Feu Norbert Zongo est un homme qu’on ne présente plus, tant le crime ignominieux et
ignoble dont il a été victime l’a rendu davantage célèbre en faisant de lui un
grand nom du journalisme africain qui voulait enquêter sur une histoire
d’assassinat du chauffeur d’un demi-frère du dictateur Blaise Compaoré.
Dans le roman qu’il nous a laissé et intitulé à titre posthume "Le parachutage",
Norbert Zongo nous fait visiter l’imaginaire d’un dictateur et le fonctionnement
de son régime politique.
Nous sommes en République Démocratique Watinbow au temps de la guerre froide. Par
définition, le parachutage est une opération militaire organisée et préparée par
le Chef d’État en vue d’éliminer certains officiers qui sont à ses yeux capables
de lui prendre son fauteuil.
Le dictateur, un valet de l’impérialisme du nom de Gourma, est un alcoolique hors
pair et un pédophile fieffé.
C’est aussi un anti-communiste primaire qui n'a cessé de pourchasser les
étudiants et les syndicalistes proches de cette idéologie.
Mais, ironie du sort, ce sont ces hommes-là qui vont l'aider à retrouver l'autre
rive lorsqu'il prit la fuite suite à une supercherie montée par la France.
On le voit encore, la France est là présente et c'est elle qui fait et défait les
rois et roitelets en Afrique. C'est bien cette France qui a mis au pouvoir Gourma.
C'est encore elle qui l'a destitué grâce à un putsch.
À la suite d'une négociation fantoche, Gourma retournera dans son pays avec
l'espoir de reprendre le pouvoir. Peine perdue. C'est plutôt la prison qu'il
connaîtra à son retour.
Le roman nous permet aussi d'aller au cœur de l'armée, un instrument aux mains
d'un seul homme et dont le rôle dans le parachutage reste le défilé militaire.
Note de lecture du
Le parachutage
Norbert Zongo
Éditions L'Harmattan novembre 2006
Bruxelles, le 03 juin 2007
Maurice Mouta Wakilou Gligli