"Long et difficile" a été le chemin pour arriver à la création du Front républicain pour l'alternance et le changement (FRAC) ayant repositionné Jean Pierre Fabre comme son candidat pour la présidentielle du 4 mars, a indiqué mercredi le porte-parole Kofi Yamgnane, lors d'une conférence de presse.
En fait, un retour dans la course de l'ancien candidat de l'Union des forces de changement (UFC, opposition) dont la participation au processus a été suspendu dimanche.
"Cela a été long. Cela a été difficile, mais nous y sommes parvenus", a déclaré Kofi Yamgnane de l'association Sursaut par rapport à la création du FRAC, faisant remarquer qu'il s'agit d'un renouveau dans la politique togolaise.
Sursaut est membre du FRAC avec l'Alliance des démocrates pour le développement intégral (ADDI), le parti Alliance, le Pacte socialiste pour le renouveau (PSR), et l'Union des forces de changement (UFC).
"Le front est en même temps une ligne de défense et une ligne d'attaque", a annoncé M. Yamgnane, candidat indépendant éjecté de la course à l'issue de l'invalidation de son dossier par la Cour constitutionnelle.
Selon cet ancien ministre et ancien député français, la défense consiste à défendre "coûte que coûte, pied à pied" le peuple togolais, tandis que l'attaque s'entend par "mettre fin à la violence et à l'impunité".
Le Front se dit ouvert aux autres forces politiques du pays, pendant que des partis approchés à ses débuts ne se sont pas décidés et que d'autres l'ont boudé pour des raisons diverses.
"Nous serons attentifs à ceux qui veulent venir ou revenir", a dit de son côté le leader du parti Alliance, ancien président de l'Assemblée nationale qui a été excommunié depuis une dizaine d'années du parti au pouvoir pour ses idées de réforme.
Sur les chances du Front de combler le vide né de son entrée tardive dans l'arène, le candidat Jean-Pierre Fabre fait noter que c'est la dynamique créée par le FRAC qui va tout renverser.
M. Fabre a été positionné par l'UFC dont il est le secrétaire général.
Sa candidature engagée pour éviter une absence de l'UFC, pendant que le leader Gilchrist Olympio investi, mais hors du pays, souffrait d'un «mal de dos» qui l'empêchait de faire le voyage sur Lomé pour se conformer aux exigences du code électoral.
Cela a été à l'origine d'une crise au sein du parti qui a suspendu la participation de ses trois représentants au sein de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) aux travaux de cet organe chargé de l'organisation, de la supervision et de la proclamation des résultats provisoires du scrutin.
En plus, à quelques heures du démarrage de la campagne présidentielle, l'UFC a décidé la suspension de la participation de son candidat Fabre au processus électoral.
L'élection présidentielle du 4 mars marque la fin du premier mandat du chef de l'État togolais Faure Gnassingbé porté au pouvoir par une élection anticipée en avril 2005 à la suite du décès, le 5 février 2005, du général Gnassingbé Eyadèma, son père, après 38 ans de pouvoir.