Malheureusement, le pouvoir au Togo a jugé cet offre
"inacceptable" et a refusé d'autoriser le NDI à
mener ses activités dans le pays. Ainsi, jugeant bon de
ne pas "exposer les participants togolais ainsi que
les employés et formateurs de l'Institut aux
harcèlements et intimidations du gouvernement,"
l'institut américain a tout simplement jeté l'éponge
en suspendant son programme pour le Togo.
«Ce comportement du pouvoir en place au Togo
démontre le manque de volonté politique et la mauvaise
foi des hommes qui ont pris en otage tout un peuple
depuis environ quatre décennies, mais qui sont prêts à
rejeter la responsabilité de l'échec du processus
démocratique de notre pays sur l'opposition
démocratique», a déclaré un leader de l'opposition qui
n'a pas manqué de juger cet état de fait de «grave et
lourde de conséquences» pour le Togo. Voici la
déclaration rendue publique par le NDI:
DÉCLARATION DU NDI
L'Institut National Démocratique pour les
Affaires Internationales (NDI) a le regret d'annoncer
la suspension de son programme d'assistance au
développement des partis politiques au Togo. Cette
décision fait suite aux efforts répétés du NDI
d'obtenir une autorisation du gouvernement pour mener
des activités de renforcement de capacité des partis
politiques. Le projet du NDI au Togo vise à former les
dirigeants et militants des partis de la majorité et
de l'opposition sur la manière d'améliorer leurs
compétences en communication, d'encourager les
procédures démocratiques internes, de renforcer la
participation des femmes et des jeunes au sein des
partis et de renforcer la capacité des délégués pour
l'observation des élections, conformément au code
électoral du Togo. Malheureusement, le refus de
l'autorisation gouvernementale a rendu pratiquement
impossible pour le NDI l'accomplissement de ses
objectifs.
Le gouvernement, le parti au pouvoir et les partis
d'opposition ont accueilli le NDI au Togo en décembre
2002 lorsque l'Institut a mené une mission
d'évaluation politique comme un prélude à un programme
de soutien aux partis politiques d'une durée de six
mois. Dans son rapport distribué en février dernier,
le NDI avait noté: "le climat de méfiance qui prévaut
parmi les responsables politiques, allié aux quarante
années de suprématie politique ininterrompue du Chef
de l'Etat, le président Gnassingbé Eyadéma, continue à
peser sur le développement des institutions
pluralistes du pays et saper le potentiel économique
et politique du pays". La personnalisation de la
politique au Togo a étouffé le discours public,
rendant les partis politiques, les organisations de la
société civile et les pouvoirs publics ineptes ou peu
disposés à promouvoir et sauvegarder les principes
démocratiques basés sur la liberté d'expression et le
droit à un processus électoral juste. Ceci a limité
les chances d'une alternance pacifique du pouvoir à
travers des élections crédibles qui permettent aux
citoyens de choisir ceux qui les gouvernent, un droit
garanti dans la Déclaration Universelle des Droits de
l'Homme.
Depuis le retour du NDI à Lomé, des modifications ont
été effectuées sur la constitution et le code
électoral du pays sans débat public, soulevant ainsi
de sérieux doutes sur la possibilité d'une compétition
équitable pour les élections à venir. Au début de
janvier 2003, le gouvernement togolais a imposé des
conditions sur les activités du NDI, en commençant par
demander à l'Institut de s'enregistrer en tant
qu'association locale avant que le programme puisse
démarrer. Le gouvernement a également jugé la
proposition du NDI de former les délégués des partis
politiques de toutes tendances "inacceptable", même si
ces activités sont autorisées par l'Article 101 du
code électoral. Un représentant du gouvernement
togolais a déclaré que "le sujet était trop sensible
pour la période électorale actuelle".
Le NDI, par conséquent, a conclu que des activités de
formation menées pendant la période pré-électorale
pourraient exposer les participants togolais ainsi que
les employés et formateurs de l'Institut aux
harcèlements et intimidations du gouvernement. Les
arrestations des dirigeants et militants des partis
politiques ont démontré les limites des libertés
fondamentales au Togo, tout particulièrement en
période électorale.
Malgré ce revers, le NDI demeure engagé à assister
les démocrates togolais de tous bords dans la
construction des institutions démocratiques et la
création d'un espace de dialogue. Nous saluons le
courage des nombreux individus et groupes dont les
efforts dans la promotion de réformes pacifiques et la
protection des libertés fondamentales demeurent une
inspiration pour la communauté des démocrates au Togo
et à travers le monde. Le NDI a l'intention de
continuer à partager son point de vue sur la situation
politique du Togo et souhaiterait avoir l'opportunité
de reprendre ses activités quand les circonstances le
permettront.
Les programmes du NDI au Togo ont été financés par
l'Agence Américaine pour le Développement (USAID).
Lomé, le 4 avril 2003