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Des réactions tous azimuts pour dénoncer une forfaiture

(Diastode.org,   Lomé, Togo,   3 janvier 2003)


Le lundi 30 décembre 2002, l'Assemblée nationale togolaise, composée exclusivement des députés du Rassemblement du peuple togolais (RPT), parti au pouvoir depuis bientôt quatre décennies, a offert à la population togolaise comme cadeau de fin d'année, la modification de 34 articles de la Loi fondamentale qu'elle s'est donnée par référendum le 27 septembre 1992. Suite à cet acte on ne peut plus révoltant, les réactions ne sont pas fait attendre.

Ainsi, le leader de l'Union des forces de changement, Gilchrist Olympio a réagi depuis Bombay en Inde, sur RFI: «Que M. Olympio soit exclu ou qu'il soit dans la course, ce sont des problèmes mineurs. Je crois que tout cela, ce sont des détails d'un système d'un despote qui est là et qui utilise tous les moyens en se couvrant d'une couverture juridico-technique et nous perdons notre temps en nous mettant dans cet argument là! Nous avons dépassé ce cap et nous ne sommes plus dans une logique de la discussion avec M. Eyadéma,ou dans une logique de loi ou de Constitution. A partir de maintenant, c'est la confrontation. En 1998, nous avons gagné les élections, il a fait dissoudre le parlement et notre Commission électorale indépendante, il a nommé quelques généraux pour compter les voix, et s'est proclamé Président, et tout le monde l'a regardé faire. Cette fois-ci, ce ne sera pas la même chose. Nous allons lancé notre lutte de désobéissance civile, et çà va commencer par là jusqu'à ce que M. Eyadéma parte.
Ca suffit! Il faut qu'il parte! Il faut le faire partir par tous les moyens possibles!»
(Écouter l'interview:        ou     )

Même son de cloche chez l'ancien Premier Ministre Agbéyomé Kodjo, désormais dans les rangs de l'opposition, qui qualifie au passage l'acte de «coup de force constitutionnel», avant de s'adresser directement au peuple togolais: «le moment est donc venu de vous décider, soit demeurer dans l'esclavage moderne, soit donner des ailes à notre liberté confisquée depuis la nuit des temps.» L'ancien baron du RPT poursuit: «Si hier il était temps d'espérer, aujourd'hui plus que jamais, le temps de l'action vigoureuse est venu, car l'avenir appartient au peuple courageux. (...) Le peuple a tout donné, l'opposition a tout essayé, maintenant il faut trouver d'autres moyens sur la base de l'unité d'action retrouvée pour mettre fin à ce système qui considère la peur du fusil et la faim au ventre, comme moyen de terreur pour opprimer un peuple d'une rare qualité de docilité et de tolérance.» Agbéyomé Kodjo, désormais basé à Paris assène: «Nous ne devons plus avoir peur. Le pouvoir au fil des ans, a détruit l'âme de notre peuple et nous n'avons plus rien à craindre, sinon nous battre pour recouvrer notre liberté et évoluer désormais dans un environnement de justice et de responsabilité.» Il a ajouté, sibyllin: «Si le chef ne respecte pas la loi et les mesures réglementaires souveraines, on ne devait plus avoir de scrupules pour le combattre avec les mêmes armes.»

Edem Kodjo, le leader de la Convergence patriotique panafricaine(CPP) n'y est pas allé pas par quatre chemins: «Ce qui s'est passé n'est plus ni moins qu'une infamie. C'est une véritable forfaiture...» L'ancien Secrétaire Général de l'OUA, très amer: «Non, on ne peut pas accepter cela. Je crois que l'on est en train de provoquer inutilement le peuple togolais. On ne peut pas accepter que l'on se lève comme ça et que l'on trace un trait sur le texte fondamental pour permettre à quelqu'un de se présenter au élections présidentielles.» Il se révolte: «Nous allons nous battre, cette fois-ci nous allons nous battre pour que cette situation ne soit pas avalisée purement et simplement.»

Le Sécretaire Général de la Convention démocratique des peuples africains (CDPA), le Professeur Gnininvi, a déclaré pour sa part que «l'Assemblée Nationale a fait porter un chapeau de menteur au président de la République qui a renié sa parole de militaire».

Tandis due la Fédération internationale des Ligues des droits de l'Homme dénonce les coups d'États répétés au Togo depuis l'assassinat du premier président élu Sylvanus Olympio. Et le quotidien kényan "Dayly Nation" de commenter: «Le président Eyadèma fait la honte de toute l'Afrique.»