Les activités ont repris presque normalement ces jours-ci dans la capitale togolaise, Lomé, théâtre de tensions et de violences avant et après l'élection présidentielle du 24 avril dernier (...).
Des sources de la MISNA contactées sur place réfèrent cependant que beaucoup de Togolais sont encore sous le choc et vivent la peur au ventre à cause des scènes de violence auxquelles ils ont assisté.
Aucune enquête n'a encore été menée ni aucun bilan diffusé concernant les violences électorales, qui ont opposé des partisans de l'opposition aux partisans du pouvoir (Rassemblement du peuple togolais, RPT) et aux militaires dans plusieurs villes du pays, bien que des informations non confirmées parlent d'une centaine de morts.
De nombreux témoignages ont également fait état d'incursions violentes des forces de l'ordre dans les maisons, à la recherche des opposants.
La principale coalition de l'opposition, l'Union des forces pour le changement (UFC), qui avait dénoncé des fraudes massives – au même titre que des représentants de la société civile – et dont le candidat Emmanuel Akitani Bob s'était autoproclamé président - brille ces jours-ci par son silence.
Le candidat de l'opposition modérée Nicolas Lawson, qui s'était retiré à la veille du scrutin en dénonçant des irrégularités, a pour sa part appelé hier la coalition à participer à la formation d'un gouvernement d'union nationale.
Les sources locales de la MISNA soulignent que plusieurs radios sont encore muselées et que seule la radio-télévision nationale et dans une moindre mesure la BBC, fonctionnent.
Pendant ce temps, les Togolais qui ont fui le pays pour se réfugier au Bénin – environ 13.000 personnes – ne s'apprêtent pas à rentrer dans leur pays et environ 250 à 300 personnes auraient encore franchi la frontière hier. Le président béninois Mathieu Kérékou aurait hier adressé ses félicitations au nouveau président togolais, sans cependant faire allusion à la situation d'urgence humanitaire que connaît à présent son pays.
Au Ghana, où presque 13.000 Togolais avaient cherché refuge, environ 850 personnes seraient rentrées chez elles à Lomé, selon une porte-parole du Haut commissariat pour les réfugiés, Jennifer Pagonis. La plupart des réfugiés au Ghana, précisent des sources de la MISNA, vont travailler la journée au Togo et franchissent la frontière pour la nuit.