malin que tous, plus intelligent et plus crédible que les autres, alors qu’en réalité on n’est qu’une coquille vide.
À nous surtout la jeunesse togolaise, apprenons à devenir plus sérieux que jamais, car le désir de la plupart d’entre nous est de voir notre pays libéré de sa dictature pour que nous puissions y retourner et nous installer dans un climat politique de liberté: de vaquer à nos occupations, d’exprimer nos opinions, de vivre sans crainte et de souhaiter le bien-être social pour tous, telles sont les valeurs fondamentales non exhaustives d’une société démocratique. Mais quoi de plus aberrant que de constater que certains de nos compatriotes dépourvus de toute idée constructive, n’ont pour seul langage que celui de l’impossible et des utopies, puisqu’ils défendent mordicus ce langage dépourvu de toute réalité apparente qui nous a endormis pendant seize ans. Nous les avons crus naïvement et sommes d’ailleurs en partie responsables de la situation qui perdure au Togo, sinon, on se serait démarqué si tôt de cette erreur collective pour penser à une stratégie politique alternative qui peut-être (à défaut de l’avoir expérimentée), nous aurait libérés de notre particulière dictature.
En tous cas, il nous semble que notre soutien indéfectible au gouvernement actuel afin qu’il parvienne à traduire dans les faits, certains objectifs pressants, s’impose. Quels sont-ils, ces objectifs?
Ils se traduisent, par une obligation de résultat quant au retour en paix et sans crainte de nos réfugiés et par l’organisation transparente des élections législatives dans un délai raisonnable. Tels sont les deux points cruciaux qui interpellent tout Togolais doué de bon sens et épris d’un avenir meilleur pour le peuple togolais.
Quant à certains intervenants qui ne nous surprennent guère en raison de leur égoïsme et suivisme connus de vieilles dates et qui croient que la libération du Togo se trouve dans leur gueule forte, il est temps de les laisser tomber dans les oubliettes. Ils sont en train d’écrire encore une page historique de leur parcours politique, mise à part celle déjà connue d’eux lors de leur entrée balbutiante en politique. Un jour viendra où tout sera clair, preuve à l’appui, sur chacun des politiciens véreux.
A la place de vouloir conserver l’éternel statut d’opposant radical, ce qui ne donne pas la soupe au Togolais, n’est-ce pas qu’il serait temps de poser des actes concrets et libérateurs en laissant tomber par voie démocratique ce manteau et en emboîtant les pas des actuels Présidents sénégalais et ivoirien, du moins comparativement à leur stratégie qui leur a valu le fauteuil présidentiel? À un moment donné, on devait s’arrêter et se poser des questions sur nos convictions réelles, des questions existentielles: Est-ce que nous voudrions réellement libérer le Togo pour tous les Togolais ou pour nos intérêts personnels et ceux de notre clan? C’est là où se trouve la grande question qui divise les Togolais de nos jours et qui mérite un débat sérieux. Mais aussi une petite humilité voire une honnêteté intellectuelle devrait nous amener à admettre notre échec cuisant: seize ans de lutte sans moindre succès, seize ans de combat sans pouvoir libérer notre peuple, et pire encore, le diable est mort de lui-même et enterré avec tous les honneurs répugnants sans faire face à la justice.
Un examen de conscience de chacun de nous, nous permettrait de répondre à cette question plus haut posée. Mais dores et déjà, nous croyons que l’occasion nous est offerte par cet Accord qui a accouché d’un premier ministre de nos rangs, saisissons-la, bien sûr avec circonspection, et expérimentons-la. On ne peut pas juger d’avance, ou mieux, présumer irréfutablement l’incapacité d’une personne, sans l’avoir jamais vu à l’œuvre, sinon, le reste ne serait qu’une simple jalousie qui ne dit pas son nom. Certes, nous sommes tous conscients des insuffisances de cet Accord relativement au problème de l’armée, de la légitimité de Faure, du cas des réfugiés et de l’emploi des jeunes laissés à eux.
Mais y a-t-il eu depuis près deux ans, une solution, voire même une approche de solution à ces problèmes percutants? Nous sommes loin de l’avoir eue, au contraire nous tournons en rond pendant que la situation s’empire. Aucune solution magique n’a été proposée. On se plaît de publier nos réflexions, de rencontrer Faure çà et là, et ce faisant nous l’avons légitimé, de rendre visite aux réfugiés sans leur apporter le minimum de ce dont ils ont besoin pour leur survie, de revenir de yovodé faire notre paon, d’envoyer Western union à nos familles, ignorant ceux qui n’ont personne à l’extérieur, et d’assister passivement à la gestion rocambolesque des affaires de l’État. Le pillage continue et la population s’enfonce irrémédiablement dans le gouffre. Doit-on encore se maintenir à l’écart, et contribuer ainsi à l’aggravation de ces problèmes?
