NDLR: Diastode.org reproduit ci-dessous un autre document rédigé par la Délégation de la Commission Européenne (DCE) au Togo le 28 avril 2005, pour Bruxelles.
Diastode.org atteste de l'authenticité des notes et rapports de la DCE qui sont publiés, et qui ont été obtenus de sources diplomatiques au Togo.
Objet: Situation au CHU de Tokoin, Lomé
Suite aux rumeurs relatives à des exactions commises dans la nuit du 27 au 28 avril, la Délégation s’est rendue au CHU de Tokoin afin d’obtenir des renseignements quant au nombre d’admissions (blessés et morts) pendant les dernières 24H.
Le personnel de la Délégation s’est rendu dans un premier temps aux urgences, où selon le témoignage d’un personnel soignant, plusieurs blessés (coups, balles) auraient été admis pendant la nuit. Trois blessés légers ont raconté avoir été frappés par des civils armés dans le quartier de Bé. Il a été impossible de recueillir plus d’informations ou de voir d’autres blessés: un médecin est intervenu en interdisant au personnel de la délégation de communiquer avec les blessés ou de rester aux urgences sans autorisation.
La directrice de l’hôpital, effrayée et sous sur surveillance (elle l’a elle-même confirmée), a expliqué avoir reçu l’ordre de ne pas fournir d’information: les données ont été transmises à la ministre de la santé, seule personne habilitée à délivrer des informations.
Des employés de la Croix Rouge togolaise, présents devant les urgences ont confirmé brièvement l’arrivée de victimes mais se sont dits dans l’impossibilité de témoigner.
L’équipe de la délégation s’est rendue à la morgue: l’accès aux locaux lui a été interdit et personne n’a accepté de témoigner. Seul un employé a discrètement parlé de 14 corps (tués par balle), dont 1 jeune garçon (non encore identifié) d’environ 14 ans. Selon des sources hospitalières concordantes, au moins 50 corps seraient arrivés à la morgue de Tokoin suite aux affrontements qui ont éclaté après la proclamation des résultats provisoires de l’élection présidentielle.
Il est indéniable qu’aucune information ne filtre de l’hôpital quant aux nombres de victimes admises au CHU suite aux récents affrontements. Le personnel de l’hôpital est sous surveillance et n’ose parler.