Accueil English version
Échos de la Diaspora Échos de partis politiques


Précédent  Suivant


Grippe aviaire: les populations sont méfiantes

(XINHUA,   Lomé, Togo,   19 mars 2006)


La grippe aviaire, l'épizootie qui déferle actuellement la chronique, a fortement bouleversé les habitudes alimentaires de bon nombre de Togolais qui apprécient beaucoup la volaille: dans la sauce ou rôtie.

Depuis l'annonce de l'arrivée de la maladie sur le continent africain, la consommation du poulet, de la pintade et du canard, principales volailles élevées dans le pays, a baissé de façon vertigineuse, même si officiellement, on assure que le danger n'a pas encore franchi les portes du Togo tout en exhortant à la prévention.

Dans les marchés de volailles à Lomé, que ce soit à Adawlato, Ahanoukopé, Akodesewa ou Atikoumé, les commerçants se plaignent de ne plus écouler leurs produits en dépit d'une nette diminution des prix préjudiciables à leurs intérêts.

"Ce problème de grippe aviaire, est-ce qu'on peut s'en sortir? J'offre des volailles d'une valeur de 4.000 FCFA en période normale à la modique somme de 1.800 FCFA à la criée, mais aucun passant n'ose s'approcher de moi. Même à 1.500 FCFA, je ne suis pas sûre d'en vendre une seule de cette grosseur...", avoue une commerçante, la mine pâle. Ce n'est pas seulement à Adawlato qu'on rencontre une commerçante aussi désespérée.

Ainsi les commerçants de volaille ne cessent de maudire le fameux et redouble virus H5N1 de la grippe aviaire qui contraint des milliers de consommateurs à s'abstenir d'associer la volaille à la préparation de leurs mets.

Les congelés non plus ne sont pas en estime. Un vendeur d'une boutique d'alimentation dans le centre-ville de Lomé a tenté de convaincre des clients que les poulets congelés de son établissement ont été emballés avant la surgence de la grippe aviaire, mais c'était vain car il était face à des consommateurs irréductiblement prudents qui préféraient du poisson.

Dans la masse, il y a des gens qui affichent néanmoins un courage et une confiance mitigés en rassurant les autres qu'ils peuvent sans courir un péril sanitaire, manger de la volaille. En tous les cas, aucune volaille n'a été dépistée infectée par le virus H5N1 au Togo mais dans leur logique d'extrême prévention, beaucoup de Togolais, notamment des Loméens, continuent d'observer l'évolution de la maladie déjà signalée au Nigeria voisin, et pour se paître de viande, choisissent celle de bœuf, des caprins et du poisson.

Si le gouvernement a mis en place un comité chargé de gérer la question de la nouvelle pathologie aviaire et que le ministre de l'Agriculture et de l'Élevage s'est prononcé sur le problème avec un ton non alarmiste, il reste que les populations soient suffisamment sensibilisées et éclairées sur le contexte, et l'évolution de cette maladie. Cela éviterait la confusion et amoindrirait la psychose.