La célébration dans la discorde du 48ème anniversaire de la fête de l’indépendance du Togo, le 27 avril dernier, a soulevé le tollé dans la presse cette semaine.
Depuis plusieurs années déjà, la principale formation de l'opposition, l'Union des forces de changement (UFC), de Gilchrist Olympio, qui réclame l'héritage politique des artisans de cette indépendance en 1960, célébrait autrement cette fête, accusant le pouvoir de minimiser cette date au cours de laquelle plusieurs Togolais ont donné leurs vies face aux colons.
"La banalisation de la fête de l’indépendance par le pouvoir fait l’affaire de l’Union des forces de changement", écrit "La Magan Libérée".
En effet, souligne ce journal satirique, "alors que les pro Olympio alignés derrière leur leader, Gilchrist Olympio, estiment que la date du 27 avril 1960 est un jour de gloire qui devait être célébré avec faste comme cela s’entend, du côté des hommes gnassionaux (ndlr: allusion à la famille Gnassingbé au pouvoir depuis 1963 à la faveur d'un coup d'Etat contre Sylvanus Olympio), on trouve que c’est une fête provocatrice".
Le journal "Chronique de la Semaine", attaque quant à lui l’UFC, l’accusant de "faire bande à part" et dénonce son boycott des manifestations.
Pour "Liberté Tri-hebdo" qui déplore que "la fête nationale est encore célébrée dans la discorde", "le Togo est profondément divisé et il est une nécessité aujourd’hui que le processus de réconciliation en cours prenne en compte ce désaccord autour de la fête du 27 avril".
"Le 48ème anniversaire de l’Indépendance ou louanges à Faure Gnassingbé", titre pour sa part, le journal "Golfe Info".
Le journal déplore que sur les pancartes des défilants (lors de la parade organisée le 27 avril), "pas une seule ne mentionne ceux qui ont lutté pour graver cette date dans l’histoire du Togo".
Des faits qui, selon le journal, "n’encouragent pas la réunification des Togolais autour de cette fête".
Cependant, "La Dépêche" trouve que la fête est célébrée avec faste, estimant que les manifestations prévues étaient à la dimension nationale, "même si beaucoup reste à faire".