La vente des véhicules d’occasion connaît des perturbations depuis quelques jours au port de Lomé à la suite d’une cessation d’activité lancée par les vendeurs et les importateurs qui protestent contre un nouveau système de taxes douanières, a constaté APA.
«Les parcs sont ouverts mais nous ne voulons pas vendre», a confié à APA Hassan, un importateur assis sous un hangar en train de siroter son café, estimant que «depuis plusieurs semaines, les clients sont moins nombreux à venir à cause de la nouvelle méthode d’évaluation de la valeur douanière des véhicules», a-t-il révélé.
Les responsables de la douane togolaise ont introduit depuis le mois de décembre un système d’évaluation informatique des voitures d’occasion piloté par la Compagnie Togolaise d’Évaluation et de Contrôle (COTEC).
Le système consiste à décrypter le numéro de châssis des véhicules à partir des bases de données en Europe, aux États-Unis ou en Asie pour avoir le prix de vente du véhicule sur le marché international. Du coup, la valeur douanière des véhicules d’occasion connaît une hausse.
Plusieurs importateurs et vendeurs de véhicules d’occasion ont révélé à APA la chute vertigineuse de la vente des voitures d’occasion à cause du prix élevé de la valeur douanière.
«Comment peut-on demander une valeur douanière de 1,5 millions pour une voiture vendue à 700000 francs CFA? Ça n’a pas de sens et c’est normal que les clients évitent l’achat de voiture», a commenté Berjahui, un importateur.
Il a indiqué que beaucoup de clients ont acheté des voitures qu’ils ont refusées de sortir des parcs automobiles du port.
«En un mois, la vente a chuté de 50 % chez moi», s’est plaint un autre importateur qui projette déjà quitter le Togo pour le Bénin dès qu’il aura «fini de liquider le reste des voitures».
Georges Koné, venu de la Côte d’Ivoire pour acheter une voiture à Lomé, avoue vivre un véritable calvaire. «J’ai acheté une voiture depuis plusieurs jours ici mais depuis qu’ils ont cessé de travailler je ne peux pas partir avec le véhicule et voilà je suis bloqué à Lomé», a-t-il témoigné.
La cessation des activités au port paralyse les différentes affaires autour de la vente des voitures, à savoir les mécaniciens, les démarcheurs et les transitaires qui ne cessent se plaindre.
«La situation affecte tous les secteurs d’activité au port de Lomé», a déploré Anani Paulin Glokpor, membre du Collectif des syndicats des déclarants en Douanes (CS2D).