Monseigneur Alowonou, Évêque de Kpalimé, est un homme sans problème. Très sensible à la cause des déshérités, il n'hésite pas à prendre des initiatives pour leur venir en aide. Dans les situations difficiles que traverse la population depuis la proclamation des résultats irréels de l'élection truquée, cet homme est au centre d'un dispositif de secours aux blessés dans la ville de Kpalimé et dans les localités environnantes.
Benoît Alowonou a réagi quand on lui a signalé que plusieurs blessés gisaient sans assistance dans la cour de la préfecture de Kloto, à la suite des affrontements entre opposants et forces de l'ordre après la fermeture des bureaux de vote.C'était d'abord deux blessés graves qu'il a personnellement transportés à l'hôpital de Kpalimé. Le directeur des lieux ne voulait pas soign erces personnes considérées par le parti de sa conviction comme des pestiférés. Le prélat a dû hausser le ton, avant que les soins soient faits.
Depuis, tous les blessés convergent vers l'évêché. Monseigneur de bon coeur a transformé une salle en salle de premiers soins, avec l'aide de quelques paroissiens professionnels en la matière.
Depuis le vote de dimanche, il n'y a pas un jour sans qu'un blessé par balles ne soit transporté auprès de Monseigeur. Sa bonhomie est telle qu'il s'oblige à faire ce qui ne relève pas de sa sacerdoce première. Mais cette intervention de bon coeur dictée par l'amour du prochain et la solidarité communautaire ne plaît pas à ceux qui sèment la mort dans la ville. C'est ainsi que depuis mardi 26 avril, des gens n'hésitent pas à proférer par téléphone ou vis-à-vis des menaces de mort contre Mgr Alowonou. "Si tu tiens à vivre, cesse de soigner les opposants"; "Tu es politiciens ou prêtre?" et d'autres inepties sont débitées pour faire peur à l'évêque.
Lui s'en remet à Dieu, mais ses fidèles ont peur et s'inquiètent du silence qui entoure le drame que vit Kpalimé. Ils se rappellent la mort mystérieuse de Mgr Seshie, le prédécesseur d'Alowonou.
L'Eglise catholique et d'autres organisations chrétiennes du Togo avaient, plusieurs jours avant le scrutin attiré l'attention des autorités sur les risques de dérapages et de violence. Sans succès.