Le clan Eyadèma au pouvoir depuis bientôt quatre
Décennies, n'a pas attendu le vendredi 16 pour
déclancher sa campagne dans le compte de la
présidentielle prévue pour se tenir le 1er juin
prochain. La veille, des photos et autres posters
géants du dictateur sont placardés sur les murs de la
capitale et surtout au centre ville et au rond-point
"Place de la paix", en face du Camp du Régiment
interarmes du Togo où réside le Président Eyadèma.
Mais juste le lendemain, des individus non identifiés ont
déchiré une grande partie de ces affiches et au
meilleurs des cas, ont peint avec la boue la plupart
des photos ou les ont défigurées simplement, les
rendant horribles à voir. Ce qui a fait monter le
Ministre de l'Intérieur et de la Sécurité, le Chef
d'Escadron Akila-Esso Boko au créneau, pour menacer ces
"fauteurs de troubles" en les prévenant qu'ils tombent
sur le coup de la loi. Mais peine perdue.
"C'est un signe de désarroi et de désespoir longtemps engrangés
dans les coeurs qui s'extériorise de la sorte et l'on
ne peut rien. Eyadèma dégoûte tous les Togolais et il
doit le savoir et partir," a déclaré un sexagénaire qui
a contemplé une de ces photos "fantomatiques". Et Raoul
Nabiouliwa, chômeur, titulaire d'une Maîtrise en
Géographie, converti en conducteur de Taxi-moto
communalement appelé "Zémidjan", de renchérir: "Bien
que ces actes soient punis par la loi, le cas
d'espèce mérite une réflexion approfondie. Je suis sûr
que les militaires sont impliqués dans ces
destructions de affiches du Président, car quel civil
aura le courage d'aller déchirer les affiches
d'Eyadèma sur les murs du Lycée de Tokoin par exemple,
un endroit fortement gardé par des militaires à cause
du passage d'Eyadèma? Pourtant, nous voyons des Photos
déchirées à tous ces endroits. Signe de la fin d'un
régime décadent qui n'a plus sa place dans le coeur
des Togolais".
Des sources en provenance de l'intérieure du pays
relèvent que le spectacles est pire dans les
villes et campagnes du pays où il serait très difficile
de voir en bonne forme un photo d'Eyadèma sur un mur,
et où des tricots à l'effigie d'Eyadèma seraient
revêtus aux animaux.
Dans la nuit de dimanche à lundi passé, des témoins
ont déclaré avoir vu le Député Faure Gnassingbé, fils
du Président de la République, dirigé, à bord d'un
pick-up 4X4, un convoi de plusieurs voitures qui
enlevait et déchirait systématiquement les affiches
des leaders de l'opposition en prenant soins de coller
à leurs places celles d'Eyadèma. Ces dernières non
plus, n'ont pas eu longue durée sur ces mûrs après le
départ du fils zélé.
Telle est la petite partie visible de
l'iceberg "rancoeur" qui anime les Togolais à la veille
de l'élection présidentielle en vue. Ce qui fait dire
à certains que de toutes les façons, cette élection ne
se terminera pas n'importe comment. Le pire est à redouter.