Des universitaires africains se sont inquiétés jeudi à Lomé des limites pédagogiques des universités africaines, a constaté APA.
Le père Alphonse Quenum, recteur de l’Université catholique de l’Afrique de l’ouest (UCAO) a déploré «le déclin moral et les limites pédagogiques de la plupart des universités d’Etat en Afrique».
Il a appelé les décideurs et les formateurs à une prise de conscience, à l’occasion d’une conférence marquant la semaine de l’Université Catholique de l’Afrique de l’Ouest-Unité Universitaire du Togo (UCAO-UUT).
«Nous devons former dans nos universités des intellectuels et non des cadres cadrés », a de son côté, déclaré le Professeur Honorat Aguessi, directeur et fondateur de l’Institut de Développement des Echanges Endogènes, (IDEE) basé au Bénin.
Selon Aguessi, les étudiants doivent «apprendre à entreprendre», ajoutant qu’ils doivent «apprendre pour la vie et non pour les évaluations et les examens».
Le père Alphonse Quenum va plus loin en souhaitant plus d’attention pour l’enseignement de base et le secondaire, car, a-t-il reconnu, la plupart des étudiants arrivent au supérieur avec des lacunes.
«Nous devons modifier la manière de former dans le primaire qui ne répond pas forcement aux besoins de l’enseignement supérieur», a insisté le père Alphonse Quenum.
Tout comme les autres unités, l’Unité Universitaire du Togo de l’UCAO entend relever le défi de l’enseignement supérieur en formant des jeunes qualifiés «capables de gérer le marché de l’emploi».
«Ayant pris conscience des graves difficultés que rencontre l’éducation et aussi celles auxquelles ils s’exposeraient à vouloir faire une université par pays, les évêques de la conférence épiscopale régionale de l’Afrique de l’ouest francophone (CERAO) ont fait l’option de se mettre ensemble», a expliqué le père Quenum.
Selon lui, les évêques ont choisi de bâtir une seule université, avec des filières spécialisées installées dans différents pays ».
Ce projet d’universités décentralisées permet de former les jeunes en agronomie et en électricité au Bénin, en agro-alimentaire au Burkina Faso, dans les sciences de la santé en Cote d’Ivoire, dans les sciences politiques et administratives en Guinée.
L’université développe les sciences de l’éducation la culture et les arts plastiques au Mali, l’économie et la gestion au Sénégal et l’informatique et les applications au Togo.