Jean-Pierre Fabre, secrétaire général de l'UFC, a été
arrêté ce dimanche 11 mai 2003 à Lomé, aux environs de
20 heures TU, et conduit à la
sûreté nationale à Lomé.
Des sources proches du parti indiquent qu'une dizaine
d'hommes en tenue et fortement armés (exception faite
d'un seul parmi eux) s'étaient introduits dans son
domicile sis au quartier populaire de Kodjoviakopé et
lui ont demandé de les suivre pour "répondre à une
interrogation".
"Cette arrestation arbitraire, comme celles opérées ces jours-ci, vise
simplement à intimider et à réduire au silence toute
voix dissidente à l'approche des élections, comme ce
régime en est coutumier." a indiqué un communiqué du
parti depuis Paris.
Le parti de Gilchrist Olympio qui vient d'être mis
hors course pour la présidentielle du 1er juin, a
annoncé ce vendredi que son Secrétaire général
Jean-Pierre Fabre, dont le domicile a été encerclé
jeudi matin par des éléments en tenue, "a dû quitter
le Togo pour raison de sécurité". Mais l'intéressé,
joint par la suite, a déclaré qu'il ne se reproche rien
et n'entend pas fuir le pays.
Par ailleurs, 40 militants du parti ont été arrêtés,
le samedi 10 mai 2003, au quartier Doulassamè (Lomé).
Une centaine de gendarmes ont pris d'assaut le
domicile où ces militants tenaient leur réunion
hebdomadaire.
Selon un autre communiqué rendu public à ce propos,
l'Ufc considère que "ces arrestations constituent tout
simplement de nouvelles violations des droits
constitutionnels des citoyens et de la charte des
partis."
"A l'approche d'échéances électorales, poursuit le
communiqué, le pouvoir multiplie les intimidations et
les manipulations pour justifier la répression," avant
d'assener: "Ainsi que le signale le dernier rapport
d'Amnesty international, «ces faits illustrent la
volonté des autorités togolaises de réduire au
silence, par l'intimidation et par la force, toute
voix dissidente à quelques semaines de l'élection
présidentielle de juin 2003»."
Pour l'Ufc, "nous allons assister le 1er juin à un
simulacre d'élection. L'UFC interpelle la communauté
internationale et notamment la France pour que des
pressions soient exercées sur le gouvernement togolais
afin qu'il respecte les droits humains."
Il faut noter que ces arrestations surviennent juste
après que Lomé ait été secouée par une vague de
violence où quatre stations d'essences Total ont été
attaquées, dont une brûlée. Aussi, le restaurant
français Okavango a été secouée par une déflagration.
Trois personnes arrêtées et présentées à la
Télévision d'État, n'ont impliqué aucun responsable de
l'Ufc, mais prétendent être "envoyés par un certain
Assimata qui leur a promis une bonne place quand les
choses changeront dans le pays."