Le principal parti de l’opposition togolaise, l’Union des forces de changement (UFC), a dénoncé l’attaque du domicile de Kpatcha Gnassingbé, demi-frère Chef de l’État togolais et député à l’Assemblée nationale.
Dans un communiqué publié mardi, le parti demande à l’Assemblée nationale d’inscrire à l’ordre du jour de la session en cours, un débat sur la question de l’impunité et sur le respect de l’immunité parlementaire des députés, d’interpeller le ministre de la Défense nationale pour éclairer la Représentation nationale sur les évènements de la nuit du 12 au 13 avril 2009.
Le domicile de Kpatcha Gnassingbé a été attaqué par des éléments d’une unité de l’armée togolaise appelée «Forces d’intervention rapide» (FIR).
En outre, l’UFC demande la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire pour situer les responsabilités sur l’opération militaire, selon le communiqué.
Le procureur de la République du Togo, Robert Bakaï, a indiqué que dans le cadre des investigations liées à une tentative d’atteinte à la sûreté de l’État, des échanges de coups de feu ont eu lieu entre les services de sécurité et la garde du député Kpatcha.
L’attaque a fait 2 morts et 3 blessés ainsi que d’importants dégâts matériels, selon plusieurs sources concordantes.
«Cette affaire piteuse et lamentable met en évidence la persistance de l’insécurité entretenue par le régime RPT pour torpiller la préparation sereine de la prochaine présidentielle dans le but d’empêcher le véritable changement auquel aspire le peuple togolais. Elle traduit le refus du gouvernement de prendre à bras le corps, la question cruciale de l’impunité au Togo» indique le communiqué.
Selon l’UFC, aucune disposition légale ne permet aux forces de sécurité de se présenter au domicile d’un citoyen à 22 heures, pour l’interroger.
Il est inconcevable, écrit Patrick Lawson, vice président du parti, que le Procureur de la République prétende faire interpeller des personnes de l’entourage du député Kpatcha Gnassingbé à son domicile en y envoyant la gendarmerie à une heure aussi tardive.
Selon lui, l’interpellation d’un citoyen, pour quelque motif que ce soit, est une opération de police judiciaire qui ne relève nullement de la compétence des FAT et encore moins de celle de la FIR.
L’UFC rappelle que Kpatcha Gnassingbé est député à l’Assemblée nationale et jouit d’une immunité parlementaire. Il ne saurait donc faire l’objet d’aucune procédure d’interrogation par la gendarmerie tant que l’Assemblée nationale n’a pas procédé par un vote à la levée de son immunité.