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Les femmes ont une "opportunité réelle" pour être au premier plan (Mme Adjamagbo-Johnson)

(Savoir News, Lomé, Togo,   26 février 2010)


Mme Kafui Adjamagbo-Johnson, candidate de la Convention démocratique des peuples africains (CDPA) à l'élection présidentielle togolaise du 4 mars, a indiqué dans une interview exclusive à l'agence Xinhua, que sa présence dans la course montre que les femmes togolaises ont une "opportunité réelle pour être au premier plan et présider aux destinées" du Togo.

"C'est une candidature qui innove, qui surprend et en même temps montre que les femmes togolaises ont une opportunité réelle pour être au premier plan et présider aux destinées de ce pays", a déclaré la première femme en lice pour la présidentielle au Togo.

"Avec une femme qui se présente à cette élection, les populations ont pris toute la mesure, l'importance de la candidature féminine", a-t-elle ajouté, faisant état d'une campagne électorale ouverte le 16 février qui "se déroule bien".

La candidate de la CDPA a toutefois relevé des inquiétudes qui résideraient au niveau de la transparence de l'élection.

"J'espère que tout se déroulera bien et, en ce qui concerne les résultats, que ceux qui seront proclamés reflèteront vraiment le choix des Togolais", a-t-elle dit.

Soulignant avoir davantage touché du doigt la réalité des populations à ce stade de la campagne qui s'achève le 2 mars, Mme Adjamagbo-Johnson se dit engagée à faire en sorte que la priorité aille à la recherche de solutions à tous les problèmes sociaux et pour le redressement économique du Togo.

Elle indique une nouvelle vision de gouvernance, annonçant qu'il faut désormais une plus grande rigueur dans la gestion, l'assainissement des finances publiques et l'instauration d'une bonne gouvernance dans les pratiques de l'administration.

Elle a affirmé avoir un projet de société qui vise à instaurer une nouvelle citoyenneté et à faire en sorte que les dirigeants aient plus de respect pour la chose publique. Elle a inscrit parmi les toutes premières mesures des priorités la gratuité de la césarienne, estimant devoir "combattre de manière impitoyable" la corruption qui gangrène la société togolaise et prive le pays des revenus dont il a besoin pour relancer son économie.

Dans cette relance économique, la candidate de la CDPA fait noter son souci de développer particulièrement la coopération sud- sud et de resserrer les liens de coopération avec les pays émergents.

"La Chine est un pays avec lequel nous continuerons à renforcer les liens de coopération dans l'intérêt de nos deux peuples", a-t-elle ajouté.

Mme Adjamagbo-Johnson, secrétaire nationale à l'implantation et à la mobilisation de la Convention démocratique des peuples africains (CDPA), est la première femme à s'aventurer dans la course à la magistrature suprême au Togo, faisant de la CDPA le premier parti politique de ce pays à positionner la gent féminine.

Née le 26 décembre 1953, Mme Adjamagbo-Johnson est titulaire d'un doctorat en droit et a enseigné à la Faculté de droit de l'Université du Bénin, actuelle Université de Lomé.

La juriste a fait son apparition dans la sphère politique dans les années 1990, lorsque le Togo écrivait la page de son ouverture démocratique sous le régime du parti-État incarné par le général Gnassingbé Eyadèma arrivé au pouvoir en 1967 et décédé le 5 février 2005, après 38 ans de règne.

Elle a été rapporteur du bureau provisoire de la Conférence nationale souveraine qui a relancé la métamorphose de la vie socio-politique du Togo, autrefois moulée par le parti-État, puis membre du Haut Conseil de la République (HCR), une forme de Parlement mise en place au terme de la Conférence nationale.

Kafui Adjamagbo-Johnson a confirmé sa vocation politique au travers la prise du devant des manifestations politiques à l'initiative de la gent féminine, plus tard par son entrée au gouvernement d'union nationale du Togo (GUNT), le gouvernement de transition qualifié à l'époque de gouvernement de technocrates, avec le portefeuille de ministre du Bien-être social, des Droits de l'Homme et de la Solidarité nationale.

Engagée pour la cause féminine, cette politique et juriste s'est employée à susciter une prise de conscience chez l'intelligentsia féminine avec la création en 1992 de l'association Groupe de réflexion Femme démocratie et développement, (GF2D) et deux ans plus le Centre de Recherche, d'information, de formation pour la femme (CRIFF) pour la formation des parajuristes.