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Échos de la Diaspora Échos de partis politiques


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Déclaration de Dakar

(Concertation Nationale de la Société Civile (CNSC),   Dakar, Sénégal,   24 mars 2003)


Les délégués de la société civile interne et de la diaspora au Colloque Nationale pour la Renaissance de la Patrie organisée par la Concertation Nationale de la Société Civile en collaboration avec la Société Civile sénégalaise, se sont réunis à Dakar du 19 au 22 mars 2003 pour partager des points de vues et procéder à des analyses approfondies de la situation togolaise.

I. De l'environnement de tenue du colloque

A l'issue des travaux, les délégués au colloque

1. Prennent acte du blocage par le gouvernement togolais du financement de l'Union Européenne promis au Colloque

2. Dénoncent les énormes pressions inamicales exercées par le gouvernement togolais sur les autorités politiques sénégalaises;

3. Déplorent les tracasseries et la surveillance policières conséquentes subies à Dakar par les organisateurs et les participants au colloque;

4. Protestent contre la garde à vue déguisée du coordonnateur de la Concertation Nationale de la Société Civile du Togo toute la journée du 19 mars 2003, date prévue pour l'ouverture la rencontre;

5. Apprécient cependant la compréhension des autorités politiques et administratives Sénégalaises;

6. Remercient vivement tout le peuple sénégalais pour son accueil chaleureux sur la terre de la Teranga, réputée modèle de démocratie et pays de dialogue en Afrique de l'Ouest;

7. Remercient chaleureusement la société civile sénégalaise et plus particulièrement la RADHO, le CONGAD, le RADI et l'ONDH pour leur soutien et leur collaboration exemplaires et fraternels;

8. Remercient sincèrement la société civile canadienne, et plus particulièrement "Droits & Démocratie" et "Développement & Paix" pour leur appui au colloque;

II. De la situation socio-politique togolaise et des échéances électorales

En outre, les délégués au colloque, considérant:

- la Constitution du 14 octobre 1992 par laquelle notre pays a consacré son engagement sur la voie de la démocratie et de l'État de droit
- les nombreuses péripéties qu'a connu le processus démocratique depuis la Conférence Nationale Souveraine de 1991
- la détermination du peuple togolais à œuvrer pour l'enracinement d'un régime politique consensuel garantissant les droits et libertés pour tous, la protection des droits humains, la liberté d'initiative, le bien-être individuel et collectif et une image positive du pays
- les droits inaliénable reconnus aux citoyens par la Constitution togolaise, la Charte Africaine des Droits de l'Homme et des Peuple ainsi que la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme
- les efforts consentis par les différentes forces politiques dans leur désir légitime d'animer le jeu politique suivant les règles de compétition admises par les lois de la République
- les rapports tumultueux entre l'opposition, le pouvoir et une frange néo-dissidente du pouvoir se traduisant par:
* l'affaiblissement de l'appareil étatique
* l'effondrement des conditions de vie des populations
* l'anachronisme des jeux électoraux qui se résument à des rituels formels
* l'atmosphère de défiance permanente entre les forces politiques nationales
* l'échec de l'accord cadre de Lomé
* le remaniement unilatéral de la constitution et du code électoral par une assemblée nationale illégitime installée aux forceps
* le dépouillement des prérogatives essentielles de la Commission Électorale Nationale Indépendante
* le musellement persistant des libertés individuelles et collectives
* le départ massif en exil de centaines de milliers de Togolais désespérés
* les risques réels et imminents d'un conflit ouvert armé au Togo

9. constatent la persistance d'un climat socio-politique totalement défavorable à l'organisation d'élections libres, transparentes, équitables et sereines au Togo;

III. Des conditions de sortie de crise

Pour Finir, les délégués au colloque

10. Réaffirment leur engagement ferme à œuvrer à la résolution de la longue crise socio-politique togolaise par des actions idoines visant à éloigner les risques de voir sombrer le Togo dans un conflit armé fratricide achevant de démanteler le pays;

11. Saluent pour ce faire les différentes initiatives de concertation et de réorganisation des citoyens togolais de l'intérieur et de la diaspora sur tous les continents et les invitent à des actions synergiques visant à la renaissance politique, économique et sociale pacifique de la patrie;

12. Approuvent la mise en place:
- d'un vaste programme de sensibilisation et de mobilisation citoyenne pour la renaissance de la patrie
- d'un Collectif des ONG pour des Élections Libres, Pacifiques et Transparentes au Togo
- d'une initiative de médiation politique au Togo sous la houlette de la société civile nationale
13. Invitent la classe politique togolaise dans son ensemble et toutes les forces vives de la Nation à un sursaut national pour faciliter l'éclosion d'un processus de fond pour la résolution durable de la crise togolaise et l'enracinement d'un Togo véritablement démocratique, politiquement stable, économiquement prospère et socialement épanoui, prêt à jouer sa partition dans la construction de la maison commune africaine.