Il fallait donc faire quelque chose. Et c’est ce que les signataires de l’Accord, à notre sens, ont fait pour essayer de remonter la pente qu’on n’ignore pas glissante.
A la lumière de ces faits réels, n’est-ce pas que vous êtes aussi stupéfaits de voir l’acharnement intempestif de certains commentateurs qui, on dirait, s’étaient endormis au moment de la signature de l’Accord jusqu'à la nomination du premier ministre avant de sursauter, sinon, pourquoi ont-ils attendu si longtemps pour dénoncer cet Accord, s’ils étaient des vrais patriotes comme ils le disent si fort? La vraie question est là.
Mais nul n’est dupe, car on sait qui ils attendaient voir nommé pour se frotter les mains et se procurer des billets d’avion à crédit pour atterrir au pays. C’est ce qu’on appelle des parvenus qui ne regardent que leurs intérêts comme ils l’ont toujours été. Nous connaissons certains de ces détracteurs du gouvernement actuel, qui pourtant, à la signature de l’accord ne s’étaient pas donnés un temps de réflexion avant de féliciter les signataires et fabriquer selon leurs intérêts, à qui voulait les entendre, le nom du premier ministre en se prétendant déjà chef de l’opposition comme si on pouvait sortir du néant pour devenir chef de l’opposition au parlement sans élection législative. Jusque là, l’ambition n’était pas démesurée puisqu’en politique tous les rêves sont permis même s’ils ne sont pas tous réalisables. En revanche, c’est le fait de revenir en charge sur cet Accord dont l’imperfection était déjà connue de tous, mais acceptée comme telle par tous les signataires, voilant (ces commentateurs) ainsi leur vraie intention, celle de vouloir malhonnêtement vilipender les honnêtes hommes au gouvernement, que nous dénonçons. Pourquoi certains Togolais sont-ils si mesquins, cupides et égoïstes? Voila l’une des raisons pour lesquelles notre lutte a toujours été vaine! Ça suffit comme ça, le monde entier nous regarde dans notre culotte!
Les mêmes personnes parlent avec une mémoire courte de parti unique. On en vient à se demander d’ailleurs où est-ce qu’ils ont fait leur école de démocratie ou de multipartisme? Ont-ils réellement la mémoire courte? Sinon, que disent-ils de la coalition de l’opposition qui avait accouché d’un candidat unique en 2005? Si leur yovovia avait eu le flair de nous imposer un jeune qui serait à même de sortir et réclamer sa victoire comme à Madagascar, en Ukraine et j’en passe, n’est-ce pas là que les tenants et les aboutissants de cette coalition étaient un gouvernement consensuel de toute l’opposition, du moins, celle de la coalition après la victoire? Mais comme cela les arrangeait bien, il était impossible de parler de parti unique et c’est vrai, car dans un contexte politique comme celui du Togo de nos jours, il serait malsain de soutenir une thèse de retour au parti unique. Rien qu’à les lire, on comprend que les Togolais n’éviteraient un retour au parti unique qu’à la seule condition que le premier ministre vienne de leur clan. C’est dégueulasse et peu logique comme raisonnement, c’est même une mauvaise foi, d’où la question, qui veut quoi pour qui au Togo?
Chers compatriotes, resserrons nos coudes autour de ce gouvernement pour espérer retrouver un Togo de paix, de liberté, de joie et surtout de prospérité dans un futur proche, car seule notre victoire à ces élections pourra fonder notre espoir, et comme nous comptons sur certaines honnêtes personnes au gouvernement, notamment le Premier ministre lui-même, le Prof Gnininvi, Prof Adouayom, Me Egbor, etc., qui n’hésiteront pas à démissionner (faute de quoi nous serons les premiers à les blâmer) si le rpt veut torpiller leurs travaux en vue d’une élection transparente et démocratique, alors, prenons nos responsabilités, nous, la jeunesse déterminée, et qui sont celles d’apporter notre pierre à cette construction.
A bon entendeur à pied d’œuvre!
Charles-le-Bon Lorimpo Lamboni, Montréal, Canada
Ex Président du CEUB (Conseil des Étudiants de l’Université du Bénin)
Courriel: lorimpo@yahoo.com
Nestor Kodjo Gbodzisi, Lyon, France
Ex Vice Président du CEUB/CEUL
Courriel: kojog@yahoo.fr