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Crise politique togolaise: comment s’en sortir?

(mo5-togo.com, Lomé, Togo,   1er décembre 2009)


La grande marche de l’opposition le samedi dernier et la polémique née autour du mode du scrutin à trois mois de la présidentielle suscitent beaucoup de débats. Certains observateurs sont sceptiques en ce qui concerne l’acceptation par le RPT du principe des deux tours à la présidentielle prochaine. Dans la plupart des cas, beaucoup jugent la question légitime mais affirment que l’opposition s’y est prise un peu tard, trop tard. En s’attaquant à cette question du code électoral l’opposition risque d’être en contradiction avec les principes de la CEDEAO qui interdisent la modification des constitutions à six mois des échéances électorales, selon de nombreuses personnes. Dans son éditorial du 30 novembre, le site officiel du Togo va d’ailleurs dans ce sens: «Que l’opposition demande le changement du mode de scrutin c’est son droit même s’il est irréaliste que l’on puisse modifier la constitution à quelques semaines de l’élection.» Et Pascal Bodjona a réitéré que «ce n’est pas le mode de scrutin qui détermine la transparence du scrutin», sous-entendu la futilité des deux tours réclamés par l’opposition. Ceci apparaît pour le moment comme la position officielle du gouvernement, malgré des confidents qui affirment que Faure Gnassingbé pourrait l’accepter. On verra bien si la position demeurera la même avec la détermination de l’opposition à battre les pavés jusqu’à ce que satisfaction se fasse. A Lomé tout le monde attend la réaction de l’hypermédiateur Blaise Compaoré pour savoir en quoi s’en tenir.

D’autres observateurs avouent ne pas comprendre les motivations réelles de l’opposition à trois mois de la présidentielle. Des militants proches de la CDPA , parti devenu silencieux dans cette polémique, «l’opposition CAR/UFC qui a négocié les dernières discussions de Ouagadougou, aurait dû exiger tout simplement le scrutin uninominal majoritaire à deux tours et la limitation du mandat du président. Cela aurait l’avantage de nous éviter cette sourde polémique qui monte et montre que le Togo court tout droit encore vers une catastrophe électorale», a dit ce militant sous-couvert de l’anonymat. Dans l’explication de ce militant, il est incompréhensible que l’opposition se focalise par trop sur la présidentielle. «Nous sommes navrés que ce pays n’est en effervescence qu’à l’orée des élections présidentielles», dit un autre militant, «les partis ne s’intéressent pas du tout aux autres modes d’arrivée au pouvoir comme les législatives et les communales. Or avec la décentralisation, l’opposition pourrait prendre une part importante du pouvoir au RPT», a-t-il ajouté avant de conclure: «le Togo est atypique, c’est dommage que ceux qui veulent tenter autre chose qui a montré son efficacité ailleurs sont systématiquement qualifiés d’aller à la mangeoire». Allusion faite sans doute à l’expérience participationniste de son parti, la CDPA.

Mais reste que la question du mode de scrutin est désormais posée clairement par l’opposition et son règlement peut constituer un tournant fondamental pour la présidentielle à venir. L’opposition semble en tout cas déterminée à faire accepter par le RPT ce qu’il refuse dans les négociations.

La crise politique dure depuis 19 ans selon certains, 42 ans selon d’autres qui considèrent que le pays a dégénéré depuis l’arrivée d’Eyadema au pouvoir. Dans tous les cas, les Togolais tardent depuis à trouver une alternative à la longue crise.