Un homme qui croit est un homme qui espère, «Wofloumi». La jeunesse togolaise doit s’organiser autrement pour que le meilleur d’entre nous soit choisi en 2010.
Meilleurs vœux à tous pour 2008.
1: Considérations
Je repasse le film des douze mois qui viennent de s’écrouler. Tout le monde est frappé par la rapidité avec laquelle la vie politique de notre pays s’est transformée. À l’issue des élections du 14 octobre 2007, des questions qui étaient présentes persistent. Nous assistons à une formidable accélération de l’histoire. Tout le monde croyait que l’opposition allait s’unir pour aller gagner les élections. L’effondrement de l’opposition togolaise a laissé tout le monde dans un émoi. Nous assistâmes au spectacle lamentable de l’échec de la formation d’un nouveau gouvernement Mally qui devrait saisir l’occasion pour se réconcilier définitivement avec le peuple. L’UFC, écartée du jeu, n’a pas été invitée à participer au gouvernement. Certaines langues se délirent et parlent de «moi ou rien». Cherchons plutôt la cause de la division. Sinon, la victoire n’est pas pour aujourd’hui. La polémique est là. Elle porte sur la morale publique. De l’entrée au gouvernement des deux des plus durs d’entre eux. Prévisible dès la proclamation des résultats de la mascarade d’élection législative. Pourquoi tant de haine entre nous? Nous autres, c’est simplement la réaffirmation de nos convictions, de l’intérêt de la chose publique. Il y a encore des femmes et des hommes togolais qui espèrent. Un Homme qui croit est un Homme qui espère. Ces problèmes ne rendent pas heureux les Togolais. C’est une évidence. Comme disait Benoît XVI, «si nous ne pouvons espérer plus que ce qui est accessible, ni plus que ce que l’on peut espérer des autorités politiques et économiques, notre vie se réduit à être privée d’espérance». L’espérance politique c’est la force de l’ambition, renchérit un Jésuite. Pour extraire le Togo, à commencer par la jeunesse, de l’impasse dans laquelle il se trouve, où l’avenir de nos enfants comme une menace, au lieu de le voir comme un espoir.
La démocratie (du grec, demos le peuple; et kras, kratos le pouvoir) est un système politique basée sur l’égalité des droits civils et civiques, suppose la réunion de plusieurs principes institutionnels qui n’ont été acquises que progressivement au prix de nombreuses luttes sociales et politiques soit par la plume ou l’épée. Nous avons été trompés par l’opposition de notre pays.
2: Résumons de la situation politique du Togo: duper, flouer «wofloumi»
«Wofloumi» est un mot composé de trois syllabes que je vais essayer de décortiquer pour montrer la naïveté dans laquelle nous nous sommes embourbés depuis 1990.
Wo: signifie en éwé, langue communément parlée au sud Togo; «vous, l’autre», ici ce terme désigne l’opposition togolaise: Maître Agboyibor, Edem Kodjo, Pr Gnininvi, Maître Koffigoh, Gil Christ, Lanzo… Parmi eux, il y a les opposants radicaux, les opposants modérés, les opposants lucides, les opposants constater, les opposants pétards, les centristes, les bavards, les propagandistes, les participationnistes, les décadents, les affamés, les dynamiques, les verts, les altermondialistes, les communistes, les vrais, les faux, les un pied dedans, les un pied dehors.
Devant eux, le RPT et ses partis satellites, bref la mouvance présidentielle. En 1990, ils étaient tous unis, nous promettaient l’apocalypse, c'est-à-dire la fin du régime Eyadema, certains avec une plume, d’autres avec l’épée.
Flou: ce mot encore éwé, bien que nous l’ignorions, dérive du français et étymologiquement veut dire: tromper, duper; a pour synonyme en éwé, «adzédada, alakpadada, amébléblé, lêloo, lêguêdê», bref le mensonge tout azimut.
Mi: veut dire dans notre langue, «nous, la population togolaise».
Flouer: selon le dictionnaire, flouer veut dire: duper quelqu’un, voler, abuser, mystifier quelqu’un en le trompant. Une configuration qui manque de clarté, de netteté, de logique, bancale, Tromper une personne sans qu’elle en ait le moindre soupçon. Ce qui veut dire que depuis 17 ans, les Togolais ont été dupés par l’opposition, notre opposition à qui on avait confiance à cent pour cent.
Les Togolais ont été la dupe de leur opposition. Nous avons été abusés, roulés dans la farine. C’est de la duplicité, c'est-à-dire le caractère d’une personne qui a deux attitudes, une opposition qui jouait depuis le début un double jeu. La nuit, en cachette, on va à Lomé II, manger, prendre du fric et une fois dehors on insulte Eyadema en le qualifiant de tous les maux. Ce n’est que de la fausseté, de l’hypocrisie. On s’est laissé duper aisément plusieurs années sans le savoir. Soit on a une conviction et on va jusqu’au bout.
La conviction c’est le fait d’être convaincu de quelque chose, avoir la foi en cette chose, le sentiment de quelqu’un qui croit fermement en ce qu’il pense, dit ou fait, la certitude. En politique, c’est une opinion, un principe auxquels on croit fermement. Cette certitude est fondée sur des preuves évidentes, sérieuses, fermes, sans doute, ni scepticisme. Or, depuis 1990, nous n’assistâmes qu’à des propagandes, à des insultes.
3: Leçon de chose à tirer en 2008
L’opposition togolaise a amené le peuple à s’autodétruire. Elle nous a menti, trompée. Ceux des nôtres qui sont morts, sont morts inutilement. Ceux qui sont exilés au Ghana, au Bénin, en Occident, ont tout perdu inutilement. Un proverbe togolais stipule «l’enfant qui casse une coquille d’escargot ne peut briser la carcasse d’une tortue»; la carcasse de la tortue, c’est le RPT. Ce parti à l’armée, les armes et l’argent du peuple togolais. Un autre proverbe de notre pays dit: «un chien peut briser un os mais pas un morceau de fer». Pour l’UFC, un petit chat ne peut attraper qu’une petite souris.
Suite à la réélection de Monsieur Bonfoh Abass, Président de la nouvelle assemblée nationale tricolore avec une voix du CAR et 47 du RPT, voila comment l’on peut résumer le statut de l’opposition togolaise. L‘opposition togolaise est la plus mauvaise du monde. Égoïste, il n’y a que l’argent et le pouvoir qui les intéressent. L’amour de la nation on s’en fou.
Dans l’opposition, il y a une sorte de légèreté, d’abandon spontané de la lutte. N’oublions pas les moments un peu étranges, des aberrations: Koffigoh, Premier Ministre, certains membres de l’opposition remarquent que c’est eux normalement qui devraient être à l’ancienne présidence de Olympio. Commencent des coups bas derrière Joseph. Ce dernier s’énerve et remet le pouvoir à Eyadema. Quelle chance pour le Général. Ce dernier est un homme trop chanceux. Mivedor et les autres l’ont supplié en 1963 de devenir Chef d’État malgré son désaccord. Des ambiances un peu troubles naquirent. Koffigoh devint le traite jamais égalé au monde. Des agacements de formes apparurent partout au pays et dans la diaspora. L’UFC se force aujourd’hui dans l’habileté à embarquer le peuple dans son périple. Et l’on se rend vite compte que l’on peut s’aventurer sans carte ni boussole vers le changement.
Conclusion
L’opposition togolaise est comme cette réflexion de Victor Hugo: «Méfiez-vous de ces armées d’un lorgnon, qui s’en vont partout en criant: j’observe mon siècle, tantôt leurs lunettes grossissent les objets, les faits, et alors, des chats leur semblent des tigres, tantôt elles les rapetissent, et alors, des tigres leur paraissent des chats».
L’utopie a davantage révélé les dysfonctionnements d’une époque qu’elle n’a proposé de remède salutaires. La politique togolaise est chimérique et irréaliste. La jeunesse togolaise doit s’organiser autrement pour que nous les enfants de 1960, à 48 ans en 2008, le meilleur d’entre nous soit choisi en 2010 pour aller aux élections présidentielles. Meilleurs vœux pour 2008.
Paris, France, 31 décembre 2007
Ambroise Koffi Corsam