Le Togo qui compte actuellement plus de 6000 réfugiés au Ghana et au Bénin a du mal à recenser ses réfugiés qui vivent en Europe, aux États-Unis et au Canada, a appris APA mercredi de source officielle.
Kokou Tcharié, le président du Haut Commissariat aux Rapatriés et à l’Action Humanitaire (HCRAH), a indiqué dans un entretien à APA qu’il est difficile de faire la distinction entre les réfugiés et les immigrés togolais en occident.
«Nous n’avons pas les chiffres exacts des réfugiés togolais en Europe et en Amérique et ce qui est difficile, c’est comment reconnaître qui est réfugié et qui est immigré. Pour nous, un réfugié c’est celui qui a quitté le pays a cause de sa conviction politique, religieuse ou raciale et qui craint pour sa sécurité, alors que l’immigré c’est celui qui est à la recherche d’une meilleure condition sociale et de vie», a souligné Tcharié.
Il a annoncé le lancement d’un site Internet qui présente les conditions de garantie offerte aux réfugiés.
«Nous avons adressé une correspondance au HCR lui demandant de s’adresser à ses représentations en Europe pour voir si on peut avoir les statistiques, nous ne voulons pas les noms, nous voulons juste les statistiques.
Il a par ailleurs fait le point de la situation des réfugiés togolais au Bénin et au Ghana, deux pays voisins du Togo. «À la date d’aujourd’hui, il reste 4683 réfugiés togolais au Bénin parmi lesquels 3241 au camp d’Agamé et du coté du Ghana, il resterait autour de 2000 et 2500 réfugiés», a déclaré Kokou Tcharié.
Il annoncé qu’une évaluation de la situation des ces réfugiés est en préparation. Pour Tcharié, chacun des réfugiés togolais à une raison qui justifie leur refus de revenir pour le moment au Togo.
«Certains estiment qu’ils continuent d’avoir peur alors qu’un groupe dit qu’ils attendent l’élection présidentielle de 2010 pour rentrer et d’autres apparemment ont trouvé des jobs qui les occupent mieux qu’en revenant au Togo et d’autres encore ont l’intention d’obtenir des possibilités d’aller hors d’Afrique», a-t-il expliqué.
Selon lui, les autorités togolaises ont pris toutes les mesures pour garantir la sécurité de tout un chacun. «La preuve est que sur les 26500 réfugiés togolais au Bénin, il ne reste qu’environ 4000, cela veut dire que plus de 21000 sont revenus et n’ont aucun problème», a encore dit Tcharié.
Le Haut Commissariat pour les Rapatriés et à l’Action Humanitaire (HCRAH) été créé le 8 juin 2005 par décret présidentiel. Il est chargé de parachever le retour et la réinsertion des personnes déplacées et des réfugiés et de veiller à leur protection et à leur assistance.