Une ONG togolaise dénommée Environnement et développement international (EDI) a lancé le week-end dernier, une campagne d'affichage dans la capitale togolaise pour sensibiliser les populations sur les problèmes environnementaux, a constaté la PANA.
"Es-tu un bon citoyen?" "Mobilisons-nous pour un environnement sain", lit-on sur ces affiches disséminées un peu partout dans la ville de Lomé.
Cette sensibilisation qui débute dans la capitale, sera étendue aux autres villes de l'intérieur, ont affirmé les initiateurs de la campagne.
Lomé et la plupart des grandes villes du pays connaissent de sérieux problèmes de ramassage, de collecte et de gestion des ordures ménagères, transformant ces cités naguère coquettes en de véritables "villes-poubelles", ont fait remarquer les responsables de l'ONG. Les populations jettent des ordures un peu partout dans les rues, devant leurs maisons, les dépotoirs intermédiaires et finaux n'étant pas bien gérés, déplore EDI.
"Il est important, eu égard aux comportements de certains citoyens, d'interpeller les gens qui jettent des ordures dans les rues pour les rappeler à l'ordre", a martelé le président d'EDI, Class Tino Tossou, ajoutant que "souvent, les populations, en jetant ces ordures dans les rues, croient quelles font du mal à l'Etat". M. Tossou invite les populations à changer de mentalité, ce qui explique ces affiches sur lesquelles on interdit de ne pas faire ses besoins dans la rue et en plein air, sur des dépotoirs, dans les lagunes et flaques d'eau.
Mais, reconnaît Bernard Atsou Akouété, urbaniste, agronome et paysagiste, secrétaire général d'EDI, "des affiches seules ne suffisent pas". C'est pourquoi, EDI qui a conscience des dangers de l'insalubrité, a recensé 69 quartiers où il interviendra dans la ville de Lomé.
L'ONG, mis sur pied il y a huit mois, procède à la remise de brouettes, de pelles et de râteaux aux Comités de développement des quartiers (CDQ) pour appuyer la sensibilisation par affiches.
Selon toujours EDI, un concours "Quartier propre" doté de 10 millions pour le 1er prix et 7 millions pour le 2e, sera lancé bientôt. L'argent gagné par les récipiendaires servira à réaliser des projets d'assainissement dans les quartiers, indique-t-on. L'ONG invite également l'Etat à prendre toutes ses responsabilités en matière de collecte et de gestion des ordures et elle compte sensibiliser les élèves sur les problèmes environnementaux.
Cependant, déclare un chef de quartier, "les problèmes des ordures ne peuvent pas être réglés si l'État ne dote pas la municipalité de Lomé de moyens matériels et humains pour gérer autrement la collecte des déchets laissée aux mains de simples individus non spécialisés dans le domaine".
Lomé, qui compte plus d'un million d'habitants, s'est développée sans plan d'assainissement et sans contrôle", reconnait un agent de la mairie. Selon des sources proches de la Direction des services techniques de la voirie de Lomé, les Loméens déversent 650 tonnes de déchets par jour. Faute de moyens, ces déchets ne sont pas gérés du tout et s'entassent dans les quartiers de la ville.