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Me Abi Tchessa: le boycott de l’élection présidentielle de 2010 est la meilleure solution

(mo5-togo.com, Lomé, Togo,   25 novembre 2009)


À trois mois de la présidentielle de février 2010, des voix s’élèvent au sein de l’opposition pour demander le boycott. Dans une récente interview accordée à l’hebdomadaire Le Nouveau Réveil, Me Jean Abi Tchessa, le président du Pacte socialiste pour le renouveau (PSR), parti de l’opposition extraparlementaire, exprime sa préférence pour le boycott de la présidentielle. «Le scrutin uninominal à un seul tour a remplacé le scrutin uninominal majoritaire à deux tours depuis la loi constitutionnelle du 31 décembre 2002 votée par l’Assemblée nationale monolithique RPT. Cette forfaiture nous inquiète. Nous sommes dans le combat avec les autres partis politiques qui estiment que si ce tort n’est pas réparé il n’est point possible d’aller vers un scrutin apaisé», déclare Me Tchessa, ancien ministre du gouvernement Faure Gnassingbé.

Dans le cas où le pouvoir continue de persister dans son refus de changer de régime constitutionnel, «le boycott de l’élection présidentielle de 2010 s’impose alors comme l’unique solution», soutient-il ; avant d’ajouter que le «PSR travaille pour une position commune de toutes les forces démocratiques sur ce point. Une fois le consensus obtenu, nous pouvons envisager une saisine des instances régionales et sous-régionales africaines et de l’ONU pour une ultime médiation».

La position du PSR est fondée sur l’Accord politique global (APG) dont l’application est retardée ou dévoyée par le parti au pouvoir. «L’APG d’août 2006 a prescrit des réformes institutionnelles et constitutionnelles pour ancrer la démocratie participative au Togo et permettre l’organisation du scrutin présidentiel dans les meilleurs conditions possibles. Le régime s’y est dérobé, car ce n’est pas dans son intérêt, donc ce n’est pas son, choix bien que le RPT fût signataire dudit Accord», dit-il.

Pour Me Tchessa, les réformes institutionnelles et constitutionnelles ne suffisent d’ailleurs pas: «l’équité d’une élection réside dans la modernisation du cadre institutionnel et réglementaire. Les lois seules ne suffisent guère. Il faut éradiquer les pratiques en cours dans notre pays comme les intimidations, les menaces, l’achat de consciences».

En clair, pour le PSR, il faut revenir à la constitution de 1992. «Je souhaiterais une réforme constitutionnelle qui sera dans ses lignes le retour aux équilibres et à l’esprit de la Constitution initiale du 14 octobre 1992 (scrutin uninominal majoritaire à deux tours, limitation des mandats du président de la République, réallocation des pouvoirs entre les deux têtes de l’exécutif). Le PSR souhaiterait aussi l’adoption d’un code de bonne conduite et l’arrêt de l’achat des consciences qui est puni dans le code électoral».