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Pas d’atteinte majeure à la liberté de la presse de la part des pouvoirs publics togolais depuis 2007, selon l’OTM

(Agence de presse africaine (APA),   Lomé, Togo,  2 mai 2008)


Le président de l’Observatoire togolais des médias (OTM, organe d’autorégulation), Pierre Kasseré Sabi, s’est réjoui vendredi à Lomé qu’aucune atteinte majeure à la liberté de la presse de la part des pouvoirs publics n’ait été enregistrée au Togo depuis l’année dernière.

«En dehors des cas d’anicroche dus aux malentendus entre forces de l’ordre et journalistes, aucune atteinte majeure à la liberté de la presse de la part des pouvoirs publics n’a été enregistrée depuis le 03 mai 2007 jusqu’à nos jours», a révélé Sabi, à l’occasion de la présentation de l’état de la presse au Togo à la veille de la célébration de la journée internationale de la presse.

Il a souligné que la presse togolaise évolue dans un cadre juridique des plus libéraux d’Afrique avec son «code dépénalisé» depuis 2004 à la faveur des 22 engagements pris par le Togo devant l’Union Européenne.

«La presse togolaise continue de subir le contrecoup de la longue crise sociopolitique qu’a traversée notre pays», a regretté Sabi qui a fait le point de la situation des médias d’Etat et privés.

Selon lui, les médias d’État emploient plusieurs agents temporaires et pigistes qui vivent dans la précarité avec un «manque cruel de moyens et de matériels de travail».

La même situation se remarque aussi dans le privé où, a-t-il souligné, très peu de journalistes ont un salaire fixe et qui reste d’ailleurs dérisoire.

«Leurs conditions de recrutement ne sont pas clairement établies et ils sont soumis aux caprices des patrons d’organes de presse», a ajouté Sabi.

Au plan de la déontologie, «la plupart des journalistes du privé qui ont embrassé ce métier, et qui y arrivent sont guidés parfois par des préoccupations politiques et mercantiles. Beaucoup travaillent dans l’ignorance totale des règles de la profession», a-t-il dit avant de reconnaître que cette situation pousse les journalistes à s’adonner à «des pratiques qui n’honorent pas la profession».

Il a déploré le fait que dans la presse privée écrite, la plupart des rédactions tendent à se limiter au seul directeur de publication et la plupart des journaux ne disposent pas de sièges.

«Des rédacteurs d’organes de presse créent leur propre organe au point qu’il pourrait y avoir plus de directeurs de publication que de rédacteurs si l’on n’y prend pas garde, les mêmes rédacteurs et reporters travaillant dans plusieurs journaux à la fois», a averti Sabi.

«On ne saurait passer sous silence le fait que les journaux, au lieu d’être achetés à 250 f sont plutôt loués à 50 f le matin et retournés le soir au vendeur, complètement froissés. Une telle pratique enrichit plutôt les vendeurs au détriment des propriétaires de journaux», a conclu le président de l’OTM qui s’est par ailleurs insurgé contre le coût élevé des redevances sur fréquence annuelles payées par les radios et télévisions confrontées à la rareté des annonces.

Il a demandé au gouvernement togolais d’accorder une attention particulière à la presse en l’intégrant comme un instrument de développement et d’utilité publique et d’accorder une aide substantielle à la presse en vue de transformer les organes de presse en de véritables entreprises de presse.

Avec un peu plus de 5 millions d’habitants, le Togo compte aujourd’hui 78 stations radios, 12 chaînes de télévisions dont 9 à Lomé (environ 1 million d’habitants), 78 publications dont un quotidien d’Etat, deux tri-hebdomadaires, un bi-hebdomadaire, et 73 périodiques, (tabloïdes et magazines).