La corruption gagne du terrain et devient endémique au Togo, a estimé le Premier Ministre togolais Komlan Mally, au cours d’une cérémonie de lancement, lundi à Lomé, d’un atelier sur la mise en œuvre de la convention des Nations Unies, contre la corruption.
«Utilisant des techniques savamment mises au point, les réseaux de corruption agissent dans l’ombre et organisent le détournement, à leur profit personnel, des maigres ressources de l’État», a déclaré Komlan Mally.
«Certains cadres en qui le gouvernement a placé sa confiance, au lieu de servir la population, vont eux-mêmes se servir d’abord, s’ingéniant à trouver les moyens de spolier l’État pour s’enrichir le plus vite possible», a-t-il regretté au cours de cette e rencontre de trois jours réunissant des acteurs de divers domaines.
.
Selon lui, l’argent détourné n’est même pas investi sur place, précisant qu’ «il est placé à l’étranger dans les paradis fiscaux, dans des conditions risquées au grand dam de nos populations doublement pénalisées».
Le Premier ministre Mally s’est insurgé contre les fuites de recettes, la pratique des fausses factures, les encaissements sans livraisons, des surfacturations tant dans les services publics que dans les sociétés d’État, qui gonflent artificiellement la dette intérieure.
Les marchés publics font aussi l’objet de transactions frauduleuses, de trafic d’influence, de versements de commissions pour fausser la concurrence et faire pencher les attributions des marchés publics en faveur des entreprises souvent non qualifiées, a encore déploré Komlan Mally, qui s’est inquiété du caractère insidieux et envahissant de la corruption des fonctionnaires togolais.
Il a tiré la sonnette d’alarme, observant que des agents de l’État organisent le racket systématique des usagers y compris les retraités en faisant traîner les dossiers et les obligent, par diverses pressions, à leur verser de l’argent juste pour un coup de tampon ou un paraphe.
Pour le Premier ministre togolais, la corruption administrative qui entraîne un dysfonctionnement des services publics, se déroule également dans les structures sanitaires.
«On retrouve la corruption sur nos routes où les transporteurs sont rackettés en permanence par certains agents préposés à la circulation routière. Ces actes entraînent des hausses des prix de produits et expliquent le taux élevé d’accidents de la route dans lesquels sont impliqués les véhicules en très mauvais état mais autorisés à circule ».
On assiste ainsi à une banalisation de la corruption dans l’administration togolaise.
Il a révélé qu’un sondage réalisé par la Commission Nationale de lutte contre la Corruption et le Sabotage économique au Togo, en prélude à l’atelier national montre comment la délinquance financière risque d’atteindre un seuil intolérable, si rien n’est fait dans l’immédiat pour la juguler, s’engageant à mener une croisade farouche contre la corruption.
«Cette action de salubrité publique serait un leurre si la corruption judiciaire n’est pas combattue avec la dernière rigueur » a martelé M. Mally